Le ministère de la Culture dit oui aux climats de Bourgogne !
janvier 26th, 2012 by Rédaction iDealwine
Les climats de Bourgogne seront proposés à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco au nom de la France et au titre de paysage culturel, a annoncé le ministère de la Culture samedi 21 janvier 2012.
L’Etat présentera en fait deux dossiers : celui des climats de Bourgogne mais également celui de la grotte Chauvet (Ardèche). La France s’inscrit donc dans une démarche d’équité en présentant deux dossiers, cela dans le désir de donner une chance égale aux deux. C’est désormais à l’Unesco de trancher, une nouvelle bataille s’annonce…
A propos des climats de Bourgogne, le ministère de la Culture a notamment écrit : “Issu du travail séculaire des hommes qui ont construit un parcellaire minutieux, inscrit dans une histoire façonnée par les institutions politiques et religieuses (Palais Ducal de Dijon, Hospices de Beaune), ce vignoble se traduit par un grand nombre de lieux-dits dont la délimitation est matérialisée par des murets d’une rare qualité paysagère », qui souligne également que « Le prestige, la diversité et la finesse des vins assurent le rayonnement des paysages et de l’art de vivre français dans le monde entier ».
« La candidature des climats du vignoble de Bourgogne est une étape essentielle afin d’obtenir le classement au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une étape primordiale pour obtenir la reconnaissance de l’Unesco mais ce n’est qu’une étape » a commenté le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen
Notons qu’une trentaine de lieux issus du monde entier sont inscrits chaque année au patrimoine de l’Unesco. La concurrence est donc rude et la France n’est pas certaine de voir l’un de ses deux dossiers triompher. C’est pour cette raison que la marche entamée entre Chambolle-Musigny et Le Clos Vougeot, qui avait embrasé le cœur des bourguignons, doit continuer. La Bourgogne a plus que jamais besoin de soutien…
Toutes nos félicitations pour cette première victoire à l’équipe de l’Association des Climats présidée par Aubert de Villaine qui n’a cessé d’œuvrer pour cette cause depuis sa création, ainsi qu’au Comité de Soutien présidé par Bernard Pivot.
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Vente des vins du Clos de la Charité, samedi sur l’île de Lérins
janvier 26th, 2012 by Rédaction iDealwine
Sur une île au large de Cannes, les moines de l’Abbaye de Lérins produisent une belle gamme de vins blancs et rouges que l’on retrouve ensuite sur les tables des restaurants étoilés de la côte d’Azur… et de bien plus loin. Mais samedi prochain, c’est une cuvée très particulière qui sera mise en vente au profit des associations caritatives que le monastère soutient.
Samedi 28 janvier il règnera sur l’île de Lérins une effervescence qui devrait rompre avec le silence et la paix qui caractérisent habituellement ce lieu de prière. En effet, ce jour-là le premier millésime des vins du Clos de la Charité sera mis en vente. Planté en 2010 de 500 ceps de mourvèdre en présence des « parrains » donateurs, ce Clos a don
né lieu à une première vendange à l’automne dernier. Le vin sera mis en bouteille en 2013, avant d’être expédié aux acheteurs. Le vignoble de l’île de Lérins est géré par frère Marie-Pâques, une figure passionnée et animée d’un charisme peu commun. Les équipes d’iDealwine ont plaisir à le retrouver, au milieu de ses vignes mais aussi dans les salons de dégustation qui se tiennent aux quatre coins de la planète. Car frère Marie-Pâques est un globe-trotter, rompu aux techniques modernes de communication, et qui n’hésite pas à parcourir le monde pour faire connaître ses vins.
La vente aux enchères sera précédée d’une messe, d’une présentation des associations à qui seront reversées le produit de la vente, ainsi que d’un déjeuner à la Tonnelle, le restaurant de l’Abbaye. Sous la houlette de Maître Besch et de l’expert Pascal Kuzniewski, 100 lots seront dispersés, composés de une, trois ou six bouteilles. Quelques impériales et un lot panaché des différentes cuvées de l’abbaye viendront compléter le catalogue. Une belle occasion d’allier générosité et amour du vin.
Pour tout renseignement ou pour participer à cette vente, accédez au site du Clos de la Charité
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L’Abbaye de Lérins est située sur l’île Saint Honorat, qui fait partie de l’archipel des îles de Lérins, dans la célèbre baie de Cannes. Depuis seize siècles, cette île est consacrée à la vie monastique. Elle abrite actuellement une communauté d’une vingtaine de moines qui, outre leur vie de prière, s’adonnent à la culture de la vigne et à l’élaboration de vins de grande qualité, dont la renommée dépasse nos frontières. Les vignes poussent sur une terre riche, argileuse, entourée d’une forêt d’arbres d’essences diverses, d’eucalyptus et d’oliviers plusieurs fois centenaires. L’abbaye produit plusieurs vins. La cuvée Saint-Pierre est un assemblage de clairette et de chardonnay. Deux cuvées de rouge sont également proposées à la vente : Saint-Honorat et Saint-Sauveur, toutes deux issues de vieilles vignes de syrah, la seconde faisant en outre l’objet d’un élevage en fin de bois neuf. Depuis quelques années, l’abbaye de Lérins produit plusieurs cuvées de prestige : Saint-Césaire, un chardonnay, Saint-Lambert, un mourvèdre, et Saint-Salonius, à base de pinot noir. Trois vins salués par la critique.
Jean-Michel Deiss, apôtre de la complantation de cépages en Alsace
janvier 17th, 2012 by Philippe Rabert
Vigneron émérite mondialement reconnu, Jean-Michel Deiss est aussi un motard passionné. Et un vrai motard est par essence forcément un rebelle. C’est sans doute pourquoi Jean-Michel Deiss est devenu un vigneron rebelle, révolté contre la dictature des cépages qui appauvrit selon lui la complexité des terroirs alsaciens.
Peut-on imaginer une seule seconde inscrire la mention “Pinot noir” sur une étiquette du grand cru Musigny ou, encore plus fort, sous le plus grand des grands crus, La Romanée Conti ? C’est pourtant ce que l’Alsace a fait pendant des décennies en imposant aux vignerons d’accoler le nom d’un cépage aux plus grands crus de ses terroirs comme l’Altenberg de Bergheim, le Schoenenbourg ou le Rangen de Thann… Une sorte de négation du terroir au profit du seul cépage. Tout cela, Jean-Michel Deiss l’a en détestation absolue. Il n’a jamais accepté qu’on puisse définir en priorité un vin de terroir par son cépage. Et il a pour lui, non seulement une forme évidente de bon sens, mais surtout l’histoire même du vignoble alsacien où la complantation des différents cépages était monnaie courante jusqu’au tout début du XXe siècle.
C’est pourquoi aujourd’hui, les vins du Domaine Marcel Deiss (à part quelques “vins de fruit” jouant un rôle d’entrée de gamme) ne sont présentés que par rapport à un terroir hiérarchisé (comme en Bourgogne, en 1ers crus et en grands crus). Le terroir seul exprime ici sa marque, il domine les autres contingences. Il détermine le style, la personnalité exacte, la physionomie même du vin, en un mot, son humanité. Pour les grands crus, l’indication du cépage est totalement superflue tant est forte et parfois contradictoire l’influence du terroir sur son expression habituelle. Elle devient inutile quand la vigne est conduite en complantation comme à l’Altenberg au Schoenenbourg ou au Mambourg. Cet effort associé à de grandes densités de plantation (8 000 à 12 000 pieds de vigne à l’hectare) rend seul possible l’expression de toutes les nuances fines du terroir, son tempérament, ses tics, sa … folie. En effet, le fait de planter un seul cépage, voire un seul clone du cépage, empêche l’expression complète du terroir à l’image d’une personne dont le vocabulaire ou l’alphabet trop pauvre empêcherait de dire le monde ou ses sentiments profonds. Dans la tradition alsacienne, les vins des terroirs étaient seulement nommés par le nom du lieu, la complantation devenant la règle absolue de cette exigence. Comme partout ailleurs, du Bordelais aux Côtes du Rhône, en passant par la Bourgogne, dont il faut rappeler qu’elle utilisait jusqu’aux années 50 le pinot noir, le chardonnay et le pinot beurot (voire l’aligoté) en mélange dans le vignoble pour produire du… Montrachet !
C’est pour cette raison que Jean-Michel Deiss a décidé, pour tous les vins issus de grands terroirs (grands crus et futurs premiers crus), de ne plus utiliser l’indication du cépage, si réductrice et stérile et de nommer seulement le génie du lieu, cette énergie qui vient du fond comme un cri.
Qui dit terroir et permanence du type, dit géologie, pédologie, climat et microclimats, mais aussi exploitation technique du caractère des terroirs. Ainsi, le vignoble est conduit en utilisant les techniques anciennes de la tradition viticole alsacienne (le labour, le piochage, le compost, l’enherbement), sans désherbage ni engrais chimique, la vigne étant complantée comme une plante de sous-sol en souffrance au cœur de chaque terroir.
Les vins de terroirs portent naturellement la marque de cette exigence, la trace évidente de cette vocation à dire un paysage. Ce sont les vins qui disent le retour à la vraie tradition alsacienne séculaire.
La complantation des cépages, une richesse pour l’Alsace
La complantation (art de mélanger les cépages dans un terroir) est la plus ancienne forme de viticulture connue en Europe. Bien avant que les vignerons ne connaissent les cépages et ne deviennent des savants ampélographes, elle a permis d’assumer une régularité des récoltes comme le remarque Olivier de Serres dans son ouvrage « Le théâtre de l’agriculture et le mesnage des champs » (1600). La tradition des treize cépages du châteauneuf-du-pape procède de la même logique puisqu’à l’origine ces cépages différents étaient complantés dans les mêmes parcelles, y compris des cépages blancs au milieu des rouges. Une tradition avant tout faite pour équilibrer les vins et leur donner de la fraîcheur. Jean-Louis Stolz caractérise ainsi en Alsace en 1852 plus de 100 cépages et complantés dans le vignoble et décrit les complantations spécifiques des plus grands terroirs alsaciens (Sporen, Schoenenbourg, Sonnenglanz, Zotzenberg, Kastelberg, Kaefferkopf). A cette époque, il existe très peu de vignes pures, les vignerons réalisant peu à peu une véritable adaptation d’un encépagement complexe au terroir par la technique du marcottage (art de remplacer un cep mort par son voisin plus résistant parce que mieux adapté).
Alors que la mention du cépage a toujours été facultative en AOC Alsace (Ordonnance de 1945) et que beaucoup de parcelles en coteaux étaient encore complantées dans les années 60, la mise en place de la législation “Grand Cru” obligeant à la mention du cépage (1975) peut-être considérée comme une erreur historique car elle a eu pour conséquence un appauvrissement dramatique de la diversité biologique des vignobles, une mise en place des clones productifs et un basculement dans le tout variétal. Heureusement, la persévérance et l’opiniâtreté de quelques vignerons ont permis, en 2005, de réformer cette législation inique (la mention du cépage est maintenant totalement facultative en Alsace AOC et “Grand Cru”). Il reste maintenant à retrouver les encépagements originaux de chacun des grands terroirs alsaciens !
C’est pour toutes ces raisons que les vins de Jean-Michel Deiss (largement aidé aujourd’hui par son fils Mathieu) possèdent cette personnalité unique, terriblement attachante, qui bouleverse parfois les habitudes, mais qui surtout enrichit considérablement notre approche des vins alsaciens. Une sorte de voyage initiatique au cœur même des grands terroirs de ce magnifique vignoble !
Les vins du domaine Marcel Deiss actuellement en vente sur iDealwine



Domaine Marcel Deiss, ce qu’en dit la presse
Le Guide RVF des Meilleurs Vins de France 2012
3*sur 3
Jean-Michel Deiss reste fidèle à la voie tracée : réaliser des vins de terroir à partir de vignes complantées. Cet assemblage de cépages reste pour lui la meilleure définition de l’expression d’un terroir. La complantation, fort ancienne dans la région, était systématique autrefois. Le procédé reste encore très peu suivi et divise fortement les vignerons. Jean-Michel, lui, avance tranquillement dans cette démarche, avec pour finalité des vins convaincants, complexes, dotés d’une intensité de saveur merveilleuse et d’un équilibre incroyable. Une harmonie entre les cépages qui se fait naturellement, sans éprouvette, à la cave, loin de tout calcul savant. Cela reste un peu déroutant pour le consommateur, mais le résultat est magnifique. Quelques années de recul permettent d’analyser la précision des définitions de terroir et la capacité de ces vins à gérer leur propre équilibre.
Le Guide Bettane/Desseauve des Grands Vins de France 2012
5BD sur 5
Jean-Michel Deiss a désormais installé sa logique de complantation de cépages pour révéler le caractère des terroirs autour de Bergheim, en recherchant la maturité physiologique parfaite des raisins pour proposer des cuvées abouties, dont l’acidité complexe exprime parfaitement les nuances de salinité de chaque cru. Avec son fils Mathieu en charge des vinifications depuis le millésime 2008, Jean-Michel peut consacrer plus de temps à promouvoir son approche, en particulier sur les accords mets et vins qui obligent le consommateur à enfin se préoccuper de l’influence du terroir en l’absence de repère variétal. Si les vins de terroir sont à garder plusieurs années et à carafer avant service, la gamme des vins de cépage continue de produire des cuvées très franches de style.
Robert Parker
Jean-Michel Deiss has been growing some of the finest wines in Alsace for more than a quarter century and with them – as well as with his passionately articulate discourse – capturing the imagination and affection of wine enthusiasts world-wide. But the bearded sage of Bergheim is never satisfied, and beginning in the late eighties, he began to completely re-think his wines and means of truly embracing his terroirs. The result was new acquisitions and plantings to achieve (beginning a decade ago) single-vineyard, field-blend bottling the likes of which had scarcely been seen in Alsace for the better part of a century, and to certain of which the governing authorities have recently been persuaded (perhaps as much by Deiss’ metaphysics of terroir as by the profundity of his vinous results) to grant the status “Grand Cru.” Deiss’ special “vins de terroir” are released only after he judges them to have had sufficient time in bottle to being to show their personalities (with the 2005s only appearing in 2007).
Deiss’s belief that diverse cepages which grow together - »under the influence of the parcel’s terroir and of one another » tend to ripen together, was certainly tested in both 2009 and 2008, but even someone skeptical of that claim « and we skeptics are surely in the majority – must admit that to the extent under- and over-ripe (or botrytis-inflected) aspects coexist in one and the same wine, this need not always manifest itself as disharmony but sometimes instead can generate welcome tension, a tension especially beneficial in the context of noticeable sweetness, and something like seems to have happened with the exciting 2008s at this address. Jean-Michel Deiss remarked - »apropos the preponderance of residually sweet wines at his estate (like so many in Alsace) » that with his vineyard and cellar environment, if he really wants a wine to go to dryness, he needs to work with it in barrique, otherwise he would need in most years to employ cultured yeasts, something he eschews » as he puts it – « on moral, not just aesthetic grounds, because I am not about to serve the industry that produces them. »
Le Professeur Khayat lauréat des Trophées du vin 2012 de la Revue du vin de France
janvier 17th, 2012 by Rédaction iDealwine
Le professeur David Khayat, célèbre cancérologue et amateur du vin notoire, vient d’être désigné “homme de l’année 2012” dans le cadre des trophées annuels du vin de la Revue du vin de France.
Après Tadashi Agi et Hu Okimoto (les auteurs japonais de la série de manga « Les Gouttes de Dieu ») et Jean-Michel Wilmote (architecte et créateur du merveilleux chai de Cos d’Estournel) en 2011, la RVF rend hommage cette année au professeur David Khayat en le nommant “homme de l’année 2012”.
David Khayat n’était pas pourtant pas un buveur de vin. Une rencontre allait changer sa vie. Cette rencontre c’est un Clos des Lambrays 1934 ! Nous sommes à la fin des années 1980 et le jeune chef de clinique en cancérologie se lie d’amitié avec l’un de ses patients et personnage emblématique du vignoble bourguignon, Jean Sangoy, propriétaire du restaurant Les Millésimes à Gevrey-Chambertin. Après le décès de son patient, David Khayat fait étape un jour à Gevrey, pour rendre hommage à son ami disparu. Il fera alors la connaissance de Didier, le fils de Jean, qui peut s’enorgueillir aujourd’hui d’être à l’origine de la passion du professeur. C’est en effet Didier Sangoy qui lui présenta le fameux flacon, et la magie opéra…
« Ce fut un choc qui allait changer ma vie » explique, dans l’article que lui consacre la RVF, le chef du service oncologie de la Pitié-Salpêtrière. Depuis cette rencontre, David Khayat ne cesse d’œuvrer pour faire reconnaître les vertus du vin. Il le fera notamment dans un best-seller dont il est l’auteur : « Le vrai régime anticancer », vendu à 220 000 exemplaires, a été traduit dans plusieurs langues.
En guise de conclusion, voici l’un des résultats des études menés par David Khayat sur le vin et la santé qui ne souffre aucune contestation : « Même si nous ne savons pas encore parfaitement pourquoi, car le vin est un produit complexe, plusieurs études mondiales ont démontré que sa consommation modérée est bénéfique pour la santé. Le resveratrol contenu dans la peau du raisin semble protéger notre organisme. Cet anti-oxydant ralentit la dégradation des parois vasculaires due à un excès de cholestérol ».
Citons également les autres lauréats des trophées du vin 2012 de la RVF :
Les vignerons de l’année : Jacky et Maurice Barthelmé (Domaine Albert Mann – Alsace)
La cave coopérative de l’année : Foncalieu (Languedoc)
Le négociant de l’année : Jean-Claude Boisset (Bourgogne)
L’accueil dans le vignoble : Château Smith Haut Lafitte (Pessac-Léognan)
L’hypermarché de l’année : Auchan
La découverte de l’année : Benoît et Florence Chazallon (Château de La Selve, Ardèche)
Carte des vins de l’année : El Celler de Can Roca (Giron, Espagne)
La cave de l’année : Lavinia (Paris)
Prix de l’innovation : David Morin (Enomatic)
Coup de cœur du jury : Brice Maydieu (MayDouelle)
Félicitations à eux tous !
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Le Président de Louis Jadot de nouveau à la tête du BIVB
janvier 16th, 2012 by Rédaction iDealwine
Pierre Henry Gagey (patron de la Maison Louis Jadot à Beaune) vient de succéder à Michel Baldassini (président de la cave de Lugny) à la tête du BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne). Il avait déjà présidé le BIVB de 2007 à 2009.
Le BIVB est une organisation professionnelle rassemblant l’ensemble des vignerons, coopérateurs et négociants-éleveurs de Bourgogne. Elle est gérée par leurs représentants élus. Son champ d’action couvre l’ensemble des Appellations d’Origine Contrôlée de la Bourgogne. Le BIVB est organisé en quatre pôles : un pôle “Technique”, un pôle “Marché et Développement”, un pôle Communication un pôle “Administratif et Financier”. Ses missions principales sont la représentation et la défense des intérêts des vins de Bourgogne et des professionnels de la viticulture et du négoce. Il définit également la politique des vins de Bourgogne sur le plan technique, économique, communication et conduit les actions se rattachant à cette politique.
La passation de pouvoir a eu lieu lors de l’assemblée générale du 21 décembre dernier. Au cours de cette assemblée générale Michel Baldassini a, pour son dernier rapport, fait un point sur la situation économique de la Bourgogne. Selon ses propres mots, l’économie de la Bourgogne viticole va bien, la situation du vignoble est saine, l’exportation progresse, notamment sur les marchés d’Amérique du Nord et en Asie et l’édition 2011 de la Vente des Hospices de Beaune affiche un montant égal à celui de l’année dernière. Enfin, le résultat de la récolte 2011 est satisfaisant avec des vins de qualité et un volume comparable à la moyenne habituelle.
Une situation favorable pour l’arrivée de Pierre-Henry Gagey et qu’il connaît bien puisqu’il était déjà président délégué du BIVB durant le mandat de Michel Baldassini.
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Toqués de Tokaj : reportage au royaume de Disznoko
janvier 6th, 2012 by Veronique Raisin
Le plus grand domaine de Tokaj, propriété d’Axa millésimes depuis près de vingt ans, déroule ses cent hectares de vignoble au nord-est de la Hongrie à la frontière slovaque. Ses vins d’or, issus de grains aszu, figurent parmi les plus beaux liquoreux au monde.
Les coteaux de Tokaj se méritent. A quelque deux-cent-cinquante kilomètres à l’est de Budapest, le vignoble abrite un trésor qui fit la gloire de la nation magyare au cours des 18e et 19e siècles. Délimitée par décret royal en 1737 par le roi Charles III, l’appellation Tokaj compte aujourd’hui un peu plus de cinq mille hectares, barrés au nord par la montagne (Hegyalja), à l’est par le Bodrog, au sud par la grande plaine hongroise (Puszta) qui conduit jusqu’à Belgrade. Le domaine de Disznoko se situe dans la partie sud-ouest du vignoble ; il compte 104 hectares assis sur des argiles et des graves volcaniques.
Axa Millésimes – Châteaux Pichon-Longueville, Suduiraut, Petit-Village, Pibran, Domaine de l’Argot, Mas Belles Eaux, Quinta do Noval – l’a acquis en 1993 et totalement réhabilité. Un nouveau chai a été construit en 1995, bénéficiant des dernières innovations technologiques en date, une bonne partie du vig
noble a été replantée et une cave creusée dans la roche, qui la confond, à s’y méprendre, avec un caveau antédiluvien façon bourguignonne !
A la tête de ce joyau, Laszlo Meszaros, un agronome formé à Purpan puis en Hongrie, arrivé en 1995 chez Disznoko et nommé directeur en 2000. Dynamique, souriant, volontaire, il a hissé les vins du domaine à leur plus haut niveau, affirmant un style pur et très frais ; la superbe verticale qu’il nous a proposée lors de notre visite a achevé de nous convaincre. Car même si nous connaissons les vins liquoreux et savons plus ou moins à quoi nous attendre, ceux-là ont une empreinte particulière, qui rappellent à la fois la magie des grands sauternes, dans leur caractère assis et noble, et celle de certains grands liquoreux ligériens, portés par une acidité triomphale, tout en s’en détachant. Car quelques différences subsistent – tout de même – entre les Hongrois et les Français.
Hotte, hotte, hotte
Les cépages utilisés d’abord, la vinification ensuite, diffèrent sensiblement. Six cépages blancs sont cultivés à Tokaj : le fürmint, le zeta, le harslevelu, le muscat jaune, le köverszölö et le kabar. Parmi eux, le fürmint est celui qui botrytise le mieux ; cette variété, très répandue à Tokaj puisqu’elle couvre 60% de l’appellation, se trouve aussi sur les roches volcaniques en Autriche, Slovaquie, Slovénie et Croatie. C’est un raisin très acide, avec une peau fragile, qui mûrit facilement. Vient ensuite le harslevelu (30%), un raisin qui botrytise moins mais qui est très aromatique ; on procède généralement à une macération à froid sur ses peaux pour extraire le maximum d’arômes. Les autres cépages sont plus anecdotiques mais apportent néanmoins de la complexité aux vins.
Quant à la méthode d’élaboration du tokaj liquoreux, elle a été reconnue pour la première fois en 1630. On ne garde que les grains les plus nobles (notamment des fürmints, qui s’y prêtent le mieux), atteints par le botrytis et appelés « aszu », mot qui signifie « desséché » ; concentrés et rabougris, ils ressemblent alors à des raisins secs.
Il existe aussi deux autres types de vendanges : des raisins sans botrytis, qui serviront à produire des vins blancs secs, et des raisins avec du botrytis, mais moins concentrés que les aszus, qui entreront dans des vins de type vendanges tardives ou szamorodni (récoltés début novembre).
Les aszus, ou raisins sûrmuris, sont récoltés grain par grain. Selon les millésimes, ils peuvent être botrytisés ou passerillés. Il faut alors 150 à 200 vendangeurs pour les ramasser. Un vendangeur récolte en moyenne entre 6 à 10 kilos de grains nobles par jour… Ces grains si secs qu’ils ne peuvent pas être pressés sont incorporés aux moûts de l’année. Historiquement, on ajoutait une ou plusieurs hottes (puttonyos) de ces raisins. C’est ainsi qu’est née la classification entre 3 à 6 puttonyos, qui correspond à un degré de sucrosité croissant : plus de 60g/l de sucre pour le 3 puttonyos, plus de 90 g/l pour le 4 puttonyos, plus de 120 g/l pour le 5 puttonyos et enfin plus de 150 g/l pour le 6 puttonyos. Quant à l’eszencia, à la consistance sirupeuse, et titrant 1% d’alcool, on ne peut pas le classer dans la catégorie du vin.
Le domaine de Disznoko produit environ un tiers de chaque vin (sec, szamorodni et aszu), pour un volume total variable, entre 200 000 et 300 000 bouteilles par an. Tout dépend du millésime, les 2009 et 2010 par exemple ayant donné de tout petits volumes, contrairement au 2008. Enfin, sachez que les vins sont élevés en fûts, dans du bois hongrois, mais aussi des barriques de Château Suduiraut !
La verticale
La dégustation proposée par Laszlo nous a propulsés dans le monde des grands vins, indéniablement. Avec des profils variés et des intensités différentes, résultant de millésimes plus ou moins riches, ces Tokajis Aszu de Disnoko étaient simplement fabuleux. Nous sommes remontés jusqu’au millésime 1993 (ou plutôt descendus) sur des catégories de 5 et 6 puttonyos. Je vais évoquer ici les six qui m’ont le plus séduite, mais on pourrait disserter des heures durant sur tous les vins du domaine, tous de belle facture. J’attends vos questions et commentaires
.
- 2006 Tokaji Aszu 5 puttonyos : grand vin, noble et racé, au nez de sous-bois et de cire. Grande liqueur, portée par une acidité tranchante. Tension, vivacité, tout n’est pas encore en place car ce vin porte encore le fruit de sa jeunesse (il n’est pas encore commercialisé). Amertume sur la finale, retour superbe. J’ai beaucoup apprécié ce vin énergique.
- 2003 Tokaji Aszu 5 puttonyos : millésime également chaud mais moins qu’en France, ce 2003 cultive un air débonnaire, avec une bouche musclée, tout en rondeur, sur la pâte de fruits, l’abricot confit. Sensuel, fin et équilibré, ce n’est pas
le plus fin de la série mais il est doté d’un charme indéniable et surtout prêt à boire.
- 2002 Tokaji Aszu 5 puttonyos : miam miam. Celui-là je l’adore et tant pis pour le blasphème. Le nez fumé, de vanille, ouvre sur une bouche grasse et onctueuse, avec un accent d’orange amère. Très fin, avec aussi des notes de miel d’acacia et d’agrumes confits, il allie complexité et élégance.
- 2000 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est le millésime qui a le moins d’extrait sec, et un peu moins d’acidité. Grande structure, large, côté confit et crémeux très savoureux. Notes de raisin de Corinthe. Vin sphérique, tout en douceur et délicatesse, un peu moins tendu et frais que les précédents.
- 1999 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est LE grand millésime des années 90. A se damner. Couleur superbe d’intensité, de paille brune. Nez de camphre, très riche, confit, sur les fruits secs. Bouche de même acabit, splendide de complexité et de saveurs mêlées, avec une liqueur parfaite. Grande race, acidité au poil. Finale énorme, forcément.
- 1995 Tokaji Aszu 6 puttonyos : on entre là dans le dur, avec des vins qui ont pris de l’âge sans pour autant être évolués. Le nez reste frais, ouvert, sur l’abricot sec. Bouche large onctueuse, de grande tension, rappelant l’amande.
Ce n’est là qu’un tour de piste bien sûr. Le reste de la gamme est de même rigueur et réussite. Enfin pour terminer, petit tour d’horizon des mille et une façons de déguster ces vins d’or : poulet rôti avec une peau croustillante, simple et imparable, cuisines exotiques, épicées ou légèrement sucrées-salées. En dessert, pourquoi pas, sur l’acidité d’une tarte au citron.
Reportage de Véronique Raisin.
NB : certaines voyelles portent un accent aigu, que j’ai paresseusement subtilisé, mon clavier se prêtant difficilement au bilinguisme.
Tokay, pinot gris, quelle différence ?
Encore appelé il y a peu « tokay pinot gris », le cépage pinot gris est aussi présent dans sa Bourgogne originelle sous le nom de Beurrot. Depuis le 1er avril 2007, la mention tokay est redevenue l’apanage exclusif des vins liquoreux produits en Hongrie.
L’épilogue de 80 années de tractations entre les deux pays, puisqu’un premier accord bipartite datant de 1926 prévoyait l’abandon par la Hongrie de la dénomination « cognac » en échange d’une disparition du terme tokay sur les étiquettes de vins français. Cet accord n’avait jamais été appliqué, mais l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne, en 2004, avait été l’occasion de rouvrir le débat.
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Retrouvez aussi un reportage video sur le domaine Disznoko, réalisé par Obiwine.
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Les climats de Bourgogne au sommaire du magazine Millésime sur FR3 Bourgogne
janvier 5th, 2012 by Rédaction iDealwine
Une fois par mois, le dimanche à 11h25, FR 3 Bourgogne propose un magazine sur le vin. La quatrième édition de cette émission baptisée “Millésime” sera consacrée dimanche 8 janvier à la notion de “climat” en Bourgogne.
Les deux premiers numéros de ce magazine télévisé ont été consacrés aux vendanges puis aux vinifications. Le mois dernier le reportage portait sur le métier de négociant en Bourgogne et l’équipe de Millésime avait suivi la Maison Albert Bichot, un des principaux acteurs du négoce local.
Pour cette nouvelle édition le magazine a choisit de s’intéresser aux climats de Bourgogne.
Qu’est ce qu’un climat ? Un climat, c’est un terroir, une parcelle de vigne ou un clos, où l’on produit des vins de renommée depuis des siècles dans une alchimie qui fait interagir un lieu, des conditions naturelles, un cépage, les hommes ou encore une histoire. Cette mosaïque de terroirs que sont les climats confère à la Bourgogne son authenticité et toute sa magie.
C’est l’occasion de rappeler qu’un dossier de candidature a été déposé pour que ces climats soient classés au patrimoine mondial de l’Unesco. L’équipe de Millésime reviendra donc sur cette candidature avec Aubert de Villaine (le régisseur du domaine de la Romanée Conti), président de l’association qui présente ce projet de candidature et qui fera le point sur l’avancement de ce dossier.
Au programme aussi, un peu d’histoire, pour nous raconter comment des précurseurs bien éloignés (des hommes, des religieux, des scientifiques) ont théorisé cette notion de climat il y a déjà plusieurs siècles.
Puis, un autre sujet (un reportage en Suisse dans le vignoble de Lavaux, classé au patrimoine de l’Unesco depuis 2007) montrera qu’un classement n’empêche malheureusement pas forcément la construction de bâtiments indésirables…
Le magazine s’initiera également à l’étude des sols, si importante dans la caractérisation vin et cela avec le concours d’un géologue.
Enfin, cette édition s’achèvera comme à son habitude par une dégustation commentée qui sera cette fois consacrée à un climat de Bourgogne hors zone de classement éventuel, un climat de l’appellation Saint-Véran en Saône-et-Loire.
Une émission à ne surtout pas manquer si vous êtes dans la zone de diffusion !
Vous pouvez également retrouver les émissions sur le site de FR3 Bourgogne : http://bourgogne.france3.fr/dossiers/millesime-70459459.html
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Les batailles de vins au Moyen-Age
janvier 2nd, 2012 by Rédaction iDealwine
Aux 13e et 14e siècles, les rivalités entre les régions viticoles s’exacerbent et aux arguments purement qualitatifs pour expliquer la notoriété d’un vignoble s’ajoutent des raisons politiques ou d’intérêt particulier. La renommée d’un vin se détache alors de ses seules qualités intrinsèques : considérations subjectives, médicales, adages et intérêts politiques se mêlent.
Les rivalités entre vignobles du Nord et du Sud s’exacerbent à partir du 12e, lorsque les pays de la mer du Nord manifestent un besoin supérieur en vin. Les vallées de la Saine, du Rhin voire de la Moselle ne suffisent plus à couvrir leurs approvisionnements et les vignobles du Centre, de l’Auxerrois, de l’Anjou et du Sud-Ouest commencent à leur damer le pion. Ces vins séduisent pour leur puissance et leur structure plus tannique, bénéficiant d’un climat plus ensoleillé. Le témoignage de l’évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, est à ce sujet éloquent : il déclare devoir couper son vin de Saint-Pourçain, d’Angers ou d’Auxerre afin d’en tempérer la force ! Ces « vins forts » ne devaient pourtant pas dépasser les 10°. Le vin d’Argenteuil, si prisé en son temps par Philippe Auguste, est désormais dépassé. Auxerre, Beaune, La Rochelle, la Gascogne briguent la première place, et la disputent à Saint-Pourçain, alors en état de grâce, préféré du pape et du roi.
Le champagne n’étant pas encore né, les vignerons du Nord perdent peu à peu leur hégémonie.
Les publicitaires du Moyen-Âge
La médecine est le premier défenseur du vin à cette époque. Présenté comme une source de santé, il avait toutes les vertus : favoriser la digestion, clarifier le sang, drainer la circulation sanguine. Bref, c’est un breuvage curatif qui entre dans la composition de nombreux remèdes. Ainsi, l’approbation du médecin renforçait la notoriété d’un vin. En quelque sorte, le médecin, malgré lui, en était le meilleur ambassadeur. Si par malheur l’approbation n’est pas donnée (le vin de Châlon accusé par exemple de faire gonfler le ventre ou celui d’Etampes de donner la goutte), les breuvages sont voués à l’excommunication. Les vins de la Côte d’Or bénéficièrent quant à eux d’une belle renommée assise par Philippe le Hardi qui déclarait à leur propos qu’ils n’avaient pas leur pareil pour « nourrir et sustenter la créature humaine ».
Au-delà de ses vertus médicinales, le vin était aussi et surtout vanté comme un don de la nature, indépendamment des soins apportés à la culture de la vigne. Serait-ce là les prémices de la notion de terroir ? On peut le croire en notant que les Orléanais, pour recommander leur vin à Charles VII, n’hésitaient pas à en rehausser le prestige en le définissant comme « une émanation d’un terroir doté, par le Créateur, de vertus particulières« . Dans le même ordre d’idée, les vignerons de Beaune n’hésitent pas à affirmer, lors d’une controverse engagée entre les mérites des vins de Bourgogne et de Champagne, que leur vin est si bon en raison de la « bonne nature de l’air et de la terre, d’une exposition au soleil des plus favorables ».
Plus c’est loin, meilleur c’est
Reste à régler la question du transport. En ces temps obscurs où le polystyrène et le colissimo n’avaient pas encore franchi la porte des esprits, et que le chemin de fer n’existait pas surtout, l’acheminement des vins restait le point épineux de sa conservation. Il arrivait fréquemment que le trajet lui était largement préjudiciable. Toute l’astuce consistait alors à faire croire que le nectar gagnerait des galons en route et qu’il serait donc bien meilleur à l’arrivée qu’au départ (un peu ce qu’on essaie de nous faire croire avec les Primeurs, supposés bien meilleurs deux ans plus tard lorsque le prix aura quadruplé). Le poète Guillaume Le Breton, pionnier de la réclame ante-Piou-Piou, célèbre le vin d’Issoudun en latin dans le texte et assure carrément que ce vin gagne d’autant plus en force qu’il vient de loin… (« quantoque magis portatur eo fit fortior« ). Imaginez le nombre de palettes qu’on peut raisonnablement passer en Chine aujourd’hui avec ce genre de discours. Mais aliam vitam, alio mores comme disait l’autre. Le publicitaire de l’époque ne reculant devant aucune ruse, on a aussi l’exemple des vins du Jura et de la Côte d’Or, tributaires exclusivement de la voie terrestre, et qui s’amélioraient – soi-disant- avec « les secousses du roulage »…
Ceux qui exportaient par la mer, pas à court d’argument, affirmaient que c’était l’air marin et le doux roulis qui relevaient la qualité des vins.
Voyez donc ensuite le raisonnement qui en découle : rien ne sert de faire un bon vin, encore faut-il l’exporter le plus loin possible ! Car c’est là que le petit jus va se transformer en nectar. Les Mâconnais, partant de ce principe, justifiaient ainsi leurs ventes vers le Noooooord.
En 1829, Cochard et d’Aigueperse écrivent dans leur Notice sur le canton de Beaujeu que plus les vins du Beaujolais « vont au Nord, et plus ils gagnent en qualité ». On en a transporté jusqu’à Saint-Petersbourg, et l’on assure qu’ils y sont à peine reconnaissables, tant ils s’améliorent dans le trajet ».
Ces adages continuèrent de perdurer jusqu’au début du 20e siècle. Vers 1900, à Bordeaux, on accordait une importance particulière au vin dit « retour des Indes » écrit Roger Dion. Il s’agissait d’un vin qui avait traversé l’Atlantique à deux reprises. Dans le même temps, les vignerons angevins s’efforçaient de faire reconnaître la supériorité du vin d’Anjou « retour de Chine ».
Le roi comme prescripteur suprême
Mais la propagande la plus puissante provenait d’en haut, des grands de ce monde, monarques en premier lieu. Un peu à rebours de ce qui se pratique aujourd’hui, les rois vantaient les mérites des produits de leur pays à leurs homologues venus leur rendre visite. Ainsi de Philippe Auguste qui, en 1201, ouvrit sa cave personnelle à Jean Sans Terre de passage sur Paris. Et les petits présents qui scellent l’amitié, offerts à ces occasions n’oubliaient pas, outre les tissus et les objets d’or et d’argent, les bonnes bouteilles (ou plutôt les fûts).
Comme toujours, qu’un vin soit servi lors d’une grande réception et offert à un grand de ce monde, en particulier au roi d’Angleterre, arrangeait fort les affaires du vigneron et plus largement de sa région. C’est ainsi que les vins d’Issoudun, servis au festin d’apparat que donna Louis IX en 1241 pour fêter l’entrée en chevalerie de son frère Alphonse de Poitiers, furent-ils prisés.
En somme, bénéficier du témoignage de l’estime du roi représentait un gage de succès indiscutable. C’est pourquoi à la cour de France, à partir du 13e siècle, le « bouteiller », c’est-à-dire le responsable des achats de vin pour la table royale, est devenu l’un des plus intimes conseillers du souverain.
En réalité, le choix d’un vin était avant tout et surtout une décision politique. Acheter les vins d’une région en particulier revenait à solliciter indirectement l’appui des vignerons et notables locaux, et donc à les inciter à servir la politique du roi. Ainsi du roi d’Angleterre qui fit en 1359 de grandes provisions de vins de la région de Toulouse, afin d’encourager le soutien des villes du haut bassin de la Garonne dont la fidélité lui était nécessaire.
Rois et grands seigneurs ont donc largement contribué, chacun à leur façon, au commerce du vin au Moyen-Âge. Car au-delà de leurs qualités intrinsèques, ces vins vantés par les grands de ce monde l’étaient aussi beaucoup pour des raisons politiques. En quelque sorte, et dans une certaine mesure, ces rapports politico-viticoles participèrent de la formation de l’unité française.
Source :
Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au 19e siècle, CNRS Editions.
Retrouvez les épisodes de notre saga L’histoire de la vigne et du vin
Accords mets et vins : que boire avec les farcis ?
décembre 29th, 2011 by Veronique Raisin
Mélange de viande de porc ou de veau hachée, de chair à saucisse, avec au choix, de la mie de pain, de la crème, de la chapelure, une liaison à l’oeuf, du thym et/ou du laurier, la farce est au volatile ce que l’étouffe-chrétien est au chrétien. Un remplissage utile et roboratif. Quels accords avec tout ça ?
On peut d’ailleurs tout aussi bien farcir des viandes, volailles la plupart du temps, mais également des légumes. Un point de couture et voilà la bête recousue impeccable ; un petit chapeau, et hop, Madame la tomate est habillée pour l’hiver. Bien sûr ça marche aussi avec les courgettes et les poivrons mais c’est moins rigolo.
L’idée de faire des farces n’a rien de nouveau. Déjà au Moyen-Âge, les Seigneurs aimaient s’empiffrer de ces plats ventrus accompagnés de breuvages dont nous passerons sur les qualités organoleptiques. La grande tradition des farcis est provençale ; là-bas, ils se farcissent tout. Oignons, artichauts, choux, aubergines, tout est bon. Honneur donc à l’accent chantant, mais pas que, avec des plats des familles que tout le monde a croisé un jour ou l’autre au bout de sa fourchette.
Voici quelques suggestions pour accompagner ces plats domestiques.
- tomates farcies : un vin rosé de Provence, vif et léger, un gamay de Touraine ou si vous aimez un peu plus de matière, un Chinon ou un Bourgueil. Moelleux et parfumé, ce plat s’accompagne aussi très bien d’un côtes-du-rhône (gigondas, lirac, ventoux…) ou encore d’un faugères, d’un corbières. Ces vins structurés offriront un bon support à la chair à saucisse, passeront au-dessus de l’acidité de la tomate et emmèneront l’oignon.
- pintade farcie : la farce appelle là encore un rouge, pourquoi pas un châteauneuf-du-pape avec quelques années derrière lui ou un gigondas d’une dizaine d’années. On peut aussi penser à un blanc du Sud avec la chair tendre et discrète de la volaille. Bandol, Pacherenc du Vic-Bihl sec, Palette, Ventoux ou si l’on remonte le vignoble, un chardonnay du Mâconnais ou un sancerre.
- pieds de porc farcis : s’il est bien croustillant, le pied de porc contrastera avec bonheur avec la farce. J’opterais pour un vin rouge léger, un cru du Beaujolais (Brouilly, Chiroubles), un sancerre ou un pinot noir alsacien. Recherchez aussi les vignobles d’altitude, comme le Jura et la Savoie. Une mondeuse là-dessus et le tour est joué !
- Fleurs de courgettes farcies à la brousse et la menthe fraîche : cette recette subtile appelle un vin blanc délicat. Pinot blanc pour la neutralité, bouzeron, menetou-salon, voire muscadet sèvres-et-maine sur lies.
- Oie farcie aux marrons : rouge et blanc conviennent. Pour les premiers, étant donné la chair ferme de la volaille, on peut tendre vers un bordeaux, margaux ou moulis, dans tous les cas un vin soyeux, voire un peu évolué, pour les seconds, un chardonnay du Mâconnais, pas trop vif, un saint-joseph, ou bien un riesling pas trop minéral ou un pinot gris.
- Dinde farcie à la forestière : là encore, les champignons autorisent les deux couleurs ; truffe, pignons, chapelure, foies de volaille peuvent agrémenter cette recette, rendant les accords d’autant plus variés. Selon les préparations et les accompagnements, vous pourrez jouer sur la gamme des rouges tendres aux plus corsés avec un minervois, un faugères, un bandol, aux plus fins avec un côte-rôtie ou un sancerre, ou bien choisir un blanc du Jura, légèrement oxydatif, un riesling charnu, un chemin suffisamment gras.
- Chou farci : un rouge léger ou un rosé pour les lardons, un pinot blanc ou un sauvignon de Touraine. Choisissez un vin sans chichi pour ce plat débonnaire.
- Canelloni et raviolis à la viande de boeuf : chianti classico ou barolo pour jouer la carte italienne, mais aussi rouges de Provence ou du Rhône Sud, madiran avec un peu de bouteille, et plus classiquement un bon rosé frais et désaltérant.
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