Archive for the ‘Tendances de marché’ Category

Faut-il vendre vos primeurs 2008 ?

juillet 6th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Les bordeaux 2008, désormais en bouteille et livrés à ceux qui les avaient réservés en primeur, font progressivement leur apparition dans les ventes aux enchères. A des niveaux de prix qui font apparaître, pour certains crus, de belles plus-values. Faut-il les vendre maintenant ?

Pour l’instant les bordeaux 2008 sont encore rares dans les catalogues. Mais les niveaux de prix enregistrés confirment ce que tout le monde avait commencé à réaliser lors de la sortie des primeurs 2009 : le millésime 2008 pourrait bien se révéler LA bonne affaire de la décennie.

Prenons le cas de Château Latour. Certains amateurs ont pu acquérir le 2008 à 192€ (TTC). Plus généralement, la moyenne du prix en primeur s’est établie pour ce vin à 259€ (source : http://bleguern.fr/). Et aujourd’hui, les premières adjudications font apparaître une cote de …816€ ! Même situation pour le Château Mouton Rothschild. Ce premier cru de Pauillac qui caracole en tête des plus fortes hausses de ces derniers mois, ne fait pas exception sur le 2008. Acquis, selon les marchands, entre 163 et 195€, il s’échange actuellement aux enchères à près de 700€. Et on osera à peine citer le cas des vins du Château Lafite Rothschild, proposés entre 179€ et 259€ la bouteille en primeur, ils ont aujourd’hui franchi le seuil des 1000€ (1099€ sur la dernière adjudication) dans les ventes aux enchères de vins….

Les premiers crus classés, s’ils enregistrent des hausses de prix foudroyantes, n’ont pas l’exclusivité de la tendance. A un autre niveau de prix, le second vin de Château Lafite, les Carruades de Lafite, qui avait été proposé entre 49 et 54€ en primeur, vaut aujourd’hui un peu plus de 320€ aux enchères. Pas étonnant pour ce vin qui, dans le sillage de son aîné, enflamme les marchés asiatiques. D’autres crus classés, particulièrement attractifs en primeur, ont également enregistré une hausse de prix spectaculaire. C’est notamment le cas de Château Léoville Barton, l’un des plus beaux rapports qualité prix de la campagne primeur 2008 : vendu entre 34 et 39€ à l’époque, sa cote s’est établie à 64€ aux enchères. Sur d’autres crus, plus chers en primeur, la plus value reste significative, mais moins élevée. Par exemple, le Château Pape Clément, vendu 89€ en primeur, vaut aujourd’hui 116€.

Sur la rive droite, Château Angélus, qui s’achetait entre 80 et 85€ lors de la campagne primeurs, atteint 110€ dans les ventes.

Les facteurs qui ont contribué à renchérir le prix de marché des 2008 sont de plusieurs ordres. Sur les crus les plus spéculatifs, recherchés par le marché asiatique, le chiffre 8, porte bonheur en Chine, a indéniablement joué. Une opportunité que ni Lafite, ni Mouton Rothschild n’ont laissé passer. Le premier a frappé ses bouteilles de 2008 d’un emblème porte-bonheur. Pendant ce temps, au Château Mouton Rothschild 2008, la baronne de Rothschild faisait appel à l’artiste chinois Xu Lei pour réaliser l’illustration de son étiquette. Par ailleurs, l’appel d’air créé par la demande asiatique a entraîné la hausse de prix que l’on sait sur les millésimes 2009, puis 2010 en primeurs. Faisant passer, mécaniquement, le prix des 2008 comme une excellente affaire. En dépit des mises en garde de Robert Parker (voir ci-dessous notre article à ce sujet), cette politique de hausse exponentielle des cours a eu pour effet de surenchérir le prix, aux enchères, de ces 2008, une fois mis en bouteille et livrés à leurs acquéreurs. Il est indéniable que le marché acceptera de payer un prix plus élevé que le tarif primeur sur les vins de ce millésime, en tout cas pour la catégorie des vins susceptibles d’enregistrer une demande mondiale. C’est aujourd’hui le cas d’une bonne cinquantaine de marques. Et, probablement demain, de beaucoup plus encore : le millésime 2008 a indéniablement de beaux jours devant lui !

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Premiers crus de Bordeaux : photographie des cours à la mi-année

juillet 5th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Une analyse des cours des premiers crus classés de Bordeaux dans les grands millésimes récents, auquel nous avons adjoint Petrus, fait ressortir deux clans : d’un côté, des prix qui se stabilisent pour trois crus, et de l’autre, une poursuite de la hausse. Simple pause avant la reprise pour le premier groupe, ou signe que le marché atteint un sommet ? Photographie à la mi-année.

