Concours de dégustation SPIT chez Bollinger : le jury à l’épreuve lui aussi

SPIT 2013La 5e édition du Sciences Po International Tasting  – le SPIT pour les habitués  -, se déroulait samedi dernier chez Bollinger. L’une de ses particularités de ce concours de dégustation où viennent se mesurer les étudiants des grandes écoles européennes est que le jury est lui aussi mis à l’épreuve ! Retour sur une journée de (douce) galère qui a consacré le talent de l’équipe d’Oxford, gagnante de cette édition.

Une organisation huilée, un accueil ouaté, une animation parfaitement rythmée … et un concours réputé « le plus difficile de toutes les compétitions étudiantes » (c’est La Revue du vin de France qui le dit). C’est bien simple : participer au SPIT en tant que juré, c’est un peu comme si, à la manière de James Bond, on vous installe au volant d’une luxueuse voiture de course. Vous respirez un grand coup et vous vous se lancez, en espérant vous montrer à  la hauteur des pièges et des écueils qui vont, et c’est le jeu, jalonner vos trois heures de route. Car durant ce concours, qui se déroule depuis cinq ans dans le cadre chaleureux de la maison Bollinger, à Aÿ, certes, on crache beaucoup, SPIT oblige, mais pas seulement ! Durant une matinée, les équipes participantes enchainent une série d’épreuves alternant questions théoriques et dégustation, à l’aveugle toujours, multi ou mono cépages, multi régions et surtout multi pays. De quoi y perdre son latin et tous ses repères, car quand on accepte de prendre part au jury, on passe l’examen comme les autres !

Spit Jury

 

Jamais sans Georges

Alors, ce jury, justement ? Son Président, Georges Lepré, on ne le présente plus aux iDealwiners. Véritable sommité du monde de la sommellerie, il a œuvré, entre autres, au Ritz et au Grand Véfour. Bollinger, partenaire comme iDealwine depuis la première édition, est représenté par l’œnologue Patrick Laforest, entré dans la maison en 1990. Alexis Goujard, fin dégustateur de la Revue du vin de France, participe également à cette 5e édition. Aurélie Labruyère, brillante ambassadrice du Champagne et moi-même formons la partie féminine du jury. Nous ne serons donc pas trop de cinq pour affronter, nous aussi, la série d’épreuves concoctée par les deux « pères fondateurs » du SPIT : Philippe-Alexandre Bernatchez et Sébastien Burel, professionnels du vin tous deux diplômés de Sciences Po, où ils assurent désormais un cours sur l’économie du vin.

Spit tables

Face à nous 14 équipes ont pris place, à raison de 3 représentants chacune. Parmi les grandes écoles françaises sont représentées  l’ESCP, Polytechnique, Normale Sup, les Mines Paris, Dauphine, l’EDHEC, Reims Management School et SKEMA. A l’étranger,  on compte la London School of Economics, l’Ecole Hôtelière de Lausanne, la Copenhaguen Business School, Saint Andrews, Cambridge et Oxford. La pression est forte sur cette dernière équipe, lauréate des éditions 2011 et 2012. Tout le monde est sur son 31, le port de la cravate manifestement recommandé, l’équipe de Sciences Po au taquet. C’est parti ! Sébastien Burel nous entraîne dans un tourbillon infernal, nous sommes soumis au feu roulant des questions ouvertes ou fermées, des dégustations comparées, pas une minute de répit ! Les étudiants font face avec brio. Pendant ce temps, le jury s’accroche. Car si Georges Lepré a studieusement pris le temps d’éplucher les questions théoriques du concours, au fond de la voiture sur le chemin d’Aÿ, les autres membres du jury sont à l’aveugle, tout comme l’ensemble des participants. Pire, il va leur falloir, et c’est impératif, trouver les bonnes réponses !

