4ème édition du winelab : nos coups de cœurs et nos découvertes

Le lundi 29 mai, se tenait au carreau du temple la 4ème édition du winelab organisée par Bettane+Desseauve. Pour cette rencontre réservée aux professionnels, les organisateurs du Grand Tasting avait sélectionné pas moins de 150 vignerons. iDealwine s’y est rendu en force pour partager avec vous ses coups de cœur et ses découvertes.

Dans cet ancien marché de fripes du XIXème siècle, les équipes B+D ont mis l’accent sur la découverte de nouveaux vignerons aux « rapport prix/plaisir épatant », à côté des références installées. Pour les pros, c’est une occasion de choix pour découvrir ou re-découvrir les cuvées que l’on sélectionnera et présentera aux amateurs. Voici les coups de cœur de l’équipe.

Champagne

Drappier

Un nom forcément familier pour les lecteurs du Blog… Et les clients du site puisque c’est avec la maison Drappier qu’iDealwine a débuté sa première vente privée en… 2004 ! Au Winelab Drappier proposait cinq cuvées à la dégustation. Et l’on moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’en lasse pas. La cuvée carte d’or avec 80% de pinot noir joue sur un registre ample et intense. La cuvée brut nature (sans soufre), 100% pinot noir nous a séduit sa gourmandise, et ses arômes de fruits rouges. La surprise est venue de la cuvée blanc de blancs composée et 95% de chardonnay  et 5% de pinot blanc (appelé « blanc vrai » également en Champagne). Un cépage oublié, loin d’être anecdotique pour le caractère qu’il apporte en bouche. Enfin, nous avons eu la chance de déguster à nouveau la  Grande Sendrée 2008. C’est un superbe champagne (55% pinot noir, 45% chardonnay) qui développe déjà quelques arômes tertiaires comme la truffe ou encore la noisette. On l’imagine évidemment à table…. et on en rêve.

Philipponnat

Philipponnat avait fait le choix audacieux de ne présenter que ses rosés. Il faut dire que la maison a la particularité d’utiliser les deux méthodes autorisées en champagne pour faire du rosé : assemblage d’un rouge tranquille avec un effervescent d’une part, et rosé de saignée d’autre part. Elle assemble par la suite le tout !  La cuvée royale réserve est celle qui s’approche le plus des rosés que nous connaissons : dosage plus important (9g), un fruit rouge vraiment intense qui le rendrait parfait en dessert. La cuvée 1522 rosé change du tout au tout : le dosage est extra-brut (4,25g), et le vieillissement prolongé (6 à 8 ans sur lies). La robe est plus claire, « saumonée », et si l’on perçoit encore le fruit qui fait la gourmandise des rosés, il se fait cette fois-ci plus discret et élégant, comme infusé. Le Clos des Goisses juste rosé 2006 est un modèle du genre : une texture absolument sublime, équilibrée mais légèrement crémeuse. Le nez de truffe et de noix évoque à s’y méprendre le clos-des-goisses blanc. Difficile dans un verre noir, d’y voir un rosé.

Champagne Moutard

La maison de l’Aube a la particularité de faire du vin en Champagne, mais aussi en Bourgogne. L’autre singularité est que Moutard bloque les fermentations malo-lactiques (comme Gosset). En conséquence, le dosage est un peu plus élevé que pour certaines maisons. Même si  Moutard expérimente des cuvées moins dosées qui devraient voir le jour très bientôt. Nous avons apprécié les cuvées parcellaires Champ Persin (blanc de blancs) et Vignes Beugneux (blanc de noirs). Notre coup de cœur va à la cuvée 6 cépages. Loin d’être accessoires, ces cépages oubliés apportent de la complexité : on y découvre un nez d’alcool de mirabelle, de prune et de poire. La bouche se révèle intense et vive.

Bordeaux

Gonzague et Claire Lurton

De retour à Bordeaux après le lancement de leur domaine dans la Sonoma Valley, Claire et Gonzague Lurton ont également de quoi être fiers de leurs propriétés bordelaises. Il faut bien le dire, nous avons été agréablement surpris par les vins présentés qui ont effectué un bond qualitatif prodigieux depuis quelques années. Les propriétés se sont en effet peu à peu converties à la biodynamie (certifiés Ecocert) et un vent de nouveauté souffle sur les exploitations familiales. Le château-durfort-vivens 2014 se montre élégant, avec un nez fruité et des belles notes végétales (que nous n’avons pas pris pour de la verdeur). La bouche est élégante et précise. Notre coup de cœur se porte sur haut-bages-libéral 2014. Alors que nos équipes avaient adoré le 2016 en primeur, le 2014 se révèle lui aussi un élégant pauillac, pas ostentatoire, mais au contraire gourmand, fruité et d’une belle droiture.

