Champagne : que penser de la succession des cinq derniers millésimes de Dom Pérignon ?

grands crus vente aux enchères millésimes 2002 2003 2004 2005 2006
© www.domperignon.com

Avec la récente sortie de son Vintage 2006, la marque phare de Moët & Chandon commercialise désormais cinq millésimes consécutifs. Explications sur une saga exceptionnelle.

Rappelons tout d’abord que la Champagne est la région reine des assemblages. Assemblage de cépages (pinot noir, chardonnay et pinot meunier), assemblages de crus ou encore assemblages de millésimes.

L’énorme majorité des ventes de la région est réalisée sur des champagnes non millésimés. En effet, le vignoble champenois jouissant d’une position septentrionale, ses raisins peuvent régulièrement souffrir d’un manque de maturité. D’où l’intérêt d’assembler les raisins de différentes années afin de « lisser » les caractéristiques du champagne et de conserver le style de la maison.

Les plus grands champagnes sont donc ceux issus de grandes années, et il est normal que cela impacte sur leur prix, ces derniers étant en moyenne 30 à 40% plus chers que les « simples » champagnes brut sans année.

Néanmoins, certaines maisons peuvent surexploiter cette capacité, en millésimant certaines années qui ne le mériteraient pas nécessairement. Dans ce contexte, comment apprécier les derniers « vintages » dévoilés récemment par Dom Pérignon ?

Revenons avant toute chose sur les particularités de cette maison. C’est sur le vignoble de l’abbaye de Hautvilliers que travaillait le moine Pierre Dom Pérignon (considéré, selon une légende controversée, comme « l’inventeur » de la méthode champenoise). Reconstitué au 19ème siècle par la maison Moët & Chandon, ce vignoble a donné pendant de longues décennies une cuvée prestige uniquement destinée aux proches de la maison. C’est en 1932 que Moët & Chandon lance pour la première fois la commercialisation de la cuvée Dom Pérignon, issue de l’excellente année 1921. La légende est née : depuis lors, Dom Pérignon ne commercialise que les champagnes des années aptes à être millésimées. Pour s’en procurer, les intéressés doivent en général attendre une dizaine d’années après la récolte.

La demande sur cette cuvée a littéralement explosé à partir de 1947. Et pourtant, seuls 36 millésimes ont été millésimés jusqu’en 2000 : 1921, 1928, 1929, 1943, 1947, 1949, 1952, 1953, 1955, 1959, 1961, 1962, 1964, 1966, 1979, 1970, 1971, 1973, 1975, 1976, 1978, 1980, 1982, 1983, 1985, 1986, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993, 1995, 1996, 1998, 1999, 2000.

C’est donc la première fois que la marque connaît une telle régularité, avec cinq millésimes consécutifs pour ce début de XXIème siècle : 2002, 2003, 2004, 2005, et 2006. La climatologie a changé, certes, tendant à être plus clémente envers la Champagne et lui permettant donc de mieux valoriser des cols issus d’une seule et même année. Toutefois, chez iDealwine, nous avions déjà fait savoir notre opinion sur 2002 et 2005, à notre avis les plus grands millésimes champenois de cette séquence 2002-2006.

S’il n’est pas envisageable, pour une marque du prestige de Dom Pérignon, de céder aux seuls arguments financiers, il n’en reste pas moins que ceux-ci ne sauraient être négligés : une cuvée Dom Pérignon se valorise en effet bien mieux que n’importe quel champagne brut sans année (quelle que soit la renommée de sa maison). Pourtant, il semble que ce soit plutôt la philosophie du chef de cave, Richard Geoffroy, qui ait changé. L’enseigne Dom Pérignon semble de plus en plus encline à travailler, et à ne pas baisser les bras lorsque le millésime n’est pas offert sur un plateau d’argent. Le risque étant de perdre ce qui fait la particularité de la maison : l’exception, le prestige inhabituel d’un millésime.

La série 2002-2006 méritait-elle cet enthousiasme de la part de Dom Pérignon ? Ou celui-ci se révélera-t-il décevant ? L’avenir pourra être un élément de réponse: l’occasion de vous rappeler que les bons champagnes millésimés sont parfaitement aptes à la conservation.

Les explications de Dom Pérignon sur la climatologie de ses derniers millésimes commercialisés (uniquement pour les Vintages Blanc) :

2002 :

« Un printemps chaud et sec, sans gelée particulière, permettant une floraison presque parfaite. Un été marqué par de longues périodes d’ensoleillement, régulièrement entrecoupées de quelques épisodes nuageux et pluvieux. Une météo parfaite inattendue à quelques jours des vendanges a compensé les fortes pluies de fin août et début septembre. Les vignes étaient en bon état et la déshydratation des grains permit d’atteindre de nouveaux degrés de maturité. Les vendanges débutèrent entre le 12 et le 28 septembre. »

2003 :

« Après un hiver particulièrement froid, sec et rude, les gelées de printemps du 7 au 11 avril marqueront les Champenois pour toujours. L’été s’affirme d’emblée caniculaire, le plus chaud depuis 53 ans. Ce qui avait miraculeusement échappé au gel et à la grêle va devoir subir les chaleurs éprouvantes jusqu’à la cueillette. La vendange est parfaitement mûre et saine, à comparer à celle des mythiques 1947, 1959 et 1976. »

2004 :

« Le millésime 2004 marquera l’histoire de Dom Pérignon de son aisance et de sa générosité. En contraste avec l’année passée, le développement végétatif de la vigne est régulier et sans incident, le nombre et la taille des grappes sont importants. Alors que le climat se montre longtemps sans excès (avec même un mois d’août plutôt frais – c’est la chaleur sèche des dernières semaines qui fait le millésime. La cueillette début le 24 septembre, la maturité et l’état sanitaire sont excellents. »

2005 :

« Une année contrastée, globalement chaude et en déficit. Si le mois d’août est caniculaire, la pluie et la fraîcheur de septembre semblent tempérer l’enthousiasme initial. Une sélection drastique au vignoble nous garantit finalement un volume limité d’une qualité exceptionnelle. La maturité aromatique est inédite. La cueillette débute le 14 septembre. »

2006 :

« Le climat de 2006 est globalement chaud et sec, quoique contrasté. Si juillet est caniculaire, août est anormalement frais et humide. C’est le caractère quasi estival de septembre qui fait le millésime, en asséchant les quelques foyers de botrytis et en offrant une maturité bien supérieure à la moyenne. La cueillette démarre le 11 septembre et s’étale sur près de quatre semaines. »

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