C’est un fait. Château Lafite Rothschild et Château Margaux auraient-ils, dans les grandes années des décennies 1980, 1990 et 2000, atteint la limite de ce que le marché est prêt à payer ? Les prix se sont stabilisés au plus haut niveau. Certains millésimes s’affichent même en retrait par rapport à leur cours de début d’année. C’est notamment le cas, pour Château Lafite des années 1982, 1985, 1989, 1995 et 1996. Une pause bienvenue après une période de hausse foudroyante : rappelons que, en 2010, les grands millésimes de Lafite avaient enregistré une augmentation moyenne de 71% !

Petrus, que l’on peut également classer dans ce premier groupe, enregistre de bonnes performances moyennes, mais un léger repli, tout de même, sur trois millésimes phares : 1989, 1990 et 2000. des années qui avaient bénéficié d’une forte hausse de cours en 2010, notamment quand les vins étaient proposés dans leur caisse bois d’origine. Château Margaux, lourdement affecté par la crise financière tout au long de l’année 2009, avait retrouvé le chemin de la hausse en 2010, mais avec progression de cours plus modérée, de 19% en moyenne sur les grands millésimes. Pour ce vin qui reste (pour l’instant) moins spéculatif que Lafite, cinq millésimes ont enregistré se sont inscrits en baisse au cours du premier semestre 2011 : 1982, 1990, 1995, 2000 et 2005. Le marché n’est sans doute pas encore prêt à accepter n’importe quel prix pour ce premier cru.

Dans le second groupe, on trouve les châteaux Mouton Rothschild, Latour et Haut Brion. Mouton Rothschild poursuit, dans le sillage de son « cousin » Lafite, la forte accélération de la hausse des cours, une tendance initiée en 2010. A l’exception du millésime 1982 qui reste pratiquement stable depuis 6 mois, les autres grands millésimes s’affichent tous dans le vert. Ce mouvement ne semble pas près de s’inverser, tant l’écart des prix demeure élevé avec ceux du Château Lafite Rothschild, son principal concurrent sur les marchés asiatiques.

Château Latour, qui se situe pourtant à des niveaux de prix supérieurs à ceux de Château Mouton Rothschild, affiche lui aussi de belles performances sur le semestre. Seul le millésime 1996 accuse un (très) léger repli. Une conséquence de l’effet de rareté créé sur ce vin, difficile à trouver sur le marché. Quant au Château Haut Brion, il continue à combler son retard historique de prix et s’inscrit partout à la hausse, hormis sur les années 1982 et 1989, stables.

Ce deuxième groupe doit être suivi avec la plus grande attention, notamment par comparaison avec les prix des primeurs 2010. Il n’est en effet pas déraisonnable d’estimer que, dans ces années fort réussies, les millésimes qui affichent encore des cotes inférieures à celles des primeurs 2010, pourraient, à moyen terme, bénéficier d’un effet de rattrapage.

Le marché de ces grands crus fait l’objet de toutes les attentions de la part de la frange d’acheteurs à visée de spéculation. Un nombre important d’intervenants recherchaient à tout prix certaines références depuis deux ans, dans la perspective de les revendre, au plus haut, à une clientèle d’amateurs chinois. Ces acheteurs semblent aujourd’hui plus réticents à débourser aveuglément des sommes faramineuses pour les acquérir. La question de l’authenticité et de la provenance, désormais cruciale fera, au cours des prochains mois, toute la différence.

Vin 1982 1985 1986 1989 1990 1995 1996 2000 2003 2005
Lafite 3 453 € 648 € 1 280 € 720 € 896 € 707 € 1 072 € 1 875 € 1 026 € 1 150 €
Rothschid -1,03% -3,43% 38,08% -11,11% 15,17% -7,70% -1,74% 0,27% 1,08% 10,90%
Margaux 620 € 326 € 420 € 353 € 732 € 340 € 522 € 816 € 532 € 693 €
-8,36% 24,43% 6,60% 29,18% -0,14% -6,08% 8,75% -2,72% 7,04% -0,14%
Haut Brion 566 € 311 € 292 € 932 € 529 € 317 € 291 € 571 € 284 € 538 €
-1,05% 43,98% 29,85% -4,21% 19,34% 9,22% 12,45% 9,88% -0,18% 2,14%
Latour 1 537 € 320 € 341 € 344 € 610 € 461 € 603 € 956 € 793 € 844 €
23,95% -24,53% 20,07% 2,84% 12,75% 24,26% -5,22% 9,73% 7,45% 7,65%
Mouton 1 025 € 276 € 721 € 299 € 285 € 333 € 365 € 912 € 352 € 590 €
Rothschild -0,68% 17,95% 25,62% 14,93% 9,20% 7,85% 7,99% 2,82% 25,99% 6,69%
Petrus 3 302 € 1 057 € 926 € 2 359 € 2 687 € 1 126 € 1 079 € 2 949 € 1 415 € 2 443 €
10,40% 26,83% 8,48% -12,73% -13,88% 11,41% 4,43% -3,30% 2,26% -0,58%

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Primeurs 2010 : quelle stratégie pour les amateurs de grands bordeaux ?

juin 16th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Le niveau des derniers prix de sortie en primeur des grands crus classés de Bordeaux 2010 le confirme : un fossé s’installe entre les tarifs de vente en primeurs et le cours actuels des millésimes anciens. Jusqu’à quand cette situation va-t-elle perdurer ?

Ce n’est plus un sujet. Les grands crus bordelais, doublement incités par la crise financière et la succession de millésimes difficiles, avaient un temps amorcé un retour vers leur marché d’origine. Mais depuis la vente du millésime 2009, coup de barre à 180° : les marchés asiatiques et leur réservoir de nouveaux acheteurs fortunés figurent désormais, seuls, dans le viseur de la crème des crus classés. Est-ce bon, est-ce mauvais ? La question n’est plus là.

Envolée des tarifs primeurs

Bien que plus tardive que les années précédentes (316 vins mis sur le marché à ce matin, contre un peu plus de 400 l’année dernière), la tendance se dessine, La plupart des crus classés est proposée au marché à des niveaux de prix dignes de ce qu’ils sont devenus : des produits de grand luxe.

Quelques exemples : pour acquérir château Pichon Longueville Baron 2010, il en coûtera à l’amateur, au final, 185€ TTC. Lors de la vente des 2000 en primeurs, le même acheteur devait débourser…61€ TTC, soit une somme trois fois inférieure. Même scenario pour Château Montrose, qui frôle en 2010 le seuil des 180€ (TTC). Trois fois le prix du millésime 2000, vendu à l’époque 58€ en primeur. Faut-il évoquer le cas du Château Pontet Canet, plébiscité sur les marchés mondiaux depuis sa conversion à la biodynamie ? Le 2010 s’arrache à près de 138€ (TTC). En leurs temps respectifs (et avant l’ère de la biodynamie), le 2005 était affiché à 65€ TTC en primeur, le 2000 à 40€ et le 1996 à… 23€.

A Pessac-Léognan, le château Pape Clément se vend 130€ (TTC). Le 2000 était proposé à 59€, plus de deux fois moins cher. A Pessac toujours, le château Smith Haut Lafitte vient d’être mis sur le marché à 109€ (TTC), au double du tarif primeur du millésime 2005, fort réussi… et plus de 5 fois le tarif primeur du 1995 ! Du côté de la rive droite, prenons l’exemple de Clos Fourtet, à Saint-Emilion : le 2010 est proposé à 100€ TTC, en hausse de 54% sur son grand prédécesseur de 2005, gratifié d’un 98/100 par Robert Parker…

Décalage avec le cours des enchères

A ces niveaux de prix, le marché français risque fort de passer à côté des achats primeurs en 2010. Il suffit d’interroger les sommeliers des étoilés parisiens : nombreux sont ceux qui vont réduire leurs achats, voire passer leur tour sur les plus grands vins cette année. Qu’importe pour les châteaux, puisque ces vins, qui continueront à être produits avec le même soin extraordinaire, se vendront mieux que jamais sur les marchés mondiaux ? Après tout, la proportion de clients français qui s’habille chez Christian Dior, s’offre régulièrement un sac chez Hermès ou pousse la porte d’une boutique Louis Vuitton est désormais dérisoire. Dans les ventes aux enchères de vin, c’est donc dans la version vintage que les amateurs pourront, pour quelque temps encore, continuer à acheter leurs grands crus préférés. On constate en effet que le marché ne s’est pas encore ajusté, et que l’écart demeure important entre les cours de sortie en primeurs actuels et la valeur, dans les ventes aux enchères, des grands millésimes plus matures. Quelques exemples : pour un Château Léoville Poyferré 2010 (117€ TTC), on obtient près de 2 bouteilles du même vin, dans le millésime 2005 (cote 67€). Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 2010 sort à 194€ TTC. Plus de deux fois le cours actuel aux enchères du 2005 (85€), et près du double du superbe 1989 (cote 102€).

Un Domaine de Chevalier rouge 2010 (66€TTC) équivaut à 2 flacons de 1996 (cote 32€). Même situation avec le Château Haut Bailly pour un 2010 (124€ TTC), on peut obtenir aux enchères plus de deux 2000 (cote actuelle 53€).

Primeurs : un marché de « futures » ?

