Dégustation : double verticale de Mazis-Chambertin et de Clos de la Roche

verticaleLa société HQV (Haute Qualité en Vin) organisait la semaine dernière une double dégustation exceptionnelle : une verticale de deux grands crus bourguignons, Mazis-Chambertin sur 10 millésimes et Clos de la Roche sur 12 !

HQV commercialise en particulier deux producteurs bourguignons. Tout d’abord Nicolas Potel qui, depuis qu’il a quitté le domaine familial de La Pousse d’Or, a créé son propre domaine, le domaine de Bellene et un négoce “haute couture” la Maison Roche de Bellene. Pascal Marchand ensuite, une autre étoile montante de la Bourgogne. Ce Canadien a d’abord longtemps vinifié les pommards au domaine du Comte Armand puis est allé s’installer au domaine de La Vougeraie avant de créer sa maison de négoce. Aujourd’hui il se partage entre celle-ci et le domaine Maume, un très beau domaine encore peu médiatisé de Gevrey-Chambertin, récemment racheté par les producteurs canadiens de Tawse Winery qui se sont empressés de placer Pascal Marchand aux commandes du domaine. Une des missions de Pascal Marchand sera d’ailleurs de convertir le domaine en biodynamie comme c’est le cas des autres propriétés de Tawse.

La dégustation proposait donc de remonter le temps sur le Clos de la Roche de la Maison Roche de Bellene (de 2006 à 1988) et sur le Mazis-Chambertin du domaine Maume (de 2010 à 1999). Un beau programme !

 

En guise “d’apéritif”,  quelques blancs dont un très joli Santenay 2009 “Les Charmes Dessus” du domaine de Bellene (dense, fruit mûr mais restant vif) et quelques rouges dont un Gevrey-Chambertin 2009 de la maison Pascal Marchand (très joli fruit, matière infusée plus qu’extraite, délicat, longueur fruitée) et un Morey-Saint-Denis 1er cru 2009 “Les Faconnières” (magnifique vin dense, profond et long, sérieux sans austérité, très bel équilibre général).

 

On passe maintenant aux choses sérieuses ! Pour commencer, le Clos de la Roche de la Maison Roche de Bellene. Il s’agit de vins ou de raisins achetés chaque année à différents vignerons, souvent les mêmes de millésime en millésime. Parmi les millésimes présentés (2006, 2005, 2004, 2003, 2001, 2000, 1999, 1998, 1996, 1993, 1992 et 1988) ceux qui se goûtaient le mieux étaient :

–      2005 : dense, un peu fermé, belle matière, jolis tannins mûrs, à attendre.

–      2001 : jolie matière étirée, tout en finesse, délicat, très pinot bourguignon.

–      2000 : déjà une petite évolution sur des arômes tertiaires, un bel équilibre délicat et tendu, beau vin de repas.roche de bellene

–      1999 : un vin de charme, “facile”, encore très jeune

–      1998 : un vin frais, tendu, délicat, qui sera très à l’aise à table avec sa belle buvabilité.

–      1996 : très bourguignon, tendu, frais, délicat, finale florale, belle matière encore très jeune.

–      1993 : équilibre assez proche du 1996, vin dynamique avec une finale sur une jolie persistance florale

–      1992 : on reste dans le même registre frais, délicat, floral, un type de vin “qui donne faim”.

Au final d’assez jolis vins bien bourguignons dans leur esprit, en finesse, faciles à boire. En faisant le difficile, on peut regretter un léger manque de personnalité, un côté un peu “lisse”, sans doute inévitable avec des vins assemblés à partir de plusieurs sources.

 

Deuxième verticale, celle du grand cru Mazis-Chambertin du domaine Maume sur dix millésimes (2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2002, 2001 etc1999). Avec une particularité : les trois millésimes les plus récents ont été vinifiés avec une influence croissante de Pascal Marchand, le 2010 étant entièrement sous sa responsabilité puisque le domaine était déjà acheté par Tawse Winery avec les stocks de 2008 et 2009. D’ailleurs les étiquettes des trois derniers millésimes sont différentes et l’orthographe de l’appellation devient “Mazy-Chambertin” qui est effectivement également admise.

 

Mazis-Chambertin Grand-CruMazy-Chambertin 2010 : un magnifique équilibre avec de la densité et du dynamisme en bouche et une longue finale fruitée que n’arrive pas à masquer le boisé encore un peu marqué.

Mazy-Chambertin 2009 : un vin pas du tout marqué par la lourdeur de certains 2009. Il reste séducteur mais garde beaucoup de “peps” malgré une maturité poussée des raisins.

Mazy-Chambertin 2008 : joli nez frais et fruité, délicat et une bouche dans le même registre, qui fait de ce vin un grand cru déjà prêt à boire, très agréable.

Mazis-Chambertin 2007 : un nez qui évoque un style un peu “à l’ancienne”, avec une jolie rusticité, un soupçon de volatile qui donne beaucoup de fraicheur en bouche également, mais sans exagération. Une sensation de naturel qui s’adresse sans doute à des amateurs un peu avertis.

Mazis-Chambertin 2006 : on retrouve un peu les sensations du vin précédent, un style très naturel, avec un joli végétal floral très plaisant et très frais en finale. Mais l’ensemble est mieux maîtrisé.

Mazis-Chambertin 2005 : il confirme que les 2005 bourguignons sont en phase de fermeture. Mais le soyeux dense de la matière et la longueur goûteuse de la finale en rétro-olfaction ne laisse aucun doute sur la belle évolution qui se prépare, mais il faut prévoir au moins cinq ans de patience.

Mazis-Chambertin 2004 : il se distingue de bien des 2004 par toute absence de goût végétal. La matière est certes fine, mais équilibrée, en dentelle, et au final cela donne un vin goûteux et facile à boire, très digeste.

Mazis-Chambertin 2001 : on retrouve le style du domaine, tout en délicatesse fruitée, élégante qui donne envie de passer immédiatement à table pour boire ce vin au cours d’un repas !

Mazis-Chambertin 1999 : une matière plus dense que sur les millésimes précédents, encore très jeune, avec de la gourmandise mais pas de lourdeur. Un côté délicieux et facile à boire, mais comme beaucoup de 1999 (et de 2009) on a la sensation que le terroir fait moins la différence que sur d’autres millésimes.

Au final un excellent ressenti sur l’ensemble des vins de ce domaine, déjà d’un excellent niveau, et qui devraient encore progresser avec le travail de Pascal Marchand, les moyens mis par Tawse Winery et les effets de la biodynamie dans les années à venir.

 

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