Le déclin du vignoble au Moyen-Age et l’influence hollandaise
février 6th, 2012 by Veronique Raisin
Après les batailles de vins qui ont marqué le Moyen-Âge, voyons maintenant les facteurs qui ont contribué au déclin du vignoble.
La fin du Moyen-Âge marque la régression des surfaces viticoles. Cette époque coïncide avec l’avènement des temps modernes, où l’âpreté des compétitions commerciales s’exacerbe et où disparait l’effort gratuit. La culture des vignobles septentrionaux, souvent ingrate et peu profitable, se révèle une perte de temps et d’argent qu’il convient d’endiguer au profit de commerces plus lucratifs. La Rochelle, Auxerre, Beaune, Laon, Paris, Orléans, Beauvais : de tous ces hauts-lieux de la viticulture médiévale, vantés aux 13e et 14e siècles, seul subsiste aujourd’hui Beaune.
Dans le même temps, l’influence hollandaise grandit et bouleverse le commerce des vins, rendant caduques les principes médiévaux de la relation directe et personnelle du producteur au consommateur.
Le transport maritime signe la fin des vignobles du Nord
Les difficultés de culture et l’incertitude du résultat acceptés par l’homme médiéval deviennent insupportables à partir du 16e siècle. La peine endurée pour une piètre récolte s’efface devant le prix de revient et la mise en place d’une nouvelle façon de mettre en valeur la terre. Les vignobles les plus au nord disparaissent peu à peu. Bretagne, Basse-Normandie, Brabant, Hainaut, bassin de la Seine, Picardie délaissent la culture de la vigne et privilégient l’achat des vins de la façade atlantique.
La navigation atlantique est à l’origine de cette régression. En effet, pourquoi produire des vins localement à grands efforts, dont l’issue de la récolte est incertaine, alors que les transports maritimes permettent d’en importer à moindre coût ? Le port de La Rochelle exporte ainsi régulièrement et massivement vers les pays de la mer du Nord, rendant caduque leur propre viticulture. S’en suit mécaniquement une baisse des prix du vin et donc une hausse importante de la consommation.
Les vignobles septentrionaux perdent donc de leur intérêt tandis que les vins d’Aunis et de Saintonge, au climat plus favorable, gagnent en compétitivité, vendus moins chers et garantis d’arriver à destination plus sûrement. Les vins de ces pays sont donc vendus en Flandre et en Angleterre meilleur marché que ceux qu’apportaient d’Ile-de-France ou de Rhénanie les marchands de Rouen et de Cologne, fournisseurs traditionnels du monde germanique.
Dans le même temps, les moines se défont peu à peu de leur possessions viticoles et la plupart furent converties en emblavures.
Au cours des 17e et 18e siècles, les procédés du commerce hollandais et leurs innovations dans l’exploitation des vignobles influèrent sur le cours de la production vinicole française. En effet, l’indépendance de cinq provinces hollandaises du nord*, en 1579, et l’essor de leur puissance commerciale eurent de larges retentissements sur notre économie.
Soustraits de l’obédience du roi catholique, comme le dit Colbert en 1664, les Hollandais ont ainsi les coudées franches pour faire du commerce la « maxime fondamentale de leur État ». La religion joue ici un rôle capital, comme le formalisera plus tard Max Weber dans son fameux et incontournable ouvrage L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.
S’attachant les services des meilleurs charpentiers de tout le pays, ils bâtirent une puissance navale sans rivale. Toujours selon Colbert, il semblerait que la flotte hollandaise représentait à l’époque les trois-quarts de la flotte européenne, bien loin devant celles des Anglais et des Français. Possédant l’accès à la mer Baltique et à la mer du Nord, les Hollandais assirent ainsi leur maîtrise des mers et du vin à partir des côtes atlantiques. Leurs nouvelles méthodes ouvrirent une ère nouvelle.
Outre une gestion habile de leur équipage et chargement (un bateau hollandais emportait moitié moins d’équipage et de vivres qu’un navire français, à trajet identique…), ils eurent l’astuce de limiter les voyages à vide, très coûteux, lorsqu’ils venaient collecter le sel et le vin sur nos beaux rivages. Les pierres de lest perdirent donc de leur emploi. Chaque trajet était ainsi l’objet d’une vente et pour cela, les Hollandais savaient précisément quelles marchandises apporter en fonction de la destination. Cette recherche de l’information précise passait par des agents, sortes de correspondants locaux, représentant le pays et qui nouaient des liens familiers avec la population locale. Ou plus si affinités d’ailleurs car certains, ces filous, se mariaient à des filles du pays.
