Vendanges à Tahiti : Vin de Pays Tropical !
février 6th, 2012 by Rédaction iDealwine
Quelques nouvelles des îles lointaines pour oublier le froid polaire qui sévit sur la France métropolitaine… Tahiti est nettement plus connue pour ses vahinés que pour sa production de vin. Et pourtant ce petit morceau de terre perdu au milieu du Pacifique connaît même deux vendanges par an ! Petite visite guidée…
Le vin de Tahiti est produit en plein cœur du Pacifique sud dans l’archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Le vignoble est situé à Rangiroa (considéré comme l’un des plus grands atolls du monde) et on y accède par une route de corail bordée de cocotiers qui mène au domaine Ampélidacées où la vigne pousse à cent mètres à peine du lagon et à moins de quatre cents mètres de l’océan.
C’est dans les années 1990 que Dominique Auroy, un homme d’affaires installé en Polynésie Française depuis plus de quarante ans, s’est lancé le défi d’élaborer du vin sous ces latitudes et d’augmenter la qualité de la production au fil des années. L’aménagement d’un vignoble à cet endroit a demandé de longues années de recherches car c’était la première fois qu’une production de vin d’une telle ampleur était entreprise localement, de surcroît sur un atoll !
Les premiers cépages ont été importés en 1992 et subi les tests d’acclimatation dans les principaux archipels. Le vignoble de Ranguiroa est le résultat d’un long travail acharné qui a nécessité beaucoup de patience et d’humilité. L’équipe technique est actuellement dirigée par Sébastien Thépenier, œnologue qui poursuit le travail de ses prédécesseurs depuis 2002.
Aujourd’hui le domaine compte 8 hectares de vignes et produit 40 000 bouteilles par an. Parmi les quatre cuvées proposées, deux blancs secs qui ont l’originalité d’être vinifiés à partir du cépage carignan… rouge ! Les deux autres cuvées du domaine sont un rosé (base de carignan) et un blanc moelleux (muscat de Hambourg et italia) .
Enfin, remarquons qu’à Tahiti il y a deux vendanges par an. L’une s’est terminée fin septembre dernier et l’autre débutera fin février, dans quelques jours !
Nous leur souhaitons bon courage pour la vendange à venir…
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Millésime : le point sur les vendanges 2011
octobre 25th, 2011 by Veronique Raisin
Hétérogène, compliquée, en demi-teinte : 2011 ne va pas se la couler douce dans les chais. Il a fallu trier, bâtonner, remuer et bien piger (comment cela se passerait !). Région par région, les premières impressions du millésime se dessinent.
Jean-qui-rit et Jean-qui-pleure
Le Bordelais, la Bourgogne accusent de fortes disparités selon les terroirs d’abord, les cépages ensuite. On ne va pas ici vous ressortir la vieille rengaine du « ce sera un millésime de vigneron« , mais quand même un petit peu car cette année plus que jamais, il va falloir travailler du chapeau et piger (avec la tête). En somme, tourner le dos au « laissez-faire, laissez-fermenter » et mettre le paquet sur le contrôle et les élevages.
Stéphane Toutoundji, oenologue-conseil sur Bordeaux, confirme. « C’est l’hétérogénéité totale ! Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a rien d’intéressant, bien au contraire. Il y aura de très beaux vins. Je suis d’ailleurs assez surpris de certains résultats, notamment sur les terroirs limoneux et graveleux de la rive droite, qui s’en sortent plutôt bien. » Celui qui suit de près les châteaux Laulerie, Latour-Laguens, Richelieu et Tournefeuille insiste sur l’importance du tri qu’il a fallu pratiquer. Mais aussi sur les pratiques culturales au moment des chaleurs du printemps : « Il ne fallait pas trop effeuiller à ce moment-là, ni faire une vendange verte trop précoce« . Quant aux vendanges, les premiers coups de sécateurs de la fin août n’étaient sans doute pas les plus avisés. Récoltés autour des 20/30 septembre, les merlots et les cabernets francs de la rive droite s’en tirent avec les honneurs, mieux que le Médoc, contraint de vendanger plus tôt.
Selon le consultant, la rive droite prend l’avantage sur sa voisine, avec des vins friands, pas trop tanniques, plaisants, qui rappellent par leur acidité de très bons 2004 ou des 2008, toutefois un cran au-dessous. Stéphane Toutoundji conseille des extractions douces, des températures de fermentation assez basses afin de conserver le fruit.
Quant aux vins liquoreux, les grains botrytisés donneront d’excellents crus ; là encore les différences de terroir ont joué.
