Bordeaux 2005 : un point sur les prix
septembre 28th, 2010 by Angelique de Lencquesaing
Bordeaux 2005, millésime « du siècle », était récemment annoncé comme détrôné par le 2009, encore plus mythique. A la lumière des derniers résultats enregistrés dans les ventes aux enchères de vin, revenons sur cette année qui fait désormais figure de référence.
2005, rappelons-le, réunissait toutes les caractéristiques d’un millésime parfait. Des conditions climatiques idéales, des vins annoncés comme de très longue garde : 2005 représentait le candidat idéal pour l’investissement. Et, sans surprise, à l’occasion de la campagne primeurs, les grands crus bordelais avaient suscité un fort engouement. Malheureusement, la crise financière est passée par là . Et les vins, tout juste embouteillés, ont eu à subir un retournement de conjoncture économique sans précédent à partir de la fin 2008. Les cours se sont, pour certains vins, littéralement écroulés. A fin 2009, la moitié de notre échantillon de 40 crus n’avait pas retrouvé son niveau de prix de vente en primeurs (voir notre analyse annuelle des ventes aux enchères de vin).
Qu’en est-il aujourd’hui ? En dépit d’une conjoncture toujours fragile, les 2005 bénéficient de trois facteurs qui contribuent à l’amélioration des cours : tout d’abord, la qualité du millésime se confirme. Même si Robert Parker a été avare de 100/100, comme beaucoup l’espéraient, les vins sont réellement réussis, et les perspectives de garde demeurent excellentes ; rappelons que cela n’a pas toujours été le cas sur d’autres millésimes prétendument « du siècle », 2003 au tout premier chef. Par ailleurs, la demande de grands crus bordelais poursuit sa mondialisation. Certes, celle-ci s’applique pour l’instant à une catégorie restreinte de grands crus. Mais ceux-ci sont âprement recherchés sur le marché et suscitent des hausses de cours significatives et régulières, qui pourraient s’étendre progressivement à l’ensemble des grands crus classés et assimilés. Et enfin, le niveau de prix de sortie des primeurs 2009 a été le déclencheur d’un vaste mouvement de report sur les millésimes plus anciens. Les amateurs, lassés de devoir souscrire à des niveaux de prix qu’ils jugent extravagants pour des vins encore en devenir, se sont réfugiés sur des années qu’ils considèrent comme des valeurs sûres. 2005 devrait en bénéficier à plein, de même que 2000 et 1990.
La tentation de la Chine…
Sur le haut du podium, on trouve toujours Petrus, bien évidemment – mais combien de personnes ont accès à Petrus en primeur ? – Viennent ensuite des vins que le marché asiatique s’arrache : Lafite Rothschild et son second, les Carruades de Lafite, bien sûr, mais aussi, et c’est récent, deux autres seconds vins de premiers crus : les Forts de Latour et Pavillon Rouge de Château Margaux. On constate également, mais dans une moindre mesure, que le château Latour a vu son cours se redresser ces derniers mois. A souligner, la belle performance du Château Haut Brion, dont le prix de sortie en primeur était le plus raisonnable des premiers crus classés. Dans ce Top Ten figurent également de grands pomerols dont les prix sont mécaniquement tirés vers le haut en raison de leur rareté (et de leur note, comme pour l’Eglise Clinet, 100/100 Parker).
Des performances contrastées
Les indicateurs ne sont cependant pas encore tous au vert : la moitié des vins de l’échantillon enregistre une performance inférieure à 10%, quand elle n’est pas carrément négative. Certes, la situation s’améliore (on ne compte plus que 13 vins dont les cours sont inférieurs au prix de sortie en primeur, contre 17 en fin d’année dernière). Et les perspectives restent bonnes, à terme, pour le millésime qui devrait faire figure de grand classique. Les vins concernés paient le prix (si l’on peut dire) d’une politique trop gourmande de fixation du cours de sortie en primeur. Que faudra-t-il penser des 2009 dans ce cas ? Faut-il vraiment espérer que le marché asiatique sera en mesure d’absorber l’ensemble de la production bordelaise à n’importe quel prix ? Une chose est certaine : alors que, les yeux rivés sur la Chine, les grands producteurs bordelais ont semble-t-il définitivement et sans complexe tourné le dos à leurs marchés d’origine (France, Europe, Occident), le millésime garde, à un terme plus ou moins long, de bonnes perspectives de valorisation. Et peut être, pour certaines références, une dernière chance d’avoir quelques grands Bordeaux dans sa cave !
