Posts Tagged ‘Michel Bettane’

Ryan O’Connell, un Américain à Cabardès

mars 18th, 2011 by Veronique Raisin

Alors que s’ouvrait à Carcassone, le week-end dernier, un Vinocamp (deux journées de tables rondes et d’échanges sur le thème du vin et d’internet), iDealwine a passé au gril le blogueur Ryan O’Connell (ovineyards).

Ses parents ont tout plaqué, maison en Louisiane, business florissant dans l’immobilier, pour un coin de ciel bleu et quinze hectares de vignes et le charme des vieilles murailles de Carcassonne. Le fiston a suivi ; pas encore très décidé sur son avenir – il avait 19 ans à l’époque -, naviguant entre sciences politiques, art et littérature, la reconversion paternelle a orienté la sienne.

Vigneron du jour au lendemain, Ryan ne met pas très longtemps à comprendre que si ces vins rouges puissants de merlot, cabernet et syrah sont sa fin, le Net est un bon moyen. Il crée un blog, Love that Languedoc, accessoirement pour éviter la taille (!), surtout pour parler de lui et de sa passion pour les vins de la région. Entreprenant, le garçon prend aussi la casquette de commercial et assure les 50% d’export du domaine.

« Le métier me plaît. Bien sûr j’aurais pu rester aux Etats-Unis et faire la même chose. Mais quitte à bouger, autant partir loin !« . Premier millésime en 2005 – la propriété a été achetée fin 2004 – un réseau qui commence à bien se développer, de l’enthousiasme à revendre et des idées – trop ? – qui jaillissent au gré des rencontres et des voyages.

Mais Ryan, à part le Cabardès, tu aimes quoi ?

Ton dernier coup de cœur

C’était à Vienne, à l’occasion de l’European Wine Business Conference ; j’ai goûté un vin autrichien du Leithaberg, produit par le domaine Artner’s work. C’est un vin rouge que j’ai trouvé très exotique, avec une bonne acidité. J’ai aimé la recherche entre maturité et fraîcheur.

L’accessoire dont tu ne te sépares jamais ?

Ma petite caméra Flip.

Tu es plutôt bouteille, canette ou magnum ?

Magnum !

Le restaurant où tu as ton rond de serviette ?

Je suis juste à côté de Carcassonne et j’adore l’Hôtel de la Cité. En été, le Jardin de l’Evêque est un endroit très agréable. Il y a de bons vins, on y mange bien. Et comme c’est le même propriétaire que la Barbacane, le restaurant gastronomique, je peux demander la carte des vins !!

Ton accord mets et vin préféré ?

Un marcassin avec une bonne syrah du coin… allez savoir laquelle !!!

La fin de la bouteille au resto : tu la bois ou doggy-bag ?

Je la bois, toujours !

Le vin que tu as honte de boire ?

C’est un vin très « Nouveau Monde » alors tout le monde me taquine dès que j’en bois : Brewry Hill, shiraz, un vin rouge australien.

Ta première gorgée de vin : quand et avec qui ?

J’ai été baptisé à Paris, au champagne ; j’avais trois ans… Je ne m’en souviens pas mais c’est sûrement mon premier vin.

La bouteille qui a déclenché ta passion

Il n’y en a pas une en particulier. Petit, je buvais un peu de vin à table, avec mes parents. Le vin a été une découverte naturelle.

Tu ne pourrais pas vivre sans …

Vin bien sûr, c’est trop facile :-) J’aime beaucoup l’art, visuel, écrit ou vinique.

Le vin que tu aimes faire découvrir à tes amis néophytes

Un vin du Languedoc.

Tu recraches : systématiquement, seulement quand c’est mauvais, jamais ?

Quand j’ai vraiment besoin, dans une grosse dégustation.

Si tu partais sur une île déserte, quelle bouteille emporterais-tu ?

Un vin qui résiste à la chaleur :-) Je pense à la cuvée Naïck Blanc du domaine de l’Oustal Blanc, en Minervois (un VDT à base de grenache gris ndlr) mais j’en prendrais quelques cartons dans ce cas.

Le flacon que tu voudrais avoir dégusté avant de mourir

J’aimerais vivre assez pour regoûter mon 2005 dans 40 ans, j’ai hâte de le revisiter. Ou alors une bouteille légendaire du domaine de la Romanée Conti car je connais très peu la Bourgogne.