Des vendanges exténuantes
« Tout était bien parti, on pensait même à une année précoce comme 2003. Et puis la pluie de juillet est venue gâter la vendange« . Kyriakos Kynigopoulos, qui conseille des domaines prestigieux de Marsannay à Santenay (Trapet, la Pousse d’Or, Mortet, Rousseau, Roumier…) parle lui aussi de contrastes forts. « En définitive, ceux qui ont démarré les vendanges le plus tôt, vers la fin août, ont été perdants ; la bonne fenêtre de tir, selon moi, était à partir du 1er septembre. Avec ce millésime hétérogène, les vins rouges en ont plus pâti que les blancs. Les maturités sont moins élevées que les années précédentes, de l’ordre de 12,8%-13% : il va falloir chaptaliser. D’une façon générale, on peut dire aussi que la Côte-de-Nuits s’en tire mieux que le sud de la Bourgogne. [n'oublions pas la grêle qui a touché Rully et Mercurey en mai dernier, ndlr]. Les blancs ont de bonnes acidités, avec des structures tendues, qui rappellent les 2007, mais avec plus de matière. L’élevage va être déterminant : il faudra être patient, revenir au bâtonnage, élever les vins sur lies. Quant aux vins proprement dits, déjà il y en aura moins que d’habitude, étant donné le tri important (certains domaines ont laissé 10% à 20% des raisins sur la table de tri, parfois autant dans les vignes) et ces vins ne seront pas forcément des vins de garde ». Kyriakos conclut : « Je n’ai jamais autant été fatigué que par ces vinifications ! »
Observation et nerfs d’acier
La Loire est en demi-teinte : qualité, fraîcheur aromatique mais petits rendements et donc faibles volumes. Se confiant à l’un de nos confères de la Nouvelle République, Jacky Blot résume bienl’esprit de ce 2011, avec « une récolte totalement inespérée, qui va au-delà de nos espoirs les plus fous au regard des précipitations de début septembre. Ce sera une grande année pour les vins blancs secs. En rouge, c’est un millésime assez hétérogène avec de l’excellent et du moins bon pour ceux qui ont vendangé trop tôt. » En résumé, des vins plus ligériens, avec davantage de tendresse que de démonstration.
Les vignerons de la Vallée du Rhône sont satisfaits, avec une récolte prometteuse et abondante, qui rappelle les excellents 2000 et 2009. Le Nord est marqué par des vins élégants, fins et généreux, comme à Côte-Rôtie, avec de belles intensités colorantes comme à Cornas ou Saint-Joseph. Le Sud brille notamment par ses syrahs et ses grenaches.
En Alsace, les vendanges 2011 ont été marquées par des températures chaudes et un bon ensoleillement, notamment dans le Haut-Rhin, comme témoigne le Domaine Ernest Burn sur son blog. Les raisins ont tous été rentrés avec une très bonne maturité, dans un bon état sanitaire. Un peu plus au nord cependant, quelques épisodes de grêle ont compliqué la donne. Là encore, le tri le tri le tri !
Dans les autres régions viticoles, le Beaujolais offre des vins riches, puissants, grâce à une récolte parfaitement mûre et saine.
Le Roussillon explose de joie : un millésime exceptionnel est annoncé, et abondant. Merci la tramontane. Les stratèges du Languedoc auront su déjouer les pièges de la météo ; le mois de septembre, très bien ensoleillé, a permis une bonne maturation des baies, et les syrahs sont paraît-il assez prodigieuses. Fruit, finales fraîches, finesse sont annoncés. En Provence, le moral est aussi au beau fixe, avec des volumes en légère augmentation et une qualité globale très satisfaisante. Il y a aura donc de bons vins rosés pour cet été, et l’on ne devrait pas mourir de soif. N’est-ce pas là l’essentiel ?
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Saint-Préfert : une nouvelle étoile à Châteauneuf-du-Pape
octobre 20th, 2011 by Rédaction iDealwine
Châteauneuf, c’est bien sûr des institutions comme Rayas, Beaucastel ou le Clos des Papes. Mais c’est aussi une appellation qui bouge et se renouvelle. La récente reprise du domaine Saint-Préfert par Isabel Ferrando en est un bon exemple.
L’histoire de Saint-Préfert débute avec la famille Serre lorsqu’en 1920, un formidable connaisseur en vins, Fernand Serre, pharmacien en Avignon, découvre qu’un quartier de Châteauneuf porte son nom : le quartier des Serres. Amateur de grands vins et fin apothicaire, il acquiert près de 80 hectares dans ce quartier du versant sud du village. Son désir secret : devenir vigneron. Il bâtit une cave et une maison au centre des vignes et apprend vite les méthodes de vinification. Le Domaine de Saint-Préfert est né. Excellent vigneron, Fernand Serre fut l’un des précurseurs dans les événements qui ont construit la renommée de l’appellation Châteauneuf-du-Pape. Saint-Préfert fut l’un des premiers domaines de Châteauneuf à commercialiser son vin en bouteilles dès 1930 et à conquérir des marchés lointains.
Si l’histoire de Saint-Préfert commence avec celle de Fernand Serre, la légende naît en 2002 avec Isabel Ferrando, une banquière native de la région, reconvertie dans le métier de vigneronne. A cette date, elle rachète les 13 hectares restant de la propriété d’origine et retrousse ses manches. On connaît la suite, un véritable succès car depuis son premier millésime en 2003, ses vins ne cessent de voir leur cote monter. En 2004, elle acquiert 2 hectares supplémentaires à son nom, sur des terroirs plus sableux, au Domaine Colombis. Et il y a deux ans, une parcelle de 1,5 ha, « Cristia » vient compléter les deux domaines.