Château le Sartre

Le château Le Sartre est bien connu par les afficionados d’iDealwine. La propriété se situe au sud de l’appellation à Léognan. Nous avons aimé le blanc en 2014 pour son bel équilibre entre fraicheur et maturité. De manière générale, 2014 nous semble un millésime à suivre en blanc à Pessac-Léognan. C’est un vin délicieux tout de suite (la barrique est totalement intégrée). En rouge, 2014 sera à attendre quelques années avec des tanins de belles qualités mais pour l’heure, encore un peu sévère. Le 2012 se présente actuellement à merveille, avec un fruit superbe associé à des arômes complexes, dans un ensemble à la fois puissant et pleinement équilibré.

Château Couhins

Le château Couhins a la particularité d’appartenir à l’Etat et plus particulièrement à l’Institut National de Recherche Agricole. La propriété est toujours prête à de nouvelles expérimentations, même si Couhins n’est jamais la première propriété où elles ont lieu. Le vignoble de Couhins a également la particularité de ne pas avoir de plants de sémillon plantés (93% sauvignon blanc, 7% sauvignon gris). Etonnement, le 2015 se détache selon nous du 2014 en blanc avec un peu plus de matière en bouche et une acidité bien présente (sans doute car Couhins ne possède pas de sémillon). En rouge, le 2014 séduit par sa rondeur et sa bouche de velours. Porté par le merlot (60%), c’est un pessac-léognan qui séduit immédiatement. Les tanins sont enveloppés et il peut se boire dès maintenant.

 

 

Château de Carles

Le château de Carles présentait à l’occasion du salon, sa grande cuvée le château Haut-Carles. Ce fronsac est l’objet de tous les soins et notamment d’une vinification intégrale (le vin est vinifié en barrique de 500l). L’un des avantages évoqués est la meilleure intégration du bois. Assemblage de merlot (90%), de malbec  et de cabernet franc, nous avons beaucoup aimé la consistance et le fruit du 2014, qui tapisse le palais dans un ensemble ample et soyeux, vraiment gourmand. La finale développe une pointe d’amertume qui se dissipera avec un an de cave supplémentaire. Le 2012 est superbe dans un registre suave et friand. Le 2011 est magnifique, il développe des arômes de confiture de mûre et de truffe. En bouche, l’équilibre est superbe.

Clos Puy Arnaud

Clos Puy Arnaud fait toujours l’unanimité chez iDealwine. Les brillants millésimes qui arrivent ne dérogerent pas à la règle. La cuvée « bistrot », un 100% merlot en VDF est délicieuse en 2016. Une bombe de fruit qui évoque ces vins de copains du Languedoc, du Beaujolais ou encore de la Loire. Le type même de vin encore rare à Bordeaux, issu d’un fruit qui a seulement cinq jours de macération. « Moi j’aime ces vins-là, nous confie Thierry Valette. Et il faut savoir s’arrêter d’extraire pour faire un vin de fruit. A Bordeaux, les gens s’y mettent enfin ». Le reste de la gamme est hyper cohérente… jusqu’au grand vin. Dont le nom n’est pas usurpé. Clos Puy Arnaud 2014 est un modèle d’équilibre. On apprécie l’acidité qu’il conserve, et qui apporte de la vivacité à son fruit mûr. Thierry Valette aime faire des vins que l’on pourra apprécier dès leurs plus jeunes années. Ce 2014 en apporte une brillante démonstration.

Marquis d’Alesme

Depuis son rachat, le château Marquis d’Alesme, 3ème grand cru classé, renoue enfin avec son prestigieux passé. Des travaux pharaoniques dans son chai d’abord- désormais en pointe pour l’accueil des clients-mais surtout dans la qualité des vins qui ne cessent de progresser. Le 2013, dans un millésime parfois difficile, présente une belle matière. On apprécie ses tanins très margalais. Labégorce, le cru bourgeois qui appartient également à la famille Perrodo, comporte une proportion plus importante merlot. Il peut-être dégusté plus jeune. La bouche est un peu plus chaleureuse, dans un registre suave et gourmand.

Fourcas Hosten

Le cru doit sa renaissance à la famille Momméja (Hermès) qui se porte acquéreur en 2006. A la suite de la restructuration du domaine, des cépages blancs ont été replantés dans les secteurs plus argileux ou sableux (2 hectares). Le 2015 est le deuxième millésime réalisé depuis le passage en bio. D’une concentration moyenne, c’est un vin fin, délicat, très bien réalisé. En vieillissant, les vignes produiront des vins qui gagneront en concentration. Les rouges sont vinifiés à partir d’un vignoble conduit en lutte raisonnée. Le 2012 séduit par ses arômes de moka et de cacao. Mais notre coup de coeur va au 2011, droit et élégant. Une très belle référence à ce prix.

