Archive for the ‘Portrait d’un amateur’ Category

Portrait : Michel Bettane, Wine Man

décembre 10th, 2010 by Veronique Raisin

bettaneAlors que s’ouvre à Paris le Grand Tasting, découvrons la face cachée et intime de ce dégustateur mondialement reconnu. Homme de lettres, de notes – aromatiques et musicales, de coeur, Michel Bettane pianote sur le fil de la vie avec enthousiasme et une soif de connaissances insatiable.

Drôle de parcours que le sien : normalien, professeur de lettres, il eut pu être tout aussi bien chef d’orchestre ; il a choisi d’enseigner le goût, de le cultiver et de vouer sa vie au vin. Une mémoire prodigieuse, une connaissance des vignobles encyclopédique, une capacité d’étonnement intacte, il passe parfois aux yeux de ceux qui n’en perçoivent que la face publique, pour un donneur de leçons ; pour ceux qui se donnent un peu la peine de le connaître, il est un humaniste, les pieds dans le terroir, la tête dans les étoiles.

Quelle a été votre première rencontre avec le vin ?

J’ai commencé à m’intéresser au vin à 18 ans. Avant cela, je n’en buvais pas. J’étais chargé de remonter les vins de la cave de mon père ; j’étais fasciné par la poésie des noms sur les étiquettes et par leur contact. Je me souviens des meursault-charmes des Comtes Lafon, d’un volnay clos-des-chênes…

Quel vin a déclenché votre passion ?

Un haut-brion 1962. J’avais 18 ans. A l’époque je n’aimais pas le vin rouge. J’étais avec des amis, au bord du lac de Neuchâtel et l’un deux avait apporté cette bouteille. Forcément je l’ai goûtée, et là ça a été le déclic : jamais un vin ne m’avait fait un truc pareil ! J’ai acheté et lu tous les livres possibles et imaginables sur le vin et monté un club de dégustation informel avec mes amis de Normale Sup.

On achetait une bouteille par semaine, c’était l’époque où on pouvait encore s’offrir de grands crus.

Et après ? L’enseignement, les lettres…

Oui, mais j’ai aussi suivi en parallèle les cours de l’Académie du vin à Paris, fondée par Steven Spurrier. J’avais comme professeur Michel Dovaz ! J’y ai ensuite moi-même donné des cours puis rejoint la RVF, avec Chantal Lecouty. En 1991 j’ai arrêté d’enseigner le français et me suis consacré au vin exclusivement.

Quel a été votre dernier coup de cœur ?

J’ai eu la chance de boire à deux reprises une Romanée Conti 1966 : c’est un vin complètement fou, d’une beauté et d’une pureté extraordinaires. Et puis j’ai regoûté dernièrement Haut-Brion 1962, le vin qui m’a fait aimer les grands vins. Il est encore plus jeune à cinquante ans qu’il ne l’était à dix !

Quel chef vous touche le plus ?

Le cuisinier qui m’a donné le plus d’émotions est sans conteste Alain Senderens.

Votre accord mets et vin préféré ?

C’est tout simple : des oeufs mollets en sauce béchamel à la truffe blanche d’Alba, servis avec un grand barolo : le Percristina de Domenico Clerico.

Vous ne pourriez pas vivre sans …

Sans boire du vin, sans bien manger, sans musique, sans Montaigne et Saint-Simon.

Quel vin choisiriez-vous pour « initier » quelqu’un qui ne connaît rien au vin ?

Un vin blanc. Un grand sauternes par exemple, par goût naturel. Ou peut-être un vieux pinot noir, qui reflète son terroir et ses origines, qui ait la gueule de l’endroit et les tripes de celui qui le fait comme dit Jacques Puisais ; pas un vin de surface en somme !

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?

Un grand champagne. J’hésite entre Selosse et Egly. Mais en magnum en tout cas ça c’est sûr !

Quel vin choisiriez-vous pour séduire une femme ?

Soit un grand spätlese allemand, de la Moselle ou de la Saar, d’une dizaine d’années. Soit un vieux bourgogne, chambolle ou vosne-romanée. Mais fait en vendanges entières ! Parce que ces vins incarnent l’idée du raffinement et du parfum. Ils ont un profil aromatique très créatif, très noble ; il n’y a pas de mots pour les décrire. Je pense à un musigny 62, une romanée-conti 66 ou une tâche 66 : ces vins sont des oeuvres d’art en matière de parfum.

Qu’est-ce qui fait un grand vin ?

Le plus important dans un grand vin, c’est l’unité entre le corps et la saveur. Le fait qu’on ne fasse plus attention à l’objet réel ; il est comme dématérialisé.

