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Que penser des millésimes 2008, 2009 et 2010 dans le Roussillon ?

février 2nd, 2012 by Philippe Rabert

© Mathieu Garçon

Théoriquement, les appellations du sud comme le Roussillon sont plutôt moins sensibles à “l’effet millésime” que celles plus septentrionales. Néanmoins, selon les années, les vins peuvent présenter des profils assez différents.

Dans le Roussillon on peut dire que les conditions climatiques garantissent presque systématiquement une maturité correcte des raisins, contrairement, par exemple, à la Bourgogne où certaines années peuvent se révéler très végétales (comme 2004, pour prendre un millésime récent). Ce n’est donc pas la maturité alcoolique (mais il peut y avoir des exceptions) qui gouverne véritablement la qualité des millésimes dans le Roussillon, mais plutôt les excès de chaleur et/ou de sécheresse qui peuvent provoquer ce qu’on appelle du “stress hydrique” dans les vignes. Une sorte de repli de la plante sur elle même pour assurer sa survie qui fait qu’elle “se désintéresse” des fruits qu’elle porte. D’où le risque de ne pas atteindre une maturité phénolique réelle (dans le cœur des baies, jusqu’aux pépins) et de produire des vins riches en alcool mais aux tannins secs.

C’est pourquoi il convient de rester extrêmement prudent dans l’évaluation théorique d’un millésime sudiste, par exemple dans le Roussillon. L’amateur a tendance à penser trop vite qu’un bel été chaud et sec est favorable à la qualité des vins. Une certaine critique journalistique, un peu trop systématiquement enthousiasmée par les vins ronds et flatteurs, renforce encore cette impression et certains millésimes sont un peu trop vite rangés dans la case “exceptionnels” alors qu’ils proposent trop de vins certes puissants et spectaculaires, mais souvent fatigants à table. 2007 à Châteauneuf-du-Pape a été ainsi porté aux nues par Robert Parker, mais de nombreux vins ressemblent plus à des portos vintage qu’à une boisson de repas !

A l’inverse certains millésimes sont sous-évalués alors qu’ils ont simplement le tort d’arriver entre deux millésimes puissants et très (trop ?) ensoleillés. C’est typiquement le cas de 2008 en Roussillon qui a produit des vins plus frais, plus souples et plus faciles à boire et qui ont conservé un joli fruit mûr. 2009 est un peu plus riche et puissant, mais avec parfois quelques excès de lourdeur. 2010, dont on ne peut pas avoir encore fait totalement le tour, paraît plus équilibré, à mi-chemin entre 2008 et 2009. Voyons maintenant tout cela en détail.

Le millésime 2008

Si le printemps a été particulièrement « arrosé » pour un climat méditerranéen, il a été suivi par un été frais et sec puis une fin d’été exceptionnelle. Septembre a été un mois sec, avec des températures nocturnes et matinales fraîches et un ensoleillement abondant. Ce cocktail de soleil, de sécheresse avec des températures fraîches la nuit a permis aux raisins de finir leur maturation lentement mais dans d’excellentes conditions, avec un état sanitaire des grappes irréprochable. Seule petite ombre au tableau, les quantités ont été assez réduites par rapport à la moyenne dans la plupart des secteurs.

Les vins rouges présentent en règle générale un bel équilibre avec un fruité frais très présent et une délicatesse de matière bienvenue. Un millésime facile à marier à table.

Le millésime 2009

Encore une année très chaude avec une vendange vraiment précoce (elle a démarré le 10 août). Avec un été aussi chaud, les évolutions de maturité ont été très rapides, même sur les coteaux en altitude relativement élevée. L’état sanitaire était excellent, mais la récolte relativement peu abondante, à cause de longues périodes de sécheresse. Les grenaches et les carignans ont été particulièrement à l’aise. Comme dans beaucoup de régions viticoles françaises, les vins présentent le plus souvent un caractère gourmand, assez facile, qui ne donne pas envie de les garder trop longtemps en cave. Mais les plus belles cuvées des meilleurs vignerons auront, comme d’habitude, un long avenir devant elles… Attention quand même à certains vins trop riches en alcool et un peu “lourds”.

Le millésime 2010

Une importante tendance à la sécheresse – cela devient une habitude dans cette région – aura caractérisé ce millésime en Roussillon. Après un hiver sec et froid, puis quelques petites pluie printanières, il n’est pour ainsi dire pas tombé une goutte d’eau de la mi-mai jusqu’aux vendanges ! Les vignes les mieux cultivées, possédant des racines descendant profondément dans le sol, ont heureusement évité le stress hydrique. Les raisins étaient en général assez petits, les jus plutôt concentrés avec des matières denses. Les meilleurs rouges sont donc charnus et parfumés. Aucune appellation n’a été sensiblement meilleure ou moins en réussite que les autres. Les différences se font surtout au niveau de la qualité du travail des vignerons. Les vignes bien travaillées, aux racines profondément enfoncées dans le sol, ont moins souffert et ont donné des vins riches mais équilibrés.

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Dégustation : le bio et la biodynamie française avaient rendez-vous dans la Loire

février 1st, 2012 by Philippe Rabert

Les associations “Renaissance des Appellations” et “La Dive Bouteille” tenaient salon le week-end dernier dans la Loire, à Angers et à côté de Saumur. L’occasion de faire le tour de ce qui se fait de mieux en France dans les domaines en bio ou en biodynamie.

Même si cela n’influence pas vraiment le goût du vin (quoique !), il faut reconnaître que ces deux rencontres se tenaient dans deux lieux absolument magiques. Renaissance des Appellations avait élu domicile, comme chaque année, aux Greniers Saint-Jean à Angers, un magnifique bâtiment du XIIe siècle qui servait d’entrepôt à nourriture pour l’ancien hôpital Saint-Jean. La Dive Bouteille, quant à elle, se tient depuis deux ans dans les magnifiques caves et douves du superbe château de Brézé, juste à côté de Saumur. Ces deux dégustations sont consacrées, pour “Renaissance” à des domaines en biodynamie et pour la “Dive” à des domaines en bio plus ou moins certifiés et d’esprit plus “nature”. L’occasion de belles dégustations marathon dont voici, à notre avis, quelques moments particulièrement remarquables.

Renaissance des Appellations

Domaine Stéphane Bernaudeau (Anjou) avec deux blancs 2010 (“Terres Blanches”, vignes de 75 ans et “Les Nourrissons”, vignes plus que centenaires) fantastiques de pureté cristalline, de fruit mûr et d’équilibre. Deux très grands vins blancs français tout simplement !

Domaine Marc Angéli (Anjou), où travaille également Stéphane Bernaudeau, avec deux autres blancs (“Les Fouchardes” et les “Vieilles Vignes des Blanderies”) où le chenin s’exprime avec la même pureté que chez Bernaudeau avec peut-être un léger supplément de puissance et de gras.