Autre technique : la vente en gros et au détail. Ils revendaient leurs produits moins cher que ne le faisaient les marchands français d’une part, dégageant ainsi de confortables profits, et établirent des magasins de stockage d’autre part. Ces magasins servaient de réserve aux denrées et produits qu’ils revendaient ensuite, en gros et au détail. Poivre, sucre, sel, tissu, vin…
Enfin, dernier point du succès du commerce hollandais : la valeur ajoutée qu’ils apportaient aux produits achetés. A la fois dépôt et atelier, la Hollande était devenue la plaque tournante du commerce européen. Les produits les plus divers y étaient amenés et repartaient transformés ou améliorés, et donc revendus plus cher. Ce fut le cas aussi pour le vin.
Les nouvelles techniques hollandaises appliquées à la viticulture
Comme leurs prédécesseurs flamands des 12e et 13e siècles, les Hollandais du 17e siècle avaient un faible pour les vins blancs, en particulier les doux comme le sauternes. Comme ils en offraient un bon prix, la production augmenta dans l’ensemble des vignobles atlantiques. Les Hollandais s’intéressaient aussi bien aux vins de qualité médiocre qu’aux grands vins renommés. Mais malins comme tout, ils « amélioraient » les petits vins blancs soit par mutage soit par d’autres procédés pour pouvoir les écouler à bon prix dans les pays du nord.
La logique, relatée par Colbert, était simple : les Hollandais venaient d’octobre à décembre charger les vins de Charente et de la Garonne. Une fois arrivés aux Pays-Bas, environ le tiers était consommé sur place, le reste repartait au printemps en Allemagne et les autres pays du nord, non sans avoir été « améliorés » pour leur conservation. Du Nord, les Hollandais revenaient avec des navires chargés de bois, de chanvre, de fer et autres marchandises de gros volumes.
Bien sûr, commerçant avant tout, ils regardaient peu sur l’intégrité du cru et ne ménageaient pas le cahier des charges original. La plupart des propriétaires de Sainte-Foy et de Bergerac eux-mêmes, flairant le filon, ajoutaient à leurs vins du sirop et du sucre pour les adoucir et qu’ils conviennent mieux au goût hollandais… Une sorte de kir, royal, à la hollande (ho ho ho).**
Mais c’est surtout avec les plus faibles des vins blancs que les Hollandais révolutionnèrent l’économie de ces régions. Car ils achetaient ces petits vins beaucoup plus cher que leur cours réel, sachant qu’ils revendraient par la suite plus cher aussi, après les avoir fortifiés. Bref, tout le monde était content, les marchands bataves et les paysans locaux qui faisaient leur beurre.
A la sauce hollandaise
Il arrivait aussi, certaines années, que la récolte fût si abondante qu’on ne trouvait pas suffisamment de fûts pour entonner ces vins blancs. Il fallait donc les transformer en eau-de-vie, connue alors comme substance médicinale. C’est ainsi que les Hollandais, pour écouler ces stocks d’eau-de-vie, en firent un produit de consommation courante, la rendant familière aux habitants des pays qu’ils fréquentaient. Sous leur influence, la distillation devint une occupation agricole à part entière.
Et cette eau-de-vie servait aussi à renforcer les vins blancs un peu faibles en alcool et améliorait même les meilleurs.
Autant de pratiques que les hommes du Moyen-Âge eussent réprouvées, eux qui avaient, avant l’heure, oeuvré pour les appellations d’origine, en établissant un lien personnel et direct entre producteur et consommateur.
Mais les villes où régnait une certaine bourgeoisie locale, attachée aux principes de la viticulture médiévale, refusèrent cette emprise du commerce hollandais. Les vignobles à leurs alentours résistèrent. Les autres furent gagnées à l’influence hollandaise ; ce furent toute la façade atlantique, et un arrière-pays dépendant des voies fluviales de l’Adour, la Garonne, la Charente et la Loire.
D’après le livre de Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au 19e siècle, CNRS Editions.
* Ce sont les provinces de Hollande, Utrecht, Zélande, Gueldre et Frise. Deux autres vont les rejoindre en 1581, libérant ainsi les Pays-Bas du joug du roi d’Espagne et de la foi catholique.
