La biodynamie et le calendrier lunaire
mai 3rd, 2010 by Veronique Raisin
De l’art d’être dans la lune
Comme nous l’avions déjà évoqué, certaines périodes sont plus propices que d’autres à la dégustation. Pour les travaux de culture de la vigne et de vinification, c’est la même chose. Le calendrier lunaire est un outil de travail quotidien pour les adeptes de la biodynamie.
Les vignerons qui travaillent en biodynamie suivent le calendrier lunaire.
Rudolf Steiner inaugura cette méthode le premier, en 1924, introduisant l’idée de faire concorder les travaux agricoles avec certaines phases de la lune.
En utilisant « les forces de vie » (étymologie du mot, formé des racines grecques « bio » et « dunamis »), la biodynamie inscrit la plante dans la durée, un devenir et dans un cycle. Dans la pratique, les préparations (utilisées en dilution comme un baume homéopathique) et le calendrier lunaire sont les deux outils utilisés.
Ainsi, il y a des jours « racines », des jours « fruits », « feuilles » et « fleurs ». Et des jours sans : le noeud lunaire ou le jour de périgée. En fonction de ces jours, les travaux et soins varient.
La lune exerce une grande force d’attraction sur l’eau de la Terre ; lors de la pleine lune, cette force se traduit par une augmentation de la germination, de la croissance et de l’absorption de l’eau contenue dans les végétaux. Il est donc préférable de semer deux jours avant la pleine lune.
Les phases de la lune importent également : en lune ascendante ou montante, lorsqu’elle augmente sa trajectoire dans le ciel, la montée de la sève dans es végétaux est plus importante, l’énergie se concentre dans la partie « aérienne » de la plante, comme au printemps ou en été : l’idéal est de récolter à ce moment-là les plantes à fruits, à fleurs et à feuillages.
Le rythme sidéral de la lune lors de sa rotation autour de la Terre, est également important. Elle passe ainsi devant les douze constellations du Zodiaque comme le fait le soleil en un an. Il y a les constellations d’eau, d’air, de terre et de feu. Selon chacune, les forces transmises par la lune diffèrent.
Par exemple, « lorsque la Lune passe devant une constellation de Terre (Taureau, Vierge ou Capricorne), l’énergie de la plante est orientée vers les racines. Si il s’agit d’une constellation d’eau (Poissons, Cancer ou Scorpion), l’énergie est alors orientée vers la tige et le feuillage. Si on parle plutôt d’une constellation d’Air (Verseau, Gémeaux ou Balance) la force transmise en sera une aux fleurs. Et pour terminer, si la constellation devant laquelle passe la Lune en est une de Feu (Bélier, Lion ou Sagittaire), alors l’impulsion prédominante en sera une de fructification.
Concrètement, il faut travailler le sol, semer, transplanter, rempoter, récolter etc. dans les jours correspondant à la partie de la plante concernée.
On peut observer le ciel grâce à un cherche-étoile (sidérant sideris) ou suivre le calendrier biodynamique dans lequel sont indiqués tous les rythmes de la lune.
Il serait long ici d’expliquer tous ces rythmes en détails. Le calendrier lunaire ou le calendrier des semis de Maria Thun sont deux ouvrages pratiques qui vous donneront plus de précisions.
Pour aller plus loin :
Consultez les sites de certains domaines oeuvrant en biodynamie :
A lire également :
Agriculture biologique, lutte raisonnée, biodynamie… Comment s’y retrouver ?
Rasteau, Vinsobres en vallée du Rhône : prix très doux et qualité au rendez-vous !
février 9th, 2010 by Veronique Raisin
Dans le Vaucluse il y a des truffes, certes… mais il y a aussi les vins de Rasteau, étape incontournable sur la route des vignobles rhodaniens. Quant à Vinsobres, l’appellation a accédé en 2006 au rang de premier cru des côtes du Rhône de la Drôme provençale. Une reconnaissance bien méritée !
Au nord d’Avignon, un peu au-dessus de Gigondas et de Vacqueyras, le vignoble des côtes-du-rhône-villages Rasteau jouit de coteaux bien exposés, plein sud, protégés du mistral. Les sols de Rasteau sont très variés. Vignoble « d’altitude » (1200 hectares, jusqu’à 300 mètres), on y retrouve des terres de composition argilo-calcaires, des sols squelettiques sur marne et des sols rouges sur grès. Et comme son voisin Châteauneuf-du-Pape, de nombreuses parcelles sont recouvertes de galets roulés de quartz et de calcaire. Ces sols bruns et calcaires sont propices à la syrah, au grenache, au mourvèdre, au carignan et au cinsault pour les rouges. Les blancs sont issus de clairette, roussanne, grenache blanc et bourboulenc. La terrasse du Plan de Dieu permet l’élaboration de vins plus puissants, destinés à une garde plus longue.
Enfin Rasteau produit également des vins doux naturels : un doré à base de grenache noir vinifié en blanc et un rouge à partir du même cépage. C’est d’ailleurs pour ces vins que le vignoble de Rasteau, l’un des plus importants du Vaucluse, était connu au XVIIIème siècle. L’appellation communale Côtes du Rhône Villages Rasteau est reconnue AOC depuis 1967.
La cave de Rasteau
La cave de Rasteau est le principal acteur du vignoble. Sous son impulsion, sa renommée s’est construite. Les vins sont conduits depuis un an par un jeune oenologue, Alexis Cornu, transfuge de Pibarnon, à Bandol. La qualité des vins ne cesse de progresser, sous l’impulsion du dynamique Jean-Jacques Dost, le directeur. La cuvée Pisan 2006 par exemple est une belle réussite, tout comme le Prestige 2006.
Les Argiles bleues du domaine de Beaurenard
Issu des meilleures parcelles en coteaux et terrasses, posées sur un socle argilo-calcaire veiné d’argiles bleues – une rareté ! -, ce vin puise dans le sol sa profondeur et sa minéralité. Concentré, aux tanins naturellement denses, il ne manque ni de finesse ni d’élégance. Le nez minéral, légèrement poivré, livre des notes de fruits noirs. La bouche suit le même profil aromatique, avec un toucher velouté et une finale qui reste fraîche. Un vin qui concilie puissance et finesse.
A retrouver dans notre Offre iDéale en cours sur les vins de Beaurenard :
« Vinsobres ou sobre vin, prenez-le sobrement »
Vinsobres a accédé en février 2006 au rang de premier cru des Côtes du Rhône pour son vin rouge. Une reconnaissance amplement méritée pour ce vignoble ancien, réputé depuis l’Antiquité et qui cultive sa renommée depuis plus de cent ans. Il fut d’ailleurs classé en AOC Côtes du Rhône en 1937 et Côtes du Rhône Villages en 1957.
Le nom de Vinsobres suscite beaucoup d’interrogations et de curiosités. Autrefois appelée Vintiobriga, de « vins » signifiant vent et « briga” la montagne, colline ou forteresse, la petite cité de Vinsobres désignait donc une forteresse bâtie sur une hauteur, d’où cette vue imprenable sur la vallée de l’Eygues. On rapporte aussi que Monseigneur de Suarès, évêque des lieux, formula en 1633 la maxime suivante : « Vinsobres ou sobre vin, prenez-le sobrement« . Les vins de Vinsobres sont des vins d’assemblage, à base de grenache et de syrah majoritairement. Structurés, ils offrent un bon potentiel de garde.

Vinsobres Les Cornuds : un prélude de choc aux vins d Beaucastele
Issu d’un terroir idéal pour la syrah, le Vinsobres Les Cornuds produit par la famille Perrin vin a bénéficié d’un élevage partiel en vieilles barriques de chêne, sur les syrahs essentiellement. Le registre aromatique penche fortement vers l’olive noire, le poivre, la terre et de légères notes de violette. En bouche, souplesse et tannins élégants sont de mise. La haute acidité du millésime lui promet une belle garde. On aime particulièrement son côté charnu et élégant, sa grande densité et sa persistance aromatique.
A retrouver dans notre Offre iDéale en cours sur les vins de Beaucastel :
A savoir : seuls les vins rouges peuvent se prévaloir du nom de Vinsobres. Les blancs sont classés en Côtes du Rhône mais n’ont pas droit à la dénomination de cru. Relativement puissants et marqués par les arômes de fruits frais, d’épices et de notes grillées, les rouges se marient volontiers avec les petits gibiers à plume en saison, mais aussi plus simplement avec les viandes marinées (daube provençale, bœuf miroton), l’agneau et le canard. Une volaille truffée comme une poularde demi-deuil convient également car la truffe leur sied bien, de même que les olives noires et les herbes aromatiques (thym, laurier). Plus simplement, accordez-les avec les terrines et les grillades.
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Wine Blog Trophy : les résultats
février 2nd, 2010 by Rédaction iDealwine
Les résultats du Wine Blog Trophy, qui récompense les meilleurs blogs dédiés au vin, sont tombés. Six catégories ont été distinguées.
