Nous avons testé : La Paulée de Meursault
décembre 20th, 2011 by Véronique Raisin et Cyrille JomandLe week-end de la vente des Hospices de Beaune se prolonge traditionnellement par la Paulée de Meursault, un banquet façon grandes heures de la République. Mon foie et moi, nous y sommes allés, et nous en sommes retournés, chacun de notre côté. En chemin, j’ai croisé Cyrille, hôte du sémillant Michel Crestanello, passé sous pavillon Albert Bichot.
Le décor : le château de Meursault, traversé la veille en petite foulées lors du semi marathon de Beaune, et dont je n’avais pas une vision très nette ni globale, m’est apparu ce lundi-là ensoleillé, sous un jour nouveau. Début des réjouissances à midi avec un tour des caves, magnifiquement voûtées, un verre de blanc à la main.
Le banquet : le soixante-dix-neuvième du nom. Au cours du repas, le prix de la Paulée de Meursault, qui récompense chaque année un auteur, fut remis à Jean-Robert Pitte. C’est un intermède culturel toujours appréciable. Et dont on se souvient assez bien parce qu’il est en début de boucherie.
Ensuite tout le monde s’assoit, on est un peu serrés, mais l’ambiance est d’autant plus sympathique. Je suis invitée par le Domaine Boyer-Martenot à Meursault, avec la fine équipe du Domaine Gilles Buisson à Saint-Romain. Il y a là aussi quelques joyeux Belges, forcément.
La valse des étiquettes débute, une valse à quarante-quatre temps (au moins, parce qu’après j’ai arrêté de compter et je suis allée dormir).
Sans égrainer tous les vins passés dans mon gosier ce jour-là , une litanie rébarbative pour vous chers lecteurs, j’en choisirais quelques-uns qui m’ont émue ou achevée.
La mise en papilles du saint-romain Sous la Velle 2005 du Domaine Buisson fut de bon ton. Gras, ample, avec du coffre, il a placé le curseur à bonne hauteur. Un puligny 2008 Les Reuchaux de Boyer-Martenot, fin et ciselé, m’a tapé dans l’Å“il, parfait avec la pyramide de saint-jacques et langouste aux petits légumes. Un meursault 2007 de Rémi Jobard l’a rejoint illico presto.
La thématique en blanc fut largement axée sur le Meursault, forcément, avec des millésimes jeunes, 2006, 2007 ou 2008 essentiellement. Le meursault-charmes 2008 de Boyer-Martenot portait bien son nom, tout en délicatesse mais avec du peps. Je retiendrai aussi le 2006 Les Narvaux de la maison Michelot, le 2008 Genevrières de Boyer-Martenot (vous allez croire que je fayote, mais non) et en magnum, le Perrières 2002 toujours de notre hôte.
A peine le temps de passer au blanc de bar aux herbes que la cadence reprend de plus belle avec un Montrachet 1999 du Domaine Prieur servi en jéroboam. Superbe. Le Criots-Bâtard-Montrachet 1999 de Blin-Gagnard, le dernier blanc, épilogua doctement : grande classe, longiligne, complet.
Plat suivant : des ris de veau au beurre de noisette, cèpes et gnocchis gratinés au parmesan, chou et biseaux de carotte.
Transition hors piste pour les rouges avec un Vega Sicilia Unico 1982 ! Ouh là là , quelle jeunesse dans la robe et dans les arômes et, en bouche, une fraîcheur délicieuse, une rondeur caressante.
Le suprême de canette rôti, noix de cajou et légumes à la truffe de Bourgogne arriva à point. Le service actif est assez impressionnant, un ballet de serveurs avec des plats à chaque doigt, qui se faufilent comme ils peuvent avec empressement dans les allées déjà bien encombrées.
Les bouteilles s’échangent de table en table, on se lève, on bavarde, on se claque la bise, et crac, tiens toi ici, mais quel hasard, oh mon Dieu elle est pas belle la vie et patati patata.
Bientôt patatras d’ailleurs.
Rouges sur blancs rien ne bouge que je me dis.
Corton Charlemagne 2006 de Javillier, Charmes 2001 de Rémi Jobard, Pommard 2009 de Gilles Buisson, Chambolle-Musigny 2000 de Barthod, Corton Grand Cru 1996 de Bonneau du Martray.