« La vérité est au fond du verre ». Au fond, est-ce toujours la vérité ?

Oui, les deux parties de la question sont vraies. Le vin c’est l’opportunité d’une expérience unique, comme au théâtre, dans chaque verre ou chaque gorgée.

Retrouvez le blog de Ryan O’Connell

http://love-that-languedoc.com/

En savoir plus sur le vinocamp de Carcassonne

http://vinocamp.fr/

A lire également : les derniers portraits d’amateurs

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Bourgogne Live

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Jean-Marie Guffens

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Et d’autres, à retrouver dans la rubrique Portraits d’amateurs

Sur France 3, samedi : une enquête policière à Pomerol avec Pierre Arditi

février 10th, 2011 by Veronique Raisin

Saint Pétrus et le saigneur> Rendez-vous samedi 12 février à 20h30 sur France 3.

Jean-Pierre Alaux et Noël Balen sont les auteurs d’une série de romans policiers « Le Sang de la vigne », publiée chez Fayard (17 volumes à ce jour).

Le héros, Benjamin Cooker, est un oenologue réputé qui, aidé de son jeune assistant Virgile Lanssien, enquête sur de sombres histoires de meurtres, toutes sur fond de décor viticole…

La première adaptation de l’un des romans de la série a été tournée cet été avec, dans le rôle principal, Pierre Arditi. Cet épisode intitulé « Les larmes de Pasquin » se passe à Pomerol ; il est l’adaptation du Tome 9 « Saint-Petrus et le saigneur ».

Si ce premier épisode séduit les téléspectateurs, d’autres suivront. Alors tous à vos postes !

Jean-Pierre Alaux nous conte le sujet de cette enquête et les coulisses du tournage.

Ecoutez l’interview de Buzz Vins sur LCI Radio, avec Michel Bettane :

Portrait : Michel Bettane, Wine Man

décembre 10th, 2010 by Veronique Raisin

bettaneAlors que s’ouvre à Paris le Grand Tasting, découvrons la face cachée et intime de ce dégustateur mondialement reconnu. Homme de lettres, de notes – aromatiques et musicales, de coeur, Michel Bettane pianote sur le fil de la vie avec enthousiasme et une soif de connaissances insatiable.

Drôle de parcours que le sien : normalien, professeur de lettres, il eut pu être tout aussi bien chef d’orchestre ; il a choisi d’enseigner le goût, de le cultiver et de vouer sa vie au vin. Une mémoire prodigieuse, une connaissance des vignobles encyclopédique, une capacité d’étonnement intacte, il passe parfois aux yeux de ceux qui n’en perçoivent que la face publique, pour un donneur de leçons ; pour ceux qui se donnent un peu la peine de le connaître, il est un humaniste, les pieds dans le terroir, la tête dans les étoiles.

Quelle a été votre première rencontre avec le vin ?

J’ai commencé à m’intéresser au vin à 18 ans. Avant cela, je n’en buvais pas. J’étais chargé de remonter les vins de la cave de mon père ; j’étais fasciné par la poésie des noms sur les étiquettes et par leur contact. Je me souviens des meursault-charmes des Comtes Lafon, d’un volnay clos-des-chênes…

Quel vin a déclenché votre passion ?

Un haut-brion 1962. J’avais 18 ans. A l’époque je n’aimais pas le vin rouge. J’étais avec des amis, au bord du lac de Neuchâtel et l’un deux avait apporté cette bouteille. Forcément je l’ai goûtée, et là ça a été le déclic : jamais un vin ne m’avait fait un truc pareil ! J’ai acheté et lu tous les livres possibles et imaginables sur le vin et monté un club de dégustation informel avec mes amis de Normale Sup.

On achetait une bouteille par semaine, c’était l’époque où on pouvait encore s’offrir de grands crus.

Et après ? L’enseignement, les lettres…

Oui, mais j’ai aussi suivi en parallèle les cours de l’Académie du vin à Paris, fondée par Steven Spurrier. J’avais comme professeur Michel Dovaz ! J’y ai ensuite moi-même donné des cours puis rejoint la RVF, avec Chantal Lecouty. En 1991 j’ai arrêté d’enseigner le français et me suis consacré au vin exclusivement.

