La parade du Grand Tasting, heure par heure

idealwine-grand-tasting-2009Pendant que les aquaphiles pataugeaient d’aise dans les allées du salon nautique de la porte de Versailles, de l’autre côté du fleuve, les accros aux crus goûtaient à d’autres joies de palais. Pendant deux jours, au Carrousel du Louvre, le coeur de Paris n’a battu que pour ces beaux flacons, les amateurs respiré que pour l’âme du vin.

tasting-1209_dsc3869Vendredi, 10h30.
Les plus braves sont déjà sur zone, faisant la file avec détermination. Parmi eux, toujours des rusés pour couper court, passer par la case « presse », récupérer un verre et rentrer à l’oeil. C’est scandaleux, mais j’ai les noms. Premières déambulations parmi les 350 producteurs présents. Que du beau monde, forcément.

Pour vous en assurer, il n’est qu’à consulter la liste sur www.grandtasting.com ; des vignerons sélectionnés dans le Grand Guide des Vins de France 2010. Pour le tour de chauffe, je débute par un arrêt au stand Marcel Deiss. Prodigieux. Mon silence (remarqué, car si rare) est à la hauteur de mon admiration.

Blanc sur blanc, rien ne fout le camp c’est pourquoi j’en profite pour visiter le vignoble champenois tout proche. Jacquesson, Bollinger, Roederer, Taittinger…

Au carré VIP, on aperçoit quelques journalistes exténués qui profitent encore de se faire rincer (leurs verres) : plate ou gazeuse Mademoiselle ? Un petit chocolat ? Avec joie, vous êtes bien aimable Madame, merci beaucoup et patati et patata…

Accords mets et vins, un rêve éveillé
Pendant 45 minutes, une quarantaine de convives viennent écarquiller leurs mirettes pour zieuter férocement sur le drame (au sens aristotélicien du terme) qui se déroule sur la scène : un produit sacrifié sur l’autel de la haute gastronomie païenne avec vins de haute volée commentés par leurs propriétaires, forcément heureux. Les grands chefs se relaient au piano, la cadence est soutenue.

Petit florilège pour vous donner soif pour l’année prochaine : foie gras poêlé et gaufre aux épices, velouté tarbais, pastilla de canard aux coings, variation sur la truffe noire du Quercy. Pour ma part, lièvre à la Royale, royale de crustacés et daube de gras double d’Alain Dutournier puis foie gras de canard rôti aux agrumes et crumble au pain d’épices d’Eric Briffard, escorté d’un Gilette 1983 somptueux. Miam !

Master Class : LE cours de dégustation
Autre rituel du salon auquel je me prête de bonne volonté : les Master Class. Une série de 4 à 5 vins commentés doctement par les producteurs et quelques caciques (Michel Bettane, Thierry Desseauve, Nicolas de Rabaudy, Guillaume Puzo…).

Façon Grand Amphi, le public appliqué ne bronche pas, le rythme est soutenu. On relève les copies et on passe au suivant !

Je choisis les clos : Tart, Vougeot et Goisses. Un vrai chemin de croix vous dis-je.

Pause. Stratégie oblige, passage par les escaliers menant à l’espace découvertes. Là aussi c’est un festival, le point de rencontre de passionnés. Il y en a qui déjeunent, qui planifient, qui répertorient, qui classent, qui récapitulent, qui jaugent, qui zieutent, qui 06…., qui « on se voit bientôt », qui « à ce soir » et plus si affinités.

