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Primeurs 2010 : quelle stratégie pour les amateurs de grands bordeaux ?

juin 16th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Le niveau des derniers prix de sortie en primeur des grands crus classés de Bordeaux 2010 le confirme : un fossé s’installe entre les tarifs de vente en primeurs et le cours actuels des millésimes anciens. Jusqu’à quand cette situation va-t-elle perdurer ?

Ce n’est plus un sujet. Les grands crus bordelais, doublement incités par la crise financière et la succession de millésimes difficiles, avaient un temps amorcé un retour vers leur marché d’origine. Mais depuis la vente du millésime 2009, coup de barre à 180° : les marchés asiatiques et leur réservoir de nouveaux acheteurs fortunés figurent désormais, seuls, dans le viseur de la crème des crus classés. Est-ce bon, est-ce mauvais ? La question n’est plus là.

Envolée des tarifs primeurs

Bien que plus tardive que les années précédentes (316 vins mis sur le marché à ce matin, contre un peu plus de 400 l’année dernière), la tendance se dessine, La plupart des crus classés est proposée au marché à des niveaux de prix dignes de ce qu’ils sont devenus : des produits de grand luxe.

Quelques exemples : pour acquérir château Pichon Longueville Baron 2010, il en coûtera à l’amateur, au final, 185€ TTC. Lors de la vente des 2000 en primeurs, le même acheteur devait débourser…61€ TTC, soit une somme trois fois inférieure. Même scenario pour Château Montrose, qui frôle en 2010 le seuil des 180€ (TTC). Trois fois le prix du millésime 2000, vendu à l’époque 58€ en primeur. Faut-il évoquer le cas du Château Pontet Canet, plébiscité sur les marchés mondiaux depuis sa conversion à la biodynamie ? Le 2010 s’arrache à près de 138€ (TTC). En leurs temps respectifs (et avant l’ère de la biodynamie), le 2005 était affiché à 65€ TTC en primeur, le 2000 à 40€ et le 1996 à… 23€.

A Pessac-Léognan, le château Pape Clément se vend 130€ (TTC). Le 2000 était proposé à 59€, plus de deux fois moins cher. A Pessac toujours, le château Smith Haut Lafitte vient d’être mis sur le marché à 109€ (TTC), au double du tarif primeur du millésime 2005, fort réussi… et plus de 5 fois le tarif primeur du 1995 ! Du côté de la rive droite, prenons l’exemple de Clos Fourtet, à Saint-Emilion : le 2010 est proposé à 100€ TTC, en hausse de 54% sur son grand prédécesseur de 2005, gratifié d’un 98/100 par Robert Parker

Décalage avec le cours des enchères

A ces niveaux de prix, le marché français risque fort de passer à côté des achats primeurs en 2010. Il suffit d’interroger les sommeliers des étoilés parisiens : nombreux sont ceux qui vont réduire leurs achats, voire passer leur tour sur les plus grands vins cette année. Qu’importe pour les châteaux, puisque ces vins, qui continueront à être produits avec le même soin extraordinaire, se vendront mieux que jamais sur les marchés mondiaux ? Après tout, la proportion de clients français qui s’habille chez Christian Dior, s’offre régulièrement un sac chez Hermès ou pousse la porte d’une boutique Louis Vuitton est désormais dérisoire. Dans les ventes aux enchères de vin, c’est donc dans la version vintage que les amateurs pourront, pour quelque temps encore, continuer à acheter leurs grands crus préférés. On constate en effet que le marché ne s’est pas encore ajusté, et que l’écart demeure important entre les cours de sortie en primeurs actuels et la valeur, dans les ventes aux enchères, des grands millésimes plus matures. Quelques exemples : pour un Château Léoville Poyferré 2010 (117€ TTC), on obtient près de 2 bouteilles du même vin, dans le millésime 2005 (cote 67€). Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 2010 sort à 194€ TTC. Plus de deux fois le cours actuel aux enchères du 2005 (85€), et près du double du superbe 1989 (cote 102€).

Un Domaine de Chevalier rouge 2010 (66€TTC) équivaut à 2 flacons de 1996 (cote 32€). Même situation avec le Château Haut Bailly pour un 2010 (124€ TTC), on peut obtenir aux enchères plus de deux 2000 (cote actuelle 53€).

Primeurs : un marché de « futures » ?

Le marché des primeurs continue-t-il à remplir la fonction pour laquelle il avait été créé à l’origine ? Le vin vendu en primeurs n’est à ce stade qu’un « future », la promesse d’un grand vin en devenir. Les millésimes plus mûrs ont quant à eux déjà fait la preuve de leur haute qualité. Et pourtant, certains vins sont actuellement proposés en primeurs au prix qu’il faut débourser pour acquérir le même vin, dans un millésime identifié comme un grand succès pour le cru : le Château Lynch Bages est ainsi vendu 138€ en primeur, au prix d’un 2000 ou d’un 1990. Château Beychevelle s’échange à 74€ TTC en primeur, le prix du 1990 aux enchères.

Inutile de se désoler de la perspective de perdre, à terme, la perception de la complexité d’un grand pauillac, de l’élégance d’un margaux, de la puissance d’un saint-émilion, de la souplesse d’un pomerol. Mieux vaut se tourner d’urgence vers l’achat de millésimes anciens. Jusqu’à ce que le déséquilibre en l’offre et la demande fasse exploser, à son tour, les prix sur le marché des enchères. C’est déjà le cas pour certains crus, le cours de Château Lafite Rothschild en étant l’exemple le plus marquant. A quand l’embrasement sur le reste des grands crus classés ? Une seule chose est à ce jour certaine : le marché des ventes aux enchères de vin a indéniablement de beaux jours devant lui.

Pourquoi iDealwine a choisi de ne pas vendre de primeurs 2010
 

Compte tenu de l’évolution du marché, iDealwine a choisi de ne pas vendre en direct les Bordeaux primeurs 2010. Trois raisons sont à l’origine de cette décision :

- Les cours des prix des Bordeaux qui démontrent que le marché ciblé n’est plus celui des amateurs français.

- Compte tenu de la pression de la demande étrangère, les allocations ont été réallouées en priorité à l’export, au détriment des acteurs français. Une situation frustrante pour les clients (et les marchands) qui ne peuvent disposer, dans les quantités souhaitées, de l’ensemble des vins recherchés.

- Les pratiques de livraison de certains marchands, conjuguées à une incertitude sur la date de mise en bouteille des vins. Cette double raison a, sur les derniers millésimes, suscité quelques réactions de suspicion de la part de certains acheteurs, susceptibles d’entacher la réputation de qualité du service iDealwine.

Pour ces raisons, il ne nous a pas semblé opportun de mettre en place le dispositif de vente en primeur tel qu’il existait les années précédentes. Nous restons toutefois à l’écoute des clients qui nous sont fidèles depuis plusieurs années, afin de répondre à vos demandes spécifiques. N’hésitez pas à nous contacter.

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Primeurs : quand Robert Parker s’inquiète d’une possible manipulation des prix

mai 12th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Robert Parker a rendu publiques il y a quelques jours ses notes de dégustation sur les primeurs 2010. Le célèbre critique américain profite toujours de cette occasion pour faire partager à ses lecteurs son appréciation du marché, de la demande, de la situation économique. Et, cette année, il n’hésite pas à émettre quelques inquiétudes concernant le prix des vins.

Robert Parker n’est pas seulement l’homme qui fait et défait le prix d’un vin à coup de notes. Ce dégustateur qui arpente (entre autres) le vignoble bordelais depuis 30 ans est aussi un observateur avisé du marché. Chaque année, nous attendons avec autant d’impatience la diffusion de son palmarès de dégustation que celle de son analyse sur le millésime et les faits majeurs susceptibles d’influencer la campagne primeurs.

Le dégustateur dresse un tableau élogieux de la qualité des vins du millésime 2010 : par analogie avec les 2005, ils se révèlent pour la plupart immensément concentrés, somptueux, quoique légèrement plus austères et moins précoces que les 2009. On notera tout de même que les vins très bien notés par le dégustateur sont plutôt moins nombreux qu’en 2009. Avec une note de 98-100, six crus seulement tutoient les sommets : il s’agit – et ce n’est pas un scoop – des châteaux Lafite Rothschild (qui n’avait pas réellement besoin de ce coup de pouce pour se placer, cette année encore, en tête des crus les plus recherchés de Bordeaux), Latour, Haut Brion, La Mission Haut Brion, Petrus et Ausone. Une mention spéciale, tout de même pour les crus à qui Robert Parker attribue une note élevée, mais d’une ampleur un peu plus importante : Mouton Rothschild (97-100/100), L’Eglise Clinet, Pontet Canet et Beauséjour Duffau Lagarosse (96-100/100).

Sans surprise, Robert Parker souligne l’appétit du marché chinois pour la catégorie la plus prestigieuse des grands crus classés et assimilés. Cette demande, conjuguée à l’intérêt croissant des fonds de placement-vin anglo-saxons pour les grands crus, devrait contribuer à justifier des niveaux de prix élevés. Parker se fait écho de la rumeur persistante à Bordeaux d’une hausse prévisible de 15 à 20% des prix, par rapport aux 2009. Rien de bien nouveau dans tout ça.

En revanche, ce qui est plus frappant, c’est le paragraphe qu’il consacre à l’éventualité d’une manipulation du prix des vins. Le critique américain jette un pavé dans la mare en soulignant qu’aucune source ne permet de connaître précisément le volume de Bordeaux 2009 écoulé lors de la campagne primeurs l’année dernière. Les acheteurs asiatiques ont-ils été aussi avides qu’on le prétend ? Robert Parker insinue que le groupe des « Big Eight » (les premiers crus classés du Médoc, Château Haut Brion ainsi que le trio officieux des « 1ers crus classés » de la rive droite que sont Petrus, Cheval Blanc et Ausone) aurait volontairement retenu une quantité significative de vin pour créer une rareté fictive, et profiter de la hausse des prix qui pourrait en découler.

Info ou intox ? Seul l’avenir et le marché pourront en attester. En tout état de cause, Robert Parker recommande aux amateurs motivés par l’achat en primeur de se tourner vers des marchands de bonne réputation, pouvant justifier d’un savoir-faire historique en matière d’achat et de livraison des primeurs bordelais.

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avril 19th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Cette année, avant l’heure, c’était déjà l’heure. Les dégustateurs les plus branchés avaient choisi de partager, en direct et sur Twitter, leurs premières impressions de dégustation des primeurs 2010. Et ça donne, au final, un joli florilège de citations qui, au-delà des bons mots, nous livrent les premières tendances sur ce millésime. En attendant les notes, les vraies.

D’année en année, les notes des dégustateurs sont diffusées de plus en plus tôt. C’est à celui qui dégainera le premier. Et cette année, James Suckling, ancien dégustateur pour le Wine Spectator, n’a pas hésité à sortir du bois loin devant tout le monde, la publication de ses notes faisant d’ailleurs grand bruit dans Landerneau. D’autres, tels que La Revue du vin de France, ont choisi la discrétion. Silence radio avant la publication de leur numéro spécial, prévue fin avril. D’autres encore (Decanter, Robert Parker, Bettane & Desseauve…), ont abreuvé leurs « suiveurs » de petites phrases allusives. Destinées à alimenter le suspense, celles-ci n’en ont pas moins livré quelques indications intéressantes… et drôles.

Remarques générales et petites phrases

Connaissez-vous Twitter ? Sur ce réseau qui donne la prime aux scoops et aux bons mots, un twit, c’est quelques mots, 140 signes, pas un de plus. Le millésime 2010 a inspiré aux grands dégustateurs familiers de l’exercice des commentaires nombreux, parfois contradictoires, souvent intéressants. Car au gré de ses dégustations, le critique sait se montrer tour à tour :

  • Pédagogue : « On comprend vite que les plus grands vins ne se jugent pas au poids, aux tannins, au bois, à la saveur mais aux sensations tactiles.» Bettane & Desseauve (05/04/2011)
  • Confiant : “The 2010 Bordeaux campaign has started amidst considerable confidence on the part of chateau owners and the wider wine community.” Decanter (05/04/2011)
  • Globalement positif : More tasting today of 2010 Bdx. Wines are beautiful.” James Suckling (16/03/2011)
  • Humble : “There are some incredible wines, I’m just a mean marker” Neal Martin, (01/04/2011)
  • Statistique : “2010 will be the 32nd vintage I have evaluated from barrel.” Robert Parker (17/03/2011)
  • Lyrique : “Bob Dylan must have been thinking about Bordeaux when he wrote the song “With god on their side”.” Robert Parker (01/04/2011)
  • So British“Beautiful morning on the Medoc. Gt year for wisteria as well as primeurs.” Jancis Robinson, 07/04/2011 (NDLT : wisteria = glycine)
  • Pas dupe : “Amazing how many horses are training in the Bordeaux vineyards ready for UGC next week.” Neal Martin (30/03/0/2011)
  • Un brin menaçant : “Bordeaux 2010: alcohol is threatening Bordeaux style, say winemakers.Decanter (01/04/2011)

