Dégustation des bordeaux 2012 : les coups de cœur d’iDealwine

Bordeaux 2012L’Union des Grands Crus de Bordeaux vient de présenter le millésime 2012 à Paris. Une occasion exceptionnelle de se faire une bonne idée de la qualité de cette année pas simple à gérer et de la réussite, ou non, des châteaux présents à cette dégustation.

Un petit regret pour commencer : certaines appellations comme, par exemple, Pauillac ou Saint-Estèphe n’étaient représentées que par quelques rares châteaux, beaucoup moins en tout cas qu’il y a quelques années. Un vrai handicap pour juger de la qualité d’un millésime. Le marché français serait-il à ce point devenu secondaire pour certains châteaux ?

D’une façon générale en France, par exemple dans le Rhône, la Loire ou la Bourgogne, le millésime 2012 est plutôt bien réussi en blanc (on peut y ajouter les rieslings alsaciens et les chardonnays du Jura) et assez bien réussi en rouge. On n’est clairement pas sur une très grande année, mais les vignerons et les vinificateurs les plus habiles ont réussi à produire des vins pleins mais délicats, qui jouent évidemment plus sur une certaine finesse que sur la puissance. Pas de verdeur donc, mais des vins assez dynamiques, plus en tension qu’en largeur, frais et élégants.

Les appellations bordelaises s’inscrivent-elles dans la même tendance au vu de cette dégustation ? Sans doute pas tout-à-fait. En 2012, les raisins ne méritaient pas la même vinification que les trois millésimes précédents, ni le même élevage. Trop de vins présentent une amertume prononcée, liée à une extraction trop poussée sur des raisins à la maturité un peu juste. Et ce sont souvent les mêmes qui sont alourdis par un élevage trop marqué.

Pour en rester sur les généralités, les propriétés de la rive droite (Saint-Emilion et Pomerol) semblent avoir bien mieux dominé ce millésime que celles de la rive gauche. Partiellement sans doute à cause d’un « effet merlot » qui a peut-être un peu mieux mûri que les cabernets ; probablement aussi parce que la rive droite possède une culture vigneronne plus poussée avec des propriétaires proches de leurs vignes.

Enfin, les blancs, à quelques exceptions près, ont globalement souffert des conditions climatiques de 2012, que ce soit ceux de Pessac ou surtout ceux du Sauternais où plusieurs châteaux n’ont pas sorti de 2012 (notamment Yquem, Suduiraut et Rieussec) et l’on comprend un peu pourquoi en dégustant les autres : les matières sont légères, le botrytis un peu absent et seuls Clos Haut-Peyraguey et Doisy Daëne et nous ont semblé tirer leur épingle du jeu. Quant aux blancs de Pessac, ce sont classiquement les domaines les plus reconnus qui ont sorti de jolis 2012 comme le domaine de Chevalier (belle structure en délicatesse, aromatique retenue et élégante), Pape Clément (joli jus malgré, comme d’habitude, un élevage très appuyé) ou de Fieuzal (matière pleine et en finesse, boisé encore un peu marqué), avec une mention spéciale pour la rondeur et le fruité mûr de château Bouscaut.

En restant à Pessac, mais sur les rouges, on a remarqué, ce jour-là le Château de Fieuzal (plein, savoureux, fruité), Malartic-Lagravière (joli fruit, bouche détendue, tannins soyeux), Pape-Clément (matière dense et serrée, élevage luxueux un peu marqué, mais un beau jus) et, un cran au-dessus de tous les autres, Smith Haut Lafitte (très joli fruit, superbe texture de bouche tout en délicatesse et finesse, grain de tannin élégant, belle densité).

A Saint-Emilion, très joli vin au Château Canon (fruit délicat, bouche dynamisée par le calcaire, très pure, d’une belle franchise et une jolie tension minérale en finale), Clos Fourtet, toujours au sommet (fruité dynamique et complexe au nez, bouche élégante, tannins enrobés), La Gaffelière (fruit, bouche délicate, de la finesse sans faiblesse, finale dynamique), Figeac (classique, matière en finesse, joli grain de tannin), Pavie-Macquin (un côté charmeur, tannins enrobés, jus dense mais élégant), qui ressort régulièrement quel que soit le millésime, Troplong-Mondot (jolie densité de jus, élevage bien intégré, finale dynamique et ouissante) et Trotte-Vieille (très bel équilibre, extraction intelligente, fruit pur).

A Pomerol, La Conseillante (belle matière suave, tannins très lisses, finale salivante) sort nettement du lot avec le Bon Pasteur (très rond, juteux, suave et agréable).

A Margaux, de nombreux châteaux semblent particulièrement souffrir du millésime avec de nombreux vins aux tannins rugueux et secs, aux matières sévères, manquant de charme. Quelques belles exceptions particulièrement remarquables du coup : Durfort-Vivens (de la délicatesse, extraction mesurée, du fruit, pas une énorme personnalité mais agréable), Giscours (fin et délicat, très agréable), Siran (millésime bien géré, extraction qui semble retenue, matière offrant une belle finesse).

En comparaison, la moyenne de Saint-Julien paraît un ton au-dessus avec plusieurs vins réussis ; entre autres,  Gruaud Larose (nez délicat, matière peu extraite, joli fruit, du plaisir, finale assez dynamique), Langoa Barton (nez détendu et élégant, matière avec de la classe, pas fatigante, délicate), Léoville Barton (même style que le précédent avec plus de densité, plus de jus, plus de densité, mais restant dans un registre élégant et fin).

Enfin, à Saint-Estèphe, Lafon-Rochet (un fruit délicat, de la finesse et suffisamment de matière pour une belle garde) et Ormes de Pez (jolie densité de jus, fruité intéressant, tannins fins) sortent du lot. Parmi les rares représentants de Pauillac, on a aimé aussi le fruit de Lynch Bages et l’élégance de Pichon Comtesse.

Pas encore inscrit(e) pour participer aux ventes ? Complétez votre inscription, c’est gratuit !

Consultez les ventes de vin

Recherchez le prix d’un vin

Consultez la cote iDealwine d’un vin

A lire également dans le blog iDealwine :

Dégustation des bordeaux 2011 : les coups de cœur d’iDealwine !

Dégustation : le millésime 2010 des bordeaux de l’Union des Grands Crus

Palmarès 2014 des vins les plus chers vendus aux enchères sur iDealwine

Le palmarès par région des ventes aux enchères iDealwine en 2014

Dégustation : de 1998 à 2010, une verticale de Château Bourgneuf (Pomerol)

Dégustation à Paris : de très beaux bourgognes !

 

Tags:

  • Voir les commentaires (0)

Your email address will not be published. Required fields are marked *

commentaire *

  • name *

  • email *

  • website *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous aimerez aussi

Château Canadel : à Bandol, un domaine récent et prometteur

iDealwine est quotidiennement à l’affût pour travailler en direct avec de nouveaux domaines de talent, et Château Canadel en fait partie. Au bord de la Méditerranée, il élabore depuis 2014 ...

winelab-2018

Dégustation : les coups de coeur de l’équipe au WineLab

Il y a quelques jours se tenait à Paris la 5ème édition du WineLab, le salon 100% professionnel de Bettane & Desseauve. Une merveilleuse occasion pour l’équipe iDealwine de partir ...

Les vins chers sont-ils meilleurs ?

On s’est tous déjà posé cette question lorsqu’il s’agit de choisir un vin que l’on a jamais goûté : est-ce qu’en y mettant le prix, on peut être sûr (ou ...