Méditerranéenne de cœur et de sang, Isabel veille à la tradition en s’entourant des meilleures techniques de vinification, afin de perpétuer le savoir-faire et la réputation des origines du domaine, tout en l’ancrant dans la modernité. Elle est ainsi conseillée par l’incontournable œnologue Philippe Cambie, une grande figure du Rhône Sud. Le terroir de Saint Préfert s’étend sur la rive gauche du Rhône, entre Orange et Avignon, autour d’une bâtisse des années trente et de sa cave. Ses 13 hectares sont très caractéristiques de l’appellation, constitués de galets roulés et de graviers filtrants. En été, le soleil inonde généreusement ce sol qui restitue sa chaleur tout au long de la nuit ; cette alternance thermique qui s’opère au pied des vignes explique la profondeur des vins. Par ailleurs le mistral, au sommet de sa course à ce point de la Vallée du Rhône, sèche et assainit la vigne. C’est grâce à ce microclimat et la faible pluviométrie que les vins sont ici à leur optimum, mais pas uniquement. Le terroir, exceptionnel, a aussi son rôle à jouer. Les vieilles vignes du domaine (âgées de 60 ans en moyenne) produisent en très faibles quantités : le rendement moyen est de 20 hl/ha et le jus des raisins très concentré. Ainsi, les baies de grenache, de syrah, de mourvèdre et de cinsault sont denses et gorgées de sucres ; elles sont récoltées à la main et triées méticuleusement. Les vins du domaine expriment cette volupté, cette sucrosité épicée. Par ailleurs, dans le respect d’un environnement sain, le domaine de Saint-Préfert préserve la vigne en favorisant le développement des “défenses naturelles” du vignoble. Les raisins sont vinifiés en cuves de béton et macèrent de longues semaines afin que chaque cépage révèle ses propres arômes. Puis les vins sont élevés 18 mois en fûts de chêne et en demi-muids en cave naturelle creusée sous la maison. Ainsi naissent les quatre grandes réserves de Saint-Préfert.
Le domaine Saint-Préfert : ce qu’en dit la presse
Le Guide RVF des Meilleurs Vins de France 2012
1 sur 3
Le domaine Saint-Préfert est situé dans le bas du village de Châteauneuf-du-Pape, dans le quartier dit des Petites Serres. Un terroir peu prisé de l’appellation, mais qu’Isabel Ferrando, ancienne banquière secondée par son époux, a su valoriser par un travail attentif, soigné et qualitatif dans les vignes. Elle y produit un vin moderne, d’une grande régularité, séduisant, immédiat, extrêmement soyeux et raffiné, auquel il manque un rien de fermeté. A partir de 2009, une belle parcelle sur le secteur de Cristia devrait apporter un peu plus de structure sur les prochains millésimes, partiellement vinifiés en grappes entières dans son nouveau chai.
Le Guide Bettane Dessauve des Grands Vins de France 2012
3 sur 5
En quelques années, Isabel Ferrando a amené à un niveau remarquable ce domaine historique de l’appellation, situé au sud du secteur, dans le quartier des Serres. Deux cuvées de vieilles vignes existent, Charles-Giraud et Auguste-Favier, tandis qu’une autre parcelle produit un vin proposé sous le nom de Domaine Isabel Ferrando.
Robert Parker
One of the up and coming superstar estates in Chateauneuf du Pape is that of Isabel Ferrando’s Domaine Saint-Prefert. Her 2007s are future legends, with one perfect wine (the Collection Charles Giraud), and two nearly perfect efforts (the Reserve Auguste Favier and the 100% Grenache cuvee sold under the Isabel Ferrando label, the Chateauneuf du Pape Colombis).
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Domaine de Saint-Préfert Châteauneuf-du-Pape “Réserve Auguste Favier” 2009 – Rouge | |||
| 16/20 Bettane & Desseauve
16,5/20 RVF 92-94/100 IWC Stephen Tanzer 91-93/100 Robert Parker |
prix propriété
30.00€ TTC Le magnum – 150cl |
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| Une très belle bouteille alliant merveilleusement puissance et élégance. Un vin de gibier à plumes ou de champignons | ||||

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Domaine de Saint-Préfert
Châteauneuf-du-Pape 2008 – Rouge |
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| 90/100 Wine Spectator
89/100 IWC Stephen Tanzer 88/100 Robert Parker 16/20 Jancis Robinson 14,5/20 Bettane & Desseauve |
prix propriété
38.00€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Une jolie matière fine et élégante, presque bourguignonne. Idéal pour toutes les viandes blanches ou une volaille rôtie | ||||

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Domaine de Saint-Préfert Châteauneuf-du-Pape “Collection Charles Giraud” 2009 – Rouge | |||
| 18/20 RVF
17/20 Bettane & Desseauve 93-95/100 IWC Stephen Tanzer 92-94/100 Robert Parker |
prix propriété
48.00€ TTC La bouteille – 75cl |
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| Un vin riche, large, voluptueux, déjà délicieux. A marier avec des viandes en sauce, des volailles goûteuses, des plats aux cèpes | ||||
Primeurs 2010 à Bordeaux : premières impressions du millésime
avril 8th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
9 heures 19, gare Saint-Jean, temps de rêve sur Bordeaux : la dégustation des primeurs 2010 s’annonce sous les meilleurs auspices. Rive droite, rive gauche, récit d’une journée marathon.
Chaque année c’est la même histoire. On se lève en pleine nuit, on saute dans le train en espérant y reprendre le cours d’un sommeil brutalement interrompu, on se demande, l’estomac au bord des lèvres, comment on va survivre à un programme consistant à déguster, dès 10 heures du matin, une bonne soixantaine de crus, on jure que l’on ne nous y reprendra pas… Et, peu à peu, le train avance, le jour se lève, le paysage change, les vignes apparaissent, rang par rang, et la magie opère. A nous Bordeaux !
