Belles enchères de juin | Un match entre les valeurs sûres et les stars de demain

Le marché des enchères de vin s’est distingué en juin par un dynamisme remarquable et un appétit marqué des amateurs pour toutes les catégories de vin. D’un côté, les grandes signatures ont pleinement joué leur rôle de valeur refuge et de l’autre, des domaines encore inconnus il y a quelques années s’affirment comme les fers de lance de leur région, à suivre absolument.

Les grands millésimes, le moteur de Bordeaux, la Bourgogne et… la Champagne.

Les grands crus de Bordeaux ont fait en juin la démonstration de leur caractère intemporel, tout particulièrement lorsqu’il s’agit des grands millésimes aujourd’hui parvenus à maturité. Un flacon estampillé Petrus enregistre une belle adjudication à 3 684€ dans le millésime 1990 (+17%). Le prix à payer pour une année aujourd’hui parvenue à son apogée. Le château Lafite-Rothschild demeure une valeur sûre, même si les prix se sont stabilisés, en témoigne ce lot de douze bouteilles du millésime 1986, acquis à 9 571€ (soit 798€ la bouteille) par un professionnel français. Stable également, l’année 1982 pour ce même premier cru classé de Pauillac, adjugée 2026€. A Sauternes, les liquoreux n’ont pas dit leur dernier mot puisqu’une rare impériale (6 litres) de château d’Yquem 2010 a été attribuée pour la somme de 2 702€ à un professionnel belge au terme d’une lutte acharnée. En revanche, la rareté des années « du siècle », et leur caractère collector suscitent toujours de belles batailles d’enchères. Pour preuve, cette bouteille de château Mouton-Rothschild dans l’exceptionnel millésime 1961, adjugée 2 456€ (soit une hausse de 114% par rapport à sa cote).

La situation est différente en Bourgogne, terre de grands vins rares, où les vins n’attendent pas de longues années avant de voir leurs prix s’envoler. En témoigne le record de l’année (pour l’instant 😉) est enregistré pour une bouteille millésimée 2009 de romanée-conti, vendue 16 578€. La Bourgogne est cependant loin de se résumer à ce seul domaine puisqu’un autre vigneron se distingue régulièrement. Enfin plutôt une vigneronne, la célèbre Lalou Bize-Leroy, qui avec les domaines Leroy et d’Auvenay, dont elle est propriétaire, affole chaque mois un peu plus les enchères sur iDealwine. Au-delà des prix d’adjudications, ce sont les cotes qui sont intéressantes à étudier. Prenons par exemple, le criôts-bâtard-montrachet grand cru 2005 du domaine d’Auvenay adjugé à 5 526€ qui a fait un bond de 33% par rapport à sa cote. De même pour le clos-de-la-roche 2005 du domaine Leroy vendu à 3 316€ qui a grimpé de 46% au-delà de sa cote ou encore le meursault premier cru Goutte d’Or 2005 du domaine d’Auvenay qui a enregistré une hausse de 124% en atteignant 1 854€. Vous l’aurez compris, les vins de Lalou-Bize Leroy sont activement recherchés actuellement.

Si la Champagne est la seule région à proposer massivement des vins non millésimés, les cuvées qui sont issues d’une même année, infiniment plus rares, demeurent les plus prisées aux enchères. Un magnum du clos des Goisses 1988 de la maison Philiponnat a été acquis pour 381€ (+ 77% au-dessus de sa cote). On retrouve encore de nombreux autres champagnes millésimés dans notre top du mois de juin.

Un vent de changement souffle sur les autres vignobles

Lorsqu’on voyage dans les autres régions françaises, les dés ne semblent pas encore jetés et pour cause, des amateurs insatiables restent à l’affût, avides de chiner les futurs grands noms du vignoble. C’est ainsi que certains domaines encore « inconnus » hier sont aujourd’hui le centre de toutes les attentions. C’est le cas des vins de Xavier Caillard, les Jardins des Esmeraldins. Un domaine de Loire, situé à Brézé, à proximité de Saumur, qui a vu deux de ses bouteilles (un rouge et un blanc) s’envoler à plus de 1 300€ chacune, soit une hausse de plus de 400% par rapport à leur cote actuelle. Un tel niveau prix s’explique par la quantité infime de vins produits sur les deux petits hectares de ce domaine, engagé dans la voie des vins naturels. On remarque, qu’encore une fois dans cette région, le choix de la couleur est demeuré secondaire au regard de la rareté des vins, les deux flacons ayant été adjugés au même prix.  S’agirait-il là du Clos Rougeard de demain ? De telles icônes ne sont pas pour autant en reste avec les excellentes performances de ce domaine emblématique, dont un lot de trois de ses célèbres saumur-champigny les Poyeux 2005 s’est vendu 810€, en hausse de 55% par rapport à sa cote iDealwine. Les grandes signatures du Jura confirment également avec des performances toujours à la hausse comme cet arbois Pupillin 1998 du domaine Overnoy-Houillon, adjugé 430€ (+44%). Dans le Rhône, trois bouteilles de la fameuse cuvée d’hermitage Le Pavillon 1990 de la maison Chapoutier se sont vendues à 1007€. Le trio de de la maison Guigal en Côte-Rôtie fait toujours office de valeur sûre avec notamment une Landonne 2007, adjugée 776€. Au sud de la région, l’incontournable Emmanuel Reynaud clôt pourtant toujours le débat avec ses nombreuses cuvées de château-rayas attribuées, toujours aussi prisées (946€ pour le 1995, +6%, 921€ pour le 2009, +15%).

Quelle que soit le degré d’incertitude qui pèse sur l’environnement économique actuel, rareté et qualité demeurent les deux constantes du marché des enchères. Deux facteurs auxquels viennent s’ajouter la curiosité insatiable des amateurs pour les stars de demain, qu’ils vont souvent dénicher parmi les vins natures. Le jeu reste donc pleinement ouvert.

Retrouvez tous nos vins aux enchères sur iDealwine.

  • Voir les commentaires (2)

  • GUY HACHOUR

     » ce lot de douze bouteilles du millésime 1986, acquis à 9 571€ (soit 793€ la bouteille)  »
    9571 divisé par 12 donne 797,58 (798 arrondi) et non 793 ! Les lois mathématiques sont dures mais ce sont les lois !

    • iDealwine

      Merci pour votre remarque nous avons corrigé l’erreur en question.

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