Quelles perspectives sur le front des enchères à la rentrée ?

Après un été marqué par un volume de ventes, et d’échanges traditionnellement plus limités, la question est sur toutes les lèvres des amateurs (en tout cas les vôtres) : quelles évolutions attendre du marché des enchères de vins ? Nous vous livrons quelques pistes de réflexion, en commençant par le marché des Bordeaux.

Ardoise de la rentréeQuelles perspectives attendre du marché des enchères de vins ? Les ventes de l’été, plus rares cette année, n’ont pas été boudées pour autant par les amateurs. Premier volet de notre analyse, le marché des Bordeaux. A suivre, les vins de Bourgogne, de vallée du Rhône, de Champagne et des autres régions.

Qui achète (et boit) encore du Lafite en dehors des amateurs chinois ?

A Bordeaux, Lafite Rothschild – et son second, Carruades de Lafite –  continuent à faire parler d’eux. Les prix du premier cru de Pauillac et de son second vin sont nettement repartis à la hausse ces dernières semaines, à la faveur d’un engouement qui nous vient de l’Asie, et de la Chine au tout premier chef. Le succès de ces deux vins représente-t-il l’arbre qui cache la forêt ? Tout est question de modération dans les prix. Ce qui est certain, car nous le constatons lors des ventes (et, plus encore par l’ardeur des internautes sur notre site !) les amateurs n’ont pas renoncé à acheter, et c’est plutôt bon signe. Cependant, ils veulent garder, en plus du plaisir d’acquérir un joli cru, l’idée que leur achat constituera une « bonne affaire ». La sacro-sainte « bonne affaire » que les catalogues de Foires aux vins commencent déjà à nous déballer au kilomètre…

Les prix des premiers crus classés ont enregistré une nette décrue ces derniers mois. Latour et Margaux sont aussi plus difficiles à vendre sur les millésimes récents, la hausse des prix ayant été très conséquente au cours de la période 2006 – 2008. Haut Brion et Mouton Rothschild ont enregistré des hausses de prix moins conséquentes sur cette même période, les vins se situent donc à des niveaux de prix plus sages, qui facilitent les échanges.

Dans le Médoc, il faut se garder d’acheter massivement (ou en tous cas trop cher) les vins que l’on retrouvera facilement, parfois à des niveaux de prix bradés, dans les catalogues des Foires aux vins. Un domaine comme Sociando Mallet pourrait un jour voir son image écornée par sa présence systématique en tête de gondole des principaux hypers de France, à un prix qui ne motivera plus aucun amateur à acheter en primeur, puisqu’il est rigoureusement identique, voire même un peu plus bas… Une solution : bien vérifier les cotations iDealwine avant de partir pousser votre caddy (ou votre souris) ! Recherchez les millésimes qui avaient beaucoup augmenté en 2006 et 2007, et qui enregistrent actuellement un trou d’air dans les ventes : 1990, 1995, 1996. De sublimes années à savourer actuellement. A rechercher également, dans un objectif de dégustation, et non de placement, les petites années de la décennie 1990. Plombées par l’idée générale que ces années sont de mauvais millésimes, les premiers et seconds crus classés ont produit de superbes 1993, 1994, 1997 et 1999. Des vins qui peuvent également être dégustés actuellement, et dont les prix sont réellement attractifs. Avoir la chance d’acquérir et de goûter le Château Haut-Brion 1993 en déboursant à peine plus de 100€ représente une vraie opportunité !

Etiquette Chateau La ConseillanteSaint-Emilion et Pomerol, un vivier de stars

Traversons le fleuve. On constatera que si les cotations de Château Cheval Blanc plafonnent, les vins de la rive droite poursuivent leur conquête du monde des amateurs. Les grands crus de Saint-Emilion (on n’ose plus dire « crus classés » tant ce classement a fait l’objet de rebondissements récents) ont enregistré, à la faveur d’investissements conséquents, un saut qualitatif réel ces dernières années. Et pourtant les cotations ne retracent pas encore systématiquement tout le chemin parcouru. Canon La Gaffelière, Clos Fourtet, Fleur Cardinale, Grand Corbin Despagne, Quinault l’Enclos sont quelques unes des valeurs montantes de l’appellation, sans parler de Figeac, désormais consacré par la RVF (3 étoiles), mais dont les prix restent étonnamment sages en regard de la qualité des vins. Même situation pour Pavie Macquin et Troplong Mondot, dont les prix restent attractifs, hormis sur le millésime 2005 dont les cotes ont littéralement flambé lorsque ces deux vins ont frôlé la note suprême de 100/100 Parker. Au sommet de la hiérarchie, il faut suivre de près Angélus et Ausone. Le premier, parce que les millésimes récents n’en finissent pas de progresser en termes de qualité, il est donc intéressant de les acquérir jeunes pour profiter à plein de leur valorisation dans le temps. Le second, pour sa rareté (1300 à 2000 caisses dans les années les plus généreuses) et le caractère unique de son terroir. Ses perspectives de garde, immenses, lui garantissent le statut de collector aux yeux des amateurs du monde entier.