Quel a été votre dernier coup de cœur ?

J’ai eu la chance de boire à deux reprises une Romanée Conti 1966 : c’est un vin complètement fou, d’une beauté et d’une pureté extraordinaires. Et puis j’ai regoûté dernièrement Haut-Brion 1962, le vin qui m’a fait aimer les grands vins. Il est encore plus jeune à cinquante ans qu’il ne l’était à dix !

Quel chef vous touche le plus ?

Le cuisinier qui m’a donné le plus d’émotions est sans conteste Alain Senderens.

Votre accord mets et vin préféré ?

C’est tout simple : des oeufs mollets en sauce béchamel à la truffe blanche d’Alba, servis avec un grand barolo : le Percristina de Domenico Clerico.

Vous ne pourriez pas vivre sans …

Sans boire du vin, sans bien manger, sans musique, sans Montaigne et Saint-Simon.

Quel vin choisiriez-vous pour « initier » quelqu’un qui ne connaît rien au vin ?

Un vin blanc. Un grand sauternes par exemple, par goût naturel. Ou peut-être un vieux pinot noir, qui reflète son terroir et ses origines, qui ait la gueule de l’endroit et les tripes de celui qui le fait comme dit Jacques Puisais ; pas un vin de surface en somme !

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?

Un grand champagne. J’hésite entre Selosse et Egly. Mais en magnum en tout cas ça c’est sûr !

Quel vin choisiriez-vous pour séduire une femme ?

Soit un grand spätlese allemand, de la Moselle ou de la Saar, d’une dizaine d’années. Soit un vieux bourgogne, chambolle ou vosne-romanée. Mais fait en vendanges entières ! Parce que ces vins incarnent l’idée du raffinement et du parfum. Ils ont un profil aromatique très créatif, très noble ; il n’y a pas de mots pour les décrire. Je pense à un musigny 62, une romanée-conti 66 ou une tâche 66 : ces vins sont des oeuvres d’art en matière de parfum.

Qu’est-ce qui fait un grand vin ?

Le plus important dans un grand vin, c’est l’unité entre le corps et la saveur. Le fait qu’on ne fasse plus attention à l’objet réel ; il est comme dématérialisé.

Vous pourrez croiser Michel Bettane dans les allées du Grand Tasting, au Carrousel du Louvre, vendredi 10 et samedi 11 décembre 2010.

Plus d’information : www.grandtasting.com

A lire également :

Portrait : Thierry Desseauve, confessions (d’un gamin du siècle)

Yquem, Angélus, … : belle horizontale de 2003 à Sup de Co Paris

février 13th, 2010 by Rédaction iDealwine

degust_escpMichel Bettane était invité à ESCP-Europe (Ecole Supérieure de Commerce de Paris) par Oenocratia, l’association d’œnologie de l’école le 10 février 2010. Une belle dégustation de près de 3 heures, dont iDealwine était partenaire.

Le co-auteur du Grand Guide des Vins de France a commencé par présenter les origines du vignoble bordelais, et notamment la commercialisation de ses vins par les anglais. Son extension progressive l’a conduit à devenir l’un des vignobles les plus importants en France, regroupant certaines des appellations les plus prestigieuses : Pauillac, Pessac-Léognan, Saint-Estèphe, Saint-Julien, Pomerol, Saint-Emilion, Margaux ou encore Sauternes.
Un petit rappel historique qui nous a amenés directement à l’encépagement de ce vignoble et à sa formation. Cabernet sauvignon, cabernet franc, petit verdot et merlot pour les grands cépages de rouge et sauvignon et sémillon pour les blancs.
Avant de débuter la dégustation, Michel Bettane a tenu à insister sur la spécificité du millésime 2003, année de canicule. La sécheresse a frappé le vignoble bordelais jusqu’à la fin août, ce qui a fait grandement souffrir la vigne. Heureusement, le début du mois de septembre a connu quelques beaux passages pluvieux. Conséquence de cela : les châteaux qui ont vendangé trop tôt se sont retrouvés avec un millésime « grillé » (certains, comme le Château Le Pin, n’ont pas produit de millésime), tandis que ceux qui ont su être patients ont réalisé un millésime exceptionnel de maturité, de richesse aromatique, de concentration et d’équilibre.