Le marché des primeurs continue-t-il à remplir la fonction pour laquelle il avait été créé à l’origine ? Le vin vendu en primeurs n’est à ce stade qu’un « future », la promesse d’un grand vin en devenir. Les millésimes plus mûrs ont quant à eux déjà fait la preuve de leur haute qualité. Et pourtant, certains vins sont actuellement proposés en primeurs au prix qu’il faut débourser pour acquérir le même vin, dans un millésime identifié comme un grand succès pour le cru : le Château Lynch Bages est ainsi vendu 138€ en primeur, au prix d’un 2000 ou d’un 1990. Château Beychevelle s’échange à 74€ TTC en primeur, le prix du 1990 aux enchères.

Inutile de se désoler de la perspective de perdre, à terme, la perception de la complexité d’un grand pauillac, de l’élégance d’un margaux, de la puissance d’un saint-émilion, de la souplesse d’un pomerol. Mieux vaut se tourner d’urgence vers l’achat de millésimes anciens. Jusqu’à ce que le déséquilibre en l’offre et la demande fasse exploser, à son tour, les prix sur le marché des enchères. C’est déjà le cas pour certains crus, le cours de Château Lafite Rothschild en étant l’exemple le plus marquant. A quand l’embrasement sur le reste des grands crus classés ? Une seule chose est à ce jour certaine : le marché des ventes aux enchères de vin a indéniablement de beaux jours devant lui.

Pourquoi iDealwine a choisi de ne pas vendre de primeurs 2010
 

Compte tenu de l’évolution du marché, iDealwine a choisi de ne pas vendre en direct les Bordeaux primeurs 2010. Trois raisons sont à l’origine de cette décision :

- Les cours des prix des Bordeaux qui démontrent que le marché ciblé n’est plus celui des amateurs français.

- Compte tenu de la pression de la demande étrangère, les allocations ont été réallouées en priorité à l’export, au détriment des acteurs français. Une situation frustrante pour les clients (et les marchands) qui ne peuvent disposer, dans les quantités souhaitées, de l’ensemble des vins recherchés.

- Les pratiques de livraison de certains marchands, conjuguées à une incertitude sur la date de mise en bouteille des vins. Cette double raison a, sur les derniers millésimes, suscité quelques réactions de suspicion de la part de certains acheteurs, susceptibles d’entacher la réputation de qualité du service iDealwine.

Pour ces raisons, il ne nous a pas semblé opportun de mettre en place le dispositif de vente en primeur tel qu’il existait les années précédentes. Nous restons toutefois à l’écoute des clients qui nous sont fidèles depuis plusieurs années, afin de répondre à vos demandes spécifiques. N’hésitez pas à nous contacter.

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La part des vins rosés dans les ventes a doublé en 20 ans

mai 24th, 2011 by Rédaction iDealwine

Une terrasse, du soleil, un verre de rosé… Un tableau qui fait des plus en plus d’adeptes ! Selon le Comité Interprofessionnel des vins de Provence, la consommation de rosé représente aujourd’hui 25% du volume total des vins vendus et a ainsi doublé depuis 20 ans puisqu’elle s’élevait à 10.8% en 1990.

Les français sont les plus grands consommateurs de vin rosé du monde : neuf consommateurs sur dix se considèrent comme amateurs de ce vin. Selon de CNIV (Comité des Interprofessions des Vins d’appellations d’origine), une bouteille sur quatre achetées est une bouteille de rosé. Ces statistiques s’expliquent essentiellement par une évolution des tendances et un nouveau style de vie qui favorisent les repas moins structurés, le développement de la cuisine du monde, la simplicité, la découverte, et la convivialité.

En plus d’être consommateur, la France est le premier producteur de vins rosés avec 6, 74 millions d’hectolitres soit 900 millions de bouteilles (28% de la production mondiale) suivi par l’Italie (21%) et l’Espagne et les Etats-Unis (18%).

La Provence est considérée par 46% des consommateurs comme LA région de rosé de France . Une association logique puisque 150 millions de bouteilles de cette couleur y sont produites, représentant ainsi 38% de la production nationale et 8% de la production mondiale, loin devant le Rhône et Bordeaux à 12%, le Languedoc, le Sud Ouest et le Roussillon à 3%. Enfin, en Provence, où l’on retrouve plus de 600 producteurs, la production de rosé génère un chiffre d’affaire de 650 millions d’euros et offre 5000 emplois…

En ce moment, l’offre idéale n°164 propose des vins rosés et des vins de Provence : découvrez-là vite !

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Primeurs : quand Robert Parker s’inquiète d’une possible manipulation des prix

mai 12th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Robert Parker a rendu publiques il y a quelques jours ses notes de dégustation sur les primeurs 2010. Le célèbre critique américain profite toujours de cette occasion pour faire partager à ses lecteurs son appréciation du marché, de la demande, de la situation économique. Et, cette année, il n’hésite pas à émettre quelques inquiétudes concernant le prix des vins.