Cette année, nous commencerons par la rive droite. Cap sur Pomerol donc, sous un soleil éclatant. Le château La Pointe, fraîchement ravalé, accueille cette année la dégustation de l’Union des Grands Crus. Sacrée machine de guerre que cette Union, qui orchestre avec une minutie exceptionnelle et un professionnalisme irréprochable la grand messe des primeurs. L’UGC attend en effet cette semaine plus de 5000 dégustateurs !
Nous allons donc déguster une dizaine de vins (pas Petrus, non, jamais de Petrus au milieu des autres vins). Est-ce que ce sont les échantillons ? Ou le début de la journée ? Certains vins nous inspireront moins qu’en 2009, ils s’étaient alors montrés tellement flatteurs ! Ils portent en effet cette année les caractéristiques d’un millésime aux matières denses et serrées, plus taillé pour la garde encore. Gros coup de cœur pour La Conseillante, un cru qui nous émerveille à chaque fois, et qui cette année encore, exprime déjà au plus haut niveau toute la complexité de son terroir dans un ensemble à la fois puissant et velouté. On aime aussi la vigueur et la droiture de Clinet, l’équilibre de La Pointe, la longueur de Petit Village, la souplesse et le nez gourmand de La Cabanne.
En route pour Saint-Emilion, ensuite. Chevaux, sanglier, un ballet de sculptures animalières en bronze accueille les visiteurs dans la cour du château La Couspaude. Beaucoup de monde, déjà, dans la salle de dégustation. Les saint-émilions sont plus homogènes, la qualité est impressionnante (la puissance et le degré d’alcool aussi !). Les dégustateurs se pressent autour des tables, nous tombons sous le charme de Clos Fourtet, vif, droit, aux tanins élégants. La texture est magnifique et l’ensemble dégage une belle énergie. On en redemanderait ! Coup de cœur aussi pour Canon La Gaffelière et Beauséjour Bécot, mais aussi et surtout pour Troplong Mondot et Pavie Macquin. Figeac s’affiche en comparaison plus austère à ce stade, mais quelle structure et quelle complexité dans le verre. Le nez aux reflets anisés de La Gaffelière nous intrigue. Ce qui suit est heureusement tout en élégance. Balestard La Tonnelle se déguste particulièrement bien en dépit d’une petite pointe de verdeur en toute fin de bouche. Larcis-Ducasse, velouté et gourmand, se distingue aussi par son bel équilibre. Dassault et La Couspaude pourraient se révéler de beaux rapports qualité-prix. Diable, que de réussites à Saint-Emilion cette année ! L’excitation est palpable dans la salle de dégustation. Et la tension monte encore d’un cran lorsque Michel Rolland y fait son entrée. On lui fait de la place, on lui sourit et, du côté des producteurs, on avoue être honoré de lui faire goûter les vins (dixit la jeune femme rougissante qui remplit son verre). Mais la suite du marathon nous attend. Nous quittons à regret la salle de dégustation.
Retour sur la rive gauche, en route vers le Médoc maintenant. Au château Lascombes, les asiatiques sont plus nombreux que dans le Libournais. Ils étaient attendus en masse cette année. Mais aujourd’hui, nous entendons surtout raisonner l’accent anglais, et aussi, beaucoup plus que l’année dernière, américain. Le déjeuner sera léger, léger. Ceux qui nous
ont précédés ont déjà « nettoyé » le buffet. Tant mieux dans un sens, nos papilles seront loin d’être saturées lorsqu’il s’agira de déguster Château Margaux.
Le premier cru a, pour l’occasion, ouvert ses grilles. Un groupe d’asiatiques se fait photographier au pied des marches. Poliment, et aussi parce que nous ne voudrions pas laisser passer l’heure du rendez-vous, nous restons au bout de l’allée. L’accueil est parfaitement orchestré. Les groupes sont nombreux, et la dégustation organisée dans plusieurs points du domaine. Pour nous, ce sera la cuverie. Pourquoi pas, au fond ! Thibault Pontallier nous accueille. En digne héritier de son père*, il fait lui aussi preuve d’un bel enthousiasme et d’une verve tout aussi intarissable. Le livret qui nous est remis l’annonce en préambule : « C’est à peine croyable, mais pourtant confirmé : 2010 est au moins un aussi grand millésime que 2009 ! ». Nous dégustons d’abord Pavillon Rouge, qui a fait lui aussi, et cette encore, l’objet d’une sélection sévère. Thibault Pontallier nous confirme d’ailleurs la mise sur le marché d’un troisième cru, dont le nom ne nous sera toutefois pas encore révélé**. Ce vin est destiné, comme le 2009, à être commercialisé à l’issue de la mise en bouteille. Le nez de Pavillon Rouge est discret, fin, divinement épicé. La trame est serrée, l’ensemble d’une belle longueur, avec une fraîcheur qui s’explique par la climatologie du millésime (de belles nuits fraîches). Superbe !