Château Thieuley

Sylvie et Marie Courselle reprennent peu à peu la conduite du Château Thieuley, un domaine de l’Entre-deux-Mers acquis par leur grand-père que leur père Francis a contribué à faire prospérer avec talent et passion. Les cuvées présentées au Winelab comptaient la cuvée Génération III, un AOP Bordeaux composé à 60% de merlot (25% de cabernet sauvignon, 10 de cabernet franc et 5 de petit verdot) est issu d’un terroir argilo-calcaire qui confère au vin une agréable fraîcheur, complétant le fruit du 2015 par de beaux arômes épicés. Les tannins, encore bien présents, appellent quelques années de garde pour ce vin qui présente un joli potentiel.

Alsace

Valentin Zusslin

Les rieslings de Valentin Zusslin comptent parmi les coups de cœur du salon. Le Clos Liebenberg 2014 fait preuve d’une grande justesse en bouche comme au nez (il évoque le citron confit). C’est un vin ciselé, à la précision redoutable. Sa texture est admirable. On monte encore en intensité avec le magnifique grand cru Pfingstberg 2014. Il pourra être conservé au moins 5 ans. Enfin, la surprise est sans doute le pinot noir Bollenberg 2015 de la maison. La dégustation d’un pinot noir d’Alsace est souvent un exercice difficile, car le vin se montre généralement très austère dans sa jeunesse. Mais celui-ci a tout et pourra être attendu quelques années. Dans un millésime exceptionnel, il allie la finesse à une parfaite maturité. A ne pas manquer !

 

 

Provence

Bastide Blanche

Le niveau dans les trois couleurs est tout simplement impressionnant. Le rosé en 2016 donne déjà la couleur avec son nez de fruit rouge infusé et de rose fané. La Bastide Blanche 2015 en blanc est aromatique (clairette et ugni blanc), il exhale des arômes de fruits confits, de tarte aux prunes. L’équilibre en alcool et légère amertume en bouche est remarquable. Le 2015 rouge (70% mourvèdre, 30% grenache) est très prometteur. Le nez est profond, la bouche est pleine, concentrée. Il nécessitera au moins 4 ans de cave pour civiliser ses tanins. La cuvée Estagnol en 2014 est sublime. L’un des plus beaux rouges dégustés. Ses tanins enrobés la rendent d’ores et déjà délicieuse même si elle veillera avec grâce. Son nez de cacao et de chocolat est superbe.

Sud-Ouest

Alain Brumont – Montus & Bouscassé

Alain Brumont et sa femme portent haut les couleurs de l’appellation Madiran (et Pacherenc-du-Vic-Bilh dans la même aire d’appellation). Mais la gamme est si vaste, qu’il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver. Quoi qu’il en soit, les vins présentés illustraient à merveille le potentiel de garde de ces vins. La cuvée de madiran Laroche Brumont Eglise 2010 (tannat et cabernet franc), présentait un nez un peu sauvage (olive noire, garrigue), mais une bouche élégante et civilisée. La Secondine Haut Lieu 2009 était quelque peu chaleureuse mais bien équilibrée. La cuvée Menhir 2006 (assemblage merlot et tannat) évoquait un superbe vin de saint-émilion évolué. Pour finir, Bouscassé 2006 Vieilles vignes, un 100% tannat, présente une finesse de tannins exceptionnelle : main de fer dans un gant de velours, ce vin est tout simplement irrésistible ! Il démontre à merveille le potentiel de vieillissement des vins produits tant à Montus qu’à Bouscassé.

Voir toutes les ventes de vin

Recherchez le prix d’un vin

A lire également dans le Blog iDealwine :
A bicyclette au domaine Bott-Geyl : une dégustation nouvelle vague
Clos Puy Arnaud : les excellents vins du biodynamiste Thierry Valette
Château de Carles : ce fronsac a tout d’un grand
Château Montus et Bouscassé : deux stars mondiales venues de Madiran
Valentin Zusslin : un nouveau grand d’Alsace

  • Voir les commentaires (0)

Your email address will not be published. Required fields are marked *

commentaire *

  • name *

  • email *

  • website *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous aimerez aussi

Cap sur la vallée du Rhône : les 600 vins qui comptent, dès 8€

Découvrez notre sélection de rêve 100% Rhône, 600 vins dès 8€. Dès 6 bouteilles achetées, une superbe carte du vignoble rhodanien offerte !

Une autre propriété de château Pichon Lalande : le château Bernadotte

Le château Bernadotte bénéficie d’un beau terroir constitué d’un plateau de graves sur argile, voisinant de prestigieux crus classés. Le ...

coravin

Boire un vin sans ouvrir de bouteille ? C’est possible avec Coravin !

Et si on pouvait goûter un vin pour vérifier sa maturité sans même ouvrir la bouteille ? Et si l’on pouvait ...