BFM | Vendanges, Foires aux vins : l’univers des grands crus à l’heure de la rentrée

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Prenons la température du marché avec Angélique de Lencquesaing, interviewée sur BFM Business par Cédric Decoeur.

Chaque mois, Angélique de Lencquesaing participe à l’émission BFM Patrimoine, dans laquelle elle analyse les dernières tendances du marché des grands crus. Septembre oblige, cap sur la rentrée, les vendanges et les Foires aux vins.

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Cédric Decoeur : Le mois de septembre est traditionnellement actif pour les acteurs de la filière viti-vinicole, qu’il s’agisse des vendanges, ou des traditionnelles Foires aux vins. Comment s’annonce le cru 2021 ?

Angélique de Lencquesaing : C’est vrai, depuis que les foires aux vins ont débuté dans les années 1970, à l’initiative de l’un des adhérents du groupement Leclerc, les projecteurs se braquent sur le monde du vin à l’heure des vendanges. Cette année, le contexte particulier au cœur des vignes a amené les acteurs de la filière à repenser leur stratégie. Ça a été notre cas chez iDealwine.

C.D. : Différent ? Parlons d’abord des vendanges. Comment s’annonce le millésime ?

Son avènement est douloureux. Souvenez-vous. En avril, le vignoble français a été touché par un épisode de gel majeur, « la plus grande catastrophe agronomique du siècle » d’après le Ministre de l’Agriculture, qui avait impacté des centaines de milliers d’hectares agricoles. Pour la vigne, une production en baisse de 29% s’annonce, pour atteindre 33,3M hl. Un volume inférieur à celui de petites années telles que 1991 ou, plus près de nous, 2017.

C.D. : C’est le gel qui a détruit tous ces volumes ?

Oui, en grande partie, mais pas seulement. Les vignerons ont, comme nous, connu pour une bonne part d’entre eux – les vignobles septentrionaux – un été maussade, froid, pluvieux, avec à la clé les maladies de pourriture.

D’autres vignes, dans les terroirs méridionaux, n’ont pas vu une goutte d’eau depuis avril, elles ont été menacées de stress hydrique. La vigne doit alors puiser profondément pour aller chercher des ressources, certains terroirs s’en sortent mieux que d’autres, notamment les argilo-calcaires qui jouent le rôle d’éponge.

Et puis, vous l’avez remarqué, le climat est tropical depuis début septembre. A de très fortes températures succèdent de violents épisodes pluvieux, voire des inondations, comme ce fut le cas il y a quelques jours dans le Languedoc. Là encore, mildiou et oïdium s’en donnent à cœur joie.

Certains vignerons voudraient tout simplement oublier 2021, on les comprend, on les soutient et j’en profite pour leur adresser toutes mes pensées.

C.D. : Les vendanges ont débuté dans certaines régions, avec retard par rapport aux années précédente ?

Oui, elles ont démarré, notamment pour les vins blancs. Elles ne sont effectivement pas précoces. A Bordeaux, la fraîcheur estivale va offrir un millésime aromatique. En revanche, les rouges ont encore besoin de temps, il leur faudrait une belle fenêtre de temps ensoleillé… et sec.

En Bourgogne, on entend le dicton, « septembre fera le vin », surtout pour les rouges. En blanc, la récolte des chardonnays a débuté, elle est qualitative mais elle produira des volumes microscopiques. Car cette région a été l’une des plus touchées par le gel, certains domaines ont perdu 80% de leur récolte.

En vallée du Rhône, gel et maladies se sont succédé, nécessitant une attention constante et infatigable des vignerons jusqu’à la vendange, qui débute tout juste. Même constat dans la Loire, et aussi en Champagne ou les écarts de maturité entre les cépages sont importants. Bref, c’est une année vraiment délicate pour l’ensemble du vignoble.

C.D. : Le millésime qui s’annonce sera-t-il à acheter ou à oublier, d’un point de vue placement ?

Il est prématuré de tirer des conclusions, qui plus est générales, sur le millésime. Il s’agit d’une année éminemment technique, qui requiert toute l’énergie et le talent des vignerons. Ceux-ci vont devoir faire preuve de sélectivité. Auront-ils les moyens de le faire, d’écarter la part de la récolte qui sera moins qualitative ? Economiquement l’équation sera délicate pour certains, surtout après une succession d’années marquées par le gel, la grêle, les maladies…. Mais il y aura de belles bouteilles aussi, c’est sûr. C’est tout ce que nous souhaitons aux vignerons, en tout cas !

C.D. : Venons-en aux Foires aux vins. Comment s’annonce le cru 2021 ?

C’est un rendez-vous incontournable pour les amateurs. D’ailleurs certains d’entre eux remplissent leur cave une bonne fois pour toutes, et nous ne les revoyons plus avant l’année suivante. Un moment clé, et un tremplin, pour nous, vers la fin de l’année qui représente une période stratégique pour le succès de notre année chez iDealwine.

C.D. : Le modèle de la Foire aux vins n’a-t-il pas tendance à s’essouffler ?

Certes, c’est un peu le même constat que pour les soldes, les promotions existent tout au long de l’année. Le vin n’y a pas échappé. En 2020, les ventes avaient marqué le pas : les Foires aux vins ont généré 904M€ de chiffre d’affaires, en baisse de 1.9% en volume, et de 1.3% en valeur par rapport à 2019. Précisons que l’année 2019 avait elle aussi marqué le pas, en comparaison avec 2018 (-9%).