Pause. Sassicaïa 1997, un peu végétal à mon goût, mais qui permet de repartir sur un chambertin 1996 de Denis Mortet puis un magnum de Clos Vougeot 1990 d’Anne Gros. Ce magnum m’a tuer.
Il est environ 20h00. Il fait nuit depuis belle lurette. On a clapé des mains, chanté, trinqué, fait tourner les serviettes. Le bal des petits blancs attend pour la suite, d’autres repartiront pour une virée dans les caves de Meursault. Je ne balancerai pas mais Michel Crestanello m’a dit qu’il avait fini à deux heures du matin avec un plat de pâtes. J’ai dormi treize heures.
L’année prochaine, ça recommence. Il faut faire les trois glorieuses m’a t-on dit : la trilogie infernale, samedi soir, dimanche soir et lundi. Il faut avoir la foi.
Je laisse la parole à Cyrille !
La plume de Véronique est comme toujours alerte et je dois bien avouer que son style est fort plaisant. Néanmoins, je me dois de faire quelque mises au point à propos de cette Paulée 2011.
Grâce à la généreuse invitation d’Albéric Bichot, de la maison éponyme, pour lequel travaille désormais notre ami Michel Crestanello, lui-même une presque institution de la belle Bourgogne, je participais en effet à ma troisième Paulée. Si Véronique ne consent pas à lister tous les vins qu’elle a bus, ce n’est pas parce qu’elle considère que ce serait rébarbatif, c’est plutôt qu’elle souhaite jeter un voile pudique sur la bonne soixantaine de crus dans lesquels elle a trempé ses lèvres. Ce type de coquetterie, croyez-moi, disparait en général dès la deuxième participation à ce mythique banquet.
N’ayant pas peur de cela et étant quelque peu habitué aux quolibets de quelques jaloux, je liste sans fausse pudeur plus bas les noms de mes conquêtes du jour. Je rejoins Véronique sur le fait que le plus important est de décerner ses coups de cœur parmi ses levées de coudes du jour. A ce rythme là , et compte tenu du niveau global fort relevé, les coups de cœur sont ceux qui restent gravés en mémoire quelques jours après l’évènement.
En voici donc 3 parmi les grands blancs du jour :
- un magnifique Chablis Grand Cru Moutonne du Domaine Long-Depaquit en millésime 2003 apporté par mes hôtes (qui venait après un non moins fameux Chablis Grand Cru Blanchots 2005), nez très expressif d’agrumes et d’iris, parfait équilibre en bouche entre minéralité et volupté, très grande longueur ;
- un impérial Montrachet Grand Cru Boillot 2006 en jéroboam, « enooorme », nez puissant, bouche ample et pleine, tout en gardant une grande finesse, l’évidence de boire un très grand vin ;
- un iconique Meursault Perrières Coche Dury 1995, sur un millésime qualifié par le maître lui-même de difficile, une superbe bouteille : nez sur la noisette, subtiles notes miellées et d’aubépines, grande finesse, matière très vivante en bouche avec une texture légèrement granuleuse, très longue finale.
Et en voici un parmi les rouges : Pommard 1er Cru les Rugiens Joseph Voillot 1964 : une étonnante jeunesse, avec une très belle fraicheur en bouche. Arômes évolués de sous-bois, et notes giboyeuses bien élevées. La bouteille est à son apogée, un magnifique témoignage laissé par la génération précédente de vignerons, la magie du vin et des vieux millésimes.
Si Véronique est partie se coucher à vingt heures, c’est uniquement parce qu’elle était attendue au Domaine de la Pousse d’Or le lendemain matin pour une nouvelle dégustation. Quant à nous, nous avons en effet pour habitude d’honorer ceux qui nous invitent. Aussi à vingt heures, lorsque la fraîche nuit meurisaltienne commençait à nous saisir, nous avons saisi notre courage (et notre verre) et sommes allés trouver un peu de chaleur dans les caves de Meursault. D’abord accueillis chez Jean-Marie Bouzereau, où nous avons goûté sur fûts les merveilleux 2009 et quelques millésimes plus mûrs dont un simple et superbe village 2001, puis chez Ballot-Minot où, outre les très bons meursaults, nous avons pu découvrir le savoir-faire de ce domaine avec les rouges 2009 (Chambolle-Musigny notamment). Là , à vingt-trois heures, les moqueurs qui pensent que c’est un métier facile la ramènent en général un peu moins. Aussi lorsque nous nous sommes retrouvés après minuit devant un plat de pâtes accompagné d’un Grand Cru de la Côte de Nuits dont je tairai le nom par respect (pour vous), on peut quand même considérer que tout cela était, au final, bien mérité.