*** Ce mariage sémantique, franchement il fallait le faire. J’ai réussi sans gaucherie, et je m’en félicite
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Vente en salle de Morlaix : grands bordeaux et superbes millésimes !
janvier 16th, 2012 by Rédaction iDealwine
Cette toute première vente en salle de l’année est magnifique. Pratiquement que des bordeaux mais la collection de crus classés du Médoc est impressionnante. Une vente rare, débordante de beaux flacons et de grands millésimes dont quelques uns parmi les plus grands du 20e siècle comme 1970, 1982, 1989 et 1990. Les enchères s’annoncent très relevées !
Bordeaux à l’honneur donc, et la qualité est au sommet. Dans les crus classés du Médoc, parmi lesquels l’on ne compte plus les pépites de cette vente, on note en particulier les châteaux suivants : Haut Brion 1967, 1985 et 1994 ; Lafite Rothschild 1988 ; Margaux 1975, 1981, 1983, 1990, 1991 et 1992 ; Latour 1985 et 1990 ; Mouton Rothschild 1987, 1990, 1993, 1994, 1995 et 2000 ; Brane Cantenac 1970, 1990 et 1999 ; Giscours 1989 ; Prieuré-Lichine 1970 et 1990 ; Cos d’Estournel 1988, 1990 et 1996 ; Léoville-Poyferré 1979 ; Montrose 1979 et 1986 ; Ducru Beaucaillou 1986 et 1988 ; Léoville Las Cases 1983 ; Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1990, 1995 et 1996 ; Talbot 1982 ; Lynch Bages 1990 ; Beychevelle 1996 et 2002 et enfin Sociando-Mallet 1990. Quelle série !
Dans les crus classés de Graves nous trouvons le château Pape Clément 1955, 1988, 1990, 1996 et 1997, le Domaine de Chevalier 1970, 1991 et 1996 et le château La Tour Haut Brion 1994.
Rive droite, place aux merlots de Saint-Emilion et de Pomerol. A Saint-Emilion citons les châteaux Angélus 1979, Pavie 1974, Cheval Blanc 1928, 1988, 1992 et 1996, Troplong-Mondot 1975 et terminons par un Clos Fourtet 1976. Peu de lots à Pomerol, mais néanmoins Petrus 1983 et 1986.
A noter également quelques seconds vins : Carruades de Lafite 1996, 1998, 2000, 2002, 2003, 2004 et 2005 ; Pavillon Rouge du Château Margaux 1995, 1996, 1998, 1999, 2000 et 2003 et Les Forts de Latour 1995.
Concluons cette sélection de bordeaux avec le Sauternais où château d’Yquem est bien entendu présent avec un 1989. Il sera accompagné d’autres très grands noms de Sauternes : Château Coutet 1988 et une impériale du millésime 1989 ; Château Rieussec 1985 ; Château Rabaud-Promis 1990 et Château Suduirault 1997.
Dans les autres régions, quasiment pas de lots. Nous décelons cependant en Vallée du Rhône un châteauneuf-du-pape 1990 du Château de Beaucastel et deux hermitages La Chapelle 1985 et 1995 de la Maison Jaboulet ainsi que deux très belles références en Champagne : Dom Pérignon 1969 (Moët et Chandon) et Comtes de Champagne 1969 (Taittinger)
A vos enchères !
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| 20/01/2012 12:00 : 200 lots |
| 20/01/2012 12:05 : 181 lots |
Toqués de Tokaj : reportage au royaume de Disznoko
janvier 6th, 2012 by Veronique Raisin
Le plus grand domaine de Tokaj, propriété d’Axa millésimes depuis près de vingt ans, déroule ses cent hectares de vignoble au nord-est de la Hongrie à la frontière slovaque. Ses vins d’or, issus de grains aszu, figurent parmi les plus beaux liquoreux au monde.
Les coteaux de Tokaj se méritent. A quelque deux-cent-cinquante kilomètres à l’est de Budapest, le vignoble abrite un trésor qui fit la gloire de la nation magyare au cours des 18e et 19e siècles. Délimitée par décret royal en 1737 par le roi Charles III, l’appellation Tokaj compte aujourd’hui un peu plus de cinq mille hectares, barrés au nord par la montagne (Hegyalja), à l’est par le Bodrog, au sud par la grande plaine hongroise (Puszta) qui conduit jusqu’à Belgrade. Le domaine de Disznoko se situe dans la partie sud-ouest du vignoble ; il compte 104 hectares assis sur des argiles et des graves volcaniques.
Axa Millésimes – Châteaux Pichon-Longueville, Suduiraut, Petit-Village, Pibran, Domaine de l’Argot, Mas Belles Eaux, Quinta do Noval – l’a acquis en 1993 et totalement réhabilité. Un nouveau chai a été construit en 1995, bénéficiant des dernières innovations technologiques en date, une bonne partie du vig
noble a été replantée et une cave creusée dans la roche, qui la confond, à s’y méprendre, avec un caveau antédiluvien façon bourguignonne !