Voici les résultats :
- « Prix des internautes » : Bu sur le Web
- « La belle Plume » : Chroniques vineuses
- « Meilleur Design » : Bu sur le Web
- « Meilleur interactivité » : Sommelier Vins
- « Mention Spéciale Loire » : Vin&Cie, l’Espace de liberté
- « Meilleur blog » : Rouge, Blanc, Bulles
Félicitations donc au gagnant de chaque catégorie et aux organisateurs de ce prix !
Accédez au blog des gagnants :
Bu sur le Web
Chroniques Vineuses
Sommelier Vins
Vin&Cie, l’Espace de liberté
Rouge, Blanc, Bulles
Accédez au blog du Wine Blog Trophy
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Tout ce qu’il faut savoir sur le cépage gamay
octobre 22nd, 2009 by Veronique Raisin
Cépage roi du Beaujolais, le gamay n’obtient pas la reconnaissance qu’il mérite. Et pourtant…
Le gamay serait issu du croisement entre le gouais, un cépage blanc pratiquement disparu, et le pinot noir. Autrefois apanage de la Bourgogne, il fut éradiqué pour sa tendance fâcheuse à donner de gros rendements sur ces sols argilo-calcaires. Cependant, sur les terrains pauvres et schisteux du Beaujolais, il exprime sa personnalité d’élégante façon. Les formes les plus qualitatives du gamay, « petit gamay rond » et « gamay geoffray » sont aujourd’hui privilégiées. Sur les 36 400 hectares de gamay cultivés en France, le Beaujolais en compte 22 500.
Il existe deux variétés de gamay : le noir à jus blanc, le plus courant, et le gamay de Bouze (du nom de son village d’origine, Bouze-les-Beaune, en Bourgogne). Ce dernier est un raisin rouge à jus rouge, ce qui est rare, aux feuilles également rouges. Massivement planté en Touraine et dans la Vallée du Cher après la crise du phylloxera, il a alors été supplanté par le gamay noir à jus blanc et relégué au rang de faire-valoir, pire, de « teinturier », pour colorer son pâle cousin, beaucoup plus productif. En 1980, il est interdit de séjour par l’INAO. Henry Marionnet, du domaine de la Charmoise, l’a réhabilité sur 1,5 hectare.
(Source : Grand atlas des vignobles de France de Benoît France)
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Bourgogne : quelles perspectives sur le front des enchères à la rentrée ?
septembre 21st, 2009 by Angelique de LencquesaingAprès un état des lieux des vins de Bordeaux dans les ventes aux enchères, quelques pistes de réflexion sur les grands crus de Bourgogne.
Bourgogne ce qui est rare est (trop ?) cher
En Bourgogne, la crise n’a pas eu les mêmes effets qu’ailleurs. La rareté des vins produits continue à protéger nombre de grands domaines, dont la production ne suffit pas à satisfaire l’appétit des amateurs. Au cours des ventes aux enchères de cet été on a pu constater que les prix se tiennent, voire s’envolent. Quelques producteurs stars continuent à susciter un engouement qui frise la spéculation. C’est toujours le cas des domaines Roumier et Armand Rousseau pour les vins rouges, Coche-Dury et Raveneau pour les blancs. Des domaines dont il peut rester intéressant d’acquérir les millésimes récents (2005 et 2006 notamment). Mais attention, surveillez bien les cotes et les dernières adjudications enregistrées sur les vins, pour éviter, tout à l’emballement de la vente, de les surpayer. Parmi les signatures toujours activement recherchées en côte de Nuits, on trouve les vins du domaine Leroy (toutes appellations confondues), les grands « clos » (Clos de Tart, Clos des Lambrays), les gevreys-chambertin des domaines Sylvie Esmonin et Denis Mortet. Parmi les Clos de Vougeot, ceux des domaines Grivot, Anne Gros (le Grand Maupertui), Meo-Camuzet et du Château de La Tour (vieilles vignes) figurent parmi les plus recherchés. Les chambertins du domaine Trapet ont enregistré une hausse de prix ces derniers mois, mais la demande reste forte. A Musigny, la cuvée Vieilles vignes du domaine de Vogüé est systématiquement très entourée dans les ventes, de même que les vins des domaines Prieur et Mugnier.
En blanc, les domaines d’Auvenay et Anne-Claude Leflaive tiennent toujours le haut du pavé, de même que la micro-production du domaine Guffens-Heynen. Les meursaults du domaine des Comtes Lafon s’échangent à des niveaux de prix stables. A noter, en blanc, le développement d’une petite bulle spéculative sur les vins du domaine Roulot, aujourd’hui très chers.