tasting-1209_dsc3957Vendredi 18h29 : que se passe-t-il ?
Tout d’un coup, c’est l’effervescence à l’espace Terroirs. Mais que se passe-t-il ?
La dégustation des clubbers d’iDealwine se joue à guichet fermé. Quoi mon ami ? Vous ne connaissez point tencore le Club ? Hop là, remise à niveau par ici. Introduction des associés, de Thierry Desseauve et du maître sommelier Georges Lepré, puis place aux 17 flacons exceptionnels, dont la plupart en grands formats. Parmi eux Pouilly Fumé Silex 2003 de Dagueneau en magnum (vous en aviez déjà vu/bu, vous des Silex en magnum ???), Perrier-Jouët  Belle Epoque 1996 et Deutz Blanc de Blancs en jéroboam, Sassicaïa 2002 en Impériale, Beaune Grèves Vignes de l’Enfant Jésus 1995 en jéroboam toujours, Clos des Lambrays 1999 en magnum, Léoville Poyferré 2000 en jéroboam, Siran 1986 en Impériale, Le Crock 2003 en double-magnum, Ermitage Le Pavillon 2001 de chez Chapoutier en jéroboam… Vertigineux, non ? Les vins servis en bouteilles n’avaient pas à rougir de la comparaison, puisqu’on pouvait aussi goûter Bollinger R.D. 1997, Chablis 1er Cru Butteaux 2006 (énorme !) de chez Raveneau, Corton Charlemagne (J-M. Boillot) 2007…

Une des tables a suscité une énorme affluence : outre le château Filhot 2001 et les incroyables VDN proposés (Banyuls 1950, Maury 1939, Rivesaltes 1959..)  une bouteille mystère était aussi à découvrir… Ceux qui ont trouvé le vouvray 1947 servi par Agnès Audebert, petite fille du producteur, n’auront pas perdu leur soirée ! Et aussi, parce que pour les bons clients on ne lésine pas, il faut souligner que certains domaines étaient représentés par leur chef de cave (Hervé Deschamps chez Perrier-Jouët), leurs patrons ou représentants des familles propriétaires (Jérôme Philippon et Etienne Bizot pour Bollinger, Benjamin Sala pour Château Siran, Anne Cuvelier pour Léoville Poyferré, Pierre-Henri Morel chez Chapoutier…)

Je n’ai pas eu le temps de tout goûter je dois l’avouer (les escaliers, le stand 68, le carré VIP…) mais certains d’entre vous certainement.

Quelles furent vos impressions ? Vos souvenirs ? Faites-les nous partager sur ce blog !

Samedi 5 décembre
Rebelote le lendemain, dès potron-minet (15h00 pour moi C’EST potron-minet). On pouvait de nouveau circuler au milieu d’allées bien remplies. Premiers échos de la veille : un public instruit, posant des questions pertinentes, et des producteurs forcément ravis. Sur le stand iDealwine, on fait déguster les dernières gouttes des sublimes  flacons servis la veille : joie de les retrouver.

L’apothéose fut sans doute le Master Class « Génie du vin » (Zut, 11 heures, c’était un peu tôt pour moi) avec la dégustation de 8 vins mythiques : Perrier Jouët Belle Epoque 1985, Zind-Humbrecht gewurztraminer Rangen de Thann Sélection de Grains nobles 1989, Louis Jadot Clos Vougeot Grand Cru 1978, Vieux Château Certan 1998, Cos d’Estournel 1982, Chapoutier Côte Rôtie La Mordorée 1990, Yquem 1949 et Quinta do Noval Nacional 1994.

Il fallut encore tenir bon tout l’après-midi. Mais hésiter entre les perles de l’Italie, du Bordelais ou de la Bourgogne, est-ce si dur que cela finalement ?
Vivement l’année prochaine !

Tags:

  • Voir les commentaires (0)

Your email address will not be published. Required fields are marked *

commentaire *

  • name *

  • email *

  • website *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous aimerez aussi

Château Labégorce Zédé n’est plus… Vive le Château Labergorce à Margaux !

C’est décidé : à compter du millésime 2009 le Château Labégorce Zédé n’existera plus. L’industriel Hubert Perrodo, aujourd’hui décédé, avait acquis le château Labegorce en 1989, puis le Château de ...

Etats Unis : des consommateurs de vin aux pratiques étonnantes

Une étude, commandée par Gallo (premier producteur de vin en volume aux Etats-Unis) dresse un portrait parfois surprenant du consommateur américain. Au total 1001 consommateurs âgés de 25 à 64 ...

Millésime 2014 en Bourgogne : excellent millésime pour les blancs, des rouges en finesse

Le BIVB (Bureau Interprofessionnel des vins en Bourgogne) dirigé par Claude Chevalier a livré ses prévisions concernant le millésime 2014. Voilà qui laisse présager de belles choses pour un millésime ...