A la tête de ce joyau, Laszlo Meszaros, un agronome formé à Purpan puis en Hongrie, arrivé en 1995 chez Disznoko et nommé directeur en 2000. Dynamique, souriant, volontaire, il a hissé les vins du domaine à leur plus haut niveau, affirmant un style pur et très frais ; la superbe verticale qu’il nous a proposée lors de notre visite a achevé de nous convaincre. Car même si nous connaissons les vins liquoreux et savons plus ou moins à quoi nous attendre, ceux-là ont une empreinte particulière, qui rappellent à la fois la magie des grands sauternes, dans leur caractère assis et noble, et celle de certains grands liquoreux ligériens, portés par une acidité triomphale, tout en s’en détachant. Car quelques différences subsistent – tout de même – entre les Hongrois et les Français.
Hotte, hotte, hotte
Les cépages utilisés d’abord, la vinification ensuite, diffèrent sensiblement. Six cépages blancs sont cultivés à Tokaj : le fürmint, le zeta, le harslevelu, le muscat jaune, le köverszölö et le kabar. Parmi eux, le fürmint est celui qui botrytise le mieux ; cette variété, très répandue à Tokaj puisqu’elle couvre 60% de l’appellation, se trouve aussi sur les roches volcaniques en Autriche, Slovaquie, Slovénie et Croatie. C’est un raisin très acide, avec une peau fragile, qui mûrit facilement. Vient ensuite le harslevelu (30%), un raisin qui botrytise moins mais qui est très aromatique ; on procède généralement à une macération à froid sur ses peaux pour extraire le maximum d’arômes. Les autres cépages sont plus anecdotiques mais apportent néanmoins de la complexité aux vins.
Quant à la méthode d’élaboration du tokaj liquoreux, elle a été reconnue pour la première fois en 1630. On ne garde que les grains les plus nobles (notamment des fürmints, qui s’y prêtent le mieux), atteints par le botrytis et appelés « aszu », mot qui signifie « desséché » ; concentrés et rabougris, ils ressemblent alors à des raisins secs.
Il existe aussi deux autres types de vendanges : des raisins sans botrytis, qui serviront à produire des vins blancs secs, et des raisins avec du botrytis, mais moins concentrés que les aszus, qui entreront dans des vins de type vendanges tardives ou szamorodni (récoltés début novembre).
Les aszus, ou raisins sûrmuris, sont récoltés grain par grain. Selon les millésimes, ils peuvent être botrytisés ou passerillés. Il faut alors 150 à 200 vendangeurs pour les ramasser. Un vendangeur récolte en moyenne entre 6 à 10 kilos de grains nobles par jour… Ces grains si secs qu’ils ne peuvent pas être pressés sont incorporés aux moûts de l’année. Historiquement, on ajoutait une ou plusieurs hottes (puttonyos) de ces raisins. C’est ainsi qu’est née la classification entre 3 à 6 puttonyos, qui correspond à un degré de sucrosité croissant : plus de 60g/l de sucre pour le 3 puttonyos, plus de 90 g/l pour le 4 puttonyos, plus de 120 g/l pour le 5 puttonyos et enfin plus de 150 g/l pour le 6 puttonyos. Quant à l’eszencia, à la consistance sirupeuse, et titrant 1% d’alcool, on ne peut pas le classer dans la catégorie du vin.
Le domaine de Disznoko produit environ un tiers de chaque vin (sec, szamorodni et aszu), pour un volume total variable, entre 200 000 et 300 000 bouteilles par an. Tout dépend du millésime, les 2009 et 2010 par exemple ayant donné de tout petits volumes, contrairement au 2008. Enfin, sachez que les vins sont élevés en fûts, dans du bois hongrois, mais aussi des barriques de Château Suduiraut !
La verticale
La dégustation proposée par Laszlo nous a propulsés dans le monde des grands vins, indéniablement. Avec des profils variés et des intensités différentes, résultant de millésimes plus ou moins riches, ces Tokajis Aszu de Disnoko étaient simplement fabuleux. Nous sommes remontés jusqu’au millésime 1993 (ou plutôt descendus) sur des catégories de 5 et 6 puttonyos. Je vais évoquer ici les six qui m’ont le plus séduite, mais on pourrait disserter des heures durant sur tous les vins du domaine, tous de belle facture. J’attends vos questions et commentaires
.
