Chine : alerte aux escroqueries sur les Bordeaux 2009 en primeur

Un article de decanter.com attire l’attention des investisseurs et acheteurs sur des tentatives de fraude au millésime 2009 observées sur le marché chinois. Des clients potentiels se sont vus proposer des vins parmi les plus côtés, dont les Châteaux n’avaient pourtant pas encore annoncé le prix de sortie ni officiellement mis les vins en marché…

Sam Gleave, directeur des ventes de Bordeaux Index, voit ses craintes confirmées : « Nous avons longtemps craint qu’un millésime comme 2009 donne lieu à des fraudes. L’intérêt pour le millésime est immense en Chine. Dans un marché sans réglementation et sans éducation, il y a toujours le risque d’un négoce voyou sur les primeurs. Malheureusement, il semble que ce potentiel ait été réalisé. »

Don St Pierre Jr, PDG de ASC Fine Wines Greater China, a déclaré à decanter.com : « Malheureusement, je ne suis pas surpris. Bordeaux Index a raison. Parce que ce type d’offre est si nouveau pour la Chine, il y aura de plus en plus de fraudes sur le marché. »

Pour Vianney Castan, directeur général des Vins Joseph Castan, pas de surprise non plus : « Les demandes de copies restent extrêmement répandues en Chine. Il ne passe pas une semaine sans qu’on me demande de faire une étiquette intitulée « Château Lafute » ou « Château Lafile ». Certains importateurs chinois peuvent faire preuve d’un grand opportunisme. Quelqu’un qui connaît quelqu’un dont le business est relié au vôtre trouvera un moyen de se proposer comme intermédiaire pour toucher une commission au passage. Il est difficile d’identifier les interlocuteurs fiables, car celui qui se propose aujourd’hui de vous mettre en relation avec un marchand de vin peut faire de même demain avec marchand de produits pharmaceutiques ou de viande… Tout le monde est multi-cartes et les spécialistes d’un secteur donné qui le restent sont rares. »

L’association britannique des négociants en vins et spiritueux (Wine and Spirits Trade Association, WSTA) a publié une série de recommandations pour les investisseurs potentiels. Ces derniers gagneraient notamment à être attentifs à :

– la taille et la réputation du marchand de vin ;

– lui demander s’il offre des garanties ou une assurance ;

– vérifier si les prix sont compétitifs et incluent la livraison ;

– s’assurer que les factures et les déclarations établissent clairement leur propriété sur le vin acheté.

Le président de la WSTA, Jeremy Beadles, rappelle que « les courtiers de bonne foi n’auront aucun problème à montrer patte blanche et les consommateurs qui posent les bonnes questions feront en sorte de ne pas se faire piéger par des distributeurs peu scrupuleux. »

Anne Serres – Vitisphere

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