Merci à la Bourgogne pour ces instants magiques et vivement l’année prochaine !
Et pour finir voici donc une liste non exhaustive de quelques jolis flacons dégustés en cette belle journée :
Champagne Pol Roger 1998
Corton Charlemagne GC 2010 Bouzereau
Meursault 1er cru Les Genévrières Domaines des Comtes Lafon
Chablis GC Blanchots 2005 Domaine Long-Depaquit
Chablis GC La Moutonne 2003 Domaine Long-Depaquit
Meursault 1er cru Poruzot Domaine Bouzereau 2007
Meursault 1er cru Goutte d’Or Domaine Buisson-Battault 2007
Chablis 1er cru Montée de Tonnerre 2006 Domaine Raveneau
Meursault 1er cru les Narvaux 2001 Domaine Bouzereau
Meursault 1er cru les Charmes A. Bichot 2005
Corton Charlemagne Domaine du Pavillon A. Bichot 2001
Montrachet GC 2006 Domaine Boillot
Montrachet GC 1999 Domaine Jacques Prieur
Meursault 1er cru les Perrières Domaine Jean-François Coche-Dury (Magnum)
Batard Montrachet GC Domaine Pierre Morey 1990
Beaune Clos des Mouches Domaine Drouhin 2009 (jéroboam)
Pommard Clos du Pavillon Domaine A. Bichot 2002
Meursault 1er cru Goutte d’Or 1999 Domaine Bouzereau
Chambertin GC 2002 Domaine du Clos Frantin A. Bichot
Clos Vougeot GC Château de la Tour 1996
Corton Bressandes GC 1999 Follin-Arbelet
Echezeaux GC 2002 Domaine des Perdrix
Corton GC 1997 Domaine Bertagna
Clos Vougeot GC 1999 Domaine Mugneret
Clos Vougeot GC 1999 Domaine Drouhin
Corton Grancey GC 2001 Domaine Louis Latour
Château Montrose 1995
Châteauneuf-du-Pape Château de Beaucastel 2001
Châteauneuf-du-Pape Domaine de Pégau Cuvée Réservée 2001
Hermitage de l’Orée 1999 Chapoutier
Sassicaia 2007 (impériale)
Vega Sicilia Unico 1982
Clos de la Roche GC Ponsot 2001
Chambolle-Musigny 1er cru les Amoureuses Domaine Roumier 2000
Echezeaux Domaine de la Romanée Conti 1991
Pommard 1er cru les Rugiens Domaine Voillot 1964
Pommard 1er cru les Rugiens Domaine Voillot 1969
Château Suduiraut 1996
Gewurztraminer SGN Deiss 2002
Cognac Grande Fine Champagne Napoléon 1818
- Belle journée sur la Bourgogne…
- l’Ecriteau de la 79° Paulée
- Michel Crestanello, heureux berger du Chablis Grand Cru Moutonne du Domaine Long-Depaquit
- Chablis 1er cru Montée de Tonnerre Domaine Raveneau 2006
- Anne Morey du Domaine Pierre Morey présente son Meursault Tessons
- Jean-Robert Pitte prononce son discours sur le terroir de Meursault
- Un ange passe … avec un Montrachet 2006 du Domaine Boillot en jéroboam
- Montrachet GC Domaine Jacques Prieur 1999 en jéroboam
- Jean-François Coche présente un Meursault 1er cru Les Perrières 1995
- Aubert de Villaine (Domaine de la Romanée Conti) au travail !
- Le seul animal (écossais) admis à la Paulée !
- Rioja Reserva 1997 Vina Tondonia
- Véronique Raisin et Michel Crestanello
- Chambolle Musigny 1er cru les Cras Domaine Georges Roumier 2000
- Jean-Paul Madeleno (Caveau de la Tour) et son impériale de Sassicaia 2007
- Pommard 1er cru les Rugiens Millot-Battault 1933
- Pommard 1er cru los Micault Joseph Voillot 1964
- Clos de la Roche Grand Cru Domaine Ponsot 2001
- Highland Park 1968
- les Caves du Domaine Vincent Bouzereau
A lire également sur le blog d’iDealwine :
Vécu : la 78° édition de la Paulée de Meursault au Château de Meursault
Bonne adresse : l’Astrance, à Paris, un écrin pour la promotion des vins de Chablis
octobre 5th, 2011 by Veronique Raisin
Une ouverture en 2000, trois étoiles Michelin accrochées sept ans plus tard, le restaurant l’Astrance s’est hissé au niveau des meilleurs en un temps record. Cette adresse discrète de la rue Beethoven – on peut passer devant sans y prêter garde – interprète subtilement une cuisine intuitive, avec un grand génie des saveurs.