- 2006 Tokaji Aszu 5 puttonyos : grand vin, noble et racé, au nez de sous-bois et de cire. Grande liqueur, portée par une acidité tranchante. Tension, vivacité, tout n’est pas encore en place car ce vin porte encore le fruit de sa jeunesse (il n’est pas encore commercialisé). Amertume sur la finale, retour superbe. J’ai beaucoup apprécié ce vin énergique.
- 2003 Tokaji Aszu 5 puttonyos : millésime également chaud mais moins qu’en France, ce 2003 cultive un air débonnaire, avec une bouche musclée, tout en rondeur, sur la pâte de fruits, l’abricot confit. Sensuel, fin et équilibré, ce n’est pas
le plus fin de la série mais il est doté d’un charme indéniable et surtout prêt à boire.
- 2002 Tokaji Aszu 5 puttonyos : miam miam. Celui-là je l’adore et tant pis pour le blasphème. Le nez fumé, de vanille, ouvre sur une bouche grasse et onctueuse, avec un accent d’orange amère. Très fin, avec aussi des notes de miel d’acacia et d’agrumes confits, il allie complexité et élégance.
- 2000 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est le millésime qui a le moins d’extrait sec, et un peu moins d’acidité. Grande structure, large, côté confit et crémeux très savoureux. Notes de raisin de Corinthe. Vin sphérique, tout en douceur et délicatesse, un peu moins tendu et frais que les précédents.
- 1999 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est LE grand millésime des années 90. A se damner. Couleur superbe d’intensité, de paille brune. Nez de camphre, très riche, confit, sur les fruits secs. Bouche de même acabit, splendide de complexité et de saveurs mêlées, avec une liqueur parfaite. Grande race, acidité au poil. Finale énorme, forcément.
- 1995 Tokaji Aszu 6 puttonyos : on entre là dans le dur, avec des vins qui ont pris de l’âge sans pour autant être évolués. Le nez reste frais, ouvert, sur l’abricot sec. Bouche large onctueuse, de grande tension, rappelant l’amande.
Ce n’est là qu’un tour de piste bien sûr. Le reste de la gamme est de même rigueur et réussite. Enfin pour terminer, petit tour d’horizon des mille et une façons de déguster ces vins d’or : poulet rôti avec une peau croustillante, simple et imparable, cuisines exotiques, épicées ou légèrement sucrées-salées. En dessert, pourquoi pas, sur l’acidité d’une tarte au citron.
Reportage de Véronique Raisin.
NB : certaines voyelles portent un accent aigu, que j’ai paresseusement subtilisé, mon clavier se prêtant difficilement au bilinguisme.
Tokay, pinot gris, quelle différence ?
Encore appelé il y a peu « tokay pinot gris », le cépage pinot gris est aussi présent dans sa Bourgogne originelle sous le nom de Beurrot. Depuis le 1er avril 2007, la mention tokay est redevenue l’apanage exclusif des vins liquoreux produits en Hongrie.
L’épilogue de 80 années de tractations entre les deux pays, puisqu’un premier accord bipartite datant de 1926 prévoyait l’abandon par la Hongrie de la dénomination « cognac » en échange d’une disparition du terme tokay sur les étiquettes de vins français. Cet accord n’avait jamais été appliqué, mais l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne, en 2004, avait été l’occasion de rouvrir le débat.
A lire également :
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Retrouvez aussi un reportage video sur le domaine Disznoko, réalisé par Obiwine.
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Quels accords avec le foie gras ?
décembre 21st, 2011 by Veronique Raisin
D’accord c’est vu et revu. Cela dit, le foie gras, c’est quand même la fête, et à moins d’être un sacré snob ou de vivre dans une ferme du Gers, s’en lasser me paraît difficile. Voici quelques idées d’accords pour vous changer les idées.
En gelée, en terrine, en pâté, en brioche, poêlé, épicé, le foie gras ouvre le repas avec brio. Les vins blancs sont les plus à l’aise, surtout sur un palais neuf, et pas uniquement les vins liquoreux. Grands classiques, servis jeunes, les sauternes ou jurançons, voire gewurztraminer VT se glissent à merveille sur un foie gras en terrine. Les plus frais, à l’acidité la plus prononcée, s’en tireront le mieux car le sucre encombre la bouche ; nul besoin donc de chercher la surenchère dans le sucre résiduel.
A l’opposé, un blanc sec fera un bon point d’ancrage pour le début du repas. Meursault, graves charnu, pinot gris sont de délicieuses alternatives.
