La campagne d’information sur les repères de consommation fait débat

Campagne information Vin et SociétéDimanche 6 décembre, l’association Vin & Société a lancé sa première campagne d’information nationale grand public sur les repères de consommation « 2.3.4.0 », intitulée « Le vin, je l’aime, je le respecte. » et dont le slogan est « Aimer le vin, c’est aussi avoir un grain de raison ». Une campagne qui suscite la polémique, mettant en lumière les incohérences des autorités de santé.

C’est la première fois que la filière viticole s’engage dans une campagne d’information grand public sur les repères de consommation, et voilà, ça n’a pas plu pas à tout le monde. Selon Vin & Société, « son ambition est de faire connaître les repères de consommation définis par les autorités de santé que 9 Français sur 10** ignorent. Ils sont pourtant utiles puisqu’ils donnent un cadre très clair à la notion de modération ainsi qu’une définition de la consommation excessive. ». Cette campagne a été lancée dans la presse écrite, sur les réseaux sociaux, sur le site de Vin et Société et de nombreux autres sites Internet.

Les repères de consommation que préconise Vin & Société sont basés sur les recommandations officielles du Plan national nutrition santé (PNNS) 2011-2015 (page 57). Il est ainsi recommandé de ne pas dépasser deux verres maximum par jour pour une femme, trois verres pour un homme, quatre en une seule occasion et de ménager un jour d’abstinence totale par semaine.Campagne Vin et Société

Cependant, beaucoup ont jugé ces seuils trop élevés et ont vivement critiqué cette campagne de Vin & Société. La Haute Autorité de Santé (HAS) a rapidement réagi, dès le mardi 8 décembre en dénonçant dans un communiqué une « campagne publicitaire qui détourne un outil médical de lutte contre les dangers de l’alcool ». En effet, elle précise que les seuils mentionnés « sont ceux qui nécessitent de déclencher une intervention médicale » et qu’ « il ne s’agit en aucune façon de dire qu’en dessous de ces seuils, la consommation serait normale, recommandée ou exempte de risque. ». Elle dénonce donc le détournement de ces seuils de consommation qui sont « des seuils d’alerte, au-dessus desquels les risques sont avérés : dommages physiques (complications hépatiques, cardio-vasculaires et neuropsychiatriques, cancers), psychiques ou sociaux », transformé en limite entre une consommation normale et une consommation à risque et banalisant en quelque sorte la consommation d’alcool.

Entre temps, nombreux sont les acteurs à être revenus sur ces repères qui semblaient auparavant admis. Ainsi, le site Alcool info Services co-édité par l’INPES a été modifié le 9 décembre (voir avant et après modification), précisant désormais « il ne s’agit pas de niveaux de consommation sans risque mais de niveaux de consommation pour lequel les risques de dommages liés à l’alcool sont plus faibles (comparés au fait de ne pas boire d’alcool) au cours de la vie, à la fois en termes de risques de décès liés à des maladies mais aussi de risques d’hospitalisation et de décès liés à des blessures. ». De même, le Pr Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé (PNNS), affirme que les repères du PNNS cités dans ladite campagne publicitaire sont « obsolètes » et datent du début des années 2000, ajoutant que le risque de cancer existe même avec un apport d’alcool faible.

Campagne Vin et SociétéVin & Société a justifié, preuves à l’appui, avoir suivi les recommandations officielles des autorités publiques. Dans son communiqué, l’association cite toutes ses sources et affirme avoir informé de cette campagne le ministère de la Santé et le ministère de l’Agriculture dès le mois de septembre, sans remise en cause. L’association décrit d’ailleurs cette campagne publicitaire comme une « main tendue aux autorités de santé auxquelles il ne souhaite pas se substituer ». Joël Forgeau, président de l’organisation visée, remet en cause la cohérence des autorités publiques de santé  et des associations de santé publique « qui invalident soudainement les repères de consommation », après avoir précisé  que ces derniers « sont diffusés par leurs soins auprès des professionnels de santé et du grand public depuis plusieurs années. ». Finalement, l’association, qui a fait preuve de courage et de bonne volonté dans cette campagne déplore le procès d’intention qu’il lui est intenté, puisqu’il leur est reproché d’inciter à la consommation de vin. Il souligne que le problème vient probablement du manque de légitimité de son association auprès des acteurs traditionnels de la prévention contre l’alcool  « Est-ce à dire que nous ne sommes pas légitimes pour contribuer à l’information sur la consommation responsable ?».

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