A Pomerol, les domaines n’ont pratiquement rien à vendre, et d’ailleurs les vins sont très difficiles à trouver aux enchères. La Conseillante (éternel rival de Petrus ?), Clinet, L’Eglise Clinet mais aussi Gazin font figure de challengers et peuvent encore se prévaloir d’un bon rapport qualité-prix. Au sommet de l’échelle (de la rareté), on trouve Lafleur et Vieux Château Certan. Deux vins rares aux enchères, chers, et pourtant si précieux que les prix sont justifiés. Quant à Petrus, voici un domaine dont il faut suivre attentivement la cote. L’emblématique Pomerol était devenu pratiquement invendable aux enchères depuis l’éclatement de la bulle financière, en raison d’une demande désespérément atone. Aujourd’hui, les ventes repartent, au compte-goutte et à des niveaux de prix assagis. Attention aux très grandes années telles que 2000, 2005, actuellement très (trop ?) chères. Idem pour 2003, dont les cotes ont beaucoup augmenté mais qui pourrait décevoir dans le temps en raison des caractéristiques particulières du millésime. Ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir les acquérir en primeur (et c’est tout de même la majorité des amateurs compte tenu du système d’allocation mis en place par la maison Moueix) guetteront les fluctuations du marché, et les creux de vente. Car tout de même, qui oserait prétendre que posséder un peu de Petrus dans sa cave représente un mauvais choix ?

Angélique de Lencquesaing

A suivre, l’analyse de la Bourgogne, des vins de vallée du Rhône, de Champagne et des autres régions.

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Recherchez un vin en vente actuellement.
Valorisez votre cave.

Les ténors de la cote iDealwine

Variation de prix depuis fin 2007

Cote iDealwine au

Cote iDealwine au

Cote iDealwine au

Variation

31/12/2007

31/12/2008

01/09/2009

depuis fin 2008

Petrus 1982

3034

2768

2135

-22,87%

Petrus 1990

2514

2426

1735

-28,48%

Petrus 2000

2607

2581

1965

-23,87%

Petrus 2005

ND

2395

1985

-17,12%

Cheval Blanc 1982

826

776

555

-28,48%

Cheval Blanc 1990

858

820

629

-23,29%

Cheval Blanc 2000

787

720

560

-22,22%

Cheval Blanc 2005

ND

700

535

-23,57%

Latour 1982

1143

1322

1166

-11,80%

Latour 1990

591

566

474

-16,25%

Latour 2000

707

690

539

-21,88%

Latour 2005

ND

867

636

-26,64%

Margaux 1982

750

740

635

-14,19%

Margaux 1990

810

742

595

-19,81%

Margaux 2000

688

689

515

-25,25%

Margaux 2005

ND

936

758

-19,02%

Lafite 1982

1465

1537

1868

21,54%

Lafite 1990

431

411

348

-15,33%

Lafite 2000

830

943

905

-4,03%

Lafite 2005

ND

809

635

-21,51%

Haut Brion 1982

481

485

445

-8,25%

Haut Brion 1990

500

471

380

-19,32%

Haut Brion 2000

473

483

445

-7,87%

Haut Brion 2005

ND

675

624

-7,56%

Mouton Rothschild 1982

836

693

608

-12,27%

Mouton Rothschild 1990

200

196

175

-10,71%

Mouton Rothschild 2000

490

520

470

-9,62%

Mouton Rothschild 2005

ND

487

485

-0,41%

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  • Voir les commentaires (4)

  • MARX

    Je viens de lire vos perspectives sur la « rentrée des enchères » juste une petie remarque. Dire que le chateau la Conseillante est l’éternel rival de PETRUS ne me paraît pas exact, si l’on devait trouver des concurrents sérieux à PETRUS ce seraient plutôt LE PIN (introuvable et inabordable !!!) et LAFLEUR qui sont eux, à mon sens, les vrais challengers de PETRUS. Dans les super seconds, je mettrais Trotanoy, l’église clinet et Vieux Chateau Certan puis viendraient La Conseillante, Hosanna, l’évangile, Le Fleur Petrus et enfin les autres.

    Il ne s’agit là que d’un point de vue….

    cordialement.

  • Angélique de Lencquesaing

    Il est légitime de vouloir comparer Petrus à Le Pin, mais ce vin est à peu près introuvable dans les ventes françaises. Nos cotations sont d’ailleurs incomplètes puisque nous n’avons pas encore pu référencer les millésimes 2003, 2005 et 2006, il est donc difficile d’en parler. La Conseillante est plus régulièrement présente dans les ventes françaises.
    Quant à votre liste de « super-seconds » de Pomerol, j’ai l’impression que l’on va bientôt pouvoir y ajouter le château La Violette, qui s’annonce comme un redoutable concurrent de tous ceux que vous citez… et qui sera tout aussi introuvable que Le Pin, d’ailleurs !

  • MARX

    C’est ce que je disais dans mon commentaire, introuvable et inabordable, je vous ai mal compris, je me plaçais sur un plan qualitatif, (ce qui ne veut pas dire que La conseillante n’est pas un excellent vin, que j’achète en primeur), mais dans le cadre des enchères, il me semble tout aussi difficile de comparer petrus à la conseillante, nous ne sommes pas sur le même plan en terme de prix. Lafleur considéré comme un challenger sérieux de Petrus se rencontre régulièrement dans les ventes aux enchères.

    quant au chateau « La Violette » égal de Trotanoy, l’église clinet et chateau Certan…

    Je saisis cette l’occasion de cet échange pour parler d’un tout autre sujet, dans bourgogne aujourd’hui N°52 de juin 2003, paraissait un classement des premiers cru Blancs de la cote de beaune. Jasper Morris, Al Hotchkin grei Tashjian, georges Pertuiset, Roland Masse et la Bourgogne Aujourd’hui classait les 25 premier crus le N°1 était « le clos des perrières » monopole d’Albert Grivault. Le clos des perrières est une « enclave d’un hectare » situé dans la partie Basse des Perrières.

  • Angélique de Lencquesaing

    A venir : notre analyse du marché des enchères sur les grands bourgognes…

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