Pascal Barbot et Christophe Rohat, le premier en cuisine, le second en salle, sont de petits prodiges. Ces anciens de chez Alain Passard (L’Arpège) ont retenu du maître la délicate mise en scène des légumes et des fleurs, un grand sens de l’harmonie et la fulgurance des saveurs. Leur cuisine, tout en légèreté, est d’une précision diabolique.
Outre une salle de théâtre de poche (25 couverts), la mise en scène repose sur l’improvisation : deux particularités des lieux qui en ont fait son succès, à son corps défendant pour la première. Dans l’assiette, place aux intuitions de Pascal Barbot, au gré des saisons, des envies, et surtout de ses voyages. Ce curieux de toutes les cultures culinaires s’en inspire et rapporte chaque fois dans ses bagages des idées et des ingrédients : soja, gingembre et citronnelle de ses deux ans passés à Londres, noix de coco, vanille et citron vert de Nouvelle-Calédonie, cérémonie du thé du Japon. Dès qu’il le peut, il s’échappe le temps d’un week-end, au Maroc ou en Italie, et plus près de nous, à Rungis, pour y acheter tous ses produits. En plus du marché francilien, une liste de fournisseurs longue comme le bras permet de puiser dans un fond béant de marchandises d’excellence.
Christophe, en salle, jauge le public, prend son pouls et la température, pour s’accorder avec Pascal ; le duo peut alors concocter des menus sur-mesure, pour chaque table.
Comme au spectacle, on s’installe, le ballet des plats défile et on savoure, des amuse-bouche à la dernière miette. Ceux-là donnent le ton et placent la barre très haut : palets amande, pomme verte et citron et craquants aux algues noir. Ils s’avancent comme des hosties, on les déguste religieusement avec un verre de Chablis Premier Cru Les Fourchaumes 2008. Comme le dit si joliment Olivier Poussier, maître de cérémonie ce soir-là , le tête-à -tête entre l’acidité du fruit et celle du vin, l’iode de la feuille de noir et la minéralisé du chablis fonctionne à merveille.
Pour fêter le 160e millésime de la Maison Laroche, Michel et Gwenaëlle Laroche s’étaient montrés grands seigneurs, réservant à leurs hôtes un moment particulièrement inoubliable, car unique. Le menu concocté donnait la réplique à La Réserve de l’Obédience, Grand Cru Les Blanchots, décliné en quatre millésimes.
Le 2008 fut servi avec un tartare de veau et coques, copeaux de parmesan, alliance terre et mer. Un oxymore parfait, portée par l’énergie du chablis, de grande pureté, forcément charmeur dans son caractère juvénile. Le 2004, un petit peu plus évolué, avec de beaux amers, accompagna un homard poché dans un consommé de crustacés à la gentiane et réglisse ; pas d’astrance, cette plante vivace n’étant – c’est le comble – pas comestible. Vint le 2003, sphérique, joufflu et pourtant de grande tension ; qui l’eût dit perdu d’avance se serait fort trompé. Un double filet de sole, résistant, cuit à l’arête, aux saveurs de curry, condiment papaye/mangue, donnait au vin un répondant aigre-doux et épicé audacieux. Enfin le 2000 avait été sélectionné pour son relief, un élevage sous bois légèrement plus ostentatoire ; avec la poularde jaune des Landes, huîtres sous la peau, cèpes et fondue de parmesan (damned !) ce fut un mariage opulent mais heureux.
Pour clore ce répertoire, un dessert tout en légèreté, sorbet abricot et yuzu, croustillant mangue et gingembre, servi avec un muscat de Rivesaltes 1994 du Domaine Cazes, venu à point nommé.
Ovni gastronomique, l’Astrance est une adresse incontournable, sensible et juste.
Ne pas y aller serait un péché, y retourner est déjà l’antichambre du paradis.