| Vin |
Prix de sortie primeur TTC* |
Cote iDealwine | Variation / |
| au 30/09/2010 | Prix primeur | ||
| Petrus 2005 |
538 |
2202 |
309,29% |
| Carruades de Lafite 2005 |
55 |
215 |
290,91% |
| Trotanoy 2005 |
90 |
176 |
95,56% |
| Lafite-Rothschild 2005 |
490 |
950 |
93,88% |
| Pavie-Macquin 2005 |
70 |
128 |
82,86% |
| l’Eglise-Clinet 2005 |
186 |
324 |
74,19% |
| la Conseillante 2005 |
106 |
176 |
66,04% |
| Haut-Brion 2005 |
340 |
525 |
54,41% |
| Pavillon Rouge 2005 |
50 |
76 |
52,00% |
| les Forts de Latour 2005 |
80 |
121 |
51,25% |
| Troplong-Mondot 2005 |
130 |
188 |
44,62% |
| la Lagune 2005 |
38 |
53 |
39,47% |
| Léoville-Barton 2005 |
72 |
100 |
38,89% |
| Beychevelle 2005 |
40 |
54 |
35,00% |
| Domaine de Chevalier 2005 |
44 |
57 |
29,55% |
| Latour 2005 |
600 |
715 |
19,17% |
| Margaux 2005 |
600 |
710 |
18,33% |
| Talbot 2005 |
40 |
47 |
17,50% |
| Lynch Bages 2005 |
70 |
79 |
12,86% |
| Angélus 2005 |
210 |
233 |
10,95% |
| Brane-Cantenac 2005 |
44 |
48 |
9,09% |
| Haut-Marbuzet 2005 |
37 |
40 |
8,11% |
| Léoville-Poyferré 2005 |
72 |
76 |
5,56% |
| Pichon-Longueville Baron 2005 |
105 |
110 |
4,76% |
| Cos d’Estournel 2005 |
164 |
165 |
0,61% |
| l’Evangile 2005 |
166 |
167 |
0,60% |
| Sociando-Mallet 2005 |
40 |
40 |
0,00% |
| Giscours 2005 |
48 |
47 |
-2,08% |
| Palmer 2005 |
209 |
198 |
-5,26% |
| Mouton-Rothschild 2005 |
490 |
464 |
-5,31% |
| Pape Clément 2005 |
126 |
119 |
-5,56% |
| Gruaud-Larose 2005 |
48 |
44 |
-8,33% |
| Vieux Château Certan 2005 |
137 |
125 |
-8,76% |
| Montrose 2005 |
91 |
80 |
-12,09% |
| Cheval Blanc 2005 |
620 |
540 |
-12,90% |
| Léoville-Las-Cases 2005 |
240 |
195 |
-18,75% |
| Pichon Longueville Comtesse de Lalande 2005 |
120 |
95 |
-20,83% |
| Ducru-Beaucaillou 2005 |
148 |
115 |
-22,30% |
| Figeac 2005 |
98 |
73 |
-25,51% |
| Clinet 2005 |
84 |
55 |
-34,52% |
| * Prix de sortie primeur TTC en euros, accessibles aux acheteurs particuliers | |||
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Vente on-line : les bordeaux 2005 à l’honneur
juillet 20th, 2010 by Rédaction iDealwine
La vente on-line qui démarre sur iDealwine couvre, au travers de ses trois catalogues, 1200 lots issus des grandes appellations bordelaises, bourguignonnes et de la vallée du Rhône. A vos enchères, la vente se terminera en ligne le 29 juillet !
