Le saviez-vous ? Comment produit-on un vin doux naturel ?
octobre 27th, 2010 by Veronique Raisin
Mystérieux vins doux naturels qui traversent le temps et les âges sans perdre une once de leur jeunesse et de leur vivacité… Mais quel est donc leur secret ?
Les vins doux naturels sont des vins sucrés, rouges ou blancs, produits dans le Sud de la France essentiellement. Ils sont élaborés selon un procédé bien spécifique qui fait intervenir l’opération dite du « mutage » : l’arrêt de la fermentation par l’ajout de liqueur (alcool neutre). C’est Arnaud de Villeneuve, recteur de l’université de Montpellier, qui, au 13e siècle, aurait le premier découvert ce principe.
Ce mutage permet donc de stopper nette la fermentation, c’est-Ã -dire la transformation des sucres en alcool, et de conserver des sucres dans le vin.
Le vin doux naturel est donc tout sauf naturellement doux… mais toujours doux, naturellement !
Il existe différentes appellations, en blanc comme en rouge :
=> en blanc
- les rivesaltes. A base de macabeu, grenache blanc, malvoisie. Ils peuvent être aussi ambrés, c’est-à -dire élevés en foudres : ils prennent une teinte plus cuivrée et des notes évoluées de noisette, d’agrumes confits.
- les muscats (de Frontignan, de Rivesaltes, Saint-Jean-de-Minervois, du Cap Corse). A base de muscat à petits grains ou de muscat d’Alexandrie. Ils ont une teinte or et de beaux arômes floraux et fruités, de miel pour les plus riches.
=> en rouge, ce sont des vins élaborés à partir de grenache noir
- le rivesaltes
- le maury
- le banyuls
- le rasteau
Parmi ces rouges, on distingue les oxydatifs, vieillis un an à l’air libre ou dans des fûts à moitié remplis, en milieu oxydatif donc, puis passés en foudres. Ils donnent des notes de fruits secs, de moka voire de rancio. Il y a aussi les vintages, élevés comme des rouges secs sous atmosphère réductrice, à l’abri de l’air, qui sonnent des arômes fruités, cerise à l’eau-de-vie, cassis, épices.
Enfin, il faut également séparer les VDN des VDL (vins de liqueur) : le mutage est différent.
En ce qui concerne les VDN, le mutage est effectué sur un moût en cours de fermentation avec de l’alcool neutre.
En ce qui concerne les VDL, le mutage est effectué sur un moût en cours de fermentation avec de l’eau-de-vie de vin (ce sont les porto, xerès ou madère, ce dernier étant encore plus particulier puisque muté puis chauffé à 40° dans des étuves pendant trois mois).
Les mistelles sont une catégorie de VDL : le mutage intervient sur le moût de raisin frais, avant la fermentation, avec une eau-de-vie de vin (se sont les floc de Gascogne, pineau des Charentes, macvin du Jura).
Le rivesaltes, un médicament ?
Après un XIX° siècle chaotique, marqué par un déclin de la consommation des vins doux naturels, puis par la crise du phylloxéra, le Docteur Henri de la Fabrègue, grand-père de l’actuel propriétaire du Château Rombeau, a été le premier à étudier le « French paradox » (qui n’avait bien sûr pas encore trouvé son nom actuel…) et surtout l’effet positif de ces vins doux naturels sur l’organisme. Après ses expériences menées au domaine, il a réussi à faire introduire ces vins doux naturels au Codex médical comme médicaments : ils ont été utilisés quotidiennement aux Hôpitaux de Paris jusqu’en 1937. Comme les temps ont changé…
En vente actuellement, les vins de l’Offre iDéale dédiée aux rivesaltes du Château Sisqueille
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A écouter également ici, l’émission Buzz Vins de LCI Radio consacrée aux vins doux naturels
Le saviez-vous ? les vins doux naturels, un remontant apprécié des Poilus
octobre 8th, 2009 by Veronique Raisin
De Louis XIV… aux Poilus, la renommée des vins sucrés a traversé les siècles.
Les vins doux, mutés à l’alcool, connurent leur heure de gloire sous Louis XIV, le monarque appréciant grandement ces vins sucrés, la plupart issus de la malvoisie. Cependant cette mode royale fut de courte durée ; il fallut attendre la première guerre mondiale pour retrouver l’engouement du 17e. En effet, les Poilus relancèrent le goût pour les vins sucrés pour une raison simple : ces vins « fortifiés » étaient parmi les seuls qui parvenaient au front dans un état de consommation satisfaisant.
Pleins feux sur une appellation : à la découverte de Maury
octobre 8th, 2009 by Rédaction iDealwine
Le nom de Maury vient de « Amarioles », qui signifie « terre noire ». Partons à la découverte de ce terroir de schistes noirs d’où nous viennent ces fabuleux vins doux naturels.
Le terroir de Maury recouvre la commune éponyme, au nord de l’Agly (à 30 km de Perpignan), et une partie des communes limitrophes. Ce sont sur ces collines escarpées de schistes noirs (Maury vient de « Amarioles », signifiant « terre noire ») que sont cultivés des pieds de grenache noir qui produisent ces fameux vins doux naturels, élevés en fûts, et élevés au rang d’AOC en 1936.
Le grenache noir, cépage roi du maury, s’acclimate idéalement des terroirs de schistes, frais et ensoleillés du nord de la vallée de l’Agly. Le vignoble, situé en altitude (800 mètres), recouvre la commune de Maury et s’ouvre sur les contreforts entre Corbières et Pyrénées. Il était de coutume que les caves et les maisons se trouvassent au centre du village, le vignoble étant situé un ou deux kilomètres plus loin. Lors de la récolte, des carrioles attelées amenaient ainsi les raisins jusqu’aux caveaux. Aujourd’hui la tradition a perduré. Une fois rentrés, les grenaches noirs fermentent en cuve avant d’être mutés puis élevés dans des bonbonnes de verre, à l’extérieur de la cave, durant un an. Le vin est ensuite entreposé en réserve dans un large foudre de chêne de 80hl, foudre qui est « descendu » tous les 15 ou 20 ans : dans la pratique, le contenu est transvasé dans des contenants plus petits, au fur et à mesure des soutirages ou bien de l’évaporation du liquide (la part des anges, expression propre au cognac est également employée dans ce cas). Le vin repose ainsi de longues années voire décennies, sans subir bien sûr le moindre traitement. Cette façon de procéder, au fur et à mesure des besoins, garantit le parfait état du vin.
D’un rouge profond lorsqu’ils sont jeunes et « rimage » (lorsque l’élevage a préservé le fruit du vin jeune, sans oxydation), les vins prennent par la suite une teinte acajou. Ceux élevés en fûts sont aussi plus tuilés, quant aux rancios, ils tirent sur l’orangé, voire le brou de noix. Toujours très intense, le bouquet est très aromatique, à base de petits fruits rouges (griotte, mûre, baies rouges). L’élevage apporte des nuances vanillées mais aussi de pruneaux et de fruits confits qui évoluent vers les arômes de fruits secs, le torréfié, le cacao, le cuir, jusqu’à la noix pour les rancios. Celui des vins plus évolués rappelle le cacao, les fruits cuits et le café. En bouche, ils sont chaleureux et charpentés, fruités pour les jeunes, sur le pruneau et les fruits à l’eau-de-vie pour les vins élevés, enfin sur le café, les épices, le cacao et les noix pour les plus âgés et les rancios. La finale est fraîche est d’une longueur remarquable.
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