Robert Parker n’est pas seulement l’homme qui fait et défait le prix d’un vin à coup de notes. Ce dégustateur qui arpente (entre autres) le vignoble bordelais depuis 30 ans est aussi un observateur avisé du marché. Chaque année, nous attendons avec autant d’impatience la diffusion de son palmarès de dégustation que celle de son analyse sur le millésime et les faits majeurs susceptibles d’influencer la campagne primeurs.

Le dégustateur dresse un tableau élogieux de la qualité des vins du millésime 2010 : par analogie avec les 2005, ils se révèlent pour la plupart immensément concentrés, somptueux, quoique légèrement plus austères et moins précoces que les 2009. On notera tout de même que les vins très bien notés par le dégustateur sont plutôt moins nombreux qu’en 2009. Avec une note de 98-100, six crus seulement tutoient les sommets : il s’agit – et ce n’est pas un scoop – des châteaux Lafite Rothschild (qui n’avait pas réellement besoin de ce coup de pouce pour se placer, cette année encore, en tête des crus les plus recherchés de Bordeaux), Latour, Haut Brion, La Mission Haut Brion, Petrus et Ausone. Une mention spéciale, tout de même pour les crus à qui Robert Parker attribue une note élevée, mais d’une ampleur un peu plus importante : Mouton Rothschild (97-100/100), L’Eglise Clinet, Pontet Canet et Beauséjour Duffau Lagarosse (96-100/100).

Sans surprise, Robert Parker souligne l’appétit du marché chinois pour la catégorie la plus prestigieuse des grands crus classés et assimilés. Cette demande, conjuguée à l’intérêt croissant des fonds de placement-vin anglo-saxons pour les grands crus, devrait contribuer à justifier des niveaux de prix élevés. Parker se fait écho de la rumeur persistante à Bordeaux d’une hausse prévisible de 15 à 20% des prix, par rapport aux 2009. Rien de bien nouveau dans tout ça.

En revanche, ce qui est plus frappant, c’est le paragraphe qu’il consacre à l’éventualité d’une manipulation du prix des vins. Le critique américain jette un pavé dans la mare en soulignant qu’aucune source ne permet de connaître précisément le volume de Bordeaux 2009 écoulé lors de la campagne primeurs l’année dernière. Les acheteurs asiatiques ont-ils été aussi avides qu’on le prétend ? Robert Parker insinue que le groupe des « Big Eight » (les premiers crus classés du Médoc, Château Haut Brion ainsi que le trio officieux des « 1ers crus classés » de la rive droite que sont Petrus, Cheval Blanc et Ausone) aurait volontairement retenu une quantité significative de vin pour créer une rareté fictive, et profiter de la hausse des prix qui pourrait en découler.

Info ou intox ? Seul l’avenir et le marché pourront en attester. En tout état de cause, Robert Parker recommande aux amateurs motivés par l’achat en primeur de se tourner vers des marchands de bonne réputation, pouvant justifier d’un savoir-faire historique en matière d’achat et de livraison des primeurs bordelais.

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Lafite et Carruades : la hausse est-elle finie ?

avril 14th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Les ventes de ces derniers jours indiquent clairement la tendance. La hausse des prix sur Lafite semble terminée. Et pour les Carruades, second vin de Lafite, un mouvement de baisse s’amorce. Un signal pour tous ceux qui se demandent quand il faudra vendre ce premier cru classé de Pauillac.

Depuis quelques mois, la hausse extravagante des prix sur les vins de Lafite tendait à faire mentir le vieil adage boursier selon lequel « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Mais là, depuis quelques jours, celui-ci semble à nouveau se vérifier. Les dernières ventes ont en effet montré que le marché n’est plus prêt à acheter ces flacons, si prisés par les amateurs chinois, à n’importe quel prix. Exit les lots de quelques bouteilles aux étiquettes légèrement abimées, griffées ou tachées. Exit les vins ne présentant pas un niveau parfait dans la bouteille : les acheteurs n’en veulent plus. Seuls les flacons présentés dans un état impeccable, et si possible logés en caisse bois d’origine, continuent à attiser la spéculation.

Sur le grand vin de Lafite, en dehors des millésimes phares (1990, 1996, 2000), le niveau moyen du prix de la bouteille tend à se lisser, pour s’établir dans une fourchette qui va de 700 à 760€. Ce qui a pour conséquence un léger surenchérissement du prix de certains millésimes mineurs des années 1990 : 1991, 1992, 1993, 1999 par exemple, se sont affichés en légère progression lors des dernières ventes. Sur les grands millésimes de Lafite, les vendeurs ne doivent plus se montrer trop gourmands : plusieurs lots millésimés 1990 n’ont pas trouvé preneur ces derniers jours. Attention aussi au chiffre « 8 », porteur des espérances (de valorisation) les plus folles pour les vendeurs : Lafite 1998 s’est adjugé à un niveau stable, tandis que des magnums de 2008 restaient invendus.

Carruades de Lafite : la baisse

S’agissant des Carruades de Lafite, la tendance était plutôt à la baisse ces derniers jours, d’autant que les vins ne présentaient pas des états parfaits. Le millésime 1988 a été vendu en baisse de 24% (à 233€ tout de même !), le 1993 a trouvé preneur à 229€ (-13%). Quant à ce lot de Carruades 1996, présentant, il est vrai, des étiquettes abimées, voire très abimées, il n’a pas dépassé 192€ (-36%). Pour ce second vin également, plusieurs grandes années telles que 1989, 2000 et 2003 sont restées sans acheteur en raison d’un état jugé insuffisant en regard du prix demandé par les vendeurs.

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Le marché mondial du vin se redresse après une année 2009 difficile

avril 4th, 2011 by Rédaction iDealwine

Après une année de chute libre en 2009, le monde du vin relève la tête en 2010 : si la production a diminué de 4,2%, les échanges de vin ont eux, augmenté de 6.7%. Une bonne nouvelle pour les producteurs, d’autant que la tendance à la baisse de la consommation s’est interrompue en 2010.

La crise économique et financière qui a éclaté fin 2008 avait ébranlé le marché mondial du vin, entraînant ainsi une baisse de 3.3% du volume d’échanges en 2009. L’année 2010 produit l’effet inverse, et Federico Castellucci, directeur général de l’OIV (Office International du Vin), annonçait ces jours-ci un volume d’échanges mondiaux atteignant plus de 92 millions d’hectolitres, en hausse de 6,7%.

Ce signal positif pour le marché est essentiellement dû aux pays exportateurs européens et notamment l’Allemagne et l’Italie qui enregistrent respectivement une augmentation de 1,4 millions d’hectolitres et 300 00hl. Les exportations de l’Espagne, quant à elles, augmentent de 2.3 millions d’hl pour s’établir à 16.9 millions d’hl, et permet à ce pays, qui rappelons le, possède la plus grande surface viticole (1.08 millions d’ha), de récupérer ses pertes de 2009. La France, elle aussi sort la tête de l’eau, grâce à une croissance de 900 000 hl de ses exportations, qui ont atteint 13.5 millions d’hectolitres en 2010.

Le rôle des pays de l’hémisphère Sud dans cette évolution est plus discret ; le Chili, la Nouvelle Zélande et l’Australie se dégagent habilement de la crise en produisant le volume nécessaire.

L’exportation est donc au centre de l’explication de cette heureuse évolution : on sait aujourd’hui que 40% des vins sont consommés hors de leur pays d’origine. L’Espagne, l’Italie, l’Australie, le Chili et la France sont les 5 premiers exportateurs mondiaux contributifs de cette hausse. Côté français, le phénomène exportateur s’intensifie par une demande accrue de la population asiatique et notamment à Hong Kong, considérée comme la plateforme asiatique de référence pour le commerce des grands crus. La planète Bordeaux a donc vite oublié la crise et les prix ont flambé.

Entre 2008 et 2009, la consommation avait diminué. 2010 aura été l’année de la stabilisation, à 236 millions d’hl en 2010. Cette tendance a pu s’observer dans tous les pays européens sauf en Espagne où la baisse se poursuit.

Un autre phénomène a été énoncé par Federico Castellucci ; celui de la diminution des surfaces viticoles par l’arrachage des pieds de vignes. Celle-ci s’élève à 65 000ha dont 64 000ha issus de l’Europe, les pays les plus touchés étant l’Espagne (31000), l’Italie (14000) et la France (12000).

Au vu des résultats, la production présente également une diminution nette dans le monde : -4,2% en 2010 à 260 millions d’hl, seuls les Portugais et les Argentins y échappent (respectivement +900.000 hl et + 4 200 000hl).

Enfin, signe des temps : l’Inde adhèrera prochainement l’OIV comme 45ème membre.

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Saga des millésimes : que sont devenues les années en 1 ?

avril 1st, 2011 by Veronique Raisin

2011, année de la bronze. Mais viticolement parlant, sera-ce un cru d’exception, comme les exceptionnels millésimes 1921 et 1961 ? Statistiquement, on aurait donc une chance sur cinq.

1911 : année atypique puisque tout est bon, voire très bon dans la plupart des vignobles… sauf Bordeaux ! A l’exception, toutefois, de certains crus de la rive droite tels qu’Ausone ou Cheval Blanc. La Bourgogne, la Champagne, le Rhône et la Loire ont produit d’excellents vins.

1921 : Mythique. A Bordeaux bien sûr, surtout dans les liquoreux (Yquem, mais aussi Suduiraut, Climens, Rayne Vigneau, la Tour Blanche, Coutet ont produit des vins de légende) et sur la rive gauche. Bourgognes blancs, champagnes, vins de Loire sont de superbes réussites. Seule ombre au tableau : la vallée du Rhône.

