Enchères de mai | Auvenay, Domaine des Miroirs et Sine Qua Non à l’honneur

 

Bordeaux : rareté au rendez-vous

Bien au contraire de l’image souvent attribué à cette région, Bordeaux a bien sa part de vins rares. Et, comme vous savez, la quête à la rareté est l’un des facteurs de choix pour nombre d’amateurs. La rareté sous toutes ses formes, y compris la rareté des formats qu’on ne voit que très épisodiquement aux enchères, tel ce jéroboam (5 litres) – de château-ausone 2011. Adjugé à 6 080€, ce flacon affiche donc une hausse de 27% par rapport à la cote iDealwine rapportée à la bouteille.

Des petits vignobles, dont la production est faible, sont aussi recherchés pour leur rareté. La star du Pomerol, Petrus, a enregistré de belles enchères, notamment le 1989 adjugé à 3 405€ (+3%) et le 2015 à 3 283€ (+2%), tout comme Vieux Château Certan, avec 6 bouteilles remportées par un amateur français pour 1 873€, soit 312€ la bouteille (+3%). Les grands millésimes rares et matures montrent aussi de belles progressions : 12 bouteilles du château-palmer 1989, un margaux désormais converti à la biodynamie, ont été adjugées 3 629€ (276€ la bouteille, +10%).

Bourgogne : domaine d’Auvenay, un mythe absolu

En Bourgogne, la star des enchères de mai est sans doute le domaine d’Auvenay. Ce domaine de 3,87 hectares, propriété de Lalou-Bize Leroy, regroupe deux grands crus dans la Côte de Nuits et des parcelles dans les grands terroirs de blancs de la Côte de Beaune. Le vignoble est travaillé comme un jardin, où la biodynamie s’est imposée comme une véritable philosophie de vie. Microscopique, sa production s’élève à 8 000 bouteilles par an, dont seule une petite partie est commercialisée. De ce domaine surtout réputé pour ses vins blancs, que le monde entier s’arrache aux enchères, notons le succès des rouges sur la plateforme d’iDealwine. Le mazis-chambertin-grand-cru 2002 a ainsi été remporté par un amateur hollandais pour 3 526€ (+26%), tandis que son bonnes-mares dans le millésime 2005 a tout simplement explosé la cote à 3 405€ (+201%).

Impossible de ne pas évoquer Domaine de la Romanée-Conti, LA star des enchères iDealwine, dont deux caisses assorties sont parties pour 47 181€ (pour le 2009, +5%) et 37 210€ (2011, +9%) respectivement.

Dans le Rhône, la vallée des collectors

Dans le Rhône, les flacons collectors issus de domaines disparus – et parfois entouré de mystères – sont décidément à l’honneur. Un exemple est domaine Gentaz-Dervieux et ses 1,2-hectares de vignes soixantenaires dans la Côte Brune. Resté fidèle aux vieilles barriques même quand le chêne neuf était à la mode, et connu pour les longs élevages de 24 mois, le domaine Gentaz-Dervieux figure parmi les plus prisés au monde – tout particulièrement de la clientèle anglo-saxonne-, d’autant qu’il n’existe plus. Son côte-rôtie côte-brune 1985 a été adjugé 2 675€, +17%, faisant le bonheur d’un professionnel britannique.

En Cornas, une appellation qui n’en finit pas de voir sa cote grimper, deux bouteilles de la cuvée C 1988 de Marcel Juge ont marqué une belle progression, vendues à 1 824€, soit 912€ la bouteille (+50%). Encore ici, le vainqueur des enchères est britannique, le Royaume-Uni demeurant un marché important pour les vins rhodaniens. Parallèlement, les saint-joseph de Joseph Trollat se sont démarqué, à 1 702€ pour deux bouteilles du millésime 1999, soit 851€ la bouteille (+40%).

Les icônes d’ailleurs

Le palmarès en Champagne met en relief la rivalité entre grandes maisons et récoltants-producteurs. Le mois dernier, sur la plateforme d’enchères d’iDealwine les flacons de la maison Roederer et sa cuvée Cristal faisaient face à la concurrence des vins de Jacques Selosse. Le grand cru extra brut millésimé 2002 de Jacques Selosse montre une belle progression, avec deux bouteilles remportées par un amateur danois pour 1 034€ (soit 517€ la bouteille, +42%). Encore au Danemark, un amateur s’est emparé de l’Exquise NV de Selosse pour 438€ (+85%). Son brut rosé a été remporté pour 511€, affichant une hausse de 22%. Du côté des grandes maisons, un magnum de Cristal est parti au Royaume-Uni, frôlant les mille euros (adjugé à 912€, +25% sur sa cote). La cuvée confidentielle Clos du Mesnil de Krug continue elle aussi de progresser, avec une bouteille vendue 1 824€ (+6%).

Dans le Jura, le phénomène du moment est indéniablement le Domaine des Miroirs : les amateurs semblent prêts à se battre pour en obtenir quelques gouttes. Pour rappel, ce minuscule vignoble qui couvre aujourd’hui 4,2 hectares a été rachetée en 2011 par le japonais Kenjiro Kagami et produit environ 7 000 bouteilles d’un vin nature de haut niveau. La cuvée Ja Nai 2011 a enregistré une progression astronomique de 536%, à l’issue d’enchères remportées par un amateur hongkongais pour 693€.

A l’étranger, un domaine californien culte ressort, Sine Qua Non. Une bouteille de sa cuvée The Antagonists 1998 (100% grenache) a été adjugée 1 763€ (+4%). Encore ici, la rareté constitue un facteur clé de réussite aux enchères. Seulement 90 caisses ont été produites de cette cuvée, la rendant ultra rare, d’autant plus étant donné la philosophie du vigneron : en effet, Manfred Krankl – qui a fondé le domaine en 1994 – estime que chaque millésime produit un vin absolument unique, et donne donc à chaque cuvée un nom spécifique. Couplée à un travail artisanal minutieux, la renommée des vins du Sine Qua Non et son succès aux enchères n’a rien d’étonnant.

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