Enchères d’avril | La valeur des icônes, Vega Sicilia, Mouton Rothschild, Comtes de Champagne

Bordeaux : les petits millésimes progressent, les collectors s’envolent

Ce mois encore les vins de Bordeaux les plus prestigieux continuent de réaliser de belles performances. Les amateurs ont concentré leurs efforts notamment sur les « petits » millésimes de Bordeaux, ces années moins bien perçues par la critique. Ainsi, deux flacons de Petrus 2007 ont été adjugés 4134€ (soit 2128€ la bouteille, +16%) tandis qu’un petrus 1994 réalise la même progression (+16%), pour un prix final de 1763€. Toujours sur la rive droite, une caisse de 12 bouteilles de Château Cheval Blanc a été vendue 3599€ (soit 300€/btl, +12%).

Les crus classés du Médoc n’ont pas à rougir devant leurs voisins car ils réalisent également de belles performances. Les vins du Château Latour restent très recherchés par les amateurs, les quantités en vente étant beaucoup moins importantes. Ainsi, 12 château-latour 2002 s’envolent pour Singapour pour 5837€ (soit 486€/btl, +25%) alors que 12 château-latour 1993 ont été adjugés 4572€ (soit 401€/btl, +25%). Dans le même temps, 12 bouteilles de château-palmer 1999 ont été vendues à un professionnel de Hong-Kong. Concernant le Château Palmer, on ne peut pas nécessairement évoquer un millésime plus faible car ce château a la réputation de réussir particulièrement bien les « petites » années, en témoigne la note attribuée par le Wine Advocate (Parker) pour ce 1999, 94/100. Dans la région des Graves, le Château Haut-Brion continue de se distinguer avec 12 flacons dans le millésime 2002, adjugés 3648€ (soit 304€/btl, +5%).

Parallèlement à cette quête de petits millésimes, vendus à des prix plus attractifs, les amateurs n’ont pas laissé passer les opportunités d’acquérir des flacons collectors, dans les années dites « du siècle » et ainsi un château-haut-brion 1989 s’est vendu 1824€ (+15%), un château-latour 1961 a été acquis par un amateur autrichien pour 4256€ (+9%). 1961 est un millésime d’exception extrêmement rare car les quantités produites ont été très faibles mais d’une extraordinaire qualité. Haut-brion 1989 et château-latour 1961 avaient d’ailleurs été auréolés de la note maximale (100/100) par Robert Parker. Enfin, un mouton-rothschild 2000 frôle les 2000€ (+20%). Décidément, on ne cesse de retrouver ce millésime dans le haut du podium.

 

Bourgogne : rouges de la Côte de Nuits, blancs de la Côte de Beaune, la crème de la crème

Commençons par analyser le vin le plus cher vendu ce mois-ci, un musigny 1989 signé Roumier. Entre 300 et 400 bouteilles de cette cuvée d’exception sont produites chaque année, ce qui en fait l’un des vins les plus rares de Bourgogne. Ainsi, il continue à avoisiner les 10 000€. Autre grand cru de Bourgogne, La Tâche, monopole du domaine de la Romanée Conti est stable et continue de se vendre à peu près autour des 3000€, en témoigne les adjudications d’avril : la-tâche 2006 (3830€, +4%), la-tâche 1995 (2938€, +3%). On constate un effet de rattrapage de cours dans le millésime 1980 (3526€, +76%). Le grand cru Musigny est décidément très recherché par les amateurs, cette quête de la rareté s’illustre avec celui de Mugnier dans le millésime 2005 (2432€, +35%).

S’agissant des blancs de la Côte de Beaune, le corton-charlemagne du domaine Coche-Dury est désormais en bonne voie pour franchir le seuil des 5000€ avec cette dernière adjudication pour le millésime 2005 vendu 4620€ (+3%) qui s’envole pour l’Asie. Toujours en Côte de Beaune, le chevalier-montrachet du domaine Leflaive dépasse le seuil symbolique des 1000€ le magnum : 2 magnums 1987 ont été vendus 2128€ (soit 1064€/magnum, +46%). L’appellation meursault suscite décidément un fort engouement avec un meursault Les Perrières 2010 signé Coche-Dury vendu 2310€ (+9%) ou encore avec la référence absolue de meursault, le domaine d’Auvenay, en 1999 (2675€, +46%), en 2004 (1885€, +34%), en 2003 (882€, +190%).

 

Rhône, l’attractivité de la vallée Nord

Dans la vallée du Rhône, les côte-rôtie se distinguent et se valorisent remarquablement, notamment pour les flacons iconiques à l’image de La Landonne 1978 de Guigal adjugée 2154€ (+17%), 1978 étant le premier millésime produit. D’autres côte-rôtie signées Guigal performent comme La Mouline 1976 (2128€, +102%) notée 100/100 par Parker. Les côte-rôtie de Jamet tirent formidablement leur épingle du jeu avec une belle adjudication du millésime 1991 (1234€, +196%). Toujours dans le Nord de la vallée du Rhône, les cornas et plus particulièrement la cuvée sans soufre de Thierry Allemand n’en finissent pas de déchaîner les passions. 3 flacons en 1999 partent pour les Etats-Unis adjugées 1885€ (soit 628€/btl, +545%) et 3 flacons en 2001 vendues 1459€ (soit 486€/btl, +472%) qui s’envolent également pour le Nouveau Monde. Dans le Sud de la vallée du Rhône, le châteauneuf-du-pape d’Henri Bonneau réalise un beau résultat : cuvée spéciale Henri Bonneau 1990 adjugée 1374€ (+25%).

 

Dans les autres régions

Côté Champagne on relève de beaux scores pour la cuvée Comtes de Champagne de Taittinger, tout particulièrement dans de vieux millésimes. Deux 1976 ont été adjugées 1837€ (soit 937€/btl, +44%) et un magnum de 1983 s’est vendu 511€ (+75%).

Dans la Loire, les millésimes très matures du Clos Rougeard continuent de s’apprécier, comme le prouvent ces belles enchères sur les saumur-champigny Le Bourg 1989 (973€, +17%) et 1990 (924€, +54%). La notoriété du domaine Charles Joguet dépasse les frontières : son chinon Clos de La Dioterie 1989 a été vendu 243€ (+67%) et c’est un amateur finlandais qui a raflé la mise.

En Alsace, le Clos Sainte-Hune continue de faire des émules : un 1995 du domaine de Trimbach a été adjugé 323€ (+75%). Dans le Jura, les vins jaunes d’Overnoy se valorisent toujours aussi bien, ainsi qu’en atteste cet arbois 1990 vendu 1763€ (+4%). Enfin du côté des vins étrangers, le riesling Scharzhofberger TBA 2010 d’Egon Muller part pour Hong-Kong, vendu 7296€. En Espagne, les vieux millésimes de Vega Sicilia attirent les amateurs, ainsi que l’illustrent ces belles enchères : Unico 1962 adjugé 584€ (+14%), un Unico 1966 vendu 353€ (+13%) et un Unico 1980 adjugé 268€ (+44%).

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