1931, 1941, 1951 : millésimes médiocres, de pluie, de grêle, de guerre… Circulez, y a rien à boire du côté des vins rouges ou des blancs secs. Tournez vous, en cas d’obligation (anniversaire, entre autres) plutôt vers les vins doux naturels. Hors de ceux-là, point de salut !

1961 : Ken, l’éternel fiancé de Barbie, aux cheveux collés et au sourire Colgate, débarque dans les chaumières.

Dans le vignoble, le millésime est mythique, partout. Bordeaux exulte : c’est l’une des plus grandes années depuis l’après-guerre. Certes réduite, la récolte est de grande qualité, avec une maturité parfaite des raisins.

On retiendra Cheval Blanc, Mouton Rothschild, La Conseillante, Cos d’Estournel, Ausone, Haut-Bailly, Haut-Brion, Lynch Bages, Latour à Pomerol.

Dans le Rhône, Hermitage La Chapelle de Paul Jaboulet Aîné, Château Rayas, et en Bourgogne, la Romanée-Conti, le Clos de Tart Grand Cru de Mommessin…

1971 : également un excellent millésime un peu partout, excepté dans le Rhône. A Bordeaux, les vins ont failli éclipser un temps les 1970. La raison veut qu’ils rejoignent sagement leur rang de très bons vins. La rive droite tire bien son épingle du jeu et le Sauternais est sensationnel. Optez pour les valeurs sûres : Coutet, Climens, Rieussec, Yquem, Lafaurie-Peyraguey.

1981 : à Bordeaux, la rive gauche s’en est beaucoup mieux tirée que la rive droite… Les pomerols ont comme un goût de rose fanée… :-) .

Plus sérieusement, l’année 1981 est intéressante en vallée de la Loire, de très bonne qualité en Alsace et dans le Beaujolais, mais assez contrastée en Bourgogne (plus réussie en rouge qu’en blanc) et en vallée du Rhône.

1991 : Un millésime difficile… Gelées, mauvais temps, pluie… Pas de Petrus cette année-là à Bordeaux, mais les vins qui ont été produits (dans des quantités réduites en raison d’une sélection sévères) réservent parfois d’excellentes surprises à la dégustation. On a testé avec Palmer et Pichon Comtesse, le rapport qualité-prix est incroyable. On attend les commentaires de tous ceux qui ont goûté le Château d’Yquem 1991 en grand format. Millésime délicat en Bourgogne également, le froid ayant produit des vins de style sévère. Le Rhône Nord fait exception dans cette année morose, avec la trilogie de Guigal (La Mouline, La Turque, La Landonne) qui reste au firmament !

2001 : souvent occultée par le millésime 2000 qui avec son triple zéro a bien fait parler de lui, 2001, première année du millénaire, reste une excellente année dans le Bordelais. Aujourd’hui beaucoup de 2001 surclassent même certains 2000.

Ils attaquent, pour la plupart, leur phase d’apogée… Ne les laissez pas passer, car les prix sont restés plutôt doux, du moins pour l’instant.

Pour en savoir plus et connaître la notation des millésimes, région par région, consulter la rubrique La Saga des millésimes.
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Le marché américain premier consommateur de vin au monde

mars 25th, 2011 by Rédaction iDealwine

Les Etats-Unis sont devenus, en 2010 le premier pays consommateur de vins du monde. Une première place ravie aux Français, qui restent toutefois en tête pour ce qui concerne la consommation par habitant.

Selon le Wine Institute basé à San Francisco, le marché du vin aux Etats-Unis a atteint en 2010 330 millions de caisses contre 321 millions en France.

D’après John Frederikson, la combinaison sur le marché américain de vins nouveaux et créatifs et de grands classiques tels que les vins blancs secs (pinot grigio, riesling), et des vins rouges issus du pinot noir, est à l’origine de ce succès enregistré de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le phénomène est intensifié par l’exploitation les médias sociaux, qui permettent de cibler les amateurs de vin.

Bobby Koch, président du Wine Institute en Californie, a déclaré que cette tendance se poursuivra. En effet, l’intérêt des américains pour le vin se concrétise par une augmentation régulière de la consommation depuis 17 ans. D’ailleurs, on trouve des producteurs dans les 50 états constituant le pays. Les événements festifs ne représentent plus pour les Américains la seule occasion de dégustation. Le vin a désormais pleinement trouvé sa place dans leurs habitudes de consommation.

La France reste tout de même loin devant les Etats-Unis en matière de consommation par habitant : 46 litres par an et par tête dans l’Hexagone, contre 9,8 litres outre-Atlantique.

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Château Margaux dans les ventes aux enchères : analyse d’un succès

mars 24th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Château Margaux figure aujourd’hui en bonne position de challenger de Lafite Rothschild sur le marché chinois. Depuis quelques semaines, les cours s’envolent. Décryptage d’un succès.