Un champagne vineux, à dominante de pinot noir, un millésimé de quelques années pour rivaliser avec le gras du foie en terrine.
Entre les deux, un pacherenc-du-vic-bilh à l’amertume prononcée, un vouvray ou montlouis demis secs feront merveille sur un foie gras en chausson ou cru.
Les rouges sont aussi envisageables mais dans un autre registre. Un médoc, un pauillac un peu évolué, s’accorde bien avec un foie légèrement épicé, un saint-émilion ira plutôt avec un foie gras truffé. Plus au sud, les madirans et cahors, voire ermitage ou châteauneufs feront l’accord sur un foie gras poêlé à condition d’avoir quelques années de bouteille et des tanins raffinés. Ils feront alors la transition avec le plat de viande ad hoc.
Autre possibilité avec une escalope de foie gras de canard, un vin à la rondeur généreuse. Evitez les liquoreux trop opulents, les vins au caractère boisé trop démonstratif, les rouges trop tanniques. Un rouge aux tanins enveloppés, de cinq ou six ans au moins, qu’il soit de Bordeaux, du Rhône (Côte-Rôtie, Crozes ou Hermitage), du Sud-Ouest. La Bourgogne est aussi une piste à ne pas négliger : volnay, ladoix, beaune, santenay de trois ou quatre ans voire davantage.
En blanc le condrieu est une alliance raffinée, de même qu’un blanc de Loire moelleux, relevé d’une belle fraîcheur (anjou, vouvray, montois, coteau de l’Aubance…).
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Sauternes : le Clos Dady racheté par un investisseur russe
novembre 25th, 2011 by Rédaction iDealwine
Le Clos Dady, une belle propriété du Sauternais, vient d’être racheté par un investisseur russe pour 1,5 million d’euros. C’est le troisième château bordelais acquis par des Russes.
Le Clos Dady est une propriété de 9 hectares de vignes, 6 hectares en AOC Sauternes (sauvignon, sémillon et muscadelle) situé au cœur du Sauternais, à Preignac exactement, et 3 ha situés en AOC Graves vendus sous le nom de Château des Remparts.
Ilkham Ragimov, 53 ans, grand amateur de vin et physicien de formation, a déboursé 1,5 millions d’euros pour acheter la propriété de Catherine et Christophe Gachet. L’histoire est un peu triste lorsque l’on connaît l’engouement qui avait poussé le couple à acheter le Clos Dady en 1999. Catherine, après un diplôme à l’EFAP à Paris, renonce à une carrière d’attaché de presse et, guidée par sa passion du vin et ses origines girondines (son grand-père était le fermier-vigneron de François Mauriac), elle décide d’acheter le domaine. Christophe, chirurgien-dentiste, la suit en abandonnant son cabinet…
D’après le site britannique Decanter.com, la vinification devrait être, du moins dans un premier temps, supervisée par Jérôme Cosson et Audrey Fargues, respectivement responsable de la production et maître de chai du Château d’Arche, cru classé de Sauternes. Ilkham Ragimov entend mettre l’accent sur la qualité et augmenter l’activité à l’export.
Cette dernière acquisition porte à trois le nombre de propriétés viticoles en Gironde détenues par des Russes. Au Clos Dady s’ajoute en effet le Château Livran (Médoc), acquis en 2008 par Alexey Shkrapkin et le Château La Favière ( Saint-Seurin-sur-l’Isle) acheté en mai dernier par Stanislay et Natalia Zingerenko.
Source : Decanter.com
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Vente en salle : quelques mythiques 1945 et 1947
novembre 15th, 2011 by Rédaction iDealwine
Une nouvelle vente de grande qualité se déroulera en salle le 18 novembre à Paris. Le clou de cette vacation sera sans aucun doute la mise aux enchères de plusieurs millésimes 1945 et 1947, deux années mythiques pour le vignoble français…
Cette vente propose de grandes références dans plusieurs régions. De nombreux millésimes sont proposés, dont certains illustres et rares, parfois même légendaires comme plusieurs bouteilles de 1945 et 1947 ! Les flacons produits dans ces années sont en effet pratiquement introuvables aujourd’hui.
Les cinq premiers crus classés du Médoc et des Graves répondent présents : château Lafite Rothschild 1945, château Mouton Rothschild 1941, 1979, 1986, 1989, 1990 et 2008, château Margaux 1945 (en magnum), 1978, 1985, 1986, 1998, 2001, 2004, 2006 et 2008, 2008 château Latour 1982, 2001 et 2008 et pour finir château Haut-Brion 1945,1983, 1985, 2001, 2004.
