Interview : Jean-Luc Thunevin, la météore bordelaise

Jean-Luc Thunevin, avant tout connu comme créateur du mythique Château Valandraud, est à la tête aujourd’hui d’un véritable petit empire dans le vin. Une sacrée performance pour ce rapatrié parti de rien ! Voici les meilleurs moments de l’interview qu’il a récemment accordée à Vitisphère.

Jean-Luc Thunevin est bien un homme de son époque. Celle où, à l’image des Google et autre Facebook, la réussite peut-être extrêmement rapide. Sans atteindre les niveaux de ces nouveaux géants mondiaux, celle de Jean-Luc Thunevin (un nom qui signe un destin !) n’en reste pas moins extraordinaire. Pourtant rien ne prédestinait ce rapatrié, né en Algérie un… vendredi 13 (avril 1951), au parcours qui est devenu le sien…

Extraits d’une vie bien remplie.

L’Algérie

« Né de père agriculteur à Alger, je n’avais rien qui me rattachait au vin sauf le nom (rires).Mes parents étaient des originaux, des pieds noirs gaullistes… »

Modestes débuts

« Je sais que j’ai beaucoup de lacunes mais j’ai une forme d’intelligence : le bon sens allié au culot ! Je fus un piètre étudiant. Après mon service militaire, je rentre finalement au Crédit Agricole de Dordogne. Je pensais y rester un an, j’y suis resté treize ! »

Le destin

« A cette époque, je faisais la gestion d’investissement d’un client de la banque, tous les bénéfices étaient divisés en deux. La bourse était favorable : j’avais de l’argent à investir. Par hasard je tombe sur un copain d’enfance qui gagnait bien sa vie en tant qu’épicier à Saint-Emilion. Je me suis dit “S’il gagne sa vie ici c’est que le village est bon !” »

« En 1984, je crée le premier bar à vin de Saint-Emilion avec 100 000 F. En 8 jours ça devient LE bar à la mode un peu bobo, ce qui m’a permis de gagner un peu d’argent. En 1988 je deviens négociant, marchand en gros. »

Le vin !

« De plus en plus intéressé par le vin j’ai voulu faire mon vin, sans avoir rien appris. J’ai eu un coup de chance avec la rencontre d’Alain Vauthier du Château Ausone. Grâce à sa culture, il m’a tout appris avec beaucoup de bon sens, faute d’avoir les moyens. Nous avons fait les vendanges en vert, l’effeuillage, les vendanges à la cagette. La camionnette plutôt que des bennes, Erafler et piger à la main, ça prend du temps, ça demande des copains et pas d’argent. »

Premières réussites

« Je n’avais qu’un hectare, je n’étais pas trop cultivé ni bien élevé, ni ceci, ni cela… Mais il s’est trouvé que le vin était bon. La vraie différence c’est que j’ai vendu cher. Et à Bordeaux c’est le prix qui fait la cotation. Les coups de bol ont continué : le vin a rapidement été dégusté par Parker, Bettane, une vente aux enchères où les prix se sont envolés a aussi fait le buzz. »

Aujourd’hui

« Tout d’abord il faut que je me désendette, entre autre en essayant de vendre une propriété à Margaux, construire de nouveaux chais pour l’activité de négoce, un immeuble de bureaux et un magasin. Pas de nouvelles vignes, il faut faire tourner ce qui est déjà mis en place à Bordeaux et dans le Roussillon Il ne faut pas aimer l’argent, j’ai toujours considéré ça comme une matière première. Le grand entrepreneur risque tout. »

2011 ?

« 2011 est un bon millésime, largement au niveau des 2008 et 2006 avec, comme en 2010, de la fraicheur et de l’acidité, mais aussi de l’équilibre grâce à une belle maturité, pour les bons, bien sûr.

Les évolutions?

« Les vins changent comme les goûts, mais en fait, ils changent à la marge. Pour ce qui est de la concentration, il y a vingt ans il fallait que cela se sente, comme le bois neuf. Aujourd’hui, tout le travail pour correspondre à l’évolution des goûts des journalistes et des clients consiste à avoir la même chose, mais sans que cela se voit, ce qui est plus difficile techniquement. C’est la différence entre la classe et le bling bling… Il est certain que nous sommes tous devenus plus pointus en matière de goût et de perception du vin. Tous : nos clients, nos critiques et nous-mêmes. Il y a des défauts qu’on définissait mal il y a vingt ans et qui sont aujourd’hui identifiés et rejetés, les exemples bien connus étant les brettanomyces et les TCA. »

Une interview à retrouver sur le site de Vitisphère.

La cote iDealwine de Château Valandraud aux enchères :

Vin Cote

iDealwine

Tendance
Château Valandraud 2004 82 € +
Château Valandraud 2003 103 € =
Château Valandraud 2002 74 € +
Château Valandraud 2001 128 € =
Château Valandraud 2000 123 € +
Château Valandraud 1999 122 €

A lire également :

Décryptage : les vins de garage, c’est quoi au juste ?

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  • Voir les commentaires (1)

  • Marjorie

    Je suis une grande amatrice de vins et plus spécialement de vins de Bordeaux. Je tenais à remercier Mr Thunevin pour son travail compte tenu des remarques désobligeantes que j’ai pu entendre à son endroit!

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