L’essentiel du chiffre d’affaires des Foires aux vins est réalisé par la grande distribution. Les acteurs du e-commerce comme nous se doivent d’être présents à ce grand rendez-vous avec une offre complémentaire, plus pointue. Les deux circuits sont complémentaires. Même si, pour nous, la FAV ne revêt pas l’intérêt commercial déterminant qu’il représente pour la grande distribution. Encore une fois, il s’agit pour nous d’entretenir le lien avec nos clients, d’en attirer de nouveaux, et de fidéliser ceux qui nous ont découvert durant les périodes de confinement et de couvre-feu.

C.D. : Justement, comment les attirez-vous, à coup de prix barrés, de promotions agressives ?

Précisément, cette histoire de prix barré, c’est LE point qui fâche, particulièrement dans le contexte actuel des vendanges, d’un millésime durant lequel certains vignerons ont perdu une grande partie de leur production.

Les domaines partenaires avec lesquels nous travaillons sur le long terme n’ont pas de difficulté majeure à écouler leur production. Et cette année, certains retiennent leurs stocks pour continuer à avoir du vin à vendre tout au long de l’année. Dans ce contexte, il est délicat de brader les prix, d’afficher des remises accrocheuses pour attirer à tout prix le chaland.

C.D. : Pourtant, qui dit Foires aux vins, dit prix réduits, non ? Peut-on faire autrement ?

Certains continuent à appâter les clients avec des remises importantes. Compte tenu de la rareté des stocks de vins de qualité, trois recommandations s’imposent.

La première consiste à s’assurer avant tout de la qualité du vin – la presse spécialisée, les guides sont à cet égard précieux.

Il faut aussi s’interroger sur la qualité du millésime proposé. Est-il de bonne garde, ou à boire rapidement ?

Et enfin, il est important de s’assurer que les prix de référence n’ont pas été arbitrairement remontés. Une Foire aux vins, ça se prépare !

C.D. : Comment avez-vous procédé, vous ?

Nous avons fait le choix de continuer à mettre en avant nos domaines partenaires, et d’afficher des baisses de prix réduites (10%) conditionnées à l’achat de certaines quantités pour chaque cuvée. Par ailleurs, plutôt que de porter atteinte à l’image d’un vigneron en cassant ses prix, nous préférons couvrir l’amateur de cadeaux 😉. Réduction à la première commande, parrainage, programme de fidélité, cartes cadeau selon les montants commandés… un dispositif très complet !

C.D. : Une façon d’habiller la remise sans froisser le domaine… Mais la question se pose : est-il intéressant d’acheter en Foire aux vins ?

Oui, mais pas nécessairement pour les raisons que vous imaginez, à savoir le prix. Certes, il est important de préparer ses achats en se documentant et en comparant les tarifs, pour éviter de céder aux miroirs aux alouettes.

L’achat en Foire aux vins est intéressant car aujourd’hui nous n’avons jamais eu autant de bons vins à faire entrer dans nos caves… les progrès qualitatifs sont impressionnants dans toutes les régions, des plus traditionnelles aux vignobles longtemps restés à l’écart des projecteurs. Ce qui compte, c’est plus la qualité de l’achalandage, la possibilité d’accéder à certaines cuvées rares plus que d’obtenir quelques euros de réduction de prix. Pour un amateur en cours de constitution d’une belle cave patrimoniale, la distinction se fait avant tout sur la sélection.

C.D. : Certaines régions doivent-elles être privilégiées ?

Là où les volumes sont les plus importants, la notion de bonne affaire est plus évidente, à condition de bien distinguer les achats destinés à une consommation relativement proche, et les achats à caractère patrimonial. Bordeaux, par exemple, fourmille de belles opportunités, d’autant que l’amateur peut cette année accéder à de beaux millésimes de garde. Pour un achat patrimonial, foncez sur les 2018, par exemple, et aussi les 2019, 2016, 2015 si vous pouvez les trouver encore (Pontet Canet 2015 par exemple).

En Bourgogne, l’offre est assez variée cette année, c’est un point positif car les volumes produits sont cinq fois inférieurs à ceux de Bordeaux. Regardez du côté du sud de la région, en Côte Chalonnaise et dans le Mâconnais (Paul & Marie Jacqueson à Rully). En Languedoc, les domaines passionnants méritent toute l’attention, le plus difficile est de le trouver en Foire aux vins ! Et c’est là où intervient le sujet de la rareté des vins. Dans la vallée de la Loire (Montlouis, Sancerre, Savennières Clos de la Coulée de Serrant…), dans le Rhône (Saint-Joseph de Louis Chèze, Crozes-Hermitage), en Languedoc (Montcalmès, future Grange des Pères ? Christophe Peyrus) vignerons majeurs se distinguent, les futures stars des enchères dont nous parlons régulièrement ici.

Pour conclure : oui, les Foires aux vins offrent l’occasion de réaliser d’excellents achats, d’autant plus que les enseignes octroient une place croissante aux vins produits dans le respect de l’environnement. Bio, biodynamie et vins natures ne sont plus absents des catalogues, chez iDealwine ils représentent 40% de la sélection accessible en achat direct, et une bonne part d’entre eux est représentée dans la Foire aux vins (Deiss, Bott-Geyl..).

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