Quand il s’agit des Sauternes, quelques différences d’appréciation apparaissent entre les dégustateurs. Et même, parfois, d’un jour à l’autre, la perception de l’un d’entre eux évolue. Michel Bettane se faisait ainsi lyrique le premier jour : « Les 2010 sont des monuments. Des sculptures de 15 mètres de haut sur 10m de large. » Et il ajoutait : «Tout est bon cette année. C’est la première fois que cela m’arrive. ». Toutefois, le lendemain, la finale interrogative de son propos exprime une première nuance : « Sauternes 2010 : ils sont très « tout » : plus riches en alcool, plus riche en acidité, plus bons ? ». Nuance relayée par le Decanter qui livre un laconique : “Highs, and lows, at this afternoon’s big Sauternes & Barsac tasting.” Un vin se détache toutefois du lot : Château Climens : « Fascinating tasting the different lots at Climens » (Decanter, 04/04/2011)

A Saint-Emilion, quelques réserves s’expriment quant à l’homogénéité qualitative des vins :

« Les saint-émilions ont beaucoup d’énergie, certains ont su la dompter, d’autres pas. » assène Thierry Desseauve. Le même dégustateur, transporté par le Château Cheval BlancUn cheval de légende, d’Artagnan pour l’éclat, Bonaparte pour l’ambition. ») et par son second vinAvec sa finesse superlative, Petit Cheval est définitivement entré dans le club des seconds vins stars ! »), rend hommage à un œnologue parfois controversé « Déguste beaucoup de vins suivis par Michel Rolland : plus de fraîcheur et d’élan que dans les millésimes précédents. L’empire contre attaque.» James Suckling renchérit : “Just tasted 120 2010s with Michel Rolland. Fascinating wines. He said better than 2009. Not sure yet.”

Pendant ce temps, Neal Martin (co-équipier de Robert Parker) entretient le suspense : “Shitly weather in Bordeaux. One wine was absolutely startling today. Turns kick off at Cheval Blanc at 8:30.” 30/03/2011. Quel est donc ce vin auquel il attribue le qualificatif « absolutely startling » ? Le même Neal Martin n’hésitera pas, toujours aussi évasif, à nous annoncer quelques jours plus tard “I have just tasted the WORST Bdx 2010. Official. I fell ill afterwards.” Diable, il peut donc s’avérer dangereux, ce marathon de dégustation des primeurs…

Peu de commentaires sur les vins de Pomerol, juste un petit, glané par le Decanter auprès de Christian Moueix (Petrus) : “Whether the 2010 vintage becomes good or excellent remains to be seen .» Le très grand touchera-t-il au sublime cette année ? La marge est invariablement étroite, à Petrus.

Lorsque l’on revient sur la rive gauche, on croise, à Pessac-Léognan, Florence Cathiard (Château Smith Haut Lafitte) qui avoue, un peu gênée : « It’s embarrassing to say but the 2010 vintage is indeed excellent. » (Decanter, 07/04/2011). Pas d’hésitation pourtant, un constat s’impose : les blancs font cette année l’unanimité. Jancis Robinson fond pour La Mission : “La Mission Blanc absolutely stunning.”, tandis que Michel Bettane tranche, définitif : « Blancs des Graves : les Bourguignons auraient des leçons à prendre. »

Cap sur le Médoc maintenant, où les commentaires rivalisent d’éloges. Michel Bettane rend un bel hommage aux vins de l’appellation Margaux : « Margaux 2010 : c’est l’un des plus beaux ensembles de Margaux primeurs que j’ai goûté. » Devant les premiers crus que le marché chinois va s’arracher, Neal Martin tente de garder un peu de self-control : “Just tasted Latour 2010 then Lafite Rothschild 2010. Not bad for a couple of Cabernets”. Pendant ce temps, James Suckling en redemande : “Mouton says 2010 and 2009 are like 1929 and 1928… I suggested a comparative tasting of the old wines!” Jancis Robinson s’enthousiasme pour l’un des crus stars de Saint-Julien : “Boy, has Ducru B turned a corner.” On apprécie à sa juste valeur la trouvaille de l’équipe Bettane & Desseauve : “Château Saint Pierre (à Saint Julien) est la clé du millésime. »

Et les prix dans tout ça ? Blind tasting a range of Bdx 2010 this morning. Mostly Haut Médoc. Good fruits, ripe tannins…should be good values.” : James Suckling a-t-il jamais acheté, et payé une bouteille de grand cru, pour oser proclamer que 2010 promet de « good values » ? Le Decanter se veut quant à lui apaisant : “The indications are that Bordeaux 2010 will be a memorable vintage on both the right and left banks – and that while prices will be higher than last year, Bordeaux lovers will find something at all levels.”

Et pour finir, l’annonce des premières notes. Le 31 mars, James Suckling lâche une petite bombe sur la toile, avant même que la semaine « officielle » des dégustations n’ait démarré : “Rainy in Bordeaux but 600 sunny tasting notes on 2010 en primeur.” Quelques jours plus tard, le Decanter s’amusera à jouer, jusqu’au bout, avec nos nerfs : « Bordeaux 2010 en primeur scores released in the next hour. Four chateaux got the maximum 20/20 score, but which ones?

Lu non pas sur twitter, mais sur le blog de Neal Martin (de l’équipe Robert Parker)

I can tell that I have just landed at Merignac Airport.

How?

Instead of two shaven-haired, square-jawed male army officers with guilt-inducing accusatory glares at passport control, there are two French femme fatales dressed in camouflage fatigues brandishing matching sub-automatic machine guns. Military chic…so 2010. I suspect their duty is to check nobody is entering Bordeaux with contraband of nasty comments about en primeur and as my passport is stamped, in a distant room the painful cries of an opinionated wine merchant are audible as his interrogators find a use for the thumb screws left over from the Revolution.

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Primeurs 2010 : comment les journalistes préparent leur verdict

avril 14th, 2011 by Veronique Raisin

© Guy Charneau

Chaque année depuis 1973, les vins du Bordelais sont goûtés en primeurs par les professionnels, négociants, courtiers, acheteurs de tous poils. Les prix des vins s’établissent en fonction de leurs avis. Depuis une quinzaine d’années, les journalistes se rendent eux aussi à cette semaine des primeurs et les plus grands dégustateurs (je fais 1,69 m quand même) du monde entier affluent pour noter les vins à peine nés. Leur avis est de plus en plus crucial, notamment celui des critiques américains qui font et défont la réputation d’un vin – et surtout sa cote. Pierre Lurton (Yquem, Cheval Blanc) l’avouait cette année, on dira ce qu’on voudra, mais « au bout du compte, c’est la note de Robert Parker qui l’emporte ».

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Pour la troisième année consécutive, j’ai suivi la semaine des primeurs aux côtés de Michel Bettane, Guy Charneau, Hélène Durand et Alain Chameyrat, dégustateurs pour le Grand Guide des Vins de France et la revue TAST.

En parallèle du parcours réservé aux acheteurs et aux professionnels, les journalistes ont droit à un traitement de faveur, dans le seul but de faciliter leur travail. Cette année 117 journalistes étaient accrédités, répartis par petits groupes d’une vingtaine de personnes, logés, nourris, voiturés, choyés. 30 000 verres Riedel sont aussi arrivés de Londres et d’Autriche ; et pour encore plus nous faciliter la vie, des équipes souriantes sont à notre disposition pour le service des vins.