L’Astrance
4, rue Beethoven
75016 PARIS
Tél. : 01 40 50 84 40
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Recette de la semaine : carpaccio de langoustines et de citron
août 7th, 2011 by Rédaction iDealwine
Au cÅ“ur de l’été, nous avons fait le choix d’une recette raffinée, qui exige un peu de doigté et de temps. Mais quel délice ! Réservez ce plat aux plus gourmets de vos amis, et accompagnez-le d’un chablis, d’un pouilly-fuissé ou d’un sancerre blanc. Régal en perspective…
Préparation:
20 mn
Cuisson:
25 mn
Ingrédients pour 4 personnes :
- 800 g de langoustines
- 2 cuil. Ã soupe d’huile d’olive
- 1 gousse d’ail
- 1 citron
- 3 cébettes
- 2 oignons
- 1 pincée de graines de coriandre
- 1 pincée de graines de cumin
- 10 cl de vin blanc sec
- Sel, poivre
Préparation de la recette
Décortiquez les langoustines, ôtez le fil noir.
Réservez au frais la chair des langoustines d’une part et les têtes d’autre part.
Otez le zeste du citron et détaillez-le en fine julienne.
Pressez le jus du citron et réservez-le.
Faites blanchir le zeste dans un tout petit peu d’eau bouillante pendant 2 mn.
Otez le vert des cébettes et découpez la partie blanche en fines rondelles.
Pelez et détaillez les 2 oignons en fines rondelles.
Pilez les graines de cumin et de coriandre.
Ecrasez la gousse d’ail.
Dans une poêle versez l’huile d’olive et faites suer à feu doux les blancs de cébette, le zeste du citron, l’ail et 1 oignon pendant 5 mn.
Ajoutez le vin et le jus de citron, les têtes de langoustines, les épices pilées et 20 cl d’eau froide. Salez à votre goût.
Laissez cuire à feu doux pendant 20 mn.
Au terme de la cuisson ôtez les têtes de langoustines.
Saisissez la chair des langoustines en les plongeant chacune 10 secondes, pas plus, dans ce bouillon.
Nappez le plat de service des tranches fines de l’oignon restant.
Disposez les langoustines sur ce lit d’oignon.
Nappez-les du bouillon obtenu.
Une recette proposée en partenariat avec Goosto.
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Vente à Lyon : grands Bordeaux, Romanée Conti 1961 et vins du Rhône
juin 30th, 2011 by Rédaction iDealwine
Avec ses quelque 550 lots, le catalogue de la vente de Lyon mérite plus qu’un détour. Au programme, de belles signatures de Bordeaux, une superbe sélection de vins de la vallée du Rhône et de beaux flacons de Bourgogne, parmi lesquels un mythe : Romanée Conti 1961.
Pas question de passer à côté de ce catalogue ! Parmi les grands crus de bordeaux proposés à la vente, les amateurs retrouveront avec bonheur de grands classiques tels que Château Léoville Las Cases 1990, 1998, Château Gruaud Larose 1998, Château Palmer 1995 ou encore Château Calon Ségur 2000. A noter également, la présence de belles références de sauternes, parmi lesquels Château d’Yquem 1975, Château de Fargues 1989, Château Filhot 2001… En Bourgogne les vins sont moins nombreux, mais on trouve tout de même au catalogue un flacon absolument exceptionnel de Romanée Conti 1961. Un mythe, à peu près introuvable aujourd’hui ! Parmi les bourgognes blancs, il ne faudra pas laisser passer les chablis du domaine Dauvissat. Ils sont présentés à la vente dans de beaux millésimes, et tout particulièrement 2002. On trouve ains les grands crus Les Clos et les Preuses 2002 ou encore le 1er Cru Forest, 2002 également.
En vallée du Rhône la sélection est particulièrement alléchante. Du côté de Côte-Rôtie tout d’abord, on retrouve les grandes cuvées de Guigal : La Landonne 1999, 2001, 2005, 2006, La Turque 2000, 2001, 2005, La Mouline 2000, 2001, 2005, et aussi Château d’Ampuis 2003, 2004. On notera la présence d’une rare impériale de Châteauneuf du Pape Vieux Télégraphe 1990, à ne pas confondre avec la cuvée impériale du domaine Raymond Usseglio, proposée, celle-là , en magnum. Intéressants également, l’hermitage La Chapelle 1998 de la maison Jaboulet et, en blanc l’hermitage Ex Voto 2001 de Guigal.