Domaine Léon Barral (Faugères) avec une cuvée Jadis 2009 d’un équilibre exceptionnel, porté par une aromatique gourmande très complexe et dotée d’une finale fraiche et fruitée qui donne envie de se resservir aussitôt !

Clos de la Coulée de Serrant (Savennières) qui proposait sur le millésime 2010 deux vins tout simplement magnifiques, que ce soit le Clos de la Bergerie (Savennières Roche-aux-Moines), riche, puissant et long ou le superbe “Coulée de Serrant” avec une matière exceptionnelle, très puissante mais qui reste proche du raisin et qui finit sur une longueur remarquable. Inoubliable !

Domaine François Chidaine (Montlouis et Vouvray) avec, entre autres, un délicieux Vouvray “Pétillant” 2009, gorgé de fruit et très rafraichissant (bientôt en vente sur iDealwine !).

Larmandier-Bernier (Champagne) dont le Terres de Vertus 2007 (récemment en vente sur iDealwine) se présentait très bien avec beaucoup de finesse, tendu et frais, tout comme le Cramant Vieilles Vignes de Cramant 2005, plus vineux, avec une finale saline minérale qui en fait un superbe champagne de repas.

Domaine Pierre André (Châteauneuf-du-Pape), pionnier local du bio, qui, parmi sa gamme très régulière au fil des millésimes, proposait un 2004 et un 2006 d’un très bel équilibre sans aucun excès et surtout un 2005 exceptionnel à la fois riche, dense et frais, un très grand vin !

Domaine Marcel Deiss avec, notamment, un Gruenspiel 2007 riche mais frais, une matière énergique, “vibrante” avec une belle buvabilité malgré sa richesse et un Altenberg de Bergheim 2008, incroyable de richesse et de complexité aromatique qui donne l’impression de ne jamais pouvoir en faire complètement le tour…

Dive Bouteille

Domaine des Roches Neuves (Saumur-Champigny) qui présentait ses 2011 dont la plupart étaient encore en élevage. Seul vin fini, la cuvée “Domaine” 2011 (en vente d’ici quelques jours sur iDealwine avec les 2010 du domaine), un cabernet franc au fruité croquant et très frais, délicieux à boire dans sa jeunesse. Les autres rouges 2011 (Terres Chaudes, Franc de Pieds et Marginale) se goûtaient tous avec un très joli fruit frais et un supplément de densité et de salinité sur “Marginale”. Le blanc “Insolite”, toujours en 2011 et en élevage, est un chenin tendu et minéral avec une belle finale salivante qui donne envie de passer à table !

Georges Descombes(Morgon et Brouilly) dont le morgon 2009 a été vendu dans une Offre iDéale en 2011, présentait essentiellement ses 2011 qui seront en vente l’an prochain et quelques 2010 qui seront mis sur le marché d’ici quelques mois pour la plupart. Tous les 2011 se présentaient avec un superbe équilibre sur une gourmandise encore plus fraiche que les 2009. Le Régnié Vieilles Vignes 2010 est d’une pureté gourmande terriblement tentante ! Quant au Brouilly et au Morgon 2009, tous les deux en version Vieilles Vignes, ce sont les 2009 parmi les plus frais et digestes de leurs appellations respectives.

Luca Roagna (Barolo et Barbaresco en Italie). Ce domaine piémontais particulièrement traditionnel malgré un vigneron très jeune n’avait amené que quelques vins mais quels vins ! Le Barolo “La Pira” 2005 offre des tannins particulièrement fins et nobles dans un millésime pas toujours facile à Barolo. Le Barolo “Le Coste” 2007, encore beaucoup trop jeune, possède un fruit magnifique, une belle matière dense et puissante qui reste fraiche et qui finit très longue en bouche. Un grand vin qui sera magique d’ici cinq ou six ans.

Jean-Michel Stéphan (Côte-Rôtie) proposait, entre autres, deux vins superbes, le côte-rôtie générique 2010 doté d’un merveilleux fruit mûr et de tannins si fins qu’on a presque envie de le boire uniquement sur sa jeunesse et le “Bassenon” 2007, dense et serré, graphité, qui sera magnifique quand la matière se “lâchera” au fil du vieillissement.

Tout ceci n’étant qu’un simple aperçu de deux salons extrêmement qualitatifs qu’on a grand plaisir à visiter chaque année !

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Réforme des appellations : mode d’emploi des futures étiquettes

janvier 26th, 2012 by Rédaction iDealwine

Une nouvelle hiérarchisation des appellations est en cours en France et se met progressivement en place. L’ancienne, qui comprenait les noms d’AOC, de VDQS, de Vins de Pays puis enfin de Vin de Table va être remplacée par de nouvelles dénominations.

Voici les principaux points à retenir :

• Les Vins de Table deviennent des Vins de France

Dans la hiérarchie de la qualité, ils représentent toujours l’échelon de base, sans IG (Indication Géographique). La nouvelle législation autorise aussi l’affichage du millésime et du cépage, ce qui leur était jusqu’ici interdit. Cela ouvre la possibilité, par exemple, de produire un Sauvignon blanc de France en assemblant des raisins provenant de Loire, du Bordelais ou du Languedoc. Ce type d’assemblage, très courant dans les pays du Nouveau Monde, était jusqu’ici impossible en France. A noter que 15% du vin pourra provenir d’un autre millésime ou d’un autre cépage que celui indiqué sur l’étiquette.

• Les Vins de Pays sont remplacés par les IGP (Indication Géographique Protégée)

Pour cette “mutation”, ils bénéficieront d’une période de transition qui permettra de faire figurer les deux mentions sur les étiquettes. Les Vins de Pays ont été la réponse française à la demande internationale pour les « vins de cépages » (les AOC interdisant la mention du cépage sur les étiquettes). Ils bénéficient d’une législation plus sévère que celle des Vins de France mais plus souple que celle des AOC : choix de cépages plus large, élaboration hors de la région d’origine autorisée, possibilité d’ajouter jusqu’à 15% de raisins provenant d’une autre zone, et droit également d’ajouter jusqu’à 15% d’un autre millésime ou cépage que ceux figurant sur l’étiquette.

• Les VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure)

Ils disparaissent purement et simplement et les anciennes VDQS devront choisir avant 2012 entre IGP ou AOP, la plupart optant évidemment pour la seconde, plus valorisante.

• Les Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) deviennent des Appellations d’Origine Protégée (AOP)

Toutefois, l’usage du terme AOC, auquel sont attachés aussi bien les producteurs que les consommateurs, devrait rester en vigueur. Le passage à l’AOP ne change rien dans le fond, si ce n’est quelques dispositions à la marge. Comme, par exemple, la fin des très contestées dégustations d’agrément qui seront remplacées par des contrôles en aval, une fois les vins commercialisés. Cependant, on peut espérer que l’opportunité que donne cette réforme de réécrire le cahier des charges constitue une occasion de resserrer le niveau d’exigence (révision des aires d’appellation et question des rendements notamment) et de donner un nouveau souffle qualitatif aux AOC/AOP.