La semaine des primeurs, c’est comme le marathon, ça se prépare. Il vaut mieux éviter de se mettre minable la veille ; personnellement j’ai fait (main)basses-eaux deux à trois jours avant. Pour éviter un claquage malheureux, il faut y aller progressivement. C’est pour cela qu’il y a les « off », des soirées d’échauffement avant-primeurs où on peut se rincer la gorge de vins subtils, parfois épuisés ou pour le moins usant (pour le portefeuille). D’autant que chaque soir, dans les châteaux où l’on loge, de beaux flacons sont bien souvent débouchés.

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Chaque année, la dégustation des crus classés de sauternes et barsacs ouvre le ban. C’est toujours préférable de goûter les vins liquoreux en premier, on se fait moins de bile par la suite. Cette année nous sommes au Château Guiraud. L’exercice n’est pas facile car il faut faire abstraction du sucre, des caméras (Jancis Robinson juste derrière et Michel à ma droite…) et des écarts entre les profils sauvignon ou sémillon. Mais on a le temps, il fait beau, on peut revenir sur un vin, demander à changer un échantillon en cas de doute, voire goûter différents échantillons. Ensuite nous passons au Château Climens goûter tous les lots. C’est un exercice très instructif : 19 lots cette année que l’on peut jauger en fonction du potentiel de sucre et du taux d’alcool. Il est indispensable à notre niveau de comprendre la mécanique d’un vin et de suivre son cheminement.

© Guy Charneau

Chaque jour nous avons droit à une dégustation différente, organisée par l’UGC (Union des Grands Crus).

Le mardi nous goûtons les graves et pessac-léognans, le mercredi les saint-émilions et pomerols, le jeudi les margaux, moulis, listrac et médoc, et le vendredi les haut-médocs, pauillacs, saint-juliens et saint-estèphes. Une bonne trentaine d’échantillons à chaque séance, sur lesquels on revient une ou deux fois, en fonction des bouteilles.

Le programme est réglé à la minute près : après la dégustation matinale, l’après-midi est consacré aux visites express dans différents châteaux, et pas les plus moches. Margaux, Latour, Lafite, Pontet-Canet, Léoville Las Cases, Haut Brion, les deux Pichon, Mouton Rothschild et ses petites voitures électriques… Nous croisons une baronne, un prince, un amateur de foot, deux chiens, des vaches, point de chevaux (on a pourtant bien cherché), des chinois en ray-ban, mais aussi Michel Rolland, Hubert de Boüard (Angélus), Corinne Mentzelopoulos (Château Margaux), Pierre Lurton…

Les dégustations se passent en silence (c’est hyper dur), on fronce un sourcil pour la concentration, faut pas non plus renverser un verre – une dizaine devant nous à chaque fois pour goûter par séries – et éviter de manger tout le pain avant le déjeuner. A chacun sa méthode : à l’ancienne (carnet ou feuilles et stylo), contemporaine (ordinateur plus ou moins branché, en fonction de la batterie) ou post-moderne (iPad). Ma mission cette année était de twitter, bloguiser, facebooker pour Bettane&Desseauve. Donc pour ma part ce fut carnet de notes (utilisé déjà pour les dégustations de la fin janvier sur les millésimes 2009, 2008 et 2007) et iPhone 3GS.

Plus sérieusement, déguster des vins si jeunes, même pas élevés encore, est un exercice très difficile et aléatoire. C’est pour cela que les conditions privilégiées dont nous bénéficions ne sont pas vaines. Michel Bettane soulignait sur Twitter la grande variabilité d’un échantillon à l’autre pour un même vin. « Goûté en dégustation collective ou à la propriété, on observe des différences. Cela n’autorise donc pas à porter des avis trop arrêtés sur chaque cru. Ces dégustations en primeur ne sont qu’une ébauche de jugement, une première approche. On les regoûtera au cours de leur élevage, puis une fois mis en bouteille. »

D’autre part, il ne s’agit pas comme pour des vins finis de juger de la même façon. « Les plus grands vins ne se jugent ni au poids ni aux tanins ni au bois ni à la saveur mais aux sensations tactiles » explique Michel Bettane. Il ne faut pas pas trop se concentrer sur les arômes mais plutôt sur la forme du vin en bouche, sa longueur, l’énergie qu’il dégage. « Goûter beaucoup de vins en primeurs nous donne la chance de découvrir des talents et aussi de repérer des changements de style. »

© Guy Charneau

Et c’est là que les choses sérieuses commencent. Connaître chaque propriété, leurs vins sur les trente derniers millésimes, le potentiel des terroirs sont des données que peu de dégustateurs maîtrisent. D’autant qu’il y a les exceptions. Par exemple les saint-émilions qui se la jouent cabernet… « Ausone, angélus, cheval-blanc. Trois vins avec un fort pourcentage de cabernet franc. Ce sont des exceptions sur cette rive. Et, malgré cela, ils n’ont rien de commun. C’est très surprenant. Ausone est à la fois racé et strict. Angélus est plus exotique dans sa maturité, classique dans sa texture. Cheval-blanc, voluptueux comme si les cabernets avaient pris des allures de merlot. » commente Michel Bettane. Michel qui est la mémoire vivante de ces vins, connaissant parfaitement leurs terroirs, leur histoire et les ayant goûté chacun des dizaines de fois à tous les stades de leur vie et sur tous les millésimes. Une exception en matière d’expertise…

C’est une semaine bien remplie, où l’on prend la température du vignoble ; on en profite aussi pour faire un point mode et travaux (l’avancée du chai de Cheval Blanc, de Mouton Rothschild, celui de Soutard flambant neuf, la Dominique bientôt sous les gravas etc.). Quant aux vins dégustés, il faudra les regoûter encore et encore avant de se prononcer de façon définitive.

Le métier de dégustateur n’est pas une science exacte.

Tous nos remerciements à Guy Charneau pour ses photos.

guy@guycharneau.com

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Michel Bettane : wine man

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Vous retrouverez prochainement les notes 2010 de l’équipe Bettane & Desseauve :

www.bettanedesseauve.com

Primeurs 2010 à Bordeaux : premières impressions du millésime

avril 8th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

9 heures 19, gare Saint-Jean, temps de rêve sur Bordeaux : la dégustation des primeurs 2010 s’annonce sous les meilleurs auspices. Rive droite, rive gauche, récit d’une journée marathon.