Les enchères se clôturent sur iDealwine le 4 juillet prochain.
Accords mets et vins sur les tapas et autres recettes d’ibères-marchés
juin 1st, 2011 by Veronique Raisin
Hola que tal ? Muy bien amigo. Nul besoin d’être bilingue, en fait, pour saisir que les petits trucs délicieux qu’on appelle tapas sont 1) rapides à préparer 2) rapides à avaler 3) créent une atmosphère chaleureuse et décontractée pour une soirée réussie, en toute simplicité. Pour ceux qui ont fait allemand LV2, les tapas sont l’équivalent de nos amuse-bouches. Mais dire tapas, c’est beaucoup plus chic et ça montre que vous avez voyagé. Quelques rappels historiques et surtout, nos suggestions d’accords mets et vin : Olé !
Le mot tapa vient du castillan tapar qui signifie « boucher » ou « recouvrir » car à l’origine, on posait une tartine de pain agrémentée de charcuterie ou de fromage, sur un verre de vin, pour débuter le repas. Certains pensent que c’était une mesure d’hygiène, pour éviter aux insectes ou aux poussières de sable de tomber dans le verre. Mouais. D’autres pensent mieux et prétendent que c’est le roi Alfonso X qui aurait institué cette coutume pour éviter à ses sujets de boire trop de vin à jeun. Plus crédible à mon sens.
En Espagne, dans les bars à tapas, il est de coutume que chacun se serve librement des tapas présentés sur des plateaux ou au bar. Ils sont généralement surmontés d’un « pincho » (cure-dent) et posés sur une petite tranche de pain à l’huile d’olive. Au moment de l’addition, on compte les cure-dents.
Les Espagnols consomment les tapas à toute heure du jour et de la nuit dans les bars ; chez nous, on les sert plutôt en guise d’apéritif, au milieu des verrines, ou à côté des Monaco. Bien sûr, selon l’imagination, le temps dont on dispose et des produits régionaux, les tapas peuvent être plus ou moins sophistiqués, mais toujours variés.
Voici des exemples de tapas faciles à réaliser, avec quelques pistes d’accords mets et vins.
1- Degré maximal de la feignasserie : fines lamelles de pata negra ou de jamon iberico ou alors de beaux copeaux de parmesan. Et crac, on se réfugie : du champagne. Un blanc de blancs, ou une cuvée non dosée. Ou bien un blanc sec ciselé et servi frais, comme un chenin de Loire ou un pinot gris d’Alsace.
2- Si l’on est un peu plus calé en cuisine ou que l’on dispose d’une mère de famille sous le coude, pas trop au bord de la crise de nerf et certifiée niveau 3 (enfants), on peut compliquer un peu les choses.
- Crevettes marinées à l’ail : un vin blanc vif, chenin de Loire, sauvignon de Touraine ou des Graves, un riesling jeune. Egalement un vin rosé (Tavel, Bandol, Côtes de Provence).
- Verrines avocats crevettes : là encore un blanc servi frais, avec de la rondeur et du gras, comme un chardonnay de Mâcon ou de Saint-Véran, ou encore un sauvignon de Sancerre.
- Piquillos farcis au fromage de chèvre : un blanc sec et rafraîchissant (muscadet, entre-deux-mers), pourquoi pas un gamay jeune et servi bien frais ? (Fleurie, Côtes de Brouilly, Touraine). Ou encore, si on reste en blanc, un sancerre ou un chablis.
- Toasts de polenta aux tomates séchées : un rosé de Provence, de Marsannay ou un Bordeaux clairet ; un blanc des Côtes du Rhône ou de Provence ; en tous les cas évitez les vins boisés.
- Calamars frits : du blanc ! Corse par exemple, ou provençal, également un picpoul-de-pinet ; allez dans la Loire cherchez un vin simple et de bonne acidité comme un muscadet, un quincy ou un menetou-salon.
- Toasts de tapenade (voir la recette de la tapenade verte): optez pour un rosé (côtes-de-provence, rosé de Tavel ou des Coteaux d’Aix).
- Mini bouchées de porc marinées au sésame : soit un blanc d’Alsace (pinot blanc), soit un rouge léger (Jura, Touraine ou Anjou, Beaujolais, Bourgogne).