A signaler également, l’intérêt pour les cuvées issues des parcelles dont les grandes maisons bourguignonnes sont propriétaires. Des vins qui se valorisent sur le long terme.
Chez Bouchard, citons le Beaune 1er Cru Grèves Vignes de l’Enfant Jésus et le Grand Cru Corton « Le Corton ». Chez Drouhin, le Beaune 1er Cru Clos des Mouches. Chez Louis Latour, le Corton Grancey et le Chambertin Héritiers Louis Latour (sous-coté actuellement). Chez Louis Jadot, le Chevalier-Montrachet les Demoiselles.
Les vieux millésimes gardent la cote, notamment quand ils sont issus de domaines pour lesquels les années récentes se sont envolées aux enchères. Même au cœur de l’été, les collectionneurs n’ont pas désarmé. Les vieux millésimes du domaine de la Romanée Conti n’ont pas échappé à leur vigilance lors de la dernière vente de Cannes, qui s’est déroulée en plein mois d’août. Il faut dire aussi que, toutes appellations du domaine confondues, on ne voit plus beaucoup de flacons du Domaine aux enchères. La Tâche, Richebourg, Echézeaux, Romanée Saint-Vivant et, à plus forte raison, Romanée Conti et Montrachet : les flacons estampillés « DRC » sont aujourd’hui à peu près introuvables dans les ventes. Soucieux de limiter la spéculation qui s’exerce sur ses vins, le domaine trace en effet les bouteilles qui sortent de ses chais. Le résultat : une augmentation très forte du marché de gré à gré, plus ou moins officiel, avec le manque de transparence – et, dans certains cas, de garantie – que ce type de transaction peut impliquer. Les amateurs non allocataires du fameux domaine sont ainsi, et c’est regrettable, amenés à emprunter des chemins « parallèles » pour se procurer les flacons qu’ils espèrent un jour pouvoir découvrir, et déguster.
Et que dire des vins produits par Henri Jayer ? Ils avaient atteint des sommets avant la crise financière et l’explosion de la bulle spéculative en octobre 2008. Ils se sont fait beaucoup plus rares dans les ventes depuis que les acheteurs à la recherche d’une plus-value rapide ont, eux aussi, déserté les salles. Aujourd’hui, la situation semble s’assainir, et la demande en provenance d’Asie repart. Les vins pourraient donc à nouveau trouver preneur, et repartir sur une tendance haussière.
Et la modération des prix, alors ?
La crise ne semble pas avoir incité certains domaines à modérer leurs tarifs. Alors que la demande se fait plus hésitante, que certains clients retardent leurs paiements, voire ajournent leurs commandes, les prix de certains producteurs continuent à croître inexorablement. Certains vins sont donc aujourd’hui difficiles à vendre. C’est notamment le cas du domaine Boillot, dont les fabuleux Puligny-Montrachet, trouvent plus difficilement preneur actuellement.
| Grands crus de Bourgogne | ||
| Quelques cotations à suivre | ||
| Prix (€) | Variation | |
| Chablis 1er Cru Montée de Tonnerre Raveneau 2005 | 75 | -10% |
| Chevalier-Montrachet GC Domaine Leflaive 2005 | 300 | 6% |
| Meursault 1er Cru Les Perrières Comtes Lafon 2003 | 148 | -20% |
| Meursault 1er Cru Charmes Comtes Lafon 2002 | 147 | -8% |
| Meursault 1er Cru Les Perrières Coche-Dury 2000 | 448 | 7 |
| Puligny-Montrachet 1er Cru Les Pucelles Domaine Leflaive 2002 | 124 | 5% |
| Bonnes-Mares GC Domaine Georges Roumier 2005 | 684 | 7% |
| Chambertin GC Armand Rousseau 2005 | 866 | 2% |
| Chambertin Clos de Bèze GC Armand Rousseau 1999 | 260 | 16% |
| Clos de Tart GC Mommessin 1999 | 173 | 11% |
| Clos de Vougeot GC Méo Camuzet 2002 | 150 | -10% |
| Richebourg GC Méo Camuzet 2005 | 536 | -7% |
| Richebourg GC Domaine de la Romanée-Conti 2003 | 835 | -18% |
| Romanée-Conti GC 2002 | 4500 | -9% |
| Romanée-Saint-Vivant GC Domaine de la Romanée-Conti 2002 | 447 | -17% |
A venir : l’analyse des vins de la vallée du Rhône et de Champagne.
A lire : L’analyse du marché des Bordeaux
Angélique de Lencquesaing
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