La fin du « champagne » soviétique

« Il n’est champagne que de la Champagne » selon le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC). En vertu de quoi, après un accord avec le CIVC, les producteurs de « Shampanskoye » (champagne en russe) ne pourront plus apposer cette mention sur leurs bouteilles.

Qu’est-ce que le « Shampanskoye » ou champagne soviétique ? Il s’agit d’une marque générique de vin effervescent, à base d’aligoté et de chardonnay, qui était fabriquée dans l’ex-URSS. Sa technique d’élaboration a été mise au point en 1928 et sa production de masse a débuté en 1937. Après la dissolution de l’Union Soviétique, des sociétés privées en Russie, en Ukraine ou encore en Moldavie, ont racheté les droits d’utilisation de l’appellation et l’ont utilisée comme une marque pour recommencer à le fabriquer.

A l’issue de négociations qui ont débuté au début des années 1980 le CIVC a enfin obtenu gain de cause. Evidemment les producteurs de champagne soviétique étaient farouchement opposés à cet accord par crainte de voir leurs ventes dégringoler. Rappelons que cette marque, créée sous Staline, est encore utilisée par de nombreux producteurs (la Russie en produit une quantité considérable alors que le « vrai » champagne ne représente que des volumes très faibles sur le marché russe).

Ces derniers ont néanmoins consenti à abandonner la mention sous l’impulsion d’Abrau-Durso, producteur de vins mousseux effervescents, une marque détenue par Boris Titov, riche et influent négociant également propriétaire du château d’Avize en Champagne.

L’accord prévoit que les membres et futurs membres de l’Association de vin mousseux de Russie devront cesser d’utiliser la mention “Champagne” sur leurs étiquettes au plus tard en 2022…

Des propositions de nouvelles appellations, actuellement à l’étude, concernent la principale zone de production de ce type de vin, le Caucase Nord.

C’est l’occasion de rappeler que l’une des principales missions du CIVC est la protection de l’appellation. Cet organisme a mené bien des campagnes, les contentieux ont été nombreux (Espagne, Italie, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande…) et certaines procédures sont toujours en cours, notamment en Californie ou l’on produit encore des vins appelés « Champagne ».

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