- Courgettes roulées aux anchois / Hareng et pomme de terre froide : un blanc d’acidité vive s’impose pour équilibrer le gras de la préparation : muscadet, aligoté, sauvignon très sec de Touraine.
- Gougères au comté : un bon vin jaune jurassien, tout indiqué ! Un meursault, un graves, un vin de Savoie.
- Roquefort et poires sur pain d’épices : un vin liquoreux ou un moelleux avec de l’acidité (jurançon, bonnezeaux, coteaux du Layon, barsac). Egalement un porto tawny, un rivesaltes ou un banyuls.
- Tartine de jambon sur chutney de figues : un demi-sec de Vouvray, tranquille ou effervescent conviendra bien. Dans tous les cas un blanc tendre, au fruité pas trop prononcé.
- Bouchées de poulet mariné au curry : un blanc sec avec de la rondeur (chenin, mâcon, beaujolais blanc) ou tendre (montlouis demi-sec, coteaux de l’Aubance, pinot gris légèrement doux, gewurztraminer pas trop exubérant).
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Vente à La Varenne : de grandes années bordelaises et de rares bourgognes
avril 27th, 2011 by Rédaction iDealwine
Quelques grands millésimes bordelais. Des années de collection, des flacons issus de domaines bourguignons aujourd’hui disparus. Et aussi des bouteilles que l’on ouvrira plus facilement : il y en a pour tous les goûts dans le catalogue de cette vente.
A Bordeaux, parmi les années de collection, on retiendra, bien sûr, 1961, représenté par un lot de magnums du Château Calon Ségur. A noter également, dans le millésime 1959 les châteaux Latour, Pape Clément et Ausone.
Plus près de nous, signalons les grandes réussites du château Margaux : 1986 (en magnum) et 1990 notamment. Forts réussis également, Léoville Poyferré 1990, Léoville Las Cases 2000, Léoville Barton 1996, 2006, Pichon Baron 2005. On trouve aussi au catalogue un cru de Pomerol rarement présent dans les ventes, le château Le Pin 2007. Plus abordables, les châteaux Sociando Mallet 2005, Haut Marbuzet 2003 et, sur la rive droite, Pavie Macquin 1998.
La Bourgogne est aussi représentée au catalogue par des millésimes anciens, issus de domaines pour certains disparus : musigny GC vieilles vignes 1949 et 1972 du domaine de Vogüé, bonnes-mares GC 1974 (domaine Clair Daü), clos de la roche GC 1976 (domaine Dujac), nuits-saint-georges 1er Cru Aux Boudots 1976 (domaine Noëllat). Le domaine de la Romanée Conti n’est pas absent du catalogue : on trouve en effet les grands crus La Tâche 1975 et 2000, Romanée-Saint-Vivant 1990 ou Echézeaux 1989. Pour finir, à Echézeaux toujours, signalons le 2005 de la maison Jadot, particulièrement réussi. Dans les millésimes récents, on note la présence de grands classiques tels que le chambertin 2006 signé Jean-Louis Trapet et le gevrey-chambertin 1er Cru Clos-Saint-Jacques 2006 du domaine Louis Jadot. En côte de Beaune, quelques beaux lots, parmi lesquels un pommard 1er Cru Clos des Epeneaux 2006 (Comte Armand) et un volnay 1er Cru Clos de la Bousse d’Or 2005 (domaine de la Pousse d’Or).
En blanc, signalons quelques raretés telles que le meursault 1er Cru Les Perrières 1978 du domaine des Comtes Lafon et le chablis 1er Cru Valmur 1983 du domaine Raveneau.
En vallée du Rhône, Châteauneuf-du-Pape compte quelques dignes représentants : la cuvée de la Reine des Bois du domaine de la Mordorée est présente dans les millésimes 2000 et 2005. On trouve aussi le château-de-Beaucastel 2000, château- rayas 1978, Clos des Papes 1999 et aussi la cuvée de mon Aïeul 1998 du domaine Pierre Usseglio. En Hermitage, les cuvées de chez Jean-Louis Chave (1997, 2000 et 2005, ce dernier en magnum) ainsi que le rare Ex Voto 2005 de la maison Guigal. A noter pour finir, quelques flacons de Champagne millésimé : Dom Pérignon 1976, 1985 et Cristal Roederer 1988.