Chaque année c’est la même histoire. On se lève en pleine nuit, on saute dans le train en espérant y reprendre le cours d’un sommeil brutalement interrompu, on se demande, l’estomac au bord des lèvres, comment on va survivre à un programme consistant à déguster, dès 10 heures du matin, une bonne soixantaine de crus, on jure que l’on ne nous y reprendra pas… Et, peu à peu, le train avance, le jour se lève, le paysage change, les vignes apparaissent, rang par rang, et la magie opère. A nous Bordeaux !

Cette année, nous commencerons par la rive droite. Cap sur Pomerol donc, sous un soleil éclatant. Le château La Pointe, fraîchement ravalé, accueille cette année la dégustation de l’Union des Grands Crus. Sacrée machine de guerre que cette Union, qui orchestre avec une minutie exceptionnelle et un professionnalisme irréprochable la grand messe des primeurs. L’UGC attend en effet cette semaine plus de 5000 dégustateurs !

Nous allons donc déguster une dizaine de vins (pas Petrus, non, jamais de Petrus au milieu des autres vins). Est-ce que ce sont les échantillons ? Ou le début de la journée ? Certains vins nous inspireront moins qu’en 2009, ils s’étaient alors montrés tellement flatteurs ! Ils portent en effet cette année les caractéristiques d’un millésime aux matières denses et serrées, plus taillé pour la garde encore. Gros coup de cœur pour La Conseillante, un cru qui nous émerveille à chaque fois, et qui cette année encore, exprime déjà au plus haut niveau toute la complexité de son terroir dans un ensemble à la fois puissant et velouté. On aime aussi la vigueur et la droiture de Clinet, l’équilibre de La Pointe, la longueur de Petit Village, la souplesse et le nez gourmand de La Cabanne.

En route pour Saint-Emilion, ensuite. Chevaux, sanglier, un ballet de sculptures animalières en bronze accueille les visiteurs dans la cour du château La Couspaude. Beaucoup de monde, déjà, dans la salle de dégustation. Les saint-émilions sont plus homogènes, la qualité est impressionnante (la puissance et le degré d’alcool aussi !). Les dégustateurs se pressent autour des tables, nous tombons sous le charme de Clos Fourtet, vif, droit, aux tanins élégants. La texture est magnifique et l’ensemble dégage une belle énergie. On en redemanderait ! Coup de cœur aussi pour Canon La Gaffelière et Beauséjour Bécot, mais aussi et surtout pour Troplong Mondot et Pavie Macquin. Figeac s’affiche en comparaison plus austère à ce stade, mais quelle structure et quelle complexité dans le verre. Le nez aux reflets anisés de La Gaffelière nous intrigue. Ce qui suit est heureusement tout en élégance. Balestard La Tonnelle se déguste particulièrement bien en dépit d’une petite pointe de verdeur en toute fin de bouche. Larcis-Ducasse, velouté et gourmand, se distingue aussi par son bel équilibre. Dassault et La Couspaude pourraient se révéler de beaux rapports qualité-prix. Diable, que de réussites à Saint-Emilion cette année ! L’excitation est palpable dans la salle de dégustation. Et la tension monte encore d’un cran lorsque Michel Rolland y fait son entrée. On lui fait de la place, on lui sourit et, du côté des producteurs, on avoue être honoré de lui faire goûter les vins (dixit la jeune femme rougissante qui remplit son verre). Mais la suite du marathon nous attend. Nous quittons à regret la salle de dégustation.

Retour sur la rive gauche, en route vers le Médoc maintenant. Au château Lascombes, les asiatiques sont plus nombreux que dans le Libournais. Ils étaient attendus en masse cette année. Mais aujourd’hui, nous entendons surtout raisonner l’accent anglais, et aussi, beaucoup plus que l’année dernière, américain. Le déjeuner sera léger, léger. Ceux qui nous

ont précédés ont déjà « nettoyé » le buffet. Tant mieux dans un sens, nos papilles seront loin d’être saturées lorsqu’il s’agira de déguster Château Margaux.

Le premier cru a, pour l’occasion, ouvert ses grilles. Un groupe d’asiatiques se fait photographier au pied des marches. Poliment, et aussi parce que nous ne voudrions pas laisser passer l’heure du rendez-vous, nous restons au bout de l’allée. L’accueil est parfaitement orchestré. Les groupes sont nombreux, et la dégustation organisée dans plusieurs points du domaine. Pour nous, ce sera la cuverie. Pourquoi pas, au fond ! Thibault Pontallier nous accueille. En digne héritier de son père*, il fait lui aussi preuve d’un bel enthousiasme et d’une verve tout aussi intarissable. Le livret qui nous est remis l’annonce en préambule : « C’est à peine croyable, mais pourtant confirmé : 2010 est au moins un aussi grand millésime que 2009 ! ». Nous dégustons d’abord Pavillon Rouge, qui a fait lui aussi, et cette encore, l’objet d’une sélection sévère. Thibault Pontallier nous confirme d’ailleurs la mise sur le marché d’un troisième cru, dont le nom ne nous sera toutefois pas encore révélé**. Ce vin est destiné, comme le 2009, à être commercialisé à l’issue de la mise en bouteille. Le nez de Pavillon Rouge est discret, fin, divinement épicé. La trame est serrée, l’ensemble d’une belle longueur, avec une fraîcheur qui s’explique par la climatologie du millésime (de belles nuits fraîches). Superbe !

Vient ensuite le château Margaux qui s’annonce par une robe rubis pourpre d’une densité somptueuse. Si le premier nez se montre légèrement austère et plus fermé que l’exubérant 2009, il révèle ensuite toute l’élégance caractéristique de Margaux. En bouche, la puissance est bien là, l’équilibre parfait, la texture et la finesse des tannins exceptionnelles. Une puissance admirablement maîtrisée par une texture veloutée. Moment exquis que Thibault Pontallier accompagne d’un chapelet de louanges que nous trouvons amplement méritées. « Ambassadeur » de Château Margaux à Hong Kong, il remplit avec bonheur et talent cette mission que beaucoup lui envieraient ! Michel Bettane avait octroyé un 100/100 à Château Margaux en 2009. Quelle note va-t-il pouvoir lui attribuer cette année ? Pour finir sur une belle note de fraîcheur, vient ensuite Pavillon blanc de Château Margaux. Les arômes d’agrumes jaillissent du verre, dans un ensemble concentré, complexe, très réussi. Thibault Pontallier prétend qu’on pourra l’apprécier encore dans dix ans, au bas mot. Nous, on l’aime déjà, tel quel. Malheureusement, l’heure avance, nous n’aurons que de trop rares minutes à accorder aux vins de Margaux mais nous apprécierons tout de même l’élégance de Brane Cantenac et plongerons notre nez dans le bouquet subtil de petits fruits noirs, de baies et de myrtilles de Château Siran.

