Le livre où Michel Rolland dit tout sur Robert Parker, Mondovino, la presse, l’uniformisation…

A l’occasion de la sortie de son livre “Le gourou du vin”, le célèbre œnologue bordelais Michel Rolland a donné plusieurs interviews dans différents médias. iDealwine en fait aujourd’hui pour vous la synthèse. Attention, parfois ça décoiffe !

Le hasard faisant parfois bien les choses, le dernier livre de Michel Rolland est sorti en librairie pendant la semaine des Primeurs 2011 à Bordeaux. Mais est-ce vraiment un hasard… ? Michel Rolland, on ne le présente plus tant son nom et celui de Robert Parker, ont formé pour le meilleur et pour le pire une association qui a durablement influencé les vins de Bordeaux. Aujourd’hui, alors que les dernières notations d’un Parker vieillissant laissent les spécialistes dubitatifs (un nombre invraisemblable de 100/100 sur le millésime 2009 et une sentence sévère sur le millésime 2011), Michel Rolland apparaît plus dynamique que jamais et son livre montre que, derrière le personnage sympathique, bon vivant et plein d’humour, sommeille un chat aux griffes acérées pour régler quelques comptes avec certains personnages du monde du vin.

Dans son livre, Michel Rolland insiste sur la chance inouïe qu’il a eue d’exercer son métier au moment où le monde de l’œnologie a été complètement chamboulé, passant d’une œnologie curative à une œnologie préventive. Une évolution qu’il résume en déclarant : « Mon travail, c’est 30 % d’œnologie et 70 % de psychologie. » En effet, le plus dur ce n’est pas d’appliquer des techniques ou des “recettes”, mais de faire évoluer les habitudes : « Par exemple, il a fallu être persuasif, au début, pour couper les raisins verts en juillet ! » Mais, selon le “gourou” bordelais, il reste encore de nombreuses pistes de progression : « D’abord, on n’est pas assez performant à la vigne pour comprendre son cycle, le respecter et moins intervenir, moins traiter. Au chai, nous devons travailler à mieux extraire les notes fruitées du raisin pour obtenir des vins encore plus expressifs. Enfin, au plan gustatif, nous manquons de données analytiques fiables. Ce serait utile même si l’intuition de chacun, verre en main, est primordiale. »

Bien entendu, les passages du livre de Michel Rolland où il règle quelques comptes avec le milieu du vin seront les plus commentés dans les semaines à venir. On pouvait s’attendre à ce qu’il fustige Jonathan Nossiter qui l’avait quelque peu ridiculisé dans son film “Mondovino” : « Nossiter est foncièrement malhonnête dans sa démarche, il a fait un film rempli de poncifs et de facilités pour faire du fric. Mais à la rigueur, passons. Ma critique ne porte pas sur lui – d’ailleurs il a plus ou moins disparu de la circulation, et à mon avis on ne le reverra jamais dans le monde du vin. Elle porte sur l’engouement, le suivisme de la presse française autour de ce mec. » Par contre, ses propos virulents envers certains journalistes sont plus inattendus. Michel Rolland parle de « rotatives qui crachent le venin », se moque des jeunes dégustateurs sans expérience et de leurs sentences sans nuance sur les vins qu’ils dégustent et tient des propos peu amènes envers Jacques Dupont (Le Point) et Périco Légasse (Marianne) qui ont toujours été très critiques sur le travail de Michel Rolland. « Périco Légasse a toujours écrit du mal sur moi, sans jamais prendre la peine de me rencontrer ou me poser une question directe, en trente ans de métier. J’estime que c’est une faute professionnelle. »

Sans surprise, il défend bec et ongle son ami Robert Parker : « Intègre et honnête, Robert Parker est un phénomène de la dégustation, le meilleur. C’est aussi un homme libre. Bordeaux devrait un jour rebaptiser une avenue à son nom, tant il a fait du bien à ce vignoble. »

Enfin, Michel Rolland se défend contre toute volonté d’imprimer un style particulier aux vins des domaines qu’il conseille : « Je mets au défi de reconnaître, à l’aveugle, les vins issus de propriétés que je conseille. Goûtez-les au milieu d’autres, suivies par des collègues consultants (Hubert de Boüard, Denis Dubourdieu, les Boissenot, Stéphane Derenoncourt…), c’est impossible à trouver. Les vins ont d’abord la tête du lieu où sont les vignes. »

“Le Gourou du Vin” (19,99 €, Editions Glénat),

A lire également :

Robert Parker a-t-il mis en danger les Primeurs 2011 ?

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  • Voir les commentaires (1)

  • presse marocaine

    je trouve cet article très bien pour les degustateur de vin comme il décrit bien et défend son ami Robert Parker un des plus grand degustateur de vin

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