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Dégustation du millésime 2009 des bordeaux de l’Union des Grands Crus

octobre 19th, 2011 by Rédaction iDealwine

« Très grand millésime. » « Millésime du siècle » « Année de rêve ». Les superlatifs n’avaient pas manqué lors de la présentation des 2009 en primeurs. Et finalement, si c’était vrai, maintenant qu’ils sont en bouteille ?

Comme chaque année, L’Union des Grands Crus de Bordeaux présentait à Paris le millésime 2009 qui vient d’être mis en bouteille. Même si quelques rares châteaux “stars” manquent à l’appel, cette rencontre permet de se faire une bonne idée du millésime et des belles réussites de celui-ci.

Le premier élément à retenir est que, dans son ensemble, 2009 est effectivement un très beau millésime. La plupart des domaines a récolté des raisins à une juste maturité et rares sont les notes végétales de sous-maturité. Et s’il fallait résumer 2009 en quelques mots on pourrait dire que cette année se qualifie plus par la puissance et l’opulence que par la finesse et la délicatesse. Les meilleurs vins sont donc ceux qui ont su se préserver des (petits) excès du millésime.

Sincèrement, aucune appellation ne se distingue particulièrement par une réussite supérieure (ou inférieure !) aux autres. On a souvent entendu dire que la rive gauche avait particulièrement réussi ce millésime. Ce que nous avons goûté rive droite, particulièrement à Saint-Emilion, nous a semblé au moins au même niveau que les rouges du Médoc.

Plutôt qu’un palmarès des appellations, voici donc les vins qui nous ont le plus enthousiasmé lors de cette dégustation.

Les très grandes réussites

Margaux : Brane-Cantenac (du fruit, matière délicatement extraite et très aromatique), Prieuré-Lichine (beaucoup d’élégance mais belle puissance maîtrisée, très beau fruit parfumé), Rauzan-Ségla (un joli jus dense mais sans excès, reste délicat et fin).

Saint-Julien : Beychevelle (fin, élégant, délicat, extraction maîtrisée, matière “dynamique”), Gruaud-Larose (aromatique et frais, vin “retenu” très bordelais classique, sapidité, grande garde)

Pauillac : Grand-Puy-Lacoste (belle matière dense, juteuse, très nette, beaucoup de sapidité, de grande garde), Pichon Longueville Comtesse de Lalande (beaucoup de finesse, finale longue sur un fruité mûr et délicat, délicieux)

Saint-Estèphe : Les Ormes de Pez (vin délié, juteux, gourmand)

Pessac-Léognan (rouges) : de Chevalier (matière “détendue”, gros jus dense, boisé un peu marqué), Haut-Bailly (merveilleuse délicatesse de la matière, finesse des tannins, puissance maîtrisée, très beau vin de grande garde), Malartic-Lagravière (vin très “policé”, suave, juteux, pas trop extrait), Smith Haut Laffite (beaucoup de fraicheur, matière dynamique en bouche)

Saint-Emilion : Canon (joli fruit, matière dense et puissante, un peu “serrée” pour l’instant, à attendre), Clos Fourtet (nez déjà complexe, bouche à la fois élégante et puissante, un “gros jus” qui développera beaucoup d’arôme au fil des années), Pavie Maquin (joli nez d’un fruité mûr sans excès, matière juteuse, très équilibrée, délicieuse, puissance retenue, finale très dynamique, une sensation très forte de terroir), Berliquet (beau nez mûr, matière dense et déliée, puissante mais équilibrée, tannins très soyeux)

Sauternes/Barsac : Nairac (superbe équilibre sucre/acidité qui donne un aspect aérien à ce vin, c’est très précis, presque cristallin, plein de fruit et d’arômes, magnifique !), Guiraud (sensation de plus de puissance que Nairac, un autre type d’équilibre, très botrytisé, mais pur et long), de Fargues (joli rôti, matière à la fois puissante et dynamique, très savoureux)

Les autres réussites

Margaux : Cantenac-Brown, Rauzan-Gassie.

Saint-Julien : Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gloria.

Pauillac : Lynch-Bages

Saint-Estèphe : Cos Labory

Pessac-Léognan (rouges) : Pape Clément

Pessac-Léognan (blancs) : de Chevalier, Malartic-Lagravière, Pape Clément

Saint-Emilion : Larcis Ducasse, La Tour Figeac, Soutard, La Gaffelière, Grand Mayne, Figeac, Canon la Gaffelière

Pomerol : Beauregard, La Cabane, La Conseillante

Sauternes/Barsac : Doisy-Védrines, Sigalas Rabaud

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Gloria in excelsis vino

décembre 31st, 2009 by Veronique Raisin

gloriaLe  jeune château Gloria, propriété de Jean-Louis Triaud (également connu comme patron des Girondins et gendre de Henri Martin, à l’origine de la renaissance du vignoble), fêtait il y a quelques jours ses 70 ans, en même temps que ceux de son hôte : Alain Senderens. Pipoles et journalistes avaient été conviés de longue date pour une symphonie en rouges d’anthologie.

L’autre propriété familiale, château Saint-Pierre, 4e cru classé de Saint-Julien, était de la partie. En première mi-temps, une dégustation verticale des 2004, 2005 et 2006 permit de se faire une certaine idée des derniers millésimes, en écho à ceux qui allaient bientôt être servis au déjeuner (le château Bel-Air, un haut-médoc également dans le giron des Triaud depuis trente ans, fit une belle prestation).

Le maestro avait planché dur, c’est certain : les accords présentés furent de haute volée.

L’entrée en matière surprit par son audace : du navet. Dieu que c’est démodé. Celui-là était du Pardailhan (un terroir à navet languedocien), cuit en trois façons : en purée, entier et en palais. L’association autour de l’amertume fut sublime.

Château Gloria 1979 l’entoura de ses bons soins : une évolution patente, mais néanmoins un vin encore vivace, frais et long, délié, sur des arômes tertiaires  délicatement réglissés, acheva de séduire l’assemblée.

Suivirent des suprêmes de grouse d’Écosse, volatile apprêté en viennoise, au caractère giboyeux prégnant. Loin de se laisser démonter par la puissance du coq de bruyère, Saint-Pierre 1989 contra généreusement la texture ferme de la viande par un velouté des plus épanouis et une tendreté avenante. Plus fatigué à la robe que certains grands crus, ce 89 démontrait encore une belle énergie.

Vint le fromage. Méfiance car les doctes préconisent le vin blanc. Les plus audacieux ou les moins sceptiques continuent de voir rouge, à condition de rester fidèle. Au saint-nectaire. Escorté de lamelles de champignon de Paris cru, de pain toasté, l’accord mets et vins se joua en deux rounds : autour des arômes de sous-bois, de mousse, et sur les textures, entre le croquant du pain et le moelleux de la pâte. Tout simplement parfait !

Fin du temps réglementaire avec un dessert 100% chocolat : bonbon et tartelette face à un Château Gloria 1989 tout en velours et retenue. Il fallait oser. Ce le fut. Bravo.

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