Parmi les grands crus de Bordeaux, le millésime 2005 est particulièrement à l’honneur avec des lots de Château Latour, Château Margaux, Château Haut Brion, La Mission Haut Brion, Petrus, Léoville Las Cases, Léoville Poyferré et Léoville Barton, Troplong Mondot, la Chapelle d’Ausone… A prix plus doux, on trouve dans ce même millésime les châteaux Giscours, Branaire Ducru, Talbot, Lagrange, Duhart Milon, Sociando Mallet, Chasse-Spleen.
Parmi les prix doux de la vente citons les châteaux Bernadotte 2004, Cambon La Pelouse 2003, Demoiselle de Sociando Mallet 2003, Lalande Borie 2003, Camensac 2002 ou Maucaillou 2001.
Les amateurs de vieux millésimes pourront enchérir sur des flacons tels que Château Yon Figeac 1955, Vieux Château Bourgneuf 1961, La Lagune1962, Grand Corbin Despagne 1962, Troplong Mondot 1962 et 1964, Pavie 1964 et 1967, entre autres…
La Bourgogne fait la part belle au domaine de la Romanée Conti. Les catalogues comptent quelques caisses panachées des différents crus du domaine. Elles sont proposées dans les millésimes 2002 à 2005. En restant dans les signatures de la Côte de Nuits, on trouve des chambertins 2003, 2006 et 2007 et chambertins clos de Bèze 2002, 2003 et 2007 signés Armand Rousseau, des flacons de La Romanée 2005 (Liger-Belair) et des vins du domaine des Lambrays (Clos des Lambrays, Morey Saint-Denis 1er Cru Les Loups).
A noter en Côte de Beaune, les pommard 1er Cru Les Epenots 2005 de la maison Louis Jadot, des Beaune 1er Cru Grèves Vignes de l’Enfant Jésus 2001 et 2006 de chez Bouchard. En blanc, les grands flacons ne manquent pas : Montrachet 2005 (Bouchard P&F), 2007 (Ramonet), Chevalier-Montrachet 2005 (Bouchard P&F), Chevalier-Montrachet 2006 (Ramonet), Bâtard-Montrachet 2007 (Ramonet), Chablis GC Les Preuses 2005 (William Fèvre), Chablis GC Valmur 2005 (Droin) figurent parmi les lots particulièrement convoités des amateurs.
Parmi les belles signatures de la vallée du Rhône, signalons à Châteauneuf du Pape, la cuvée les Quartz 2006 du domaine du Clos du Caillou, la cuvée Hommage à Jacques Perrin 2007 du château de Beaucastel, un lot de Château Rayas 2005 ou encore la réserve Auguste Favier 2006 du Domaine Saint-Préfert. En côte-rôtie on trouve des flacons signés Chapoutier (Les Bécasses 2005), Bonserine (La Sarrasine 2005), Bernard Burgaud (2006) ou François Villard (Le Gallet blanc 2005). Quelques grands producteurs du Languedoc (domaine de L’Hortus), de la Loire (Dagueneau, Clos Rougeard), du Sud-Ouest (Château Montus) ainsi que des vins espagnols et italiens viennent clôturer le catalogue.
Consultez les catalogues de la vente :
Catalogue 1 – Bordeaux – clôture à 14h30
Catalogue 2 – Bourgogne – clôture à 15h00
Catalogue 3 – Autres régions – clôture à 15h30
Bordeaux 2005 : les 10 valeurs les plus performantes en 2009
février 18th, 2010 by Angelique de Lencquesaing
Jusqu’à ce que l’on nous annonce des conditions climatiques absolument exceptionnelles pour l’année 2009, 2005 faisait figure de millésime du siècle. La crise est ensuite passée par là … Que sont les 2005 devenus dans les ventes aux enchères ?
2005 a été l’année de tous les superlatifs. L’engouement important suscité par la qualité du millésime avait eu pour conséquence une hausse de prix sans précédent.