Quelques kilomètres plus loin, au château Branaire Ducru, la dégustation se poursuit. Et là, la qualité du millésime éclate. Les vins se montrent au plus haut niveau. 2010 s’annonce donc aussi fort réussi dans le Médoc. L’exigence a été portée au plus haut point : puissance, équilibre, qualité des tannins, les domaines sont nombreux à avoir réalisé la quadrature du cercle. Avec, en plus, pour beaucoup d’entre eux, le soyeux et une texture veloutée qui nous fait littéralement craquer. Nos préférés ? Branaire Ducru, qui incarne la quintessence de l’élégance des saint-juliens, Gruaud Larose, exubérant, Léoville Poyferré, inimitable, Léoville Barton et son nez envoûtant, les deux Pichon (de styles pourtant bien différents) et Lynch Bages, dont quelques esprits grincheux railleront tout de même le côté un poil body-buildé. Mention spéciale pour Phélan Ségur, gourmand et parfaitement équilibré.

On ne s’inquiète pas trop pour le destin des châteaux Clerc Milon et d’Armailhac, parfaitement réussis : l’Asie va s’en emparer. Même scenario pour Beychevelle, qui malgré la légère rugosité de tannins en fin de bouche devrait aussi déchaîner les passions. L’ambiance est à la fête, les producteurs souriants, Philippe Castéja (Président du Conseil des Grands Crus classés) d’humeur toujours aussi badine, l’œnologue Franck Dubourdieu tout à l’émotion du prochain mariage de sa fille. Patrick Maroteaux (Château Branaire Ducru) promet que ses vins ne partiront pas (tous) en Asie : ouf !

Pas une minute, malheureusement, pour lézarder sur la pelouse et les transats gentiment mis à notre disposition par les propriétaires : l’heure tourne ! Et celle du goûter se profile : il est temps de se diriger vers le Château Desmirail, qui accueille cette année la dégustation des crus de Sauternes. Les arômes exotiques du château de Fargues nous envoûtent instantanément. On goûtera avec un même bonheur Doisy Daëne, Suduiraut et Rayne Vigneau. Mais déjà, Julien Minguot (du négociant La Passion des Terroirs), qui nous accompagne tout au long de cette journée s’inquiète, le train ne nous attendra pas… Retour vers Bordeaux. Cet accès de gourmandise nous aura perdus : le train n’a effectivement pas attendu. Sans rancune. Nous nous laissons réchauffer aux derniers rayons du soleil aquitain et commençons à réunir les souvenirs, nombreux et riches de cette journée. Le millésime 2010 confirme, même à l’issue un premier survol, sa fabuleuse qualité.

* Paul Pontallier est depuis 1983 le Directeur du Château Margaux.

** A l’occasion des primeurs 2009, Château Margaux avait annoncé la création d’un troisième vin. A retrouver dans le compte rendu de notre dégustation des primeurs 2009.

Primeurs 2009 : une journée de dégustation à Bordeaux

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Climatologie : le millésime 2009 en Bourgogne

juillet 5th, 2010 by Veronique Raisin

Clos VougeotLa Bourgogne peut se réjouir comme le Bordelais : 2009 signe là aussi un beau millésime. Durant tout le cycle végétatif, la vigne a bénéficié de bonnes conditions météorologiques, avec soleil et chaleur durant l’été. En septembre, la maturité était optimale avec de bons équilibres sucres/acides/arômes.

La récolte s’est déroulée de façon plutôt sereine, l’ensemble des raisins ayant été vendangés au moyen opportun grâce à la suppression du ban des vendanges.

La pression des maladies, assez importante au printemps, a été contenue et les conditions climatiques estivales ont ensuite évité l’apparition de foyers de pourriture, diminuant d’autant le risque de développement des maladies présentes en début de campagne.

Les vins blancs
Le profil aromatique augure d’un joli avenir. Les vins se structurent sur la rondeur et l’amplitude, avec une bonne vivacité. Les différences de terroir jouent pleinement cette année.

Les vins rouges
Les robes profondes et brillantes, les arômes de fruits rouges et noirs bien mûrs (encore un peu prématurés à ce stade) laissent cependant augurer d’une belle qualité d’ensemble. En bouche, les vins ont montré un beau développement, de la complexité, des tanins soyeux.

La sensation de plénitude, appuyée par des longueurs confortables, domine.

Les crémants
Vendangés début septembre et parfaitement mûrs, les raisins ont conservé l’acidité nécessaire et présentaient un potentiel aromatique important. On devrait avoir de belles bulles !

Source : BIVB

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Primeurs 2009 : la petite phrase de Robert Parker

juillet 1st, 2010 by Rédaction iDealwine

twitter-logoTwitter est parfois moins anodin qu’il n’y parait. La petite phrase de Robert Parker concernant la campagne Primeurs 2009 à Bordeaux, mettra-t-elle le feu aux poudres ?

Le célèbre critique américain – qui a encensé le millésime lors de ses dégustations – s’en prend ouvertement aux Bordelais qui s’acharnent à scier la branche sur laquelle ils sont assis.

A tous ceux qui s’étonnent de cette campagne primeurs marquée par un suspense savamment entretenu et des sorties au compte-goutte, le critique a répondu, il y a quelques jours, par un jugement sans appel : “The Bordelais are indeed killing the golden goose. The ridiculous and painfully slow release of prices for the 2009s is both stupid and arrogant…moreover, expect sticker shock…dumb and dumber”. (Les Bordelais sont décidément en train de tuer la poule aux oeufs d’or. L’annonce du prix des 2009, effectuée à un rythme ridiculement poussif et lent est aussi stupide qu’arrogante. De plus, attendez-vous à coup de bambou… Andouille et triple andouille*»

Le lendemain, au vu des tarifs annoncés par certains châteaux, il n’a pas hésité à évoquer l’expression « consumer carnage » pour qualifier la campagne ! Les prix de sortie des vins déjà sur le marché s’affichent en effet en hausse de plus de 72% par rapport à 2008 (plus de 100% de hausse pour les Pauillacs) et plus de 26% par rapport à 2005, précédent millésime « du siècle ». Les propos de Robert Parker n’inciteront sans doute pas les amateurs américains à se ruer sur le millésime. Qu’importe, après tout, les vins ont été remarquablement notés et les Bordelais ont trouvé en Asie un nouvel eldorado. Pourraient-ils s’offrir le luxe de s’affranchir des réflexions – et des notes – de Robert Parker, si celui-ci décidait un jour de boycotter leurs vins ? Là est la question…

En attendant, retrouvez sur iDealwine des caisses prestige millésimées 2003 et 2005, proposées à des prix plutôt attractifs en regard des tarifs primeurs pratiqués par les 1ers crus classés et assimilés en 2009… Comparez !

