Hong-Kong: comment le vin est-il consommé aujourd’hui ?

Comment évoluent les modes de consommation en Asie ? A l’occasion d’une visite à Hong-Kong, Pierre, membre de l’équipe marketing nous livre ses impressions, bien aidé par Alix, arrivée il y a 3 mois au bureau d’iDealwine dans le quartier d’affaire de Central. Petit rapport d’étonnement rédigé à quatre mains sur l’île de Hong-Kong devenue en l’espace de quelques années, le carrefour des vins fins en Asie.

Hong-Kong, 1ere place du vin en Asie

Carrefour incontournable entre l’Europe et l’Asie, Hong-Kong a su s’imposer en quelques années comme la première place d’échange de vin d’Asie en appliquant les principes du libre-échange.

L’histoire débute en 2008, lorsque le ministre des finances de l’époque Henry Tang annonce la suppression des taxes à l’importation des vins et spiritueux. Cette mesure visait à faire de Hong-Kong la première place d’échange de vins en Asie au détriment de Singapour. Le manque à gagner prévisionnel de l’Etat était de 560 millions HKD (47,5 millions d’euros à l’époque).

De 15 millions de litres consommés en 2007, les importations de vins à Hong-Kong ont bondi à 63,37 millions de litres en 2015. En soustrayant les réexportations (27,25 millions de litres), on arrive à 36 millions de litres pour l’année 2015. La progression est spectaculaire. L’engouement pour le vin est réel : multiplication des cavistes, bars à vin, cours d’œnologie, salles d’enchères bondées. Le vin est réellement entré dans les mœurs hongkongaises. Rétrospectivement, l’objectif du gouvernement est donc atteint.

Aux motivations économiques indéniables s’ajoute également une inclinaison personnelle du gouvernement : Henry Tang est un grand passionné de vins, il a même été négociant. En 2012, alors grand favori pour les élections pour le poste de chef de l’exécutif, il sera finalement battu à cause de cette passion ; il avait réalisé une cave à vins chez lui sans permis de construire.

Et nos impressions dans tout ça ?

La théorie c’est bien, mais en matière de vin, la pratique c’est mieux ! J Ces statistiques macro-économiques se confirment-elles à notre petite échelle ?  Au cœur de l’île de Hong-Kong, on est frappé par le nombre de cavistes, extrêmement bien achalandés. Des échanges avec eux, ou avec des importateurs en vins à Hong-Kong, nous avons retenus :

Les grands bordeaux de la rive gauche se taillent toujours la part du lion. Le nom de Lafite-Rothschild y est évidemment incontournable. Nous n’avons pas vu une seule cave qui ne présentait au moins 2 à 3 millésimes différents (notamment le mythique 1982). Les autres châteaux des domaines Barons de Rothschild y sont également très fortement représentés : Duhart-Milon, Rieussec, le château Peyre-Lebade en Haut-Médoc qu’ils distribuent, ou encore château d’Aussières en Languedoc ou Los Vascos d’Argentine !

L’autre marque très forte est sans conteste le château Lynch-Bages. Celui-ci est également présent partout où nous nous sommes déplacés. Les châteaux de la rive gauche ont bénéficié de l’extraordinaire travail de promotion de la commanderie du Bontemps. En particulier le baron Eric de Rothschild et Jean-Michel Cazes sont parvenus à récolter les fruits d’un formidable travail de promotion sur ce marché. Ce regain d’intérêt pour Bordeaux, nous l’avions constaté lors des ventes on-line d’iDealwine en 2016, où après plusieurs années de baisse consécutive, la part des Bordeaux s’établissait à 57% (+3% par rapport à 2015). Plus généralement, le chiffre d’affaire des vins et spiritueux en Chine a progressé en 2016 de 13% confirmant l’embellie de 2015, après un gros passage à vide. La progression des vins bordelais était même de 16%.

L’envol de la Bourgogne

En se baladant dans les rayons, on s’étonne de trouver des références bourguignonnes introuvables à Paris (sauf chez iDealwine bien sûr 😉 ). Au côté des vins de la Romanée-Conti, on peut trouver les vins de signatures telles que Leroy, Méo-Camuzet ou encore Armand Rousseau. Les Hongkongais et les Chinois sont de plus en plus passionnés par la Bourgogne, nous confirme Jingqi qui travaille auprès de l’Impératrice, agent exclusif de Leroy à Pékin.