Huit crus étaient proposés au cours de cette dégustation :

Château Carbonnieux Rouge 2003
Cru Classé de Pessac-Léognan

Le nez n’est pas encore totalement développé, mais il offre déjà de beaux arômes de pruneaux et de réglisse. Il est chaleureux et équilibré. En bouche, les tanins sont fondus et l’acidité est faible. De légères notes mentholées en fin de bouche.

Château Malartic-Lagravière Rouge 2003
Cru Classé de Pessac-Leognan

Le vin offre plus de profondeur que le Château Carbonnieux. En bouche, on a la sensation de velouté, une légère sucrosité se fait même ressentir et rend le vin encore plus gourmand. Rapidement, les notes de réglisse, de chocolat, de moka et de cerise surgissent. Voluptueux, ce vin est gourmand dans sa jeunesse, mais présente un beau potentiel de garde.

Château Siran 2003
Cru Bourgeois Exceptionnel de Margaux

Puissant, ce vin présente un nez sur les épices et le pin. La richesse aromatique des pruneaux et de la réglisse se fond avec une belle qualité des tanins et de la texture. Château Siran 2003 est un vin mûr qui termine sur une allonge remarquable.

Château Brane-Cantenac 2003
2ème Grand Cru Classé de Margaux

On retrouve une trame commune des vins de margaux avec le Château Siran. Mais le style est différent avec notamment des tanins plus secs en fin de bouche.

Château Larmande 2003
Grand Cru Classé de Saint-Emilion

Ici encore le millésime 2003 s’exprime et l’on retrouve les notes de réglisse et d’épices. Belle souplesse en milieu de bouche.

Château Soutard 2003
Grand Cru Classé de Saint-Emilion

Avec ses raisins moins mûrs que la moyenne des Saint-Emilion du millésime, Soutard 2003 s’exprime avec plus de vigueur, de robustesse et de puissance. Malgré des tanins secs, le vin est chaleureux et sa finale se caractérise par une amertume noble.

Château Angélus 2003
1er Grand Cru Classé B de Saint-Emilion

Equilibre et harmonie parfaite semblent être les qualificatifs appropriés pour décrire ce vin. Acidité, tanins et arômes : l’ensemble est merveilleusement fondu. Particulièrement élégant, Angélus 2003 est un vin soyeux où le tanin et la barrique neuve ne se superposent pas à sa richesse. Au contraire, la persistance aromatique et la parfaite maturité des raisins en font définitivement un très grand vin.

Château d’Yquem 2003
1er Cru Classé de Sauternes

« Guitry disait qu’après du Mozart le silence qui succédait était encore du Mozart. Après une gorgée d’Yquem, les instants qui suivent sont toujours d’Yquem ». Cette citation de Frédéric Dard résume à la perfection la dégustation du très grand Château d’Yquem. Très liquoreux, ce vin n’en est pas moins formidablement équilibré. L’exceptionnelle palette aromatique semble infinie et s’étend du raisin confit à l’ananas confit. On le sent évoluer vers les agrumes, orange, zeste d’orange, coing, gelée de coing, …

Une belle dégustation, bien organisée et animée qui montre que l’intérêt pour ce magnifique patrimoine qu’est le vin n’attend pas le nombre des années…

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TAST : toujours plus de grands vins !

juin 29th, 2009 by Rédaction iDealwine

Couverture magazine TASTLe dernier numéro de TAST, le magazine du tandem de dégustateurs le plus célèbre de France, Michel Bettane et Thierry Desseauve, vient de paraître.

Au sommaire, une étude de terroir sur Chambertin et Chambertin Clos de Bèze, une époustouflante verticale de Perrier-Joüet de 1825 à 2002, une enquête dans les coulisses de la filière bois pour voir de quel bois les tonneliers se chauffent, un portrait d’une jeune Frenchy au pays des kangourous et bien sûr, comme à chaque numéro, les indiscrétions du monde viticole, avec les domaines découvertes du Grand Guide des Vins de France 2010 (à paraître dès cet été) et la revue de presse anglo-franco des meilleurs blogs !
Vous ne recevez pas encore TAST ? Abonnez-vous vite au 01 48 01 90 14 ou bb@bettanedesseauve.com




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