Analyse de marché

L’état des marchés financiers laisse planer de moins en moins de doute sur la propagation de la crise financière aux sphères de l’économie réelle, et ce à une échelle mondiale. Et pourtant, le marché des enchères de vins se porte bien, même si la spéculation n’a plus cours. Porté par la comparaison largement défavorable aux primeurs 2007, il attire d’authentiques amateurs à la recherche de crus parvenus à maturité, et dont le potentiel gustatif est déjà connu.
Alors, faut-il acheter ? Ou vendre ? Région par région, tout ce que vous devez savoir avant les grandes ventes de fin d’année.

Le vin, valeur-refuge ?
L’état des marchés financiers laisse planer de moins en moins de doute sur la propagation de la crise financière aux sphères de l’économie réelle, et ce à une échelle mondiale. Et pourtant, le marché des enchères de vins se porte bien, même si la spéculation n’a plus cours. Porté par la comparaison largement défavorable aux primeurs 2007, il attire d’authentiques amateurs à la recherche de crus parvenus à maturité, et dont le potentiel gustatif est déjà connu.

Le pari est risqué sur les Primeurs 2007, même à Sauternes, où s’annonce une année d’anthologie. Sur un marché plombé par une demande américaine atone, Yquem 2007 est en effet proposé autour de 430€HT – soit 514€ TTC, deux fois la valeur d’une bouteille du somptueux 1986 ou même du 1989, ou encore trois fois le prix du 1999, pourtant annoncé à Yquem comme une belle réussite…
La stratégie qui consiste à proposer le Château d’Yquem en primeur à un prix exorbitant a au moins un mérite : il soutient les cours sur les millésimes plus anciens dans les ventes aux enchères. Yquem ne subit donc pas la traditionnelle désaffection pour les liquoreux de Sauternes généralement enregistrée pendant les mois d’été. Sur les autres vins, il est important de se montrer sélectif et de limiter ses achats aux cuvées qui seront difficiles à trouver lors de la mise sur le marché, une fois les vins en bouteilles

Bordeaux – millésimes et domaines à rechercher
Aux enchères, les grands Bordeaux se taillent la part du lion. Si 1982 résiste bien, le marché enregistre une légère correction sur les prix des 1990. 1989 plafonne, voire amorce une décrue. 1995, aujourd’hui à son apogée, s’affiche à la hausse, de même que 2000. La situation est plus contrastée sur 2003. Le potentiel d’appréciation du millésime est aujourd’hui limité.
Une fois en bouteille et donc sur le marché, les 2005 confirment en revanche leur position de valeur sûre de la cote. Pas de précipitation, les mois à venir pourraient réserver quelques opportunités, à la faveur de besoin de trésorerie de certains intervenants largement fournis dans ce millésime.
Dans les autres millésimes, tous les indicateurs sont au vert pour Palmer et la Mission Haut Brion, tandis que des opportunités apparaissent sur Pichon Lalande (2000), Haut Brion (2001) Petrus (1989, 1995, 2001), Cheval Blanc et Léoville Las Cases 1995, Cos d’Estournel (1996) Léoville Poyferré et Lynch Bages 2003…

Bonne tenue des Bourgogne
En Bourgogne, quoique encore rare, 2005 fait une apparition remarquée dans les ventes. Malgré niveaux de prix élevés, les acheteurs semblent anticiper une poursuite de la hausse. Les 2002 sont stables en termes de prix, 2001, moins demandé, s’affiche en légère baisse. 2000 et 1996 sont actuellement les deux années les plus recherchées. Bonne tenue également des millésimes 1990 et 1996. L’offre est très limitée, mais la demande demeure mesurée, on n’enregistre plus les mouvements de fièvre spéculative observés depuis deux ans, et jusqu’il y a quelques mois encore. Les Vosne Romanée Cros Parantoux d’Henri Jayer ont ainsi interrompu leur course folle à la hausse.

A l’abri de la crise en raison de leur rareté, les blancs de Bourgogne ne sont pas pour autant spéculatifs. Les Meursault Perrières et Corton Charlemagne du domaine Coche-Dury se stabilisent au plus haut niveau. Au domaine des Comtes Lafon, quelques opportunités apparaissent même, sur les Meursault Clos de la Barre, notamment.

Vallée du Rhône : les indicateurs restent au vert
En Vallée du Rhône on note une bonne tenue des millésimes 2001 et 2000. Quelques opportunités sur 1998 (Côte Rôtie la Mouline) et 1999 (Hermitage Chave, Châteauneuf du Pape Beaucastel Hommage à Jacques Perrin, Hermitage la Chapelle). 1990 et 1995 sont actuellement stables
Peu d’adjudications ont été enregistrées pour l’instant sur les 2005 mais le millésime est manifestement très attendu.

Les Champagne affichent une santé insolente. La hausse des prix sur les millésimes récents et sur les cuvées non millésimées de grandes maisons se répercute progressivement sur les années plus anciennes. Dans les années de collection (années 1950 et 1960) la demande reste toujours aussi soutenue.

A signaler également, toutes régions confondues, avec une prime aux Champagne millésimés : les grands formats, dont le succès ne se dément pas, même dans les petits millésimes. Et, dans la perspective des fêtes de fin d’année, n’oubliez pas que plus c’est grand, plus c’est convivial, donc recherché pour les grandes occasions !

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