Nous notons par ailleurs deux flacons magnifiques du millésime 1947 (année d’exception à Bordeaux) : château Pape Clément 1947 (cru classé de Graves) et le mythique château d’Yquem 1947 (Sauternes). A noter également les autres millésimes d’Yquem : le très recherché 1921, 1942, 1986, 1989 et 1993 .
Rive droite à présent, nous retrouvons les châteaux Cheval Blanc 1995, 2001 et 2008 et le château Ausone 2001 à Saint-Emilion et, à Pomerol, l’immense Petrus bien sûr dans quelques millésimes parfois rares : 1945, 1955, 1992, 2001, 2005 et 2008.
La Bourgogne n’est pas en reste est nous propose des flacons également exceptionnels, en particulier ceux issus du domaine de la Romanée Conti, qui aligne quatre références : Romanée Conti GC 1956, Richebourg GC 1956, La Tâche GC 1956 et Grands-Echezeaux GC 1956. Le domaine Faivelay est bien loti lui aussi avec des musignys GC 1990, 1991 et 1996.
Côté chardonnay, nous relevons les meursaults 1er Cru les Perrières1988, 1989, 1995, 1996 et 2000 ainsi que le meursault 1er cru les Rougeots 1996 et le corton-charlemagne GC 2000 du domaine Coche-Dury.
Peu de lots en Vallée du Rhône mais là encore ils sont extrêmement qualitatifs comme le châteauneuf-du-pape 1995 du château Rayas et les hermitages La Chapelle de Jaboulet présentés dans les millésimes 1978, 1990 et 2004.
Un choix assez réduit en Champagne mais deux très belles cuvées malgré tout : Grande Année 2000 (Bollinger) et Dom Pérignon 1952, 1982, 1983 et 2000 (Moët et Chandon).
Enfin, concluons avec une belle référence étrangère : Oakville Opus One 2005, une star de la Napa Valley.
Vente en salle : de superbes flacons, quelques millésimes rares
octobre 31st, 2011 by Rédaction iDealwine
Les fêtes de fin d’année arrivent à grands pas et c’est le moment d’acheter de beaux flacons ! Cette vente en propose de nombreux, pour l’essentiel de grands bordeaux et quelques beaux lots de champagnes millésimés.
On trouve tout d’abord dans cette vente des lots de premier choix à Bordeaux avec, notamment, des millésimes anciens : château Lafite Rothschild 1999 et 2008 ; château Mouton Rothschild 1959, 1966, 1973,1983, 1987, 1990 ; château Margaux 1953,1966, 1982, 1989, 1995 ; château Haut-Brion 1947, 1982, 1999.
Sur la rive gauche toujours, citons le château Mission Haut-Brion 1975, grand cru classé de Graves et le mythique château d’Yquem en Sauternes : 1976, 1981, 1983, 1984, 1989.
Traversons la Dordogne pour retrouver les merlots de Pomerol et de Saint-Emilion : Petrus 1984, 1987, 1988, 1989, 1999 à Pomerol et, à Saint-Emilion, les châteaux Ausone 1959, Cheval Blanc 1992 et Angélus 1976.
Peu de lots en Bourgogne mais de belle qualité : Romanée Conti 1992 et Richebourg 1982 du domaine de la Romanée Conti. Notons également un Corton Les Vergennes GC du domaine Leroy et un Echezeaux du domaine Emmanuel Rouget, parent d’Henri Jayer.
Le choix est encore plus restreint en Vallée du Rhône, mais remarquons néanmoins les côtes-rôties de la maison Guigal : La Landonne 2001 et La Turque 1999.
En revanche en Champagne la sélection s’élargit : Krug Clos d’Ambonnay 1995 ; Dom Pérignon 1995 et 1998 (Moët et Chandon), Dom Ruinart 1993 (Ruinart) ou encore la Cuvée S 1995 de Salon.
Enfin, deux grandes références étrangères figurent au catalogue : Oakville Opus One 1987, une cuvée née de l’association du Baron Philippe de Rothschild avec Robert Mondavi en Napa Valley (USA) et Vega Sicilia Unico Locando y Chaves 1976 en Ribera del Duero (Espagne).
A vos enchères !
L’appellation Quarts-de-Chaume classée Grand Cru de Loire
octobre 20th, 2011 by Rédaction iDealwine
Pour la première fois dans leur histoire les vins de la Loire viennent de se voir attribuer un statut de Grand Cru pour l’appellation Quarts-de-Chaume. Une consécration et une exigence d’excellence.
