Clos Ganda, le “vin de cuisine” produit par une famille Bordelaise

Clos GandaIl y a dix ans, ils plantaient leurs 70 pieds de vigne (40% de cabernet et 60% de merlot), aujourd’hui ils produisent pour la septième année consécutive leur propre vin… dans leur jardin.

La première vendange de Bérénice et Alain Ricard, un couple d’universitaires bordelais, n’avait rien donné de grandiose. Avec à peine 8 kg de raisins récoltés entre amis, la cuvée 2005 n’a pas laissé un souvenir impérissable à l’entourage de cette famille. Mais chaque année le savoir-faire évolue et la qualité aussi. Virginia Coulon, une amie, admire même le couple pour avoir « au fil des ans réussi à maîtriser tous les paramètres pour faire un très bon vin« .

« On ne fait pas du tout un vin de garde mais un vin pour le quotidien » explique Bérénice Chang Ricard, ancienne biologiste moléculaire à l’INRA de Bordeaux. La production de ce vin est avant tout une occasion, chaque année, de passer de bons moments entre amis quand vient le temps de la récolte, et de partager ensuite un « vin de cuisine » comme se plait à l’appeler Bérénice, en référence au « vin de garage » rendu célèbre par Robert Parker.

Si cette production artisanale reste un plaisir, elle n’en demeure pas moins sérieuse. Comme dans les grands châteaux, les grains de raisin sont méticuleusement triés à la main. Puis une fois triés, Alain procède au foulage aux pieds des raisins dans de grandes bassines. Pendant ce temps, Bérénice calcule à l’aide d’une éprouvette la teneur en sucre du jus. Elle peut ainsi prévoir avec précision la teneur en alcool du cru 2012 : « Nous devrions avoir une teneur en alcool de 12,8 degrés cette année » décrète-t-elle.

Pour réaliser pleinement son rêve, en tant qu’ex-candidate écologiste aux cantonales, Bérénice ne pouvait s’empêcher de produire un raisin biologique. Elle utilise donc, pour combattre les principales maladies de la vigne (le mildiou et l’oïdium) uniquement du cuivre et du souffre, ce qui rend la production encore plus délicate. Le vin ne porte cependant pas l’appellation de vin biologique mais l’appellation « Grand Vin de Graves ». Ainsi le couple a nommé leur bébé « Clos Ganda », en référence à l’acteur nigérien Oumarou Ganda, que le couple admire tout particulièrement.

Bérénice, de son côté, a tenu à partager son expérience et son savoir-faire avec le public. C’est ainsi qu’elle sort son livre « Microvino, faire mon vin dans mon jardin », un premier manuel édité en France aux éditions Confluences sur la manière de faire du vin en très petite quantité. On y apprend toutes les étapes entre la plantation, la vinification et la mise en bouteille… le tout à la maison !

Source : AFP

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