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Vente des vins du Clos de la Charité, samedi sur l’île de Lérins

janvier 26th, 2012 by Rédaction iDealwine

Sur une île au large de Cannes, les moines de l’Abbaye de Lérins produisent une belle gamme de vins blancs et rouges que l’on retrouve ensuite sur les tables des restaurants étoilés de la côte d’Azur… et de bien plus loin. Mais samedi prochain, c’est une cuvée très particulière qui sera mise en vente au profit des associations caritatives que le monastère soutient.

Samedi 28 janvier il règnera sur l’île de Lérins une effervescence qui devrait rompre avec le silence et la paix qui caractérisent habituellement ce lieu de prière. En effet, ce jour-là le premier millésime des vins du Clos de la Charité sera mis en vente. Planté en 2010 de 500 ceps de mourvèdre en présence des « parrains » donateurs, ce Clos a donné lieu à une première vendange à l’automne dernier. Le vin sera mis en bouteille en 2013, avant d’être expédié aux acheteurs. Le vignoble de l’île de Lérins est géré par frère Marie-Pâques, une figure passionnée et animée d’un charisme peu commun. Les équipes d’iDealwine ont plaisir à le retrouver, au milieu de ses vignes mais aussi dans les salons de dégustation qui se tiennent aux quatre coins de la planète. Car frère Marie-Pâques est un globe-trotter, rompu aux techniques modernes de communication, et qui n’hésite pas à parcourir le monde pour faire connaître ses vins.

La vente aux enchères sera précédée d’une messe, d’une présentation des associations à qui seront reversées le produit de la vente, ainsi que d’un déjeuner à la Tonnelle, le restaurant de l’Abbaye. Sous la houlette de Maître Besch et de l’expert Pascal Kuzniewski, 100 lots seront dispersés, composés de une, trois ou six bouteilles. Quelques impériales et un lot panaché des différentes cuvées de l’abbaye viendront compléter le catalogue. Une belle occasion d’allier générosité et amour du vin.

Pour tout renseignement ou pour participer à cette vente, accédez au site du Clos de la Charité

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Le frère Marie-Pâques avec Lionel Cuenca et Angélique de Lencquesaing au Grand Tasting Hong Kong

L’Abbaye de Lérins est située sur l’île Saint Honorat, qui fait partie de l’archipel des îles de Lérins, dans la célèbre baie de Cannes. Depuis seize siècles, cette île est consacrée à la vie monastique. Elle abrite actuellement une communauté d’une vingtaine de moines qui, outre leur vie de prière, s’adonnent à la culture de la vigne et à l’élaboration de vins de grande qualité, dont la renommée dépasse nos frontières. Les vignes poussent sur une terre riche, argileuse, entourée d’une forêt d’arbres d’essences diverses, d’eucalyptus et d’oliviers plusieurs fois centenaires. L’abbaye produit plusieurs vins. La cuvée Saint-Pierre est un assemblage de clairette et de chardonnay. Deux cuvées de rouge sont également proposées à la vente : Saint-Honorat et Saint-Sauveur, toutes deux issues de vieilles vignes de syrah, la seconde faisant en outre l’objet d’un élevage en fin de bois neuf. Depuis quelques années, l’abbaye de Lérins produit plusieurs cuvées de prestige : Saint-Césaire, un chardonnay, Saint-Lambert, un mourvèdre, et Saint-Salonius, à base de pinot noir. Trois vins salués par la critique.

Les « 80 jardins » du Domaine Ostertag en Alsace

janvier 18th, 2012 by Rédaction iDealwine

André Ostertag est un homme un peu poète, très proche de la nature, mais en même temps un vigneron extrêmement rigoureux qui sait qu’il ne faut pas se laisser déborder par celle-ci. C’est pourquoi il produit des vins en biodynamie, au caractère très pur et très sec, un rien stricts, qui s’apprécient particulièrement à table.

Installé à Epfig, dans le Bas-Rhin, un ancien village romain situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Strasbourg, le Domaine Ostertag (“jour de Pâques”) est l’un des plus prestigieux d’Alsace, mais pas le plus ancien. Sa renommée s’est pourtant construite en deux générations.

Adolphe Ostertag a créé le domaine en 1966. Son fils André a pris sa suite en 1980, aidé de sa sœur Annie. Le vignoble compte quinze hectares, dispersés entre plus de cent parcelles, elles-mêmes réparties sur cinq terroirs. André Ostertarg a coutume de parler des “80 jardins” qu’il cultive.

Formé en Bourgogne, André a tout misé sur la qualité. Maîtrise des rendements, conduite soignée du vignoble, vendanges à la main, vinification méticuleuse, élevage pour partie en barriques (sur les pinots gris) : tout est pensé et réalisé pour élaborer les vins les plus purs et les plus complets qui soient. En 1997, il a converti son vignoble en agriculture biologique (certification AB) puis en biodynamie (non certifié).

Le riesling, dont André Ostertag est un grand fan, représente près de 50% des surfaces du domaine. Complété, dans l’ordre d’importance par le gewurztraminer, le pinot gris, le sylvaner, le pinot blanc, le pinot noir et le muscat. Les combinaisons de terroirs, de cépages et de degrés de maturité conduisent le domaine à produire une vingtaine de cuvées par millésime. Celles-ci sont classées en trois grandes familles : les “vins de fruit” (expression du cépage et goût du raisin), les “vins de pierre” (qui racontent le terroir) et les “vins de temps” (qui, sur la durée, traduiront la surmaturité ou la pourriture noble).

Les principaux terroirs du domaine

Fronholz, ou “le bois de corvée”, appelé ainsi parce qu’il s’agissait d’une forêt où les serfs faisaient autrefois leurs corvées de bois. Fronholz est un des rares lieux-dits reconnus en Alsace qui fait face aux Vosges. Cette exposition lui assure des maturations lentes, ce qui est favorable dans les années précoces et qui l’est moins quand le cycle de la vigne est plus court. Le sommet de cette zone est composé de sables, la partie du milieu d’argiles et le bas du coteau est sur les marnes. Le travail acharné d’André Ostertag a fait la réputation du Fronholz, jusque-là peu réputé.

Heissenberg ou “la montagne chaude” est un coteau assez pentu, exposé plein sud et composé d’un mélange de granites et de grès qui donnent à ses vins un caractère en général assez minéral. Son exposition solaire a tendance à donner des vins un peu moins acides que la moyenne, plus larges et au caractère parfois légèrement sucré. Le riesling finit par ressembler à du pinot gris sur les parcelles du domaine Ostertag !

Grand Cru Muenchberg (ou “la montagne des moines”). Il se situe dans une petite vallée un peu à l’écart et il a été défriché et cultivé dès le XIIe siècle par des moines cisterciens. Il se présente un peu en forme d’amphithéâtre orienté plutôt au sud et fermé de chaque côté ce qui lui donne un caractère assez unique. Son sol aux grès roses et aux sédiments volcaniques donne beaucoup de caractère aux vins qui en sont issus. Un terroir puissant qui s’impose au caractère propre du riesling.

Domaine Ostertag, ce qu’en dit la presse

Le Guide RVF des Meilleurs Vins de France 2012

3*sur 3

Après des études en Bourgogne, André Ostertag a tout de suite détonné dans la région en baissant significativement les rendements. Utilisant pour partie des barriques neuves pour l’élevage de ses vins, il s’est même attiré les foudres des commissions d’agrément qui laissent passer sans sourciller les innombrables “lavasses”, mais ne peuvent pas voir l’ombre d’une barrique au nom de l’improbable typicité. Pourtant l’élevage en barriques du pinot gris, cépage bourguignon, n’est pas une incongruité, loin de là. Sur d’autres cépages non plus d’ailleurs. André Ostertag a tracé une voie originale en sublimant des terroirs comme le Muenchberg, le Fronholz, et l’Heissenberg, qui étaient inconnus avant lui. Jamais le domaine n’avait produit une gamme aussi cohérente et limpide.

Le Guide Bettane/Desseauve des Grands Vins de France 2012

3BD sur 5

André Ostertag continue de produire des vins ciselés qui vibrent au son de leur terroir d’origine, qu’ils soient élevés de manière traditionnelle ou en barrique pour les pinots gris. Le travail en biodynamie dans les vignes se double d’une attention particulière en cave, et après les grands millésimes 2007 et 2008, le millésime 2009 démontre tout le savoir-faire du domaine dans les vignes et en cave, avec des vins secs et équilibrés qui possèdent de la salinité.

Les vins du domaine Ostertag actuellement en vente sur iDealwine

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A déguster sur les cinq prochaines années.

Domaine Ostertag

Riesling Vignoble d’E 2010 – Blanc

Prix propriété

16.00€ TTC

la bouteille – 75 cl

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Un vin parfait pour s’initier au riesling et qu’on ouvrira facilement sur tous les produits de la mer crus ou cuits.
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A consommer progressivement jusqu’en 2018.

Domaine Ostertag

Riesling Heissenberg 2009 – Blanc

18/20 RVF

17/20 Jancis Robinson

14,5/20 Bettane & Desseauve

92/100 Wine Spectator

89/100 Robert Parker

Prix propriété

25.00€ TTC

la bouteille – 75 cl

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Un vin un peu moins strict que le style habituel du domaine. A marier à des poissons ou des viandes blanches en sauce.
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Attendre deux ou trois ans et consommer jusqu’en 2025.

Domaine Ostertag

Riesling Muenchberg Grand Cru 2009 – Blanc

18,5/20 RVF

17,5/20 Bettane & Desseauve

17,5/20 Jancis Robinson

93/100 Wine Spectator

89/100 Robert Parker

Prix propriété

32.00€ TTC

la bouteille – 75 cl

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Un très grand riesling d’un très grand terroir. Pur et minéral et parfait pour terrines de la mer ou crustacés nobles.

 

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A lire également :

Riesling, un très grand cépage

Riesling, un très grand cépage

janvier 13th, 2012 by Rédaction iDealwine

Profitons de l’actualité de l’Offre idéale en cours sur l’Alsace pour vous présenter le roi incontesté des cépages de cette région, le riesling. Il est même considéré par de nombreux amateurs comme un des plus grands cépages blancs du monde.

Même si le chardonnay et le sauvignon sont des cépages de plus grande notoriété, sans doute parce qu’ils sont plus facilement abordables pour un passionné débutant, le riesling est au yeux des spécialistes un des plus grands cépages de vin blanc au monde. Sa capacité à traduire la minéralité d’un terroir, les possibilités de maturités qu’il offre, du très sec à la pourriture noble, sa haute tenue à table face aux plats les plus raffinés, notamment à base de crustacés nobles ou de poissons très fins, en font un cépage incontournable pour les grands amateurs de blancs. Mais, comme le chenin de Loire duquel il est finalement assez proche par de nombreux côtés (d’ailleurs les amateurs de chenin sont le plus souvent également de grands fans du riesling), il est souvent cantonné à un rôle relativement secondaire dans trop de caves de passionnés. Et c’est vraiment dommage. A une époque on l’on se laisse facilement séduire par la mode des vins blancs riches, gras, surmûris, le riesling, avec son acidité cristalline, ses arômes d’agrumes, ses notes salines très minérales, sa fraicheur et sa digestibilité, devrait séduire tous ceux qui ne se satisfont pas de cette dictature du blanc lourd et surboisé. Il faut se laisser envoûter par la pureté d’eau de roche des grands rieslings alsaciens ou des fabuleux rieslings allemands et autrichiens issus de très grands terroirs et qui laissent le plus souvent un souvenir impérissable… Il faut parfois savoir préférer la beauté de la classe d’une femme, certes un peu froide, mais d’une élégance folle dans sa façon de bouger et de se déplacer, à l’étalage un peu vulgaire d’atours soit disant irrésistiblement féminins mais bien peu subtils…

Le riesling à table

Evidemment, comme partout, mais plus spécifiquement en Alsace, les accords avec le riesling dépendent étroitement du niveau de sucrosité du vin à accorder. Les purs rieslings proposés dans cette Offre iDéale (les trois vins du domaine Ostertag et les deux rieslings du domaine Bott-Geyl) sont vinifiés dans un style très sec, peut-être très légèrement moins sur le millésime 2009 qu’en 2007 ou 2008, mais on reste sur des accords de vins secs.

Le riesling sec est un merveilleux compagnon de tous les produits de la mer qu’ils soient crus (carpaccios de saint-jacques, tartares de saumon ou de daurade, sushis ou sashimis) ou cuits avec une mention spéciale pour les poissons de rivière. Les cuvées les plus simples sont à marier à des poissons préparés sans trop de recherche (à la vapeur ou au four, sans sauce). Les plus grandes cuvées, surtout après quelques années de garde, sont à associer avec des terrines de poisson, des crustacés nobles (homard, langouste) ou des poissons cuisinés en sauce.

Avec les rieslings contenant un peu de sucre (l’équivalent d’un demi-sec de Loire), leur belle acidité permet de superbes associations avec des volailles rôties un peu grasses comme l’oie ou le canard. On peut aussi tenter un mariage avec une cuisine exotique épicée (curry, cuisine thaï).