Consultez les catalogues de la vente
| 28/04/2011 18:00 : 215 lots | ![]() |
| 28/04/2011 18:05 : 520 lots | ![]() |
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La pomme de terre : un peu d’histoire et des suggestions d’accord mets et vins
avril 21st, 2011 by Veronique Raisin
Saviez-vous que la pomme de terre était … péruvienne ? Vieille de 13 000 ans ? Que c’est au 15e siècle que les Européens la rapportèrent chez eux ? Qu’ils eurent bien du mal au début à s’y habituer, et que les Français furent les derniers à en avaler, au 18e ? Quelques rappels historiques et des suggestions gourmandes d’accords mets et vins.
C’est Antoine Auguste Parmentier, pharmacien rusé comme le renard, qui la démocratisa grâce à un petit stratagème. En 1785, il fit planter des champs de pomme de terre près de Paris, surveillés par des soldats. La nuit, les coquins Parisiens venaient les subtiliser (c’est ce qu’on appelle vulgairement un « vol de nuit »…). Croyant voler un légume précieux, ils finirent par y goûter et l’adopter.
Aujourd’hui, 325 millions de tonnes de pommes de terre sont cultivées chaque année dans plus de 100 pays. Il existe de nombreuses variétés (on en crée de nouvelles régulièrement) dont les plus connues sont : la ratte de Noirmoutiers et de l’Ile de Ré, la BF15 (géniale pour la purée), la Roseval, la Bonnotte, la Charlotte, l’Amandine, la Juliette, la Pompadour, la Vitelote, la Belle de Fontenay, la Bintje…
Bien sûr, outre ses aspects nutritionnels très intéressants – la patate sauva de bien des famines – elle a aussi un pouvoir comique inépuisable en raison d’expressions courantes comme « en avoir gros sur la patate » (être victime de tropinjuste), « mettre une patate » (filer des baffes), « avoir la patate » (passer chez Décathlon), « se refiler la patate chaude » (se brûler les doigts).
Consommée en frites, en purée, en gratin, en soupe, la patate est d’un bon tempérament. C’est sa préparation bien entendu qui détermine l’accord du vin. Voici quelques exemples de recettes et d’accords*. Ils sont innombrables, c’est une petite sélection que je vous invite à tester, compléter, commenter !
- Pommes de terre fondantes tièdes au caviar : un champagne, non dosé de préférence, ou un blanc de blancs. Vous pouvez aussi faire l’expérience avec des champagnes de dix à quinze ans d’âge.
- Salade de pommes de terre à l’indienne et gambas : un vin blanc vif et rafraîchissant, pour équilibrer les épices du plat, tel un muscadet, un entre-deux-mers, un saint-véran, un savennières, un quincy.
- Gigot de lotte et fricassée de pommes de terre : un blanc onctueux, épaulé, suffisamment gras pour soutenir la texture ferme du poisson. Rhône blanc, issu de Châteauneuf du Pape de préférence, meursault, pessac-léognan, condrieu, sancerre.
- Gratin dauphinois : jouez la carte régionale avec une roussette, un bergeron ou en sortant du territoire, un chardonnay non typé du Jura ou un chenin de Loire assez fruité.
- Parmentier de canard : madiran, cahors, bergerac mais aussi faugères, costières-de-nîmes, pic-saint-loup, médoc… Un vin rouge gaillard, charnu et assez puissant.
- Gaufres de pommes de terre au saumon : on reste sur les blancs avec soit un pinot gris, soit un sancerre, un graves, un chablis.
- Grosses frites au couteau : un blanc sec et vif pour contrebalancer le côté grassouillet. Muscadet, aligoté ou pinot blanc d’Alsace. Restez simples ! Allez voir aussi du côté des vins de pays.
- Pommes de terre sautées aux langoustines : chardonnay bourguignon, à la fois friand et légèrement charnu (chablis, mâcon, pouilly-fuissé), patrimonio blanc ou roussette de Savoie. Pourquoi pas un chignin-bergeron ? Ou un pessac-léognan ? La souplesse d’un vin rosé de Provence conviendra aussi.
- Pavé de cabillaud en croûte de pommes de terre : un blanc dense et droit, comme un saumur blanc, un riesling grand cru, un pouilly-fumé, un vouvray…
* Retrouvez toutes ces recettes dans l’ouvrage de la Confrérie des Toqués de la Pomme de Terre.
Contact : Fabienne Bigot, fabienne.bigot@germicopa.fr – Tél. : 02 98 10 01 43
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