Spit Verres

 Patrick Laforest joue sur du velours pour nous commenter les trois champagnes qu’il fallait classer par ancienneté, puis par millésime, ou pour nous expliquer avec clarté le principe des fermentations malolactiques. Aurélie Labruyère apporte des précisions pointues sur la fixation des prix du kilo de Champagne. Alexis Goujard, bien sûr, identifie les vins, les millésimes (un avenir brillant l’attend à la RVF, c’est sûr) et décrit avec des mots choisis et argumentés les trois sauvignons parmi les vins blancs servis à l’aveugle. Georges Lepré m’envoie au front pour reconnaître l’un des vins rouges, un délicat pinot noir de la Côte de Nuits, en 2009. Et, comme il sait jouer collectif, il m’aide quand même à identifier l’appellation. Quelle classe, ce Georges. Brillantissime, il achève de nous bluffer en reconnaissant le cépage zinfandel dans un verre de vin étranger.

IMG_4068

Tiens, tiens, une question sur la cote aux enchères d’un château Lafite Rothschild 2000. Devant moi, plusieurs participants posent le crayon, désorientés par la question. Certains d’entre eux auraient-ils besoin d’une petite remise à niveau ? Ca tombe bien, iDealwine cultive un faible pour les étudiants membres des clubs d’œnologie de leur école ! L’une de leurs illustres représentantes, lauréate d’un concours concurrent, vient d’ailleurs de passer quelques mois chez nous en stage, elle nous a marqués pour longtemps. Fin du premier round d’épreuve, le verdict tombe. Trois écoles se distinguent : Copenhaguen Business School, l’école Hôtelière de Lausanne et Oxford. Ces équipes accèderont donc à la finale.

 « Speed dating with two beautiful women »

Dans cette ultime épreuve, les candidats doivent nous présenter un vin effervescent et un vin rouge, servis à l’aveugle. A raison d’une minute par vin, pas une seconde de plus ! Impitoyable, Sébastien Burel surveille son chronomètre. Le premier est un champagne magnifique à la robe troublante, d’un rosé tellement clair qu’on hésiterait presque entre un blanc évolué qui signerait un millésime mature, et un rosé, justement. Quant au vin rouge il a été servi un peu froid, il est difficile à percer. Les organisateurs ont décidément plus d’un piège dans leur sac pour accroître la difficulté de l’épreuve. D’ailleurs, les candidats, un à un, tenteront l’un après l’autre de nous emmener vers Bordeaux. Mon nez ne pense pas avoir croisé autre chose qu’un pinot noir, mais comme les finalistes se montrent tous aussi brillants qu’affirmatifs, j’hésite. Je me tourne vers Patrick Laforest, en quête d’un peu de soutien. Pinot ou pas, nous tombons d’accord pour conclure qu’une fois réchauffé de quelques degrés, ce vin est une véritable tuerie. Tour à tour les trois finalistes se lancent. L’enthousiasme volubile de la candidate de Lausanne contraste avec le flegme du finaliste Danois. Quant au représentant d’Oxford, rien ne semble devoir le déstabiliser. Le défi que représente cette épreuve pour lui ? « It’s like speed dating with two beautiful women ».  C’est bien simple, tous trois ensorcèlent le jury. Verdict : le champagne était bien un rosé, splendide Grande Année 1990 de Bollinger, et le vin rouge, non pas un bordeaux, mais … un corton Rognets 2002 du domaine Méo-Camuzet. Malgré cette erreur collective, probablement influencée par le choix des vins servis lors des précédentes éditions du SPIT (tous des bordeaux), difficile de départager les candidats, le niveau est excellent et l’écart minime entre les équipes.

 Spit Participants

Une douloureuse délibération et un joyeux déjeuner généreusement arrosé de « Bolly » plus tard, le Président du jury annonce les résultats : triplé gagnant pour Oxford qui remporte cette cinquième édition.

Spit gagnants

Bravo à cette équipe brillante, mais aussi bravo à toutes les écoles participantes ! Vous avez souffert ? Vous avez ri ? Les membres du jury aussi ! Toutes mes félicitations aux organisateurs de cette belle édition et à toute l’équipe de Sciences Po qui a contribué au succès de cette journée. Merci aussi à mes quatre compagnons de galère, une belle et savoureuse galère, reconnaissons-le…

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A lire également dans le Blog iDealwine :

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