Situé sur la commune de Rochefort-sur-Loire dans le Maine-et-Loire l’appellation Quarts-de-Chaume s’étend sur 43 ha de vignes qui produisent le vin le plus prestigieux d’Anjou. Le Quarts-de-Chaume est un vin liquoreux issu exclusivement de chenin blanc, élaboré à l’aide de raisins botrytisés (attaqués par la célèbre “pourriture noble”, comme à Sauternes) et récoltés en surmaturité.
AOC depuis 1936, cette appellation vient de se voir accorder le statut de Grand Cru par le comité national de l’Inao, le 28 septembre dernier.
Grâce à cette promotion, Quarts-de-Chaume devrait pouvoir accroître sa notoriété. « La mention Grand Cru va situer Quarts-de-Chaume dans les grandes bouteilles de France » commentait Claude Papin, Président du syndicat de l’appellation.
A noter également que l’AOC Coteaux-du-Layon Chaume, (appellation limitrophe de Quarts-de-Chaume) a obtenu quant à elle la mention 1er Cru. Il faudra dire dorénavant : Coteaux-du-Layon 1er Cru Chaume.
Remarquons à ce sujet que le débat était historiquement houleux entre les deux appellations. Les producteurs de Quarts-de-Chaume ont toujours jalousement protégé le prestige et l’individualité de leur appellation. En effet, par deux fois, les viticulteurs de Quarts-de-Chaume s’étaient opposés à deux décrets de 2003 et 2007, instituant l’AOC Chaume comme premier cru des Coteaux-du-Layon, au motif de voir leur notoriété amoindrie par la promotion en premier cru de leurs voisins. Ces deux décrets ont annulés par le Conseil d’Etat en 2005 et 2009.
L’INAO en créant une « hiérarchie dans le prestige » a certainement apaisé les tensions existantes entre les deux appellations Cette décision permet « d’assurer une stabilité dans le vignoble en dégageant la particularité de chaque AOC » précise Jean Louis Buer, le directeur de l’INAO.
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Petit Guiraud, second vin du Château Guiraud
août 10th, 2011 by Rédaction iDealwine
Vous connaissez bien sûr le château Guiraud, placé au rang de premier cru en 1855 lors du classement des vins de l’appellation Sauternes ? Le second vin, jusqu’alors appelé « Le Dauphin de Guiraud » se nomme à présent Petit Guiraud.
Un coup d’œil à la bouteille le confirme : sur l’étiquette noire et dorée, les codes de château Guiraud sont respectés. Quelques touches florales ont été ajoutées, pour souligner le caractère féminin de ce second vin du château, doux et harmonieux.
Xavier Planty, copropriétaire et œnologue depuis 1982 du château Guiraud, a élaboré ce petit nectar dont il vante la modernité, la finesse et la minéralité. Composé à 65% de sémillon et 35% de sauvignon, ce vin se caractérise à la dégustation par une grande fraîcheur. Le Petit Guiraud 2005 est disponible à la vente.
Rappel sur le Château Guiraud :
Château Guiraud est le domaine le plus étendu du Sauternais. Ses terres composées de graves sableuses et argileuses nécessitent un drainage régulier. Les soins apportés à la vigne tout au long de l’année sont menés dans le respect des traditions et de l’environnement. Afin de récolter des raisins parfaitement mûrs et botrytisés, les vendanges menées au château Guiraud ne laissent la place à aucune approximation et débouchent sur une sélection drastique. Les rendements sont généralement inférieurs à la norme de 25hl/ha, atteignant même les 12hl/ha afin de produire un grand vin de qualité.
L’arrivée en 2006 de quatre nouveaux propriétaires, Robert Peugeot, et trois vignerons, Olivier Bernard, Stephan Von Neipperg et Xavier Planty, marque une nouvelle ère pour ce premier cru classé de Sauternes, qui place désormais au premier plan le choix de pratiques environnementales respectueuses.
Château Guiraud commercialise également un second vin, le Dauphin de Château Guiraud, désormais rebaptisé Petit Guiraud (appellation Sauternes) ainsi qu’un vin blanc sec, baptisé « G » de Château Guiraud (appellation Bordeaux).
| Château Guiraud – Sauternes | |
| Millésime | Cotation iDealwine Août 2011 |
| 1982 | 29 € |
| 1986 | 52 € |
| 1990 | 47 € |
| 1995 | 30 € |
| 2000 | 41 € |
| 2007 | 44 € |
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