Etat du marché | Confinement, couvre-feu, Brexit et taxes américaines : interview de l’équipe iDealwine

Lionel et Fanny Etat du marche | Confinement, couvre-feu, Brexit et taxes americaines : interview de l’equipe iDealwine
Lionel, directeur général délégué d’iDealwine et Fanny, chef de projet d’administration des ventes

Après deux confinements, des couvre-feux et une situation économique inédite au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, iDealwine vit, comme tout le monde, une période atypique qui questionne ses fondements. Entretien avec Lionel, directeur général délégué d’iDealwine, Fanny, chef de projet d’administration des ventes et Alix, responsable du développement international, qui nous permettent de tirer des enseignements et quelques conclusions… heureusement positives.

Lionel, après deux confinements, quels changements observez-vous chez iDealwine ?

Cette période est inédite. En 20 ans, je n’ai pas souvenir d’avoir vécu de tels moments dans l’univers des enchères. Si je devais caractériser les confinements, je dirais que le premier a été une véritable ruée vers l’or. Le site a vu affluer un nombre massif de nouveaux acheteurs. Aux enchères, cela s’est traduit par un taux de surenchère croissant (14% en 2020 vs 11.5% en 2019) qui correspond à la différence entre la mise à prix et l’adjudication et qui nous permet de diminuer considérablement le taux d’invendus. Quant à notre activité d’achat direct, elle a connu un réel essor. L’effet de surprise de cet événement, la fermeture des commerces physiques et la peur du manque ont poussé les achats de vins à petits prix qui se savourent volontiers à l’apéritif. Par ailleurs, le manque de fiabilité dans les livraisons durant le premier confinement a incité les amateurs à effectuer de plus grosses commandes.

Lors du deuxième confinement, les amateurs étaient moins pris au dépourvu et leurs caves certainement plus remplies. La pression était moins grande puisque les commerces de bouche restaient ouverts. Nous avons toutefois observé une pression à l’achat engendrée par le couvre-feu ; parce que les gens restent chez eux, ils s’autorisent plus facilement à ouvrir une bouteille.

Malgré la difficulté de cette crise sanitaire, iDealwine tire des conclusions positives. Craignez-vous un troisième confinement ?

Compte tenu du contexte sanitaire, en tant que directeur général d’iDealwine, j’estime que nous devons nous y préparer. Ce troisième confinement aura pour conséquence d’ancrer encore plus le digital dans les actes d’achat. Des études sociologiques indiquent qu’un individu change ses habitudes en six à huit semaines. Nous avons observé ce même phénomène sur la durée du confinement et qui a alors accéléré la maturité du marché. En quelques mois seulement, celui-ci a gagné cinq ans.

Quelles leçons et quelles ambitions iDealwine peut donc tirer de cette crise sanitaire particulièrement longue ?

Maintenant que nous observons une clientèle mûre à l’achat de vin en ligne, il nous faut rester particulièrement vigilants sur la façon dont le marché évoluera et anticiper de quelle manière les amateurs évolueront dans leur manière d’acheter.

Fanny, tu coordonnes l’administration des ventes aux enchères. Quelles conclusions tires-tu de ces confinements ?

Je dirais qu’en 2020, nous comptabilisons beaucoup moins de vendeurs uniques en 2020, alors que nous étions sur une bonne dynamique. Ainsi, nous sommes passés de 2 289 vendeurs uniques à 1 941 en 2020. Nous ne nous inquiétons pas car nous savons que le confinement a limité les déplacements, et donc les dépôts de vins mais aussi parce que nos vendeurs proposaient des vins de belle qualité. Une bouteille se vendait 93€ en moyenne en 2020 quand elle partait à 75€ en moyenne en 2019.

Le deuxième confinement nous a moins limités puisque nous pouvions délivrer des attestations de déplacement à nos clients qui venaient déposer leurs vins.

De façon générale, le confinement a offert du temps aux amateurs qui se sont penchés sur leur cave et en ont réalisé l’inventaire. Heureusement, avant cette crise, nous avions entrepris quelques innovations comme la signature électronique qui évite des échanges de courriers. Dans la même lignée, nous avons simplifié les formulaire de demande d’estimation.

Concernant les ventes, et comme le disait Lionel, nous n’avons jamais eu un taux d’invendus aussi faible. Si autrefois nous avions un petit matelas confortable de lots invendus d’une vente à l’autre, nous avançons aujourd’hui à flux tendu. Il est très rare de voir que des flacons de se vendent pas au bout de trois ventes. Nous sommes en permanence en quête de marchandise pour nourrir nos catalogues 😊

Qu’en est-il de la typologie de nos vendeurs ?

La répartition entre vendeurs particuliers et professionnels est restée la même. Depuis trois ans, 97,5% de nos vendeurs sont des amateurs particuliers. Après, si reconfinement il y a, plus de professionnels nous contacterons probablement. Certains restaurateurs et propriétaires d’hôtels seront peut-être amenés à faire appel à nous pour revendre, malheureusement, une partie de leurs stocks…

A propos de marchandises Lionel, quels ont été les vins les plus recherchés ces derniers mois ?

A vrai dire, nous avons rarement vu une telle diversité d’achats de vins, de régions et de millésimes. Nous sentions une véritable soif de découverte, tout se vendait très bien. Bien sûr, les vins nature et certains domaines ligériens et jurassiens emblématiques ont vu leur cote flamber. Les grands millésimes et les prestigieux bourgognes, et particulièrement les domaines Leroy, d’Auvenay et de la Romanée-Conti ont suscité les convoitises. Seules les vins plus traditionnels issus de grandes régions et aux millésimes récents ont connu un moindre intérêt puisque l’offre était déjà abondante. Vraiment, la rareté prime.

Alix, toi qui es responsable du développement international d’iDealwine, outre le Coronavirus, quelles sont les nouvelles directives qui touchent notre distribution ?

Nous pourrions évoquer les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, des taxes avaient déjà été imposées par l’ancien président Donald Trump en 2019. Aujourd’hui, celles-ci sont étendues aux vins tranquilles de plus de 14°C et aux cognacs. Les vins italiens et effervescents ne sont pas concernés. De nombreux débats animent les conversations car nos clients ne savent pas encore si elles seront appliquées et ont le secret espoir que le nouveau président Joe Bidden les abroge.

La situation au Royaume-Uni, qui représente notre 2e marché, est plus complexe et totalement liée au Brexit. Pour l’heure, aucune marchandise ne peut circuler entre nos deux pays. Nous recherchons donc activement des solutions. Bien sûr, nos clients anglais peuvent poursuivre leurs achats sur iDealwine et, en attendant que la situation se débloque, nous conserverons leurs vins dans nos entrepôts climatisés et les frais de stockage leur seront offerts.

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