Que penser des millésimes 2008, 2009 et 2010 dans le Roussillon ?
février 2nd, 2012 by Philippe RabertThéoriquement, les appellations du sud comme le Roussillon sont plutôt moins sensibles à “l’effet millésime” que celles plus septentrionales. Néanmoins, selon les années, les vins peuvent présenter des profils assez différents.
Dans le Roussillon on peut dire que les conditions climatiques garantissent presque systématiquement une maturité correcte des raisins, contrairement, par exemple, à la Bourgogne où certaines années peuvent se révéler très végétales (comme 2004, pour prendre un millésime récent). Ce n’est donc pas la maturité alcoolique (mais il peut y avoir des exceptions) qui gouverne véritablement la qualité des millésimes dans le Roussillon, mais plutôt les excès de chaleur et/ou de sécheresse qui peuvent provoquer ce qu’on appelle du “stress hydrique” dans les vignes. Une sorte de repli de la plante sur elle même pour assurer sa survie qui fait qu’elle “se désintéresse” des fruits qu’elle porte. D’où le risque de ne pas atteindre une maturité phénolique réelle (dans le cœur des baies, jusqu’aux pépins) et de produire des vins riches en alcool mais aux tannins secs.
C’est pourquoi il convient de rester extrêmement prudent dans l’évaluation théorique d’un millésime sudiste, par exemple dans le Roussillon. L’amateur a tendance à penser trop vite qu’un bel été chaud et sec est favorable à la qualité des vins. Une certaine critique journalistique, un peu trop systématiquement enthousiasmée par les vins ronds et flatteurs, renforce encore cette impression et certains millésimes sont un peu trop vite rangés dans la case “exceptionnels” alors qu’ils proposent trop de vins certes puissants et spectaculaires, mais souvent fatigants à table. 2007 à Châteauneuf-du-Pape a été ainsi porté aux nues par Robert Parker, mais de nombreux vins ressemblent plus à des portos vintage qu’à une boisson de repas !
A l’inverse certains millésimes sont sous-évalués alors qu’ils ont simplement le tort d’arriver entre deux millésimes puissants et très (trop ?) ensoleillés. C’est typiquement le cas de 2008 en Roussillon qui a produit des vins plus frais, plus souples et plus faciles à boire et qui ont conservé un joli fruit mûr. 2009 est un peu plus riche et puissant, mais avec parfois quelques excès de lourdeur. 2010, dont on ne peut pas avoir encore fait totalement le tour, paraît plus équilibré, à mi-chemin entre 2008 et 2009. Voyons maintenant tout cela en détail.
Le millésime 2008
Si le printemps a été particulièrement « arrosé » pour un climat méditerranéen, il a été suivi par un été frais et sec puis une fin d’été exceptionnelle. Septembre a été un mois sec, avec des températures nocturnes et matinales fraîches et un ensoleillement abondant. Ce cocktail de soleil, de sécheresse avec des températures fraîches la nuit a permis aux raisins de finir leur maturation lentement mais dans d’excellentes conditions, avec un état sanitaire des grappes irréprochable. Seule petite ombre au tableau, les quantités ont été assez réduites par rapport à la moyenne dans la plupart des secteurs.
Les vins rouges présentent en règle générale un bel équilibre avec un fruité frais très présent et une délicatesse de matière bienvenue. Un millésime facile à marier à table.
Le millésime 2009
Encore une année très chaude avec une vendange vraiment précoce (elle a démarré le 10 août). Avec un été aussi chaud, les évolutions de maturité ont été très rapides, même sur les coteaux en altitude relativement élevée. L’état sanitaire était excellent, mais la récolte relativement peu abondante, à cause de longues périodes de sécheresse. Les grenaches et les carignans ont été particulièrement à l’aise. Comme dans beaucoup de régions viticoles françaises, les vins présentent le plus souvent un caractère gourmand, assez facile, qui ne donne pas envie de les garder trop longtemps en cave. Mais les plus belles cuvées des meilleurs vignerons auront, comme d’habitude, un long avenir devant elles… Attention quand même à certains vins trop riches en alcool et un peu “lourds”.
Le millésime 2010
Une importante tendance à la sécheresse – cela devient une habitude dans cette région – aura caractérisé ce millésime en Roussillon. Après un hiver sec et froid, puis quelques petites pluie printanières, il n’est pour ainsi dire pas tombé une goutte d’eau de la mi-mai jusqu’aux vendanges ! Les vignes les mieux cultivées, possédant des racines descendant profondément dans le sol, ont heureusement évité le stress hydrique. Les raisins étaient en général assez petits, les jus plutôt concentrés avec des matières denses. Les meilleurs rouges sont donc charnus et parfumés. Aucune appellation n’a été sensiblement meilleure ou moins en réussite que les autres. Les différences se font surtout au niveau de la qualité du travail des vignerons. Les vignes bien travaillées, aux racines profondément enfoncées dans le sol, ont moins souffert et ont donné des vins riches mais équilibrés.
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Vente des vins du Clos de la Charité, samedi sur l’île de Lérins
janvier 26th, 2012 by Rédaction iDealwine
Sur une île au large de Cannes, les moines de l’Abbaye de Lérins produisent une belle gamme de vins blancs et rouges que l’on retrouve ensuite sur les tables des restaurants étoilés de la côte d’Azur… et de bien plus loin. Mais samedi prochain, c’est une cuvée très particulière qui sera mise en vente au profit des associations caritatives que le monastère soutient.
Samedi 28 janvier il règnera sur l’île de Lérins une effervescence qui devrait rompre avec le silence et la paix qui caractérisent habituellement ce lieu de prière. En effet, ce jour-là le premier millésime des vins du Clos de la Charité sera mis en vente. Planté en 2010 de 500 ceps de mourvèdre en présence des « parrains » donateurs, ce Clos a don
né lieu à une première vendange à l’automne dernier. Le vin sera mis en bouteille en 2013, avant d’être expédié aux acheteurs. Le vignoble de l’île de Lérins est géré par frère Marie-Pâques, une figure passionnée et animée d’un charisme peu commun. Les équipes d’iDealwine ont plaisir à le retrouver, au milieu de ses vignes mais aussi dans les salons de dégustation qui se tiennent aux quatre coins de la planète. Car frère Marie-Pâques est un globe-trotter, rompu aux techniques modernes de communication, et qui n’hésite pas à parcourir le monde pour faire connaître ses vins.
La vente aux enchères sera précédée d’une messe, d’une présentation des associations à qui seront reversées le produit de la vente, ainsi que d’un déjeuner à la Tonnelle, le restaurant de l’Abbaye. Sous la houlette de Maître Besch et de l’expert Pascal Kuzniewski, 100 lots seront dispersés, composés de une, trois ou six bouteilles. Quelques impériales et un lot panaché des différentes cuvées de l’abbaye viendront compléter le catalogue. Une belle occasion d’allier générosité et amour du vin.
Pour tout renseignement ou pour participer à cette vente, accédez au site du Clos de la Charité
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L’Abbaye de Lérins est située sur l’île Saint Honorat, qui fait partie de l’archipel des îles de Lérins, dans la célèbre baie de Cannes. Depuis seize siècles, cette île est consacrée à la vie monastique. Elle abrite actuellement une communauté d’une vingtaine de moines qui, outre leur vie de prière, s’adonnent à la culture de la vigne et à l’élaboration de vins de grande qualité, dont la renommée dépasse nos frontières. Les vignes poussent sur une terre riche, argileuse, entourée d’une forêt d’arbres d’essences diverses, d’eucalyptus et d’oliviers plusieurs fois centenaires. L’abbaye produit plusieurs vins. La cuvée Saint-Pierre est un assemblage de clairette et de chardonnay. Deux cuvées de rouge sont également proposées à la vente : Saint-Honorat et Saint-Sauveur, toutes deux issues de vieilles vignes de syrah, la seconde faisant en outre l’objet d’un élevage en fin de bois neuf. Depuis quelques années, l’abbaye de Lérins produit plusieurs cuvées de prestige : Saint-Césaire, un chardonnay, Saint-Lambert, un mourvèdre, et Saint-Salonius, à base de pinot noir. Trois vins salués par la critique.
Un domaine à découvrir : le Château Le Sartre, une pépite à Pessac-Léognan
décembre 16th, 2011 by Rédaction iDealwine
« Les vins du Sartre sont remarquables, ils peuvent rivaliser avec les grands crus de Léognan… ». Voilà ce que disait le Guide Féret des vins de bordeaux en… 1922. Zoom sur un domaine qui ne cesse de progresser.
Situé sur la commune de Léognan en bordure de la forêt landaise entre le Château Malartic-Lagravière, le Domaine de Chevalier et le Château de Fieuzal, le Château Le Sartre, redécouvert et mis en valeur au début des années 1980 par Antony Perrin, le regretté propriétaire du Château Carbonnieux, est aujourd’hui administré par sa sœur Marie-José Leriche avec l’aide de son mari, René Leriche, et de leur chef d’exploitation David Château.
La superficie du vignoble est de 36 hectares complantés à 6500 pieds/ha avec les cépages traditionnels de l’appellation : 8,2 ha de sauvignon blanc, 2 ha de sémillon blanc, 12 ha de cabernet-sauvignon, 1,1 ha de cabernet franc, 12,7 ha de merlot. L’âge moyen des vignes est de 21 ans pour les vins rouges et 19 ans pour les vins blancs.
Le château le Sartre concentre toute la diversité des terroirs de l’appellation Pessac-Léognan. Un premier bloc de 25,6 ha est situé autour du château. La grande majorité de ce premier vignoble repose sur des sols bruns issus des alluvions déposées par la Garonne au quaternaire. Très graveleux à la base des croupes, ces sols bruns compacts limitent la disponibilité de l’eau et constituent l’aire de prédilection des cabernets-sauvignons du domaine. Au sommet de la terrasse, le recouvrement sableux permet un enracinement plus profond limitant le stress hydrique estival et favorisant l’expression des merlots et sauvignons dont l’équilibre est préservé par le microclimat du vignoble créé par la forêt qui entoure la propriété sur trois côtés, un des plus frais de l’appellation.
A un kilomètre au nord-ouest, un deuxième bloc de 7,6 ha complète le vignoble avec une parcelle de 1,7 ha proche de Carbonnieux. Les vignes de ce vignoble reposent sur des alluvions garonnaises plus récentes ce qui se traduit par une fertilité minérale moindre et une cimentation localisée du sous-sol (alios). Conjugués à l’exposition sud, ceci explique la maturation plus précoce de ce secteur et la grande complémentarité des vins issus des deux vignobles.
La totalité de la propriété est vendangée à la main, en petite caissettes qui conservent les baies intègres, évitant le tassement, l’écrasement et l’oxydation. Cette vendange manuelle permet de trier les raisins dès leur cueillette.
Une fois les cuvaisons terminées, les jus sont égouttés et les marcs pressés. Les vins nouveaux sont alors mis en cuves ou en barrique pour les fermentations malolactiques.
Les vins rouges sont tous élevés de façon traditionnelle en barriques pendant 12 mois, le bois neuf (autour de 30%) étant en partie utilisé pour des fermentations malolactiques en barrique et un élevage sur lies avec bâtonnage.
Château Le Sartre : ce qu’en dit la presse
Le Guide RVF des Meilleurs Vins de France 2012
“Nouveau domaine”
Son voisinage est prestigieux, en lisière de la forêt des Landes, avec le domaine de Chevalier, les châteaux Malartic-Lagravière et Fieuzal ! Acheté au début des années 1980 par la famille Perrin du château Carbonnieux, c’est aujourd’hui la sœur d’Anthony Perrin, Marie-José et son mari René qui gèrent cette exploitation et vinifient la production. Précisément depuis le millésime 2005, les vins ont atteint un niveau de qualité que nous ne leur connaissions pas jusqu’alors. D’un style simple et accessible, ils sont passés dans la phase mûre, mieux élevés et plus concentrés, tout en gardant un niveau de prix abordable. Chaque année les vins s’affirment dans les dégustations à l’aveugle, preuve que cette propriété a été remise sur les rails.
Jacques Dupont – Le Point
En 1980, Anthony Perrin, de Château Carbonnieux, a acheté et replanté cet ancien domaine viticole au bord de la forêt des Landes, qui n’avait plus connu de vignes depuis 1914. Un terroir assez particulier de sables noirs et de très petites graves qui possédait une belle réputation dans les textes anciens. En 2004, la sœur d’Anthony, Marie-José Leriche, a pris le relais, secondée par David Château chef d’exploitation. Les vignes commencent à prendre de l’âge et le vin s’affirme. Il n’atteindra pas le niveau des crus classés de l’appellation, mais régale par la tendresse de ses tannins et sa fraicheur. Les prix du Sartre restent raisonnables et ne donnent pas la nausée. Ils causent vraiment au peuple.
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Le vignoble médiéval de Bordeaux
décembre 5th, 2011 by Veronique Raisin
Grande rivale de La Rochelle, Bordeaux ne dut son salut en terme de commerce de vin qu’à de fines alliances politiques avec l’Angleterre. Une stratégie qui s’est révélée payante au-delà de toute espérance puisque du 12e siècle à la fin du 19e, soit la destruction du vignoble par le phylloxera, les vins de Bordeaux ont connu un essor considérable et une renommée très enviable. Grâce à eux, la petite bourgade des bords de Gironde est devenue une imposante et belle cité. Voici l’histoire du vignoble bordelais, son émergence, sa formation et sa suprématie au Moyen-Âge*.
La conquête du marché britannique
Damnant le pion à la Gascogne, le Poitou est, jusqu’au début du 12e siècle, le premier vignoble abreuvant la cour du roi d’Angleterre. Quand on sait que les Anglais occupent l’Aquitaine depuis 1154, il y a de quoi se vexer ! En effet, les Bordelais gardent une rancoeur certaine à l’égard des Rochelais. En 1199, un édit de Jean sans Terre atteste que l’Angleterre s’approvisionne essentiellement de vins du Poitou, et non encore de Gascogne. Les bourgeois de Bordeaux, appuyés par l’archevêque, vont alors plaider auprès de la reine Aliénor pour inverser la tendance et lui demander d’abolir certaines coutumes ancestrales entravant leur commerce. Celle-là leur obtient des libertés commerciales qui permettent au vignoble bordelais de se développer. Le 1er juillet 1199, la charte est signée. Déjà apprécié du prélat, le vin de Bordeaux pouvait très en effet bien convenir à la table royale… Mais les Poitevins (c’est-à-dire les gens de La Rochelle, de Niort et de Saint-Jean d’Angély) ne voient pas d’un bon oeil la protection princière en faveur des marchands de Gascogne. En 1203, comme il avantage ces derniers, Jean sans Terre doit un an plus tard se fendre d’avantages commerciaux pour les Poitevins, histoire de ne pas faire de jaloux. Et pour arrondir les angles, il ne se refuse pas un petit coup de vin d’Anjou en famille. Les Bordelais, à cette époque, avaient donc encore du chemin à faire pour convertir l’aristocratie et l’élite anglaise à ses vins. Pour parvenir à leurs fins, les Bordelais entreprirent de combattre les Rochelais sur le terrain politique.
Deux guerres menées contre la Guyenne par les rois de Castille et de France les y aidèrent. Ils se rallièrent coup sur coup à la couronne d’Angleterre, une première fois en 1206, après la défaite d’Alphonse VIII, une seconde fois en 1224, après que Jean d’Angleterre eût vaincu Louis VIII. Contre ce ralliement, les Bordelais obtinrent les faveurs commerciales du roi vis-à-vis de leurs vins, et même la nomination d’un maire. Les Poitevins, en 1224, soutenaient le roi de France, les Bordelais le roi d’Angleterre : la rupture fut consommée. La Rochelle se vit désormais fermer l’accès des ports reconnaissant l’autorité du roi d’Angleterre et Bordeaux prit ainsi la position dominante qui avait longtemps été celle de sa rivale. Désormais, c’est Bordeaux qui fournit les trois-quarts des vins consommés au royaume d’Albion, notamment par l’aristocratie. En 1307, Edouard II en fit même expédier mille tonneaux à Londres
pour fêter son couronnement. Et pour être sûr de ne jamais en manquer, il octroya aux bourgeois de Saint-Émilion, en 1312, le droit d’élire leur maire, contre la promesse d’une livraison annuelle de cinquante tonneaux ! Malgré les avertissements du Parlement, qui mit en garde le roi contre les importantes dépenses liées à ces achats, risquant de mettre en péril les finances du royaume, Bordeaux continua de commercer et de s’enrichir. La ville en fut grandement changée d’ailleurs, l’antique enceinte quadrangulaire laissant place à ses abords à une agglomération de riches demeures bourgeoises, ordonnées autour de la rue Neuve, toujours appelée ainsi aujourd’hui. Le vignoble fut largement planté dans les graves et le Médoc actuel, empiétant sur les bois et les landes environnantes. Même les terres humides de fonds de vallées (palus) furent plantées. Vers1350-1360, l’image que l’on a du vignoble n’est guère différente de celle qui sera présente quelque cinq siècles plus tard, à la veille du phylloxera. L’archevêque, par son action de propagande auprès des grands seigneurs, joua également un grand rôle dans cet essor.
Extension du commerce d’exportation des vins vers l’arrière-pays aquitain
Le vin de Bordeaux partait pour l’Angleterre mais naviguait aussi par voie maritime vers l’arrière-pays aquitain. En retour, toutes ces régions profitaient de l’essor commercial et pouvaient à leur tour exporter leurs vins vers l’Angleterre. Bergerac, Cahors, Gaillac, Pamiers en Ariège envoyèrent ainsi leurs vins à la Cour. Moissac et Saint-Émilion tirèrent également parti de ces transactions, de même que Libourne, Fronsac, Sainte-Foy, Bourg-sur-Gironde… L’octroi de libertés municipales allait de pair avec les profits procurés par la vente de vin et ces petites villes prospérèrent. Comme la Chine aujourd’hui, l’Angleterre était devenue l’eldorado, le marché où tout le monde voulait vendre. Les routes du vin, fluviales et terrestres, furent dès lors indissociables d’importants travaux publics facilitant ces voies commerciales.
Le privilège de Bordeaux
Dès le 14e siècle, la réglementation en matière de commerce de vins était stricte : on parlait de « police des vins ». Selon ces règles, seuls les bourgeois de Bordeaux avaient le monopole de la vente du vin produit dans le district suburbain. Les autres devaient attendre qu’ils eussent écoulé leur marchandise. Rappelons que ce commerce suivait généralement la vendange, les marchands demandant essentiellement du vin de l’année, nouvellement mis en fûts. Le reliquat de vins moins bons était d’abord renvoyé d’Angleterre au début de l’automne. La flotte accostait en Gironde de cette façon début octobre. Là, pendant huit à dix semaines, la foire de Bordeaux battait son plein. Ensuite le vin nouveau était chargé et repartait pour les fêtes de Noël. Les Bordelais, habiles, firent en sorte de n’être point gênés par la concurrence des vins du haut pays durant cette période de fructueuses affaires. La Guerre de Cent Ans pesa dans la balance car les villes de Cahors, Agen, Moissac notamment portèrent leur aide au roi de France et furent considérées comme rebelles. Edouard III, dès lors, appuya plus que jamais pour octroyer des avantages commerciaux largement favorables à Bordeaux, réduisant l’accès de la Garonne à ces villes concurrentes. Habilement, Bordeaux leur gêna l’accès à La Gironde sans interdire la vente de leurs vins, se réservant d’avoir des rapports cordiaux avec ces régions (Gaillac, Cahors notamment) qui pouvaient aussi, grâce à des vins plus colorés et plus mûrs, relever la qualité des leurs…
Mais Bordeaux craignait surtout que ne se formât un vignoble concurrent dans le Médoc, avec un large accès à la Gironde. Ils obtinrent alors d’Henri IV qu’il interdît l’exportation directe vers les pays du Nord. Dissuasif…
Ce privilège de Bordeaux survécut à la reconquête de la ville par le roi de France. Charles VII, en 1453, commença par l’abolir mais Louis XI le rétablit dans son intégralité en 1461 ; les vins d’autres vignobles comme Cahors, Agen, Moissac etc. ne pouvaient donc rejoindre le port de Bordeaux pour y être vendus avant Noël, laissant ainsi le champ libre aux vins de Bordeaux. Ces vins devaient aussi être déchargés dans le faubourg des Chartreux, dit des Chartrons, et dans des fûts différents, pour ne pas être confondus avec les vins de Bordeaux.
Ce « privilège de Bordeaux », en fait un astucieux et implacable système de prohibitions, assura la prospérité de la ville et de son vignoble durant quatre siècles. Cette « police des vins » fut abolie par édit royal en 1776 mais ses effets perdurèrent même après cette date.
Aujourd’hui encore, l’absence de production en amont de Saint-Macaire, le long de la Garonne (en dépit d’un climat et de sols favorables) en est une résultante directe. D’autres régions aussi, entravées dans leur commerce, renoncèrent à la viticulture pour d’autres activités ; ainsi d’Agen et de ses prunes. Bergerac, Cahors et Gaillac s’en sortirent mieux, mais souffrirent beaucoup de l’emprise protectionniste bordelaise.
Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au 19e siècle, CNRS Editions.
* Nous poursuivrons l’épopée du vignoble bordelais dans la suite de cette série.
A lire également :
Le vignoble médiéval de La Rochelle (07/11/2011)
Histoire du vin : l’essor du commerce du vin au Moyen-Age (07/10/2011)
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Millésime : le point sur les vendanges 2011
octobre 25th, 2011 by Veronique Raisin
Hétérogène, compliquée, en demi-teinte : 2011 ne va pas se la couler douce dans les chais. Il a fallu trier, bâtonner, remuer et bien piger (comment cela se passerait !). Région par région, les premières impressions du millésime se dessinent.
Jean-qui-rit et Jean-qui-pleure
Le Bordelais, la Bourgogne accusent de fortes disparités selon les terroirs d’abord, les cépages ensuite. On ne va pas ici vous ressortir la vieille rengaine du « ce sera un millésime de vigneron« , mais quand même un petit peu car cette année plus que jamais, il va falloir travailler du chapeau et piger (avec la tête). En somme, tourner le dos au « laissez-faire, laissez-fermenter » et mettre le paquet sur le contrôle et les élevages.
Stéphane Toutoundji, oenologue-conseil sur Bordeaux, confirme. « C’est l’hétérogénéité totale ! Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a rien d’intéressant, bien au contraire. Il y aura de très beaux vins. Je suis d’ailleurs assez surpris de certains résultats, notamment sur les terroirs limoneux et graveleux de la rive droite, qui s’en sortent plutôt bien. » Celui qui suit de près les châteaux Laulerie, Latour-Laguens, Richelieu et Tournefeuille insiste sur l’importance du tri qu’il a fallu pratiquer. Mais aussi sur les pratiques culturales au moment des chaleurs du printemps : « Il ne fallait pas trop effeuiller à ce moment-là, ni faire une vendange verte trop précoce« . Quant aux vendanges, les premiers coups de sécateurs de la fin août n’étaient sans doute pas les plus avisés. Récoltés autour des 20/30 septembre, les merlots et les cabernets francs de la rive droite s’en tirent avec les honneurs, mieux que le Médoc, contraint de vendanger plus tôt.
Selon le consultant, la rive droite prend l’avantage sur sa voisine, avec des vins friands, pas trop tanniques, plaisants, qui rappellent par leur acidité de très bons 2004 ou des 2008, toutefois un cran au-dessous. Stéphane Toutoundji conseille des extractions douces, des températures de fermentation assez basses afin de conserver le fruit.
Quant aux vins liquoreux, les grains botrytisés donneront d’excellents crus ; là encore les différences de terroir ont joué.
Des vendanges exténuantes
« Tout était bien parti, on pensait même à une année précoce comme 2003. Et puis la pluie de juillet est venue gâter la vendange« . Kyriakos Kynigopoulos, qui conseille des domaines prestigieux de Marsannay à Santenay (Trapet, la Pousse d’Or, Mortet, Rousseau, Roumier…) parle lui aussi de contrastes forts. « En définitive, ceux qui ont démarré les vendanges le plus tôt, vers la fin août, ont été perdants ; la bonne fenêtre de tir, selon moi, était à partir du 1er septembre. Avec ce millésime hétérogène, les vins rouges en ont plus pâti que les blancs. Les maturités sont moins élevées que les années précédentes, de l’ordre de 12,8%-13% : il va falloir chaptaliser. D’une façon générale, on peut dire aussi que la Côte-de-Nuits s’en tire mieux que le sud de la Bourgogne. [n'oublions pas la grêle qui a touché Rully et Mercurey en mai dernier, ndlr]. Les blancs ont de bonnes acidités, avec des structures tendues, qui rappellent les 2007, mais avec plus de matière. L’élevage va être déterminant : il faudra être patient, revenir au bâtonnage, élever les vins sur lies. Quant aux vins proprement dits, déjà il y en aura moins que d’habitude, étant donné le tri important (certains domaines ont laissé 10% à 20% des raisins sur la table de tri, parfois autant dans les vignes) et ces vins ne seront pas forcément des vins de garde ». Kyriakos conclut : « Je n’ai jamais autant été fatigué que par ces vinifications ! »
Observation et nerfs d’acier
La Loire est en demi-teinte : qualité, fraîcheur aromatique mais petits rendements et donc faibles volumes. Se confiant à l’un de nos confères de la Nouvelle République, Jacky Blot résume bienl’esprit de ce 2011, avec « une récolte totalement inespérée, qui va au-delà de nos espoirs les plus fous au regard des précipitations de début septembre. Ce sera une grande année pour les vins blancs secs. En rouge, c’est un millésime assez hétérogène avec de l’excellent et du moins bon pour ceux qui ont vendangé trop tôt. » En résumé, des vins plus ligériens, avec davantage de tendresse que de démonstration.
Les vignerons de la Vallée du Rhône sont satisfaits, avec une récolte prometteuse et abondante, qui rappelle les excellents 2000 et 2009. Le Nord est marqué par des vins élégants, fins et généreux, comme à Côte-Rôtie, avec de belles intensités colorantes comme à Cornas ou Saint-Joseph. Le Sud brille notamment par ses syrahs et ses grenaches.
En Alsace, les vendanges 2011 ont été marquées par des températures chaudes et un bon ensoleillement, notamment dans le Haut-Rhin, comme témoigne le Domaine Ernest Burn sur son blog. Les raisins ont tous été rentrés avec une très bonne maturité, dans un bon état sanitaire. Un peu plus au nord cependant, quelques épisodes de grêle ont compliqué la donne. Là encore, le tri le tri le tri !
Dans les autres régions viticoles, le Beaujolais offre des vins riches, puissants, grâce à une récolte parfaitement mûre et saine.
Le Roussillon explose de joie : un millésime exceptionnel est annoncé, et abondant. Merci la tramontane. Les stratèges du Languedoc auront su déjouer les pièges de la météo ; le mois de septembre, très bien ensoleillé, a permis une bonne maturation des baies, et les syrahs sont paraît-il assez prodigieuses. Fruit, finales fraîches, finesse sont annoncés. En Provence, le moral est aussi au beau fixe, avec des volumes en légère augmentation et une qualité globale très satisfaisante. Il y a aura donc de bons vins rosés pour cet été, et l’on ne devrait pas mourir de soif. N’est-ce pas là l’essentiel ?
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Beaujolais : pleins feux sur le domaine Georges Descombes
octobre 6th, 2011 by Rédaction iDealwine
Parmi les vignerons qui méritent le détour, parlons un peu de Georges Descombes. Cet adepte de la culture bio vinifie sans artifices, dans la lignée de Marcel Lapierre, des cuvées qui se distinguent par leur caractère irrésistiblement gourmand. Tout particulièrement sur le millésime 2009 !
Georges Descombes est classiquement issu d’une famille de vignerons sur plusieurs générations. Il était pourtant plutôt attiré par la mécanique et les belles mécaniques, et c’est toujours vrai aujourd’hui. Mais il était le seul de sa famille à bien vouloir s’occuper des vignes : après une école de viticulture, il signe sa première récolte en 1987, sur des parcelles de Brouilly héritées de sa grand-mère. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à travailler partiellement dans une entreprise d’embouteillage et, comme si ça ne suffisait pas, de consacrer également deux jours par semaine au travail à façon chez d’autres vignerons du secteur. Ce n’est qu’à partir de 1993 qu’il se consacrera à 100 % à son domaine. Aujourd’hui il exploite 17 ha, environ 7 sur Morgon et le reste, en ordre décroissant, sur Brouilly, Régnié, Chiroubles, en Beaujolais-Villages et en Beaujolais. Même à ses débuts, Georges Descombes n’a jamais été un vigneron très versé dans le traitement chimique et cela fait plus de dix ans qu’il travaille ses vignes en pratique bio, aux rares exceptions près de parcelles très pentues impossible à labourer, où il utilise du désherbant. Il envisage la certification bio pour certains marchés à l’exportation, ce qui l’obligerait à se séparer des parcelles non labourables.
Dès ses débuts, la plupart de ses vignes étaient labourées, les vins fermentaient sur leurs levures indigènes, et il vinifiait presque sans soufre en macération carbonique intégrale. À partir de 1993, il a choisi de refroidir la vendange afin d’obtenir des vinifications plus douces et plus longues (comme cela se pratique au Domaine Jean Foillard).
Les vinifications se font majoritairement en cuves béton mais aussi dans des cuves inox et époxy. Le vin est ensuite élevé entre 8 et 9 mois en fûts pour la cuvée Vieilles Vignes, dans des barriques âgées de deux à dix ans et en cuves de béton brut pour les autres cuvées. La cuvée Vieilles Vignes est vendue un an plus tard, en décalage d’un an par rapport à la plupart des producteurs de Morgon. « C’est une volonté, car les vins naturels, ça bouge, et je préfère les vendre quand ils sont stabilisés. » Cette cuvée Vieilles Vignes représente aujourd’hui la moitié de la production du domaine, mais le but est de parvenir à 80 % dans les années à venir, même si Georges Descombes estime que commercialement il est important de conserver une cuvée un peu moins chère.
Le domaine Georges Descombes : ce qu’en dit la presse
Guide RVF des meilleurs vins de France
Adepte des vinifications naturelles (c’est-à-dire avec un apport minimum de soufre), Georges Descombes produit des vins au fruité généreux et d’une grande gourmandise. Il possède un joli patrimoine de vieilles vignes à Morgon et à Brouilly.
Le Rouge & Le Blanc
C’est en goûtant les vins de Marcel Lapierre que Georges Descombes a découvert la différence qu’il pouvait y avoir avec la production générale de l’appellation. Du coup, très vite, il s’est mis à travailler “à la façon Lapierre”. Pour lui, la recette est simple : « Le vin, on le dit souvent, mais c’est totalement vrai, ça se fait d’abord à la vigne et il est beaucoup plus facile de vinifier des raisins propres, sains, bien mûrs et soigneusement triés.
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2009, 2010 à Morgon : deux grands millésimes à découvrir
septembre 30th, 2011 by Rédaction iDealwine
Vous êtes de nature plutôt sudiste, ou plutôt classique ? L’appellation Morgon propose dans ces les millésimes 2009 et 2010 – tous deux fort réussis – deux interprétations très différentes du gamay. L’occasion d’organiser une sympathique dégustation !
Morgon est sans doute, de toutes les appellations du Beaujolais, celle qui a la réputation de produire les vins les plus “sérieux”. Le gamay, cépage emblématique de la région, a plutôt un côté joyeux drille, le vin de copains que l’on ouvre sans se poser de question. Sans renier cette convivialité génétique du gamay, les vins de Morgon sont souvent perçus comme un peu moins désinvoltes que ceux des autres crus et dotés d’une capacité de garde assez sensiblement supérieure. Cette structure inhérente à la plupart des morgons est indéniablement apportée par un terroir qui, bien que diversifié, est globalement assez pauvre et permet donc de juguler la tendance un peu productiviste du gamay en lui donnant un peu plus de densité. Cette sensation tactile est très marquée sur les vins issus du climat de la Côte du Py, un terroir qui signe de manière nette les vins qui en sont issus. Sinon, comme sur la plupart des autres crus du secteur, le vignoble de Morgon est adossé aux collines granitiques qui dominent la vallée de la Saône. Ce relief assez marqué influence sensiblement la maturité des raisins puisqu’on peut compter trois semaines de décalage entre les parcelles proches du hameau de Saint-Joseph (près de 500 m d’altitude) au nord-ouest de l’appellation et celles du sud et de l’est de l’AOC qui dépassent à peine 200 m.
2009 – 2010 : un match au sommet
2009 est un très beau millésime dans le Beaujolais en général et à Morgon en particulier. Il a donné de jolis raisins bien mûrs et une vendange très saine. Les vins possèdent en général un fruité opulent et une matière dense et voluptueuse. Un millésime plus “sudiste” que septentrional, relativement atypique, mais absolument délicieux et qui réconciliera avec le Beaujolais tout ceux qui associent trop vite cette région avec une acidité agressive. Après cette année atypique par ce fameux côté “sudiste”, 2010 marque un retour à un certain classicisme à Morgon (et dans l’ensemble du Beaujolais d’ailleurs). On retrouvera dans les vins plus de tension et la fraîcheur traditionnelle du gamay local. Sans l’ampleur et la complexité des 2009, 2010 présente un meilleur équilibre que les 2008 avec une certaine vivacité mais, pour les meilleurs domaines, une jolie maturité des raisins.
Quels accords sur un Morgon ?
Quand ils sont bus jeunes, sur leur fruit, les morgons se marient facilement à une cuisine de terroir, un peu rustique comme toutes les diverses déclinaisons du porc fermier (petit salé aux lentilles, boudin, terrines, échine rôtie), mais aussi du veau (y compris les abats comme le foie ou les rognons) et la volaille (rôtie ou en terrine). Plus âgés, ils se rapprochent des bourgognes. Les accords ne seront pas fondamentalement différents, mais on pourra les élargir à une belle viande rouge et à du gibier à plumes en évitant sans doute les viandes trop goûteuses (agneau).
Découvrez l’offre iDéale en cours sur les 2009 et 2010 de Morgon
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Domaine Louis-Claude Desvignes Morgon « La Voûte St-Vincent » 2010 – Rouge | |||
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7.50€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Tout l’esprit d’un bon cru du beaujolais avec son fruit éclatant et sa fraicheur. Un vin parfait pour de la charcuterie | ||||

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Domaine Louis-Claude Desvignes Morgon « Javernières » 2010 – Rouge | |||
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13.00€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Un vin d’une densité remarquable et d’un équilibre magistral. Un très grand Morgon de gastronomie à attendre un peu | ||||

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Domaine Georges Descombes Morgon « Vieilles Vignes » 2009 – Rouge | |||
| 17/20 RVF
14/20 Le Rouge & Le Blanc |
13.00€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Du fruit mûr, une matière juteuse et gourmande bénéficiant du soyeux des vins sans artifices. Une échine de porc au four lui va parfaitement… | ||||

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Louis Jadot – Château des Jacques Morgon « Côte du Py » 2006 – Rouge | |||
| 16,5/20 Bettane et Desseauve
16,5/20 RVF 16/20 Jancis Robinson 89/100 Wine Spectator |
17.50€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Jolie densité de matière, élevage élégant, on est très proche d’un grand bourgogne ! Un vin de haute gastronomie | ||||

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Domaine Jean Foillard Morgon « Côte du Py » 2009 – Rouge | |||
| 17/20 Bettane & Desseauve
16/20 RVF 16/20 Le Rouge & Le Blanc 93/100 IWC – Stephen Tanzer |
17.80€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Un vin dense et plein sur un fruit très mûr et une matière au soyeux incomparable. A marier à une terrine de volaille ou de gibier | ||||

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Louis Jadot – Château des Jacques Morgon « Roche Noire » 2009 – Rouge | |||
| 16,5/20 RVF |
18.00€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Un Morgon « musclé », intense et juteux sur une belle maturité de fruit. Un vin pour carnivores ! | ||||

Millésime 2011 : chronique d’une récolte avancée
août 16th, 2011 by Rédaction iDealwine
C’est reparti comme en 1976 nous ont prédit les météorologues au mois d’avril. Un printemps particulièrement beau et chaud qui rappelait la sécheresse de l’année du Loto. La végétation a poussé très rapidement, la vigne a débourré fort tôt, résultat, une avance estimée à trois semaines.
Le mois de juillet, assez pluvieux et brumeux dans son ensemble, a changé la donne. Mais l’avance reste acquise et la pluie ne devrait « rattraper » qu’une semaine. Partout dans le vignoble les dates de vendange ont été avancées, dès le début août pour la Provence, vers le 25 pour la Champagne (la véraison a commencé à la mi-juillet dans cette région), mi-septembre au plus tard dans le Bordelais.
Nous avons demandé à Julien Lavenu, de l’équipe Vignerons Consultants, ce qu’il fallait savoir sur la pluie et le beau temps de cette saison viticole 2011.
1976, 2003, 2011 : même combat ?
Pas tout à fait. Il y a eu deux phénomènes cette année. D’une part un hiver et un printemps très secs, d’autre part un temps chaud un peu partout en France, mais particulièrement en Aquitaine. En 1976, on a eu une sécheresse et en 2003, il a fait très chaud mais l’eau n’a pas manqué. Cette année, les deux effets, chaleur et sécheresse, se combinent, surtout dans la Loire et en Aquitaine.
La vigne souffre-t-elle de la sécheresse ?
La vigne est une plante méditerranéenne. Elle est habituée à la chaleur. Par nature, elle est faite pour supporter des climats chauds, même si depuis, les porte-greffes américains ont un peu changé la donne. En fait ses capacités de résistance dépendent de son accès à l’eau, via ses racines : de vieilles vignes et des vignes bien travaillées supporteront mieux le manque d’eau qu’une jeune vigne, plus fragile, ou qu’une vigne avec un système racinaire peu développé. La nature du sol – certaines argiles qui retiennent l’eau – compte autant que le mode cultural !
En 2011, certaines vignes ont-elles souffert ?
Oui absolument. Je dirais même certains pieds, car toutes les parcelles d’un vignoble ne sont pas touchées unanimement. Ce sont généralement les jeunes vignes les pus touchées, celles aussi situées sur des sols favorisant peu la rétention d’eau – sableux, graveleux ou granitiques – ou bien encore des vignes âgées mais qui ont été désherbées ou dont les racines sont superficielles.
Concrètement que se passe-t-il ?
La vigne pousse moins, son développement est freiné, les feuilles se retournent, les raisins ne grossissent pas. Un blocage de maturité survient. Et même avec de l’avance au départ, les quelques pieds plus fragiles ont eu des baies qui n’ont pas évolué. Un peu partout en France on a observé ce phénomène de vignes en latence. Excepté dans le Roussillon.
Y a t-il un risque plus élevé de maladies ?
Indéniablement. On a eu beaucoup d’oïdium dans le Bordelais par exemple, une maladie qui se développe d’habitude plutôt dans la Loire et le Rhône.
Le manque d’eau est-il aussi un handicap lors de la vinification ?
Oui il peut l’être car un raisin trop pauvre en eau, petit et dur, est plus difficile à presser. Mais c’est une situation extrême. Et si cela arrive, cela touche quelques pieds et le tri à la vendange permettra d’éliminer ces raisins.
Une année trop sèche peut-elle être synonyme d’un bon millésime ?
Bordeaux peut faire des degrés élevés cette année, si l’on veut atteindre une maturité phénolique parfaite. Il peut aussi y avoir des blocages de maturité prolongés. Mais encore une fois cela reste circonscrit à quelques pieds. Disons plutôt que cette année, on risque d’avoir une grande hétérogénéité dans les maturités phénoliques. Ce sera un millésime plus compliqué sans doute, il faudra faire davantage de sélections, on aura plus de pertes. S’il ne pleut pas en août ni en septembre, les baies resteront petites ; à terme, cela peut engendrer des tanins secs. Mais nous n’en sommes qu’au tiers de l’été : il reste encore deux mois et tout peut encore changer. N’anticipons pas trop vite. Rappelons aussi que dans le Rhône, tout se passe magnifiquement, il y a de beaux fruits qui se préparent.
La récolte 2011 s’annonce t-elle moindre que les années précédentes ?
Le déficit en eau, les chaleurs très élevées mais également la grêle dans certaines régions (Margaux, Chablis, Rully) auront un impact sur les volumes de vendange. Concernant les fortes chaleurs survenues au printemps, elles ont provoqué des brûlures sur les raisins et les feuilles (le soleil du milieu d’après-midi, sur des parcelles orientées ouest, a été particulièrement néfaste). En 2003, on n’a pas eu ce phénomène de manque d’eau. En plus de cela, ceux qui ont échardé et effeuillé tôt ont augmenté ce risque de brûlure ! Sans compter que les cépages bordelais sont moins habitués aux fortes chaleurs.
Enfin dernière question : l’irrigation peut-elle dans ces cas extrêmes être une solution intéressante ?
L’irrigation est une question complexe ; on pourrait en faire tout un sujet ! Tout dépend comment elle est utilisée et mise en oeuvre. Si on arrose trop en surface par exemple, les racines ne plongeront pas. L’apport d’eau doit rester ponctuel. Et puis quelle eau utilise-t-on ? Souvent les eaux d’irrigation sont des eaux recyclées, saturées en azote, potassium, engrais… Ce n’est pas simple.
Julien Lavenu travaille avec Stéphane Dereoncourt chez Vignerons Consultants depuis 2000. Il est consultant associé. Découvrez toute l’équipe, les domaines et les régions qu’elle conseille sur le site de www.vigneronsconsultants.com
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Consultez la rubrique La saga des millésimes
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Comment sont fixées les dates de vendange ?
Et à propos du millésime 2010 :
2010 à Bordeaux : premiers échos de la vendange
Montmartre : vendanges en plein Paris !
septembre 10th, 2009 by Rédaction iDealwineA Montmartre aussi on se prépare à vendanger ! La 76ème édition de la Fête des vendanges de Montmartre aura lieu du 7 au 11 octobre.
Charles Aznavour et Anaïs en seront les parrains. Sur le thème « Montmartre fête les Trois Baudets » ces cinq jours seront rythmés par différentes animations et clôturés par un grand feu d’artifice. L’an passé, « Montmartre fête le cinéma » a attiré près de 350 000 curieux.
L’histoire du vignoble remonterait à l’époque gallo-romaine. Il faut tout de même attendre 944 et les Annales du Chanoine Flodoard pour en trouver les premières traces écrites. Aujourd’hui, la Vigne du Clos Montmartre est la propriété de la Mairie de Paris. Sur un sol constitué de Sables de Fontainebleau, on plante principalement du Gamay et du Pinot Noir. La production est faible : 750 litres pour 1500 bouteilles. Les bénéfices seront reversés à des œuvres sociales du 18ème arrondissement de Paris.
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