Indispensables | Trois grandes signatures à mettre d’urgence à la cave (et à y laisser !)

Tout comme nous, vous passez sûrement plus de temps chez vous en ce moment. L’occasion de prendre de bonnes résolutions : ressortir le tapis de course du grenier, apprendre à cuisiner le fameux poulet basquaise de mamie ou encore renouer avec vos talents de peintre. Peut-être même que vous n’avez pas pu résister à l’envie de mettre un peu d’ordre dans votre cave. Et maintenant que l’inventaire est terminé, l’heure est venue de se mettre en quête de nouvelles pépites !  

Et justement, nous vous en avons sélectionné trois aujourd’hui … mais attention ! Ces vins sont encore très jeunes et ont besoin de temps. Laissez-leur quelques années et ils exprimeront tout leur potentiel 😉

Grotte di Sole 2018 de Jean baptiste Arena

La viticulture en Corse est loin d’être un folklore destiné aux touristes. C’est un art qui remonte à l’antiquité, époque à laquelle les romains occupant l’île, plantèrent un certain sangiovese, véritable star nationale. Deux mille ans plus tard, il n’a pas changé mais a simplement trouvé un nouveau nom, il s’appelle désormais le nielluccio.

C’est à partir de cette variété que Jean-Baptiste Arena (1 étoile à la RVF), fils de l’illustre Antoine Arena, décide d’élaborer sa cuvée Grotte di Sole. Il travaille les deux hectares de nielluccio, sans aucun pesticide, entièrement en biodynamie et ne pratique bien sûr que des vendanges manuelles.

Une fois à la cuverie, il soufre très légèrement ses vins puis pratique une macération très délicate qu’il a voulu beaucoup plus courte que son père. A titre indicatif elle dure environ 15 jours lorsqu’Antoine Arena pouvait laisser jusqu’à 45 jours. Les vins du fils sont ainsi plus délicats, faciles à appréhender grâce au croquant du fruit qui est toujours très présent. Toujours dans un souci de transparence, il élève ses vins une dizaine de mois dans des cuves béton ne les marquant ainsi pas du tout avec du bois. Car s’il les préférait charnus il y a une dizaine d’années, il les aime à présent soyeux et digestes.

Ces vins ont besoin de temps pour s’assagir, il faut leur laisser idéalement entre 8 et 12 ans pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur.

Côte du Py 2018 du Domaine Jean Foillard

Vigneron emblématique du Beaujolais, Jean Foillard (1 étoile à la RVF) fêtera dans un an ses quarantième vendanges. Cette longévité lui permet aujourd’hui de mieux comprendre les facteurs qui influencent ses vins dont un très important : le sol. En plusieurs décennies, il a su déceler tout le potentiel des sols granitiques de la célèbre Côte du Py à Morgon, jusque-là réservée à la production de vin de soif sans grande ambition. Pour cela, il a conduit une agriculture biologique, respectueuse des sols et réduit drastiquement les rendements.

Il n’a pas pour autant renié les traditions locales puisqu’il vinifie toujours ses vins à basse température, en macération carbonique et en grappes entières. Ces procédés aux noms barbares sont au contraire des méthodes de vinification très délicates qui n’ont qu’un seul objectif : préserver la gourmandise du fruit tout en évitant d’extraire des tannins trop puissants. Le vin est ensuite élevé six à neuf mois dans des fûts de chênes déjà utilisés afin de ne pas trop le marquer par le bois.

Le résultat est superbe, un gamay (nom du cépage) d’une grande classe avec de la matière et des tannins parfaitement fondus. Et si Jean Foillard se permet de ne plus ajouter de soufre, faites-nous confiance, ce vin est définitivement taillé pour la garde, du moment que vous le conservez dans de bonnes conditions ! Donnez-lui entre cinq et dix ans et vous ne verrez plus jamais les vins du beaujolais de la même manière.

Vent d’Ange 2018 du domaine Pattes Loup

Si vous êtes un lecteur assidu de notre blog, vous ne pouvez pas être passé à côté de Thomas Pico et de son célèbre domaine chablisien Pattes Loup (2 étoiles à la RVF). Lorsqu’il le reprend en 2004, il décide d’entamer immédiatement la conversion en agriculture biologique. A partir de là, tout ce qu’il entreprendra n’ira que dans un sens, celui de l’authenticité. Il ne travaille qu’en cuvée parcellaire, ce qui signifie que des raisins de deux parcelles différentes de son vignoble ne finiront pas dans la même bouteille. A cause de tous les problèmes logistiques que cela engendre, peu de vignerons s’y risquent et ceux qui le font finissent généralement par s’arracher les cheveux… Mais le résultat est sans appel, surtout quand, comme Thomas Pico, ils font le pari de laisser les levures indigènes faire le travail. Cela aussi a un coût, notamment le risque de perdre une cuve entière qui tournerait littéralement au vinaigre mais si tout se déroule sans encombre, il obtient l’expression pure de son terroir.

C’est avec une grande joie que nous pouvons vous proposer de découvrir sa cuvée Vent d’Ange 2018. Elevée en cuve inox et béton avec très peu de soufre, elle conserve beaucoup de fraicheur mais a néanmoins besoin de temps. Quelques années lui permettront de calmer sa fougue et de laisser des arômes intenses d’agrumes et d’épices s’installer.

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