Caisse Duclot 2003 aux enchères / Tarifs Primeurs 2009
Mise à prix

2003**

Note RP Prix HT

PRIMEUR 2009

Note RP moyenne Note RP
Margaux 99 98-100 99
Ausone 100 95-97 96
Cheval Blanc 89 98-100 99
Mouton Rothschild 95 96-98 97
Mission Haut Brion 94 98-100 99
Lafite Rothschild 100 98-100 99
Latour 100 98-100 99
Haut Brion 95 98-100 99
Petrus 95 96-100 98
Prix de vente 4100 96 10250 * 98
-60,00%
Accédez aux Caisses Duclot 2003 en vente actuellement sur iDealwine :
Lot 1
Lot 2
Caisse Prestige Bordeaux Primeurs aux enchères / Tarifs Primeurs 2009
Mise à prix

2003**

Note RP Prix HT

PRIMEUR 2009

Note RP moyenne Note RP
Mouton Rothschild 95 96-98 97
Margaux 99 98-100 99
Lafite Rothschild 100 98-100 99
Latour 100 98-100 99
Haut Brion 95 98-100 99
Petrus 95 96-100 99
TOTAL 2900 97 7170 * 99
-59,55%
Accédez aux Caisse Prestige Bordeaux Primeurs 2003 en vente actuellement sur iDealwine :
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Lot 2
Lot 3
Caisse Duclot 2005, 2006, 2007 aux enchères / Tarifs Primeurs 2009 Mise à prix

2005**

Note RP moyenne Note RP Mise à prix

2006**

Note RP Mise à prix

2007**

Note RP Prix HT

PRIMEUR 2009

Note RP moyenne Note RP
Petrus 96 96 93 91 96-100 97
Yquem 95 98 97 96 98 97 96-98 97
Lafite Rothschild 96 96 97 94 98-100 99
Latour 96 96 95 92 98-100 99
Margaux 98 98 94 92 98-100 99
Mouton Rothschild 96 96 98 92 98-100 99
Haut Brion 98 98 96 92 98-100 99
Mission Haut Brion 97 97 95 92 98-100 99
Cheval Blanc 96 96 95 91 98-100 99
6000 97 3300 95 3200 93 9330 * 99
-35,69% -64,63% -65,70%
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Accédez à la Caisse Prestige Duclot 2006 actuellement en vente
Accédez à la Caisse Prestige Duclot 2007 actuellement en vente

* Prix actuel HT constaté chez les marchands proposant actuellement ces vins en primeur

** Les prix indiqués pour les caisses 2003, 2005, 2006 et 2007 correspondent à la mise à prix dans la vente aux enchères en cours.

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A lire également :

Robert Parker s’exprime sur le millésime 2009 (10/04/2010)

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*NDLR : « Dumb et Dumber » est aussi une comédie américaine (1994) de Peter Farrelly qui met en scène deux amis embarqués par une série de maladresses dans un imbroglio embarrassant…

Bordeaux : la climatologie du millésime 2009

juin 22nd, 2010 by Veronique Raisin

Vignes

Année du siècle le 2009 ? S’il est encore trop tôt pour prédire l’avenir du petit dernier, les conditions climatiques de sa naissance sont en tout cas – et là sans risque de se tromper – une indication de son profil et de son pedigrée.

Pour les vins rouges, 2009 a rassemblé toutes les conditions qui déterminent un grand millésime : une floraison et une nouaison précoces tout début juin par temps chaud et sec, une véraison précoce (fin juillet) survenue après des pluies qui stoppèrent la croissance de la vigne, une maturation complète grâce à un été chaud, des vendanges idéales par temps sec. Cela dit, sur certains terroirs, la vigne a pu souffrir de la sécheresse du mois d’août.

Pour les vins blancs secs, la chaleur et la sécheresse après la véraison furent le gage de raisins sucrés et riches en arômes. Cependant 2009 fut moins propice à l’acidité et à la puissance aromatique du sauvignon même s’il reste très satisfaisant. Le sémillon en revanche s’est révélé exceptionnel, d’une complexité inouïe.

Les vins liquoreux furent également exceptionnels, grâce aux pluies des 18-19-20 septembre suivies d’une longue période de brouillards matinaux et de chaudes après-midi.

**************************************

A Sauternes et Barsac, sécheresse et chaleur modérées durant six mois consécutifs donnèrent des raisins parfaitement mûrs, très riches en sucres (et en alcool), peut-être davantage encore que 2005. La phase végétative fut d’une rare qualité et les nuits fraîches de l’été préservèrent l’acidité et le potentiel aromatique. La botrytisation fut superbe, grâce notamment aux pluies du 19 septembre (sans les déluges annoncés !) et des trois semaines chaudes et sèches qui suivirent.

Yquem rentra ses derniers raisins le 19 octobre ; opulent comme 1990, intense comme 2003, concentré comme 2001, magique comme 1893, 2009 s’annonce grand, au moins… Attendons la suite.

Dans le Médoc, l’hiver fut un peu plus froid que d’habitude mais jusqu’au mois de mars, la région bénéficia d’un ensoleillement prolongé, supérieur à la moyenne des trente dernières années et propice à la bonne maturation du raisin. Avril fut très humide, mai souvent orageux. La floraison, rapide et homogène, intervint début juin. L’été s’installa, très ensoleillé, sans excès. Le fort stress hydrique et les bonnes conditions permirent une maturation parfaite et complète. Septembre fut idéal, alternant nuits fraîches et journées chaudes. Aux vendanges, le vignoble fut dans sa grande majorité parfaitement sain. A Mouton Rothschild, les vendanges commencèrent le 23 septembre avec les merlots et se terminèrent le 6 octobre avec les cabernets sauvignons. Les raisins furent extrêmement sains, très sucrés, colorés et fruités.

Sur la rive droite, à Saint-Émilion et Pomerol, les mêmes conditions climatiques furent propices à un très bon millésime, peut-être davantage chargé en alcool cependant pour les merlots. Cabernets francs et sauvignons trouvèrent un plus juste équilibre.

**************************************

L’hiver froid et tourmenté les deux premiers mois fut plutôt sec, ensoleillé et doux en mars pour une reprise précoce de la végétation. Ce fut le 5e hiver le plus rigoureux depuis vingt ans.

Le début de printemps fut humide, avec des orages en mai puis une installation précoce de l’été pour une belle floraison la première quinzaine de juin.

L’été fut beau et chaud, avec de faibles perturbations ; il se poursuivit en septembre et octobre et favorisa la pleine maturité.

« Des vins blancs secs puissants, de grands vins rouges et de prodigieux vins liquoreux ».

(Sources : notes des châteaux Yquem et Mouton-Rothschild ; conférence à l’Institut des sciences de la vigne et du vin de l’université de Bordeaux, de Laurence Geny, Bernard Donèche et Denis Dubourdieu).

Chine : alerte aux escroqueries sur les Bordeaux 2009 en primeur

mai 12th, 2010 by En partenariat avec Vitisphere

Un article de decanter.com attire l’attention des investisseurs et acheteurs sur des tentatives de fraude au millésime 2009 observées sur le marché chinois. Des clients potentiels se sont vus proposer des vins parmi les plus côtés, dont les Châteaux n’avaient pourtant pas encore annoncé le prix de sortie ni officiellement mis les vins en marché…

Sam Gleave, directeur des ventes de Bordeaux Index, voit ses craintes confirmées : « Nous avons longtemps craint qu’un millésime comme 2009 donne lieu à des fraudes. L’intérêt pour le millésime est immense en Chine. Dans un marché sans réglementation et sans éducation, il y a toujours le risque d’un négoce voyou sur les primeurs. Malheureusement, il semble que ce potentiel ait été réalisé. »

Don St Pierre Jr, PDG de ASC Fine Wines Greater China, a déclaré à decanter.com : « Malheureusement, je ne suis pas surpris. Bordeaux Index a raison. Parce que ce type d’offre est si nouveau pour la Chine, il y aura de plus en plus de fraudes sur le marché. »

Pour Vianney Castan, directeur général des Vins Joseph Castan, pas de surprise non plus : « Les demandes de copies restent extrêmement répandues en Chine. Il ne passe pas une semaine sans qu’on me demande de faire une étiquette intitulée « Château Lafute » ou « Château Lafile ». Certains importateurs chinois peuvent faire preuve d’un grand opportunisme. Quelqu’un qui connaît quelqu’un dont le business est relié au vôtre trouvera un moyen de se proposer comme intermédiaire pour toucher une commission au passage. Il est difficile d’identifier les interlocuteurs fiables, car celui qui se propose aujourd’hui de vous mettre en relation avec un marchand de vin peut faire de même demain avec marchand de produits pharmaceutiques ou de viande… Tout le monde est multi-cartes et les spécialistes d’un secteur donné qui le restent sont rares. »

L’association britannique des négociants en vins et spiritueux (Wine and Spirits Trade Association, WSTA) a publié une série de recommandations pour les investisseurs potentiels. Ces derniers gagneraient notamment à être attentifs à :

- la taille et la réputation du marchand de vin ;

- lui demander s’il offre des garanties ou une assurance ;

- vérifier si les prix sont compétitifs et incluent la livraison ;

- s’assurer que les factures et les déclarations établissent clairement leur propriété sur le vin acheté.

Le président de la WSTA, Jeremy Beadles, rappelle que « les courtiers de bonne foi n’auront aucun problème à montrer patte blanche et les consommateurs qui posent les bonnes questions feront en sorte de ne pas se faire piéger par des distributeurs peu scrupuleux. »

Anne Serres – Vitisphere

Primeurs : 90-92/100 Parker pour Château Belle-Vue 2009, bientôt sur iDealwine

mai 4th, 2010 by Rédaction iDealwine

chateau-belle-vue-2009Vous le connaissez bien… Cela fait maintenant plusieurs années qu’iDealwine suit de très près le Château Belle-Vue. Et cette année, la récompense est à la hauteur des investissements importants consentis par son propriétaire, Vincent Mulliez. Exceptionnel, le millésime 2009 a fait l’objet d’un accueil enthousiaste et unanime de la part des critiques. Ce cru de Haut-Médoc sera bientôt disponible en offre primeur sur iDealwine.

Robert Parker : 90-92*

Not to be confused with Saint-Emilion’s Bellevue, this has been one of the most consistent Médoc Cru Bourgeois over a number of years, and the 2009 may reach new quality heights. A big time sleeper of the vintage, this blend of 50% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot, and 20% Petit Verdot boasts a dense purple color as well as notes of crème de cassis and spring flowers, terrific fruit, sweet but noticeable tannin, and medium to full body. It can be drunk young or cellared for 8-10 years.

Jancis Robinson : 16.5

Dark purple. Intense and tarry on the nose. Lots of juice with minerality on the finish. Nice combo! Real vitality.

La Revue du Vin de France : 16.5-17.5/20

Ce petit cru continue à nous séduire par son éclat et son potentiel. Le 2009 poursuit une très belle série. Grâce à une proportion importante de petits verdots (20%), il affiche une très bonne droiture et de la fraîcheur. La bouche est ample, charnue et profonde, sur de belles notes de fruits noirs, et la finale apporte une touche saline bienvenue.

Decanter : 16.5/20

Dense colour, superb extraction of black berry fruits, fleshy and classy, very ripe, will mature well and impress. Drink 2013-2020.

Bettane & Desseauve : 15.5/20

Ce cru est gourmand et profond, avec une suavité perceptible dès l’attaque. Ses notes de cèdre et de réglisse lui confèrent un style avenant, renforcé par des tanins ronds et fins.

Jean-Marc Quarin : 15.5

Ma meilleure note donnée à ce cru en primeur.

Couleur sombre, intense, belle. Nez aromatique, fin, fruité, sentant la mûre. Entrée en bouche tendre, fruitée et aérienne. Je n’ai jamais vu ce vin aussi fondant au palais. Très aromatique au milieu, il s’achève sur des tanins fins, avec beaucoup de goût. La note de plaisir est déjà très forte. Belle longueur finement tramée. Ce vin est meilleur que le 2005 qui présente parfois un boisé dur. Vous noterez que depuis 2007, les fournisseurs de barriques ont changé : la fin de bouche de ce vin s’en trouve fortement améliorée. 2009 est le plus grand millésime de cette propriété.

D’autres vins, soigneusement sélectionnés pour leur rapport qualité-prix-rareté seront également proposés dans cette Offre iDéale spéciale Bordeaux Primeurs.

En savoir plus sur le Château Belle-Vue

Le vin du Château Belle-Vue, réputé depuis la fin du XIXème siècle, était, jusqu’en 1995, intégré au Château de Gironville. C’est l’engagement du propriétaire de l’époque, Rémy Fouin, qui a permis à Belle-Vue de devenir un cru à part entière, avec la rénovation du site d’exploitation.

Le nouveau propriétaire depuis 2004, Vincent Mulliez, tout aussi passionné, poursuit les mises en œuvre de son prédécesseur, dont il a d’ailleurs fait son conseiller viticole. Très attachée aux méthodes traditionnelles, cette équipe ambitieuse n’hésite pas, en revanche, à recourir aux outils les plus performants. Les dix hectares du domaine s’étendent sur un remarquable terroir qui, situé entre l’estuaire de la Gironde et l’Océan Atlantique, bénéficie d’un micro-climat agissant comme un régulateur de températures. Quant à l’encépagement, pour le moins original, outre le cabernet sauvignon (50%) et le merlot (30%), il compte 20% de petit verdot, une proportion particulièrement importante pour ce cépage souvent minoritaire, mais qui confère au vin une élégante acidité. Sans oublier une touche de carménère, un antique cépage bordelais qui enrichit subtilement la palette aromatique de douces notes épicées.

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