Enfin, les relativement rares rieslings de vendanges tardives ou en SGN (Sélection de Grains Nobles) sont à accorder comme tous les vins moelleux ou liquoreux, c’est à dire avec des fromages à pâte persillée, du foie gras, mais plus facilement encore avec certains desserts à base de fruits cuits comme un tarte aux pommes ou aux abricots, ou un crumble aux fruits. Les plus liquoreux (SGN) peuvent aussi être bus pour eux-mêmes, à la place d’un dessert.

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Toqués de Tokaj : reportage au royaume de Disznoko

janvier 6th, 2012 by Veronique Raisin

Le plus grand domaine de Tokaj, propriété d’Axa millésimes depuis près de vingt ans, déroule ses cent hectares de vignoble au nord-est de la Hongrie à la frontière slovaque. Ses vins d’or, issus de grains aszu, figurent parmi les plus beaux liquoreux au monde.

Les coteaux de Tokaj se méritent. A quelque deux-cent-cinquante kilomètres à l’est de Budapest, le vignoble abrite un trésor qui fit la gloire de la nation magyare au cours des 18e et 19e siècles. Délimitée par décret royal en 1737 par le roi Charles III, l’appellation Tokaj compte aujourd’hui un peu plus de cinq mille hectares, barrés au nord par la montagne (Hegyalja), à l’est par le Bodrog, au sud par la grande plaine hongroise (Puszta) qui conduit jusqu’à Belgrade. Le domaine de Disznoko se situe dans la partie sud-ouest du vignoble ; il compte 104 hectares assis sur des argiles et des graves volcaniques.

Axa Millésimes – Châteaux Pichon-Longueville, Suduiraut, Petit-Village, Pibran, Domaine de l’Argot, Mas Belles Eaux, Quinta do Noval – l’a acquis en 1993 et totalement réhabilité. Un nouveau chai a été construit en 1995, bénéficiant des dernières innovations technologiques en date, une bonne partie du vignoble a été replantée et une cave creusée dans la roche, qui la confond, à s’y méprendre, avec un caveau antédiluvien façon bourguignonne !

A la tête de ce joyau, Laszlo Meszaros, un agronome formé à Purpan puis en Hongrie, arrivé en 1995 chez Disznoko et nommé directeur en 2000. Dynamique, souriant, volontaire, il a hissé les vins du domaine à leur plus haut niveau, affirmant un style pur et très frais ; la superbe verticale qu’il nous a proposée lors de notre visite a achevé de nous convaincre. Car même si nous connaissons les vins liquoreux et savons plus ou moins à quoi nous attendre, ceux-là ont une empreinte particulière, qui rappellent à la fois la magie des grands sauternes, dans leur caractère assis et noble, et celle de certains grands liquoreux ligériens, portés par une acidité triomphale, tout en s’en détachant. Car quelques différences subsistent – tout de même – entre les Hongrois et les Français.

Hotte, hotte, hotte

Les cépages utilisés d’abord, la vinification ensuite, diffèrent sensiblement. Six cépages blancs sont cultivés à Tokaj : le fürmint, le zeta, le harslevelu, le muscat jaune, le köverszölö et le kabar. Parmi eux, le fürmint est celui qui botrytise le mieux ; cette variété, très répandue à Tokaj puisqu’elle couvre 60% de l’appellation, se trouve aussi sur les roches volcaniques en Autriche, Slovaquie, Slovénie et Croatie. C’est un raisin très acide, avec une peau fragile, qui mûrit facilement. Vient ensuite le harslevelu (30%), un raisin qui botrytise moins mais qui est très aromatique ; on procède généralement à une macération à froid sur ses peaux pour extraire le maximum d’arômes. Les autres cépages sont plus anecdotiques mais apportent néanmoins de la complexité aux vins.

Quant à la méthode d’élaboration du tokaj liquoreux, elle a été reconnue pour la première fois en 1630. On ne garde que les grains les plus nobles (notamment des fürmints, qui s’y prêtent le mieux), atteints par le botrytis et appelés « aszu », mot qui signifie « desséché » ; concentrés et rabougris, ils ressemblent alors à des raisins secs.

Il existe aussi deux autres types de vendanges : des raisins sans botrytis, qui serviront à produire des vins blancs secs, et des raisins avec du botrytis, mais moins concentrés que les aszus, qui entreront dans des vins de type vendanges tardives ou szamorodni (récoltés début novembre).

Les aszus, ou raisins sûrmuris, sont récoltés grain par grain. Selon les millésimes, ils peuvent être botrytisés ou passerillés. Il faut alors 150 à 200 vendangeurs pour les ramasser. Un vendangeur récolte en moyenne entre 6 à 10 kilos de grains nobles par jour… Ces grains si secs qu’ils ne peuvent pas être pressés sont incorporés aux moûts de l’année. Historiquement, on ajoutait une ou plusieurs hottes (puttonyos) de ces raisins. C’est ainsi qu’est née la classification entre 3 à 6 puttonyos, qui correspond à un degré de sucrosité croissant : plus de 60g/l de sucre pour le 3 puttonyos, plus de 90 g/l pour le 4 puttonyos, plus de 120 g/l pour le 5 puttonyos et enfin plus de 150 g/l pour le 6 puttonyos. Quant à l’eszencia, à la consistance sirupeuse, et titrant 1% d’alcool, on ne peut pas le classer dans la catégorie du vin.

Le domaine de Disznoko produit environ un tiers de chaque vin (sec, szamorodni et aszu), pour un volume total variable, entre 200 000 et 300 000 bouteilles par an. Tout dépend du millésime, les 2009 et 2010 par exemple ayant donné de tout petits volumes, contrairement au 2008. Enfin, sachez que les vins sont élevés en fûts, dans du bois hongrois, mais aussi des barriques de Château Suduiraut !

La verticale

La dégustation proposée par Laszlo nous a propulsés dans le monde des grands vins, indéniablement. Avec des profils variés et des intensités différentes, résultant de millésimes plus ou moins riches, ces Tokajis Aszu de Disnoko étaient simplement fabuleux. Nous sommes remontés jusqu’au millésime 1993 (ou plutôt descendus) sur des catégories de 5 et 6 puttonyos. Je vais évoquer ici les six qui m’ont le plus séduite, mais on pourrait disserter des heures durant sur tous les vins du domaine, tous de belle facture. J’attends vos questions et commentaires :-) .

- 2006 Tokaji Aszu 5 puttonyos : grand vin, noble et racé, au nez de sous-bois et de cire. Grande liqueur, portée par une acidité tranchante. Tension, vivacité, tout n’est pas encore en place car ce vin porte encore le fruit de sa jeunesse (il n’est pas encore commercialisé). Amertume sur la finale, retour superbe. J’ai beaucoup apprécié ce vin énergique.