Vient ensuite le château Margaux qui s’annonce par une robe rubis pourpre d’une densité somptueuse. Si le premier nez se montre légèrement austère et plus fermé que l’exubérant 2009, il révèle ensuite toute l’élégance caractéristique de Margaux. En bouche, la puissance est bien là, l’équilibre parfait, la texture et la finesse des tannins exceptionnelles. Une puissance admirablement maîtrisée par une texture veloutée. Moment exquis que Thibault Pontallier accompagne d’un chapelet de louanges que nous trouvons amplement méritées. « Ambassadeur » de Château Margaux à Hong Kong, il remplit avec bonheur et talent cette mission que beaucoup lui envieraient ! Michel Bettane avait octroyé un 100/100 à Château Margaux en 2009. Quelle note va-t-il pouvoir lui attribuer cette année ? Pour finir sur une belle note de fraîcheur, vient ensuite Pavillon blanc de Château Margaux. Les arômes d’agrumes jaillissent du verre, dans un ensemble concentré, complexe, très réussi. Thibault Pontallier prétend qu’on pourra l’apprécier encore dans dix ans, au bas mot. Nous, on l’aime déjà, tel quel. Malheureusement, l’heure avance, nous n’aurons que de trop rares minutes à accorder aux vins de Margaux mais nous apprécierons tout de même l’élégance de Brane Cantenac et plongerons notre nez dans le bouquet subtil de petits fruits noirs, de baies et de myrtilles de Château Siran.
Quelques kilomètres plus loin, au château Branaire Ducru, la dégustation se poursuit. Et là, la qualité du millésime éclate. Les vins se montrent au plus haut niveau. 2010 s’annonce donc aussi fort réussi dans le Médoc. L’exigence a été portée au plus haut point : puissance, équilibre, qualité des tannins, les domaines sont nombreux à avoir réalisé la quadrature du cercle. Avec, en plus, pour beaucoup d’entre eux, le soyeux et une texture veloutée qui nous fait littéralement craquer. Nos préférés ? Branaire Ducru, qui incarne la quintessence de l’élégance des saint-juliens, Gruaud Larose, exubérant, Léoville Poyferré, inimitable, Léoville Barton et son nez envoûtant, les deux Pichon (de styles pourtant bien différents) et Lynch Bages, dont quelques esprits grincheux railleront tout de même le côté un poil body-buildé. Mention spéciale pour Phélan Ségur, gourmand et parfaitement équilibré.
On ne s’inquiète pas trop pour le destin des châteaux Clerc Milon et d’Armailhac, parfaitement réussis : l’Asie va s’en emparer. Même scenario pour Beychevelle, qui malgré la légère rugosité de tannins en fin de bouche devrait aussi déchaîner les passions. L’ambiance est à la fête, les producteurs souriants, Philippe Castéja (Président du Conseil des Grands Crus classés) d’humeur toujours aussi badine, l’œnologue Franck Dubourdieu tout à l’émotion du prochain mariage de sa fille. Patrick Maroteaux (Château Branaire Ducru) promet que ses vins ne partiront pas (tous) en Asie : ouf !
Pas une minute, malheureusement, pour lézarder sur la pelouse et les transats gentiment mis à notre disposition par les propriétaires : l’heure tourne ! Et celle du goûter se profile : il est temps de se diriger vers le Château Desmirail, qui accueille cette année la dégustation des crus de Sauternes. Les arômes exotiques du château de Fargues nous envoûtent instantanément. On goûtera avec un même bonheur Doisy Daëne, Suduiraut et Rayne Vigneau. Mais déjà, Julien Minguot (du négociant La Passion des Terroirs), qui nous accompagne tout au long de cette journée s’inquiète, le train ne nous attendra pas… Retour vers Bordeaux. Cet accès de gourmandise nous aura perdus : le train n’a effectivement pas attendu. Sans rancune. Nous nous laissons réchauffer aux derniers rayons du soleil aquitain et commençons à réunir les souvenirs, nombreux et riches de cette journée. Le millésime 2010 confirme, même à l’issue un premier survol, sa fabuleuse qualité.
* Paul Pontallier est depuis 1983 le Directeur du Château Margaux.
** A l’occasion des primeurs 2009, Château Margaux avait annoncé la création d’un troisième vin. A retrouver dans le compte rendu de notre dégustation des primeurs 2009.
Primeurs 2009 : une journée de dégustation à Bordeaux
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Zoom sur un domaine : le château de Rayne Vigneau, à Sauternes
mars 3rd, 2011 by Rédaction iDealwine
Saviez-vous que le Château de Rayne Vigneau a été classé, en 1855, au rang des premiers crus du Sauternais, juste un cran au dessous du Château d’Yquem ? Son terroir, exceptionnel, y est pour beaucoup : les géologues y ont d’ailleurs trouvé la trace de pierres précieuses : agates, améthystes, onyx, et même saphirs… pleins feux sur ce domaine en plein renouveau.
Le vignoble de Rayne Vigneau peut se prévaloir d’un terroir unique : son sol graveleux et argileux repose sur une superbe croupe qui domine toute l’appellation.
La création du domaine lui-même, par la famille de Vigneau, remonte au XVIIè siècle. En 1681, Etienne du Vigneau, époux de Jeanne Sauvage (la fille du seigneur d’Yquem) prend les rênes de la propriété. Racheté en 1834 par Madame de Rayne, le vin accède au rang de premier cru lors du classement des crus du Sauternais, qui intervient en 1855. C’est Albert de Pontac, le neveu de Madame de Rayne, qui donnera au vignoble le nom de Rayne Vigneau.