Château Margaux figure incontestablement au rang des mythes bordelais. Ses vins ont toujours été recherchés sur de beaux millésimes tels que 1983, 1986, 1990, 1996. Sur le millésimes 2000 et pour la deuxième fois, à 10 ans d’intervalle, Robert Parker a attribué 100/100 à Château Margaux. Cette note maximale a-t-elle été le seul déclencheur d’une hausse des cours ? Toujours est-il que le seigneur de Margaux s’est ensuite positionné, aux côtés de Château Latour, comme le plus cher des premiers crus classés. Jusqu’à la flambée des prix sur Château Lafite, enregistrée depuis 2008, qui laissé loin derrière tous ses concurrents du Médoc.

Toutefois, sur le marché des enchères de vin, les effets de la crise financière ont lourdement impacté la cote des vins de Château Margaux. Les vins étaient plus difficiles à vendre, les prix ont chuté de 20% en moyenne au cours de l’année 2009. Les vendeurs rechignant à vendre à la baisse leurs flacons, ceux-ci se sont d’ailleurs fait plus rares sur le marché.

L’année 2010 est venue rectifier cette situation : la progression moyenne des prix de Château Margaux s’est élevée l’année dernière à 19%. A l’exception du millésime 2005 (-12% à 695€), les beaux millésimes s’affichent dans le vert, avec une mention spéciale pour le 2000 (+51% à 839€). 1990 aussi affiche une belle progression (+24% à 733€).

Quelles perspectives pour les vins de Château Margaux en 2011 ?

Chaque année, nous analysons les principales marques de Bordeaux, leur évolution sur le marché des enchères. L’occasion de livrer nos pronostics et conseils pour l’année à venir. Voici ce que nous indiquons au sujet des vins de Château Margaux :

« Les efforts commerciaux entrepris par Château Margaux envers le marché asiatique (nomination d’un « Ambassadeur » de Château Margaux à Hong Kong, vente aux enchères sur place de flacons en provenance directe du domaine) devraient progressivement porter leurs fruits. Rechercher les millésimes encore achetables en dessous de 400€. »

On notera à cet égard que, dans le document d’analyse du marché publié un an plus tôt, nous conseillions de rechercher les millésimes récents encore achetables au dessous de… 200€. Ce niveau de prix a, depuis été largement dépassé !

La cote des vins de Château Margaux

  Cote à fin 2009 Cote à fin 2010 Résultats
  % sur un an % sur un an récents
Château Margaux 1982 589 € 676 € 714 €
-20,41% 14,77%  
Château Margaux 1985 236 € 262 € 337 €
-22,62% 11,02%  
Château Margaux 1986 291 € 394 € 484 €
-20,49% 35,40%  
Château Margaux 1989 229 € 273 € 300 €
-17,33% 19,21%  
Château Margaux 1990 590 € 733 € 855 €
-20,49% 24,24%  
Château Margaux 1995 250 € 362 € 420 €
-20,63% 44,80%  
Château Margaux 1996 399 € 480 € 508 €
-23,27% 20,30%  
Château Margaux 2000 555 € 839 € -
-19,45% 51,17%  
Château Margaux 2003 437 € 497 € 545 €
-20,55% 13,73%  
Château Margaux 2005 790 € 694 € -
  -15,60% -12,15%  

Retrouvez l’intégralité de cette analyse dans le document :

Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011

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En savoir plus sur Château Margaux

Propriété d’Edouard III d’Angleterre, de la famille d’Albret puis des Montferrand, le domaine conserve une vocation militaire jusqu’en 1802, date à laquelle le marquis de La Clonilla fait raser la forteresse et bâtit la demeure que l’on peut voir aujourd’hui. Jusqu’au début des années 60, les vins étaient souvent excellents, parfois grandioses. A ce titre, le mythique 1900 fait partie des nectars les plus renommés du siècle. Entre 1963 et 1977, la propriété connaît une période difficile, sans investissement, où la qualité du vin s’en ressent. Avec l’arrivée de la famille Mentzelopoulos, et grâce aux talents d’Emile Peynaud, les vins ont retrouvé leur niveau de 1er grand cru classé. 1978 marque le début d’une succession de millésimes grandioses. Le château Margaux possède un vignoble d’un seul tenant, qui repose en grande partie sur un sol graveleux, parfois argileux, comportant une forte proportion de calcaire. Les vins se caractérisent par une robe foncée et des arômes envoûtants et complexes de cassis, cerise et violette. Les millésimes récents bénéficient d’un formidable potentiel de garde. Fait rarissime dans le Médoc, le domaine produit aussi un superbe vin blanc fruité et puissant : Pavillon Blanc de Château Margaux.

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