- 2003 Tokaji Aszu 5 puttonyos : millésime également chaud mais moins qu’en France, ce 2003 cultive un air débonnaire, avec une bouche musclée, tout en rondeur, sur la pâte de fruits, l’abricot confit. Sensuel, fin et équilibré, ce n’est pas le plus fin de la série mais il est doté d’un charme indéniable et surtout prêt à boire.

- 2002 Tokaji Aszu 5 puttonyos : miam miam. Celui-là je l’adore et tant pis pour le blasphème. Le nez fumé, de vanille, ouvre sur une bouche grasse et onctueuse, avec un accent d’orange amère. Très fin, avec aussi des notes de miel d’acacia et d’agrumes confits, il allie complexité et élégance.

- 2000 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est le millésime qui a le moins d’extrait sec, et un peu moins d’acidité. Grande structure, large, côté confit et crémeux très savoureux. Notes de raisin de Corinthe. Vin sphérique, tout en douceur et délicatesse, un peu moins tendu et frais que les précédents.

- 1999 Tokaji Aszu 6 puttonyos : c’est LE grand millésime des années 90. A se damner. Couleur superbe d’intensité, de paille brune. Nez de camphre, très riche, confit, sur les fruits secs. Bouche de même acabit, splendide de complexité et de saveurs mêlées, avec une liqueur parfaite. Grande race, acidité au poil. Finale énorme, forcément.

- 1995 Tokaji Aszu 6 puttonyos : on entre là dans le dur, avec des vins qui ont pris de l’âge sans pour autant être évolués. Le nez reste frais, ouvert, sur l’abricot sec. Bouche large onctueuse, de grande tension, rappelant l’amande.

Ce n’est là qu’un tour de piste bien sûr. Le reste de la gamme est de même rigueur et réussite. Enfin pour terminer, petit tour d’horizon des mille et une façons de déguster ces vins d’or : poulet rôti avec une peau croustillante, simple et imparable, cuisines exotiques, épicées ou légèrement sucrées-salées. En dessert, pourquoi pas, sur l’acidité d’une tarte au citron.

Reportage de Véronique Raisin.

NB : certaines voyelles portent un accent aigu, que j’ai paresseusement subtilisé, mon clavier se prêtant difficilement au bilinguisme.

Tokay, pinot gris, quelle différence ?

Encore appelé il y a peu « tokay pinot gris », le cépage pinot gris est aussi présent dans sa Bourgogne originelle sous le nom de Beurrot. Depuis le 1er avril 2007, la mention tokay est redevenue l’apanage exclusif des vins liquoreux produits en Hongrie.

L’épilogue de 80 années de tractations entre les deux pays, puisqu’un premier accord bipartite datant de 1926 prévoyait l’abandon par la Hongrie de la dénomination « cognac » en échange d’une disparition du terme tokay sur les étiquettes de vins français. Cet accord n’avait jamais été appliqué, mais l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne, en 2004, avait été l’occasion de rouvrir le débat.

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Château-Chalon : vers une enchère record ?

janvier 4th, 2012 by Rédaction iDealwine

L’appellation Château-Chalon, au cœur du Jura, est connue pour produire des vins de très grande garde. Aux enchères, certains millésimes peuvent atteindre des prix très élevés comme ce sera sans doute le cas d’un 1870 qui sera mis en vente le 4 février prochain dans le cadre de la Percée du vin jaune.

La Percée du vin jaune est une grande fête viticole annuelle qui tourne de village en village pour célébrer l’arrivée sur le marché d’un nouveau millésime du célèbre vin oxydatif du Jura. Un vin qui est élevé pendant six années ”sous voile” et sans ouillage (opération qui consiste à compenser l’évaporation naturelle du vin en remplissant périodiquement les tonneaux pour éviter toute bulle d’air).

Cette année, la Percée aura lieu dans le petit village de Ruffey-sur-Seille et sera, comme chaque année, l’occasion d’assister à une grande vente aux enchères de vins régionaux. Et les organisateurs espèrent atteindre de belles enchères avec une bouteille de Château-Chalon (une appellation produisant un vin jaune particulièrement recherché) du millésime 1870.

Bernard Pujol, président de la Commission de la vente aux enchères de la Percée, est parvenu à dénicher cette pépite dans une maison de Saône-et-Loire : « La bouteille appartient à la famille Desprès depuis la fin du XIXe siècle. Elle est l’héritière du patrimoine de la famille Caucal dont le patriarche, Eugène, a fondé une distillerie de cassis et de prunelle. La bouteille a été retrouvée il y a peu de temps dans une cachette de la maison de maître. » Cerise sur le gâteau, il s’agit d’un très grand millésime. Une information confirmée dans la bible de Charles Rouget, grand ampélographe français (scientifique qui étudie la vigne, ses cépages et leurs évolutions dans le temps) originaire du Jura. Il a ainsi qualifié les vins de Château-Châlon de cette année-là de « vins de toute haute qualité ». Pour cette bouteille, du millésime marqué par la défaite de Napoléon III à Sedan, les amateurs vont donc devoir mettre la main à la poche. « Nous imaginons que le commissaire-priseur mettra la bouteille aux enchères autour de 4.000 €. Nous espérons qu’elle sera adjugée à plus de 5.000 €», annonce Bernard Pujol. Bien qu’il s’agisse d’une jolie somme pour un vin du Jura, on resterait loin des 57 000 € atteints l’an dernier pour une bouteille de vin jaune de… 1774 !

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Le champagne Dom Pérignon 2003 est lancé !

décembre 29th, 2011 by Rédaction iDealwine

Le millésime 2003, dont on se souvient des excès, n’était pas un millésime facile, même si de nombreux amateurs associent encore trop souvent bons millésimes à années très chaudes et très ensoleillées. Mais quand on travaille avec soin en champagne, même les millésimes délicats peuvent révéler d’excellentes cuvées.

Richard Geoffroy, l’emblématique chef de cave du champagne Dom Pérignon a annoncé le lancement du dernier millésimé de la gamme Dom Pérignon le 7 décembre dernier, c’est à dire le 2003. Ce champagne d’exception sera commercialisé dès janvier 2012.

Cuvée mythique de champagne, Dom Pérignon déclenche les passions. Chaque nouveau millésime de la cuvée phare de la maison Moët et Chandon est un petit évènement.

2003 fut un millésime compliqué pour l’ensemble des vignobles hexagonaux et particulièrement en Champagne. Les gelées du 7 et du 11 avril resteront gravées dans les mémoires des champenois comme une catastrophe qui détruisit une très grande partie de leur récolte de chardonnay. Puis un été lui aussi historique, le plus torride depuis 53 ans, avec un mois d’août caniculaire et des vendanges les plus précoces depuis 1822 !

Dom Pérignon 2003 est le fruit d’un assemblage de 62% de pinot noir et de 38% de chardonnay, des pourcentages qui sont la conséquence directe du gel. Car ce pourcentage restera lui aussi mémorable et unique en son genre, lorsque l’on sait que sur les 37 millésimes de Dom Pérignon depuis 1921, l’assemblage des deux cépages oscille autour de 50 % – 50%.

Concluons sur ces mots de Richard Geoffroy : « Je n’ai jamais eu l’ombre d’un doute, 2003 est un vrai millésime… C’est le plus intense des millésimes que nous ayons produits. »

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Déjà apprécié par les Anglais à la fin du XIIè siècle, l’essor du Champagne débute véritablement sous Louis XV. Son succès ne se démentira pas au long des siècles, amplifié par la couverture médiatique dont il bénéficie désormais à chaque grand événement. Dom Pérignon, moine bénédictin nommé cellerier de l’abbaye d’Hautvilliers en 1668, marqua son époque par sa contribution à l’élaboration du vin de champagne, à l’origine conçu pour être un vin « tranquille » (sans bulles). Dom Pérignon est à chaque millésime un hommage à l’œuvre du moine éponyme. Si l’ambition de Pierre Pérignon était alors d’offrir le vin « le meilleur du monde », la destinée de son œuvre fut telle que la postérité en a fait le père spirituel du champagne. L’avènement de Napoléon, ami de Jean-Remy Chandon, en 1804, marque le début d’une ère de succès commercial ininterrompue pour la maison Moët & Chandon, dont la renommée est aujourd’hui planétaire. « Le » Dom Pérignon, cuvée de prestige de la maison, est certainement le champagne le plus connu au monde. Commercialisée à partir de 1936 (dans le millésime 1921, produit à 300 exemplaires seulement), elle connut un succès mondial immédiat. Cette cuvée à la bouteille caractéristique, en forme de flacon du XVIIIè siècle, est élaborée uniquement les meilleures années. Le volume de flacons de Dom Pérignon produits est un secret jalousement gardé par le groupe LVMH, aujourd’hui propriétaire de la maison Moët et Chandon.

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Nous avons testé : La Paulée de Meursault

décembre 20th, 2011 by Véronique Raisin et Cyrille Jomand

l’Ecriteau de la 79° Paulée

Le week-end de la vente des Hospices de Beaune se prolonge traditionnellement par la Paulée de Meursault, un banquet façon grandes heures de la République. Mon foie et moi, nous y sommes allés, et nous en sommes retournés, chacun de notre côté. En chemin, j’ai croisé Cyrille, hôte du sémillant Michel Crestanello, passé sous pavillon Albert Bichot.

Le décor : le château de Meursault, traversé la veille en petite foulées lors du semi marathon de Beaune, et dont je n’avais pas une vision très nette ni globale, m’est apparu ce lundi-là ensoleillé, sous un jour nouveau. Début des réjouissances à midi avec un tour des caves, magnifiquement voûtées, un verre de blanc à la main.

Le banquet : le soixante-dix-neuvième du nom. Au cours du repas, le prix de la Paulée de Meursault, qui récompense chaque année un auteur, fut remis à Jean-Robert Pitte. C’est un intermède culturel toujours appréciable. Et dont on se souvient assez bien parce qu’il est en début de boucherie.

Ensuite tout le monde s’assoit, on est un peu serrés, mais l’ambiance est d’autant plus sympathique. Je suis invitée par le Domaine Boyer-Martenot à Meursault, avec la fine équipe du Domaine Gilles Buisson à Saint-Romain. Il y a là aussi quelques joyeux Belges, forcément.

La valse des étiquettes débute, une valse à quarante-quatre temps (au moins, parce qu’après j’ai arrêté de compter et je suis allée dormir).

Sans égrainer tous les vins passés dans mon gosier ce jour-là, une litanie rébarbative pour vous chers lecteurs, j’en choisirais quelques-uns qui m’ont émue ou achevée.

La mise en papilles du saint-romain Sous la Velle 2005 du Domaine Buisson fut de bon ton. Gras, ample, avec du coffre, il a placé le curseur à bonne hauteur. Un puligny 2008 Les Reuchaux de Boyer-Martenot, fin et ciselé, m’a tapé dans l’œil, parfait avec la pyramide de saint-jacques et langouste aux petits légumes. Un meursault 2007 de Rémi Jobard l’a rejoint illico presto.

La thématique en blanc fut largement axée sur le Meursault, forcément, avec des millésimes jeunes, 2006, 2007 ou 2008 essentiellement. Le meursault-charmes 2008 de Boyer-Martenot portait bien son nom, tout en délicatesse mais avec du peps. Je retiendrai aussi le 2006 Les Narvaux de la maison Michelot, le 2008 Genevrières de Boyer-Martenot (vous allez croire que je fayote, mais non) et en magnum, le Perrières 2002 toujours de notre hôte.

A peine le temps de passer au blanc de bar aux herbes que la cadence reprend de plus belle avec un Montrachet 1999 du Domaine Prieur servi en jéroboam. Superbe. Le Criots-Bâtard-Montrachet 1999 de Blin-Gagnard, le dernier blanc, épilogua doctement : grande classe, longiligne, complet.

Plat suivant : des ris de veau au beurre de noisette, cèpes et gnocchis gratinés au parmesan, chou et biseaux de carotte.

Transition hors piste pour les rouges avec un Vega Sicilia Unico 1982 ! Ouh là là, quelle jeunesse dans la robe et dans les arômes et, en bouche, une fraîcheur délicieuse, une rondeur caressante.

Le suprême de canette rôti, noix de cajou et légumes à la truffe de Bourgogne arriva à point. Le service actif est assez impressionnant, un ballet de serveurs avec des plats à chaque doigt, qui se faufilent comme ils peuvent avec empressement dans les allées déjà bien encombrées.

Les bouteilles s’échangent de table en table, on se lève, on bavarde, on se claque la bise, et crac, tiens toi ici, mais quel hasard, oh mon Dieu elle est pas belle la vie et patati patata.

Bientôt patatras d’ailleurs.

Rouges sur blancs rien ne bouge que je me dis.

Corton Charlemagne 2006 de Javillier, Charmes 2001 de Rémi Jobard, Pommard 2009 de Gilles Buisson, Chambolle-Musigny 2000 de Barthod, Corton Grand Cru 1996 de Bonneau du Martray.

Pause. Sassicaïa 1997, un peu végétal à mon goût, mais qui permet de repartir sur un chambertin 1996 de Denis Mortet puis un magnum de Clos Vougeot 1990 d’Anne Gros. Ce magnum m’a tuer.

Il est environ 20h00. Il fait nuit depuis belle lurette. On a clapé des mains, chanté, trinqué, fait tourner les serviettes. Le bal des petits blancs attend pour la suite, d’autres repartiront pour une virée dans les caves de Meursault. Je ne balancerai pas mais Michel Crestanello m’a dit qu’il avait fini à deux heures du matin avec un plat de pâtes. J’ai dormi treize heures.

L’année prochaine, ça recommence. Il faut faire les trois glorieuses m’a t-on dit : la trilogie infernale, samedi soir, dimanche soir et lundi. Il faut avoir la foi.

Je laisse la parole à Cyrille !

La plume de Véronique est comme toujours alerte et je dois bien avouer que son style est fort plaisant. Néanmoins, je me dois de faire quelque mises au point à propos de cette Paulée 2011.

Première mise au point

Grâce à la généreuse invitation d’Albéric Bichot, de la maison éponyme, pour lequel travaille désormais notre ami Michel Crestanello, lui-même une presque institution de la belle Bourgogne, je participais en effet à ma troisième Paulée. Si Véronique ne consent pas à lister tous les vins qu’elle a bus, ce n’est pas parce qu’elle considère que ce serait rébarbatif, c’est plutôt qu’elle souhaite jeter un voile pudique sur la bonne soixantaine de crus dans lesquels elle a trempé ses lèvres. Ce type de coquetterie, croyez-moi, disparait en général dès la deuxième participation à ce mythique banquet.

N’ayant pas peur de cela et étant quelque peu habitué aux quolibets de quelques jaloux, je liste sans fausse pudeur plus bas les noms de mes conquêtes du jour. Je rejoins Véronique sur le fait que le plus important est de décerner ses coups de cœur parmi ses levées de coudes du jour. A ce rythme là, et compte tenu du niveau global fort relevé, les coups de cœur sont ceux qui restent gravés en mémoire quelques jours après l’évènement.

En voici donc 3 parmi les grands blancs du jour :

- un magnifique Chablis Grand Cru Moutonne du Domaine Long-Depaquit en millésime 2003 apporté par mes hôtes (qui venait après un non moins fameux Chablis Grand Cru Blanchots 2005), nez très expressif d’agrumes et d’iris, parfait équilibre en bouche entre minéralité et volupté, très grande longueur ;

- un impérial Montrachet Grand Cru Boillot 2006 en jéroboam, « enooorme », nez puissant, bouche ample et pleine, tout en gardant une grande finesse, l’évidence de boire un très grand vin ;

- un iconique Meursault Perrières Coche Dury 1995, sur un millésime qualifié par le maître lui-même de difficile, une superbe bouteille : nez sur la noisette, subtiles notes miellées et d’aubépines, grande finesse, matière très vivante en bouche avec une texture légèrement granuleuse, très longue finale.

Et en voici un parmi les rouges : Pommard 1er Cru les Rugiens Joseph Voillot 1964 : une étonnante jeunesse, avec une très belle fraicheur en bouche. Arômes évolués de sous-bois, et notes giboyeuses bien élevées. La bouteille est à son apogée, un magnifique témoignage laissé par la génération précédente de vignerons, la magie du vin et des vieux millésimes.

Deuxième mise au point :

Si Véronique est partie se coucher à vingt heures, c’est uniquement parce qu’elle était attendue au Domaine de la Pousse d’Or le lendemain matin pour une nouvelle dégustation. Quant à nous, nous avons en effet pour habitude d’honorer ceux qui nous invitent. Aussi à vingt heures, lorsque la fraîche nuit meurisaltienne commençait à nous saisir, nous avons saisi notre courage (et notre verre) et sommes allés trouver un peu de chaleur dans les caves de Meursault. D’abord accueillis chez Jean-Marie Bouzereau, où nous avons goûté sur fûts les merveilleux 2009 et quelques millésimes plus mûrs dont un simple et superbe village 2001, puis chez Ballot-Minot où, outre les très bons meursaults, nous avons pu découvrir le savoir-faire de ce domaine avec les rouges 2009 (Chambolle-Musigny notamment). Là, à vingt-trois heures, les moqueurs qui pensent que c’est un métier facile la ramènent en général un peu moins. Aussi lorsque nous nous sommes retrouvés après minuit devant un plat de pâtes accompagné d’un Grand Cru de la Côte de Nuits dont je tairai le nom par respect (pour vous), on peut quand même considérer que tout cela était, au final, bien mérité.

Merci à la Bourgogne pour ces instants magiques et vivement l’année prochaine !

Et pour finir voici donc une liste non exhaustive de quelques jolis flacons dégustés en cette belle journée :

Champagne Pol Roger 1998

Corton Charlemagne GC 2010 Bouzereau

Meursault 1er cru Les Genévrières Domaines des Comtes Lafon

Chablis GC Blanchots 2005 Domaine Long-Depaquit

Chablis GC La Moutonne 2003 Domaine Long-Depaquit

Meursault 1er cru Poruzot Domaine Bouzereau 2007

Meursault 1er cru Goutte d’Or Domaine Buisson-Battault 2007

Chablis 1er cru Montée de Tonnerre 2006 Domaine Raveneau

Meursault 1er cru les Narvaux 2001 Domaine Bouzereau

Meursault 1er cru les Charmes A. Bichot 2005

Corton Charlemagne Domaine du Pavillon A. Bichot 2001

Montrachet GC 2006 Domaine Boillot

Montrachet GC 1999 Domaine Jacques Prieur

Meursault 1er cru les Perrières Domaine Jean-François Coche-Dury (Magnum)

Batard Montrachet GC Domaine Pierre Morey 1990

Beaune Clos des Mouches Domaine Drouhin 2009 (jéroboam)

Pommard Clos du Pavillon Domaine A. Bichot 2002

Meursault 1er cru Goutte d’Or 1999 Domaine Bouzereau

Chambertin GC 2002 Domaine du Clos Frantin A. Bichot

Clos Vougeot GC Château de la Tour 1996

Corton Bressandes GC 1999 Follin-Arbelet

Echezeaux GC 2002 Domaine des Perdrix

Corton GC 1997 Domaine Bertagna

Clos Vougeot GC 1999 Domaine Mugneret

Clos Vougeot GC 1999 Domaine Drouhin

Corton Grancey GC 2001 Domaine Louis Latour

Château Montrose 1995

Châteauneuf-du-Pape Château de Beaucastel 2001

Châteauneuf-du-Pape Domaine de Pégau Cuvée Réservée 2001

Hermitage de l’Orée 1999 Chapoutier

Sassicaia 2007 (impériale)

Vega Sicilia Unico 1982

Clos de la Roche GC Ponsot 2001

Chambolle-Musigny 1er cru les Amoureuses Domaine Roumier 2000

Echezeaux Domaine de la Romanée Conti 1991

Pommard 1er cru les Rugiens Domaine Voillot 1964

Pommard 1er cru les Rugiens Domaine Voillot 1969

Château Suduiraut 1996

Gewurztraminer SGN Deiss 2002

Cognac Grande Fine Champagne Napoléon 1818

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