Les prix de sortie en primeurs avaient enregistré, par rapport à 2004, des augmentations aboutissant à une multiplication du prix par 4 pour certains crus. Les vins s’annonçaient exceptionnels… Les opérateurs (et les spéculateurs) ont rapidement compris que les prix ne pourraient se maintenir au plus haut lorsque Robert Parker, renotant les vins en bouteille, n’attribua qu’à deux domaines (Ausone et L’Eglise Clinet) la note maximale. La crise financière a fait le reste. Les amateurs ne sont plus prêts à débourser des sommes astronomiques pour les grands crus bordelais, y compris dans un millésime d’anthologie. Pour que la demande soit présente, il faut que l’acheteur puisse espérer, à terme, une valorisation correcte. Une leçon à méditer à la veille des primeurs de Bordeaux 2009…
Sur un échantillon de 39 domaines dont nous avons analysé l’évolution du cours des 2005, il est à noter que, compte tenu du tassement des prix enregistrés au cours de l’exercice 2009, les progressions record se sont faites plus rares. Le nombre de vins dont les performances dépassent les 50% d’augmentation de prix est passé de 13 à 8 en un an. Par ailleurs, 17 domaines enregistrent une performance négative, soit 43,5% des vins. A la fin de l’année dernière, « seulement » 12 domaines (soit 30% de l’échantillon) se trouvaient dans ce cas.
Les grands gagnants de l’année se situent majoritairement sur la rive droite : on y trouve en effet Petrus – mais Petrus fait-il partie des vins réellement accessibles aux particuliers au prix indiqué dans ce tableau ? La rareté du vin, conjuguée à un mode de distribution qui suscite chaque année une véritable bagarre, autorise à en douter. Figurent également dans ce TOP 10 des meilleures performances le Château La Conseillante, qui caracole à plus de 80% de valorisation depuis sa sortie en primeurs. On trouve également les châteaux Pavie-Macquin, Trotanoy, Troplong Mondot et l’Eglise Clinet. Le volume de production, et la rareté des vins sont un facteur qui a largement contribué à protéger ces domaines contre la baisse de prix conjoncturelle à laquelle des domaines plus grands ont eu à faire face. Sur la rive gauche, on trouve sans surprise, le château Lafite Rothschild et son second, les Carruades de Lafite, mais aussi le château Haut Brion, récompensé pour la sagesse du prix de sortie de ses primeurs 2005, comparativement à ceux des autres premiers crus classés.
Bordeaux 2005 : les 10 domaines les plus performants aux enchères
| Vin | Appellation |
Prix de sortie primeur 2005 |
Cote iDw 31/12/09 |
variation / |
variation / |
|
sortie primeur |
31/12/08 |
||||
| Petrus | Pomerol |
538 |
2110 | 292,19% | -11,90% |
| Carruades de Lafite | Pauillac |
55 |
120 | 118,18% | 9,09% |
| Haut-Brion | P.-Léognan |
340 |
624 | 83,53% | -7,56% |
| la Conseillante | Pomerol |
106 |
191 | 80,19% | -2,05% |
| Pavie-Macquin | St-Emilion |
70 |
119 | 70,00% | -7,75% |
| Trotanoy | Pomerol |
90 |
147 | 63,33% | -21,81% |
| Troplong-Mondot | St-Emilion |
130 |
203 | 56,15% | -9,78% |
| Léoville-Barton | St-Julien |
72 |
110 | 52,78% | 0,00% |
| l’Eglise-Clinet | Pomerol |
186 |
275 | 47,85% | -2,83% |
| Lafite-Rothschild | Pauillac |
490 |
715 | 45,92% | -10,63% |
NBÂ : Sortie primeurs : prix moyen de sortie TTC (particuliers)
Retrouvez le tableau complet des performances de grands crus bordelais et toute notre analyse du marché dans le document :
Les ventes aux enchères de vins – Bilan 2009 et perspectives :
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