Pour les références étrangères, là encore, les stars répondent présents : Gaja ou Voerzio pour les vins italiens, Vega Sicilia en Espagne, Penfold’s Grange pour l’Australie etc. Par contre, chez les cavistes classiques peu de régions françaises autres que Bordeaux ou la Bourgogne. Kelcy a une explication à cela : « Les frais de stockage sont élevés sur l’Ile, il faut que les bouteilles se vendent vite. Sinon elles sont bradées. D’où l’importance de se reposer sur des marques puissantes ».

D’ailleurs nous repérons, une très belle bouteille « bradée » à 649 HKD (79€), un latricières-chambertin de Rossignol Trapet en 2008 que nous emportons avec nous pour le déguster le soir même. De façon générale, on trouve des références au prix de bons cavistes parisiens (voire légèrement plus chères). Mais aussi des flacons 15 à 20% moins chers.

De façon générale, les vins rouges sont plébiscités surtout sur le continent. Kelcy, qui s’est lancé à son compte dans l’import de vins nous le confirme : « De façon générale, je peine à vendre les vins blancs ici ou sur le continent ».

Malgré cette prédominance des grands classiques de Bordeaux et Bourgogne dans les grandes enseignes cavistes, les amateurs hongkongais sont aujourd’hui à la recherche de plus diversité : le Rhône, la Loire ou encore le Jura sont des régions de plus en plus recherchées. Nos clients nous étonnent tous les jours par la diversité et la précision de leur choix dans le catalogue iDealwine ainsi que leur connaissance des différents vignobles français. Finalement, les goûts et achats des consommateurs hongkongais sont beaucoup plus éclectiques que les vitrines des cavistes.

Avec quoi consomme-t-on les vins ?

Nous nous sommes rendus dans un restaurant situé dans les « New Territories », qui affiche fièrement ses distinctions du Guide Michelin et avons sorti de notre sac une bouteille du domaine de chevalier 2002 achetée sur iDealwine. L’accord avec l’oie laquée était intéressant, même s’il fallait se priver des nombreuses sauces aigres-douces pour que l’accord fonctionne. Un sauternes aurait été parfait ! Des accords passionnants peuvent être réalisés (liquoreux, vin jaune, rouge de bordeaux…), il ne faut pas hésiter à tester. Mais quoi qu’il en soit, le format du service chinois avec de nombreux plats partagés (avec parfois un plateau central qu’on fait tourner), se prête peu à l’accord mets et vins. On passe de la viande puissante, à une soupe, à un poisson etc. Imaginer les accords mets-et-vins implique d’imposer le rite européen du menu (entrée, plat, dessert avec une montée crescendo) au détriment de la convivialité du repas chinois.

 

Les Chinois apprécient donc surtout les vins rouges à table sans focus sur l’accord mets et vins. De nombreux amateurs préfèrent d’ailleurs déguster leurs crus pour eux-mêmes.

Hong-Kong étant un carrefour de la gastronomie mondiale, les nombreux restaurants permettent aux afficionados d’appliquer des accords mets-et-vins extrêmement variés.

Hong-Kong : avant-goût de la Chine de demain ?

Pourquoi tant d’attentions sur un archipel peuplé de 7,5 millions d’habitants quand la Chine en compte 1,3 milliard ? Hong-Kong est considéré comme le laboratoire de la Chine. Mix des cultures asiatiques et occidentales, c’est un lieu prisé par les touristes chinois qui viennent y acheter les produits de luxe. Il existe aussi de nombreux réseaux pour faire rentrer des produits par Shenzen (zone franche qui touche Hong-Kong mais se trouve sous la tutelle de Pékin). Le vin, dont l’importation est taxée à 50% en Chine, n’échappe pas à cette règle. A la frontière chinoise, le gouvernement a d’ailleurs recruté de nombreux experts et sommeliers dont le travail consiste à identifier les déclarations sous-évaluées.

Comme nous l’indiquions, sur les 63 millions de litres de vins arrivés à Hong-Kong, 36 millions étaient réexportés (+50%), majoritairement vers la Chine continentale. Sur ce marché largement dominé par Bordeaux il y a quelques années, les parts de marché en Chine sont maintenant plus réparties entre Bordeaux et Bourgogne. La diversification des goûts et l’ouverture à d’autres régions viticoles va-t-elle se poursuivre sur la même tendance qu’à Hong-Kong ? Faites confiance à nos équipes pour suivre de près ces tendances …

Clients en Chine, iDealwine sera présent ce weekend à la Shanghai Wine Experience. Venez-nous voir, nombreux. 🙂

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