Plusieurs propriétaires se sont succédé, jusqu’au rachat du vignoble par la société CA Grands Crus (Crédit Agricole) en 2004. Sous l’impulsion d’Anne Le Naour, Directrice Technique des propriétés de CA Grands Crus, rejointe par Vincent Labergère, Responsable Technique du Château de Rayne Vigneau et avec les conseils de l’œnologue Denis Dubourdieu, un plan d’optimisation du vignoble est initié. En parallèle l’équipe entreprend une démarche de certification en agriculture raisonnée. Celle-ci est obtenue en 2007 pour le domaine de Rayne Vigneau et pour l’ensemble des propriétés gérées par CA Grands Crus (Les châteaux Grand Puy Ducasse, Meyney, Lamothe Bergeron, Blaignan et Plagnac). Cet agrément implique notamment une utilisation raisonnée des apports d’engrais et des traitements phytosanitaires. Une démarche qualitative pour ce vignoble qui couvre 80 hectares d’un seul tenant. Les vignes, d’un âge moyen de trente ans, bénéficient de la proximité du Ciron. Cet affluent de la Garonne contribue à la formation de brumes matinales propices au développement du fameux botrytis cinerea.
S’agissant des vins, l’assemblage compte 74% de sémillon et 24% de sauvignon, complétés par une pointe de muscadelle (2%). Les vins font l’objet d’un élevage de 24 mois en fûts (dont 40% à 50% de bois neuf).
Château de Rayne Vigneau 1995, à découvrir en magnum
Agréable privilège que celui de pouvoir accéder, à prix d’ami, au millésime parfaitement mature d’un premier cru classé de Sauternes. Ce 1995 a tout d’un grand. Il vous envoûtera dès le premier coup d’œil par sa robe magnifiquement ambrée, annonciatrice d’un liquoreux raffiné, puissant et velouté. Par la suite, vous vous souviendrez longtemps de ce nectar qui tapisse le palais d’arômes délicieusement exotiques, dans un ensemble d’une longueur incroyable. Un vrai délice en perspective, qui fera le bonheur d’une grande tablée par son format magnum, généreux et convivial. Tentez l’expérience de le servir tout au long d’un dîner, il le mérite vraiment !
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Château de Rayne Vigneau 1995 – Magnum
1er Grand Cru Classé de Sauternes |
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| 17/20 RVF
16/20 J-M Quarin |
prix spécial
50€ TTC le magnum
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| Parfait en accompagnement d’un foie gras mi-cuit, d’un canard aux pêches, ou d’une volaille à la crème | ||
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Un pavillon du vin au Salon international de l’Agriculture
février 16th, 2011 by Rédaction iDealwine
C’est une première dont la structure Vin&Société peut être fière : le Salon International de l’Agriculture accueillera cette année un pavillon 100% dédié au vin.
Comment était-ce possible ? Les professionnels du vin n’étaient pas réellement représentés jusqu’à présent au Salon de l’Agriculture. Vin&Société a décidé de rémédier à cette situation et sera cette année, – et pour la première fois – présente au Salon International de l’Agriculture, du 19 au 27 février à la Porte de Versailles. Pendant 10 jours, cette association créée en 2007, avec pour vocation la défense et la promotion de la filière vin en France, accueillera le public et les professionnels au sein d’un espace de 450 m2 dédié à l’univers du vin.
L’idée ? Simplifier la relation des Français au vin, sans oublier de rappeler l’engagement de la filière en matière de prévention et de consommation responsable. Au programme : des moments de découverte et d’initiation décomplexée, des rencontres, des échanges.
Demandez le programme !
Co-financé par FranceAgriMer, le Pavillon du Vin proposera, dans un espace de 450 m², trois univers dédiés à la découverte du vin : Cuisine, Salon, Lounge. Cosy, spacieux, chaleureux, le Pavillon est conçu pour que chacun s’y sente « comme à la maison ».
Côté Cuisine, Vin&Société proposera chaque jour des ateliers d’initiation, des dégustations, et quelques surprises comme des blind-tests étonnants ou des cartes blanches données à un blogueur.
Au Salon, le public pourra assister à des conférences et des débats de société sur les thèmes Vin&… tendance, culture, High Tech, Femmes, Equilibre ! L’occasion, pour en parler, d’accueillir de nombreux professionnels passionnés, comme Jean-Robert Pitte, Laurent Baraou (que nous avions eu le plaisir d’interviewer ici), Jean-Michel Peyronnet, (sommelier et ancien rédacteur en chef de la Revue vinicole internationale, directeur du projet Edonys), Jean-Pierre Corbeau, (professeur de Sociologie de la consommation et de l »alimentation à l »Université de Tours), Dominique Fauvette, (oenologue et pharmacienne), Rodolphe Wartel, (directeur de la rédaction de Terres de Vin), ou Olivier Malnuit, (rédacteur en chef de Grand Seigneur-Technikart).
Rendez-vous au Salon International de l’Agriculture du 19 au 27 février 2011.
Paris-Expo, Porte de Versailles.
Plus d’informations sur le site : http://www.salon-agriculture.com/
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A lire également :
Les levures influencent-elles le goût du vin ?
novembre 29th, 2010 by Veronique Raisin
Les levures, organismes indispensables à la fermentation et la vie du vin ont aussi une influence sur son goût. C’est ce que viennent de démontrer scientifiquement des chercheurs suisses.
Les levures modifient les arômes du vin. Bien sûr il ne s’agit pas de changer un chardonnay en sauvignon. Pour autant, on peut créer des vins différents à partir du même moût en sélectionnant des levures différentes.
Selon les scientifiques du centre de recherche Agrocospe Changins-Wädenswil (ACW), les levures produisent des arômes qui peuvent persister deux ans ; pour le prouver, ils ont utilisé un nez électronique.
La grande découverte est que jusque-là, les chercheurs pensaient communément que c’était le moût qui faisait la levure et non l’inverse ! Et que la levure n’avait que peu d’incidence sur le goût et la vinification, quelle que fut sa qualité. Et bien patatra : les oenologues et maîtres de chai avaient bien raison, qui choisissent depuis longtemps, et avec précaution leurs levures, parmi 150 souches différentes.
2010 à Bordeaux : premiers échos de la vendange
octobre 21st, 2010 by Rédaction iDealwine
Chaque vendange, chaque nouvelle récolte est vécue comme une naissance par les producteurs. Comment se porte donc, à Bordeaux, ce millésime sur le point de voir le jour ? Alors que les vendanges 2010 s’achèvent progressivement (hormis pour les vins liquoreux), nous sommes allés recueillir les premiers échos du vignoble.
Les premières analyses de la maturité des raisins et les observations météorologiques menées cette année à Bordeaux semblent annoncer à nouveau un beau millésime. A l’instar de 2005 et 2009, cette année a elle aussi été épargnée par les violentes intempéries, telles que celles enregistrées en 1992 ; pas de canicule à déplorer non plus, comme en 2003.
La météo du mois de septembre, selon le rapport de John Salvi, auteur d’articles sur la météo en lien avec les vignobles de Bordeaux, a connu 243 heures et 13 minutes d’ensoleillement, contre une moyenne de 182 heures et 49 minutes pour la période 1991 à 2010. Les précipitations relevées sur ce mois capital pour la qualité des vins montrent seulement 23.8mm sur 11 jours, contre une moyenne (de 1920 à 2010) de 90.3mm.
Aussi, selon les chiffres avancés par le ministère de l’agriculture, on attendrait une récolte 2010 donnant un potentiel de 45.8 millions d’hectolitres de vin pour la France entière, et pour Bordeaux, une récolte dans la moyenne des cinq dernières années avec 6 millions d’hectolitres.
Les vignerons se félicitent dans l’ensemble de l’état sanitaire de la vigne. Les intempéries ont été rares, ce qui a même, à certains moments, laissé craindre une pénurie d’eau. Heureusement le début du mois de septembre a été marqué par des précipitations qui ont abreuvé – parfois de façon irrégulière – les vignes bordelaises. Certains terroirs ont tout de même souffert, millerandage et coulure – deux défauts de maturation de la vigne – ont également parfois frappé dans le vignoble. D’une manière générale les rendements sont attendus en baisse de 10 à 15% en moyenne par rapport à 2009.
Selon l’œnologue Franck Dubourdieu, qui nous a confié ses premières impressions sur le millésime 2010, les grands vins rouges s’annoncent plus structurés et plus tendus qu’en 2009, conséquence d’un rapport liquide/solide dans les raisins rendu plus faible par les épisodes de sécheresse. Ils pourraient aussi offrir davantage de concentration. La fermentation alcoolique, en cours actuellement, s’effectue rapidement. Au château Palmer, les premières analysent confirment cette impression, car le potentiel alcoolique et aromatique des merlots, des jeunes vignes et des premiers cabernets vendangés ainsi que l’acidité relevée promettent un millésime de longue garde.
Une autre observation de Franck Dubourdieu concerne les pépins. Ceux-ci se montrent de belle qualité. De petite taille, ils présentent un bon état de maturité général, ce qui devrait donner des vins fruités, peu marqués par le côté vert et végétal de baies qui n’auraient pas atteint une maturité optimale.
S’agissant des vins blancs secs de Bordeaux, le millésime se présente déjà bien – en attendant de savoir s’il sera excellent -. Il ne s’agit pas d’un millésime océanique comme 2008 ou tropical comme 2005, mais il se présente comme assez classique.
2010 s’annonce, tout au moins comme un bon millésime, mais il faudra attendre encore quelques mois pour en dire plus. Année classique, grande année ou – encore une fois – année d’exception ? Seuls le démarrage la prochaine campagne primeurs et son cortège de dégustations permettront à l’ensemble des intervenants se prononcer plus sereinement sur ce millésime encore en gestation.
Accédez au site de Franck Dubourdieu pour en savoir plus :
www.franckdubourdieu.com
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Portrait : Thierry Desseauve, confessions (d’un gamin du siècle)
avril 16th, 2010 by Veronique Raisin
Ce Cévenol élevé en Normandie, fan des micro-sillons passé aux sillages des vignobles a tracé sa route avec une insatiable curiosité.
Tombé dans la cave de son père quand il était petit, bordeaux, vacqueyras et un beaune-grève 1961 firent son éducation.
A 7 ans il la brûle, à 17 ans, il la pille. Avec méthode. Et quelques complices. L’amitié déjà….
Les études. La musique. Le journalisme.
A 20 ans, il créé un journal rock, continue d’apprécier les bons vins (et tous les autres), poursuit ses études d’économie et de journalisme.
Premières collaborations, Cuisine et Vins de France, Signature, l’Événement du Jeudi. Premier papier : les arnaques du vin. Le jeune pigiste plein d’avenir se fait un nom et affine sa plume.
Puis vient la rencontre décisive : Michel Bettane. Le déjà très réputé dégustateur se lie d’amitié avec Thierry, apprécie son énergie, sa gourmandise du monde. L’histoire raconte que c’est aux Hospices de Beaune, autour d’un match de foot, que l’amitié scella leur destinée commune. Thierry découvre « l’éthique du grand vin », fondée, dit-il « sur sa capacité à traduire avec la plus évidente force le génie d’un terroir et la permanence d’un style ».
Rédacteur en chef pendant 15 ans de la Revue du Vin de France, il crée en 1996 avec Michel le guide des meilleurs vins de France. En 2005, pari osé mais pas dégonflé : les compères créent leur société. « 15 ans ensemble à diriger ce magazine, on avait l’impression d’avoir fait le tour de la question. Et comme on a la chance de vivre une véritable révolution technologique de l’information, on avait envie d’être complètement libres pour apporter notre petite mais originale pierre… » explique Thierry.
Un site web, www.bettanedesseauve.com, le Grand Tasting, des articles, des ouvrages, un Grand Guide des Vins de France, Paris, Hong-Kong etc.
Fan de foot, féru de vélo (oui, il a « fait » le Ventoux), toujours un sourire aux coins des lèvres, un phrasé lent (si si !), un physique de beau gosse, l’élégance chic, Thierry Desseauve promène sa grande silhouette et sa bonne humeur aux quatre coins du vignoble. Qui sait, peut-être le croiserez-vous ? C’est tout le mal que l’on vous souhaite.
| Sa bouteille fétiche : Ducru-Beaucaillou 1970.
« Pour la première fois j’ai mis une saveur sur le mot complexité. J’ai encore ce goût en mémoire ». Son trait de caractère : la générosité Son faible : le champagne. « Si les grands champagnes n’existaient pas, je serais terriblement malheureux ; il manquerait quelque chose au monde ». Sa destination : l’Italie et Londres Un détail : la croix huguenote qu’il porte autour du cou. |
1. Si vous n’étiez pas devenu dégustateur ?
L’autre métier que j’aurais adoré faire, c’est menuisier. Parce que c’est un métier d’artisan. Je me considère d’ailleurs comme un artisan. Cela dit je suis très maladroit…
2. Sans quel vin ne pourriez-vous pas vivre ?
Le champagne. Mais j’aurais du mal à vivre sans vin de toute façon !
3. Le vin que vous espérez goûter un jour ?
S’il existe une civilisation extra-terrestre, j’aimerais être le premier à goûter leur vin ! On reconnaîtra qu’ils sont civilisés à cela d’ailleurs : à leur capacité à produire du vin.
4. La faute de goût impardonnable ?
Boire de la Corona au salon de l’Agriculture…
5. Que détestez-vous le plus dans la vie ?
La bêtise au front de taureau comme disait Baudelaire. D’ailleurs, je déteste me faire engueuler.
6. La plus belle preuve d’amitié ?
En ce qui me concerne, filer le seul magnum de Mouton Rothschild 2000 que j’avais à un ami (en espérant que je serai toujours son ami le jour où il sera temps de l’ouvrir !)
7. Le dernier livre que vous avez lu ?
La Vie de Henry Brulard de Stendhal.
J’adore sa liberté de ton, la finesse d’écriture, l’allant, le naturel.
Je pense que le 19e siècle est l’apogée absolu de la littérature française. Je peux relire chaque année tout ou partie des Mémoires d’Outre-Tombe ou Choses Vues de Hugo !.
8. La qualité que vous préférez chez une femme ?
Le charme, je dois en convenir.
9. S’il ne vous restait le temps que pour une dernière bouteille ?
… il faudra bien que je me pose la question un jour, c’est terrifiant.
(…)
Un grand liquoreux.
Une gorgée d’Yquem.
Cela fera passer plus suavement le passage de vie à trépas.
10. Le vin pour séduire qui marche à tous les coups ?
Aucun vin ne marche à tous les coups !
11. La bouteille la plus précieuse que vous avez en cave ?
C’est le vin pour lequel j’ai le plus d’amitié amoureuse et un absolu respect.
J’ai un rapport intime avec ce vin qui est tout en sensualité. Car le vin est une affaire de sens, d’émotion.
C’est un vin sensuel au sens premier du mot.
12. Etre heureux, pour vous, c’est quoi ?
Continuer à apprendre. Apprendre c’est vivre, grandir, s’amuser, construire, rencontrer des gens.
Ne pas s’enfermer dans un seul possible.
Toujours apprendre pour espérer devenir grand un jour.
Portrait et interview de Véronique Raisin.
Un million de dollars et 30 kg pour un livre consacré au vin !
juillet 29th, 2009 by Rédaction iDealwineUn million de dollars : c’est le prix auquel l’éditeur américain Kraken Opus espère vendre son futur ouvrage, baptisé The Wine Opus. A ce prix, il ne suffira pas d’être seulement un passionné, il faudra surtout être un riche passionné.
Ce recueil de 30 kg présentera les 100 plus beaux flacons du monde.

Un comité regroupant plusieurs centaines d’œnologues et d’experts doit encore se réunir pour définir la liste des vins retenus. Les 850 pages de cet ouvrage pourront être réservées avant l’été 2010, date à laquelle seulement 100 exemplaires du livre seront édités. Les retardataires pourront toujours s’emparer du magot aux enchères. Avis aux intéressés :
les acheteurs auront la chance de se voir offrir une caisse de six bouteilles de chaque vin cité dans l’ouvrage !
A lire également :
Une caisse de KRUG personnalisée à 1000 euros (18/12/2008)
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