Vous pourrez croiser Michel Bettane dans les allées du Grand Tasting, au Carrousel du Louvre, vendredi 10 et samedi 11 décembre 2010.

Plus d’information : www.grandtasting.com

A lire également :

Portrait : Thierry Desseauve, confessions (d’un gamin du siècle)

Bourgogne Live : la Bourgogne comme si vous y étiez !

septembre 21st, 2010 by Veronique Raisin
bourgognelive

©Jean-David Camus

L’un rédige les articles et anime la communauté, l’autre se charge des photos et des vidéos. Le premier vit à Beaune, le second habite Pommard. François Desperriers et Aurélien Ibanez se sont rencontrés via les arcanes cybernétiques pour s’apercevoir qu’ils étaient quasiment voisins. Unissant leurs forces et leurs compétences (environ six métiers à eux deux), les voilà partis depuis six mois à tâter le pouls de la Bourgogne, et suivre en direct les événements qui agitent le pif.

L’idée est née le jour de la Saint-Vincent Tournante à Chassagne-Montrachet. Un premier reportage des festivités pour un ami vigneron, un peu d’iPhone et de Twitter et hop, l’affaire était lancée.

Aujourd’hui le site est richement alimenté, la partie régionale s’est étoffée, les vidéos maison sont légion de même que des reprises qui circulent sur le Net. Un long travail de veille dans toutes les langues constitue le socle des contenus. Seul bémol : le temps. Tous deux salariés par ailleurs, il faut souvent jongler avec le temps libre…
Qu’à cela ne tienne, le moral est bon, la soif de découvertes intacte.
Totalement néophytes, les deux amis découvrent avec passion ce microcosme viticole, attachant et si riche. « On a une vraie fraîcheur auprès des vignerons, on montre notre envie », explique François. Et cela fonctionne. Les amateurs sont nombreux à venir suivre l’actualité bourguignonne en direct. Prochain grand rendez-vous : la vente aux enchères des Hospices de Beaune, les 20-21 novembre prochain.

Accédez au site Bourgogne Live

Retrouvez à la vente une cuvée des Hospices de Beaune :

Dégustez ce vin en video, avec Prodegustation !

Consultez la cote d’un vin de Bourgogne
Consultez les ventes de Bourgogne en cours

BRÈVES DE COMPTOIR avec Charles-Antoine Genuyt

septembre 15th, 2010 by Veronique Raisin

Portrait d'un amateurLa valeur n’attendant pas le nombre des années, Charles-Antoine Genuyt figure parmi les membres les plus jeunes du Club iDéal.

Charles-Antoine arrive en retard, essoufflé, s’excuse : sa cave est en chantier, il fallait attendre le pronostic de l’expert venu opérer. Motif on ne peut plus valable. Méthodique, le jeune homme y range ses bouteilles de bordeaux, un peu de bourgognes et quelques champagnes (Egly-Ouriet, Bollinger, entre autres, ainsi que des flacons 100% chardonnay de Diebolt-Valois, une maison dont il garde un souvenir ému, avec un 1953 dégorgé à la volée par Jacques Diebolt lors d’une visite au domaine).

Charles-Antoine a découvert le vin pendant ses études à Dauphine, au club d’oenologie Dauvigne. Il a toujours acheté exclusivement sur Internet. Forcément, à 26 ans on ne se pose pas d’autres questions. Au bout d’un moment, pianotant sur la toile, il a fini par tomber sur iDealwine. Pour les primeurs d’abord puis rapidement pour les millésimes plus anciens, aux enchères, que l’on peut boire sans attendre. Après le Bordelais, plus simple à décrypter que les appellations bourguignonnes et leur hiérarchie parfois obscure, qu’il a commencé à explorer depuis peu, il s’est attaqué aux rhônes. Il reste encore d’autres vignobles bien sûr mais Charles-Antoine n’est pas pressé ! Nous avions fait sa connaissance lors d’une dégustation réservée aux membres du Club iDéal. Il était de loin le plus jeune. Et, à ce titre, il avait eu le privilège de repartir avec un flacon (vide) de son millésime de naissance : un double-magnum de Château Mouton-Rothschild 1984 !
Vous dernier coup de cœur ?

Un romanée saint-vivant Les 4 Journaux 1988 de Louis Latour. Je l’avais goûté il y a deux ans au Grand Tasting lors de la dégustation d’iDealwine ; je suis tombé amoureux de ce vin ! J’ai pu l’acheter dans une vente à prix fixe et je l’ai bu avec des amis autour d’un délicieux dîner.

L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?

Les clefs de ma cave !

Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?

J’aime beaucoup les magnums. Je trouve cela très joli sur une table.

Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?

C’est tout simple : le Café du Marché rue Clerc (Paris 7e). J’y vais très souvent.

Votre accord mets et vin préféré ?

Les noix de saint-jacques avec un chardonnay, qu’il soit de Bourgogne ou de Champagne.

Le vin que vous auriez honte de boire ?

Du vin en canette.

Votre première gorgée de vin : quand était-ce et avec qui ?

Je n’en ai pas de souvenir précis. Sans doute au cours d’un repas de famille, avec mes parents.

La bouteille qui a déclenché votre passion ?

Château Branaire-Ducru. Nous avions eu une verticale, au club de Dauphine, accompagnée des fromages de Bernart Anthony. J’ai eu le déclic à ce moment-là, l’accord était somptueux.

Vous ne pourriez pas vivre sans …

Champagne !

Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes

Une vendanges tardives d’Alsace. Je leur montre que c’est plus agréable que le sauternes, avec un foie gras – même si j’adore le sauternes !

Vous recrachez : systématiquement, seulement quand c’est mauvais, jamais ?

En dégustation, systématiquement. A un dîner jamais.

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?

Je viens de m’offrir mon premier Petrus (2009). Pour rien au monde je ne partirai sans cette bouteille !

Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir ?

Mouton-Rothschild 1945.

Cela demeure un mythe. C’est l’année de la Victoire.

On en parle tellement…

« La vérité est au fond du verre ». Au fond, est-ce toujours la vérité ?

(petite hésitation ; le verre de chardonnay est vide)
Je n’ai pas assez bu pour ça…

A lire également : J’ai entrouvert pour vous les portes du Club iDéal

En savoir plus sur le Club iDéal

Portrait d’une blogueuse : Miss Vicky Wine

septembre 8th, 2010 by Veronique Raisin

miss-vicky-wine1Elle n’est pas vigneronne, mais aurait pu l’être. Elle n’est pas non plus américaine, mais aurait pu le devenir. Miss Vicky Wine parle du vin, in English, sur son blog éponyme.

D’abord de celui du domaine de son père, à Fleurie. Le Château des Moriers, 10 hectares. Anne-Victoire (c’est son prénom dans le civil) Monrozier y passe les vacances (courtes) et met encore la main à la pâte lors des vendanges. Mais sa vie est à Paris, plus exactement entre San Fancisco, Madrid, Londres, Lyon et Paris. Avec plein d’autres destinations entre les deux.

Mais que fait donc MVW ?

Après des études de psychologie sociales à Lyon (Rhône et Beaujolais) puis un diplôme de Human Ressources à la London School of Economics (chardonnay, cabernet et tout le reste), Vicky se voyait bien vivre aux États-Unis. L’idée d’un blog germe au cours d’un stage, dans une agence de comm’ parisienne (on dit « je fais de la comm’ ou je suis dans la comm’).

miss-vicky-wine1Depuis plus d’un an, elle poste, blogue, facebooke, twitte, maile, et surtout, organise des événements. C’est la botte secrète. Des soirées after work autour de quelques verres de vin et d’un vigneron, dont la Miss a fait son activité principale.

On s’inscrit (en prévente ou sur place), on rameute la pote zone et crac. Cours magistral sans grand amphi mais avec toute la sympathie et la décontraction que ce genre de soirées peut procurer. Il y en a une toutes les trois semaines.

Dégustation à Paris le 9 septembre

Autre botte secrète (on a deux jambes) : sa marque de vin.

3000 bouteilles (c’est un début) de Fleurie 2007, estampillées Vicky Wine et étiquetées aux couleurs de la demoiselle. Déjà un tiers se sont vendues aux États-Unis. Les projets : étoffer la gamme, d’un beaujolais blanc par exemple.

A noter pour les Parisiens, la prochaine dégustation de son Fleurie est programmée le jeudi 9 septembre au magasin Divinidé, 57 rue Montmartre dans le 2° arrondissement.

Retrouvez Miss Vicky Wine sur son blog : http://missvickywine.blogspot.com

BRÈVES DE COMPTOIR avec Jean-Marie Guffens-Heynen, magicien du chardonnay.

juillet 26th, 2010 by Veronique Raisin

domaine-jean-marie-guffens

Jean-Marie Guffens est un homme atypique. Encensé par les critiques, recherché des amateurs, il n’a pas pour autant pris la grosse tête, ne connaît même pas les notes de ses vins, et n’achète aucun guide pour y suivre sa cote. IL a accepté de bonne grâce de se soumettre à notre questionnaire…

Votre première gorgée de vin : quand était-ce et avec qui ?
Tout seul à 6 ans : un rosé d’Anjou demi-sec Rémy Pannier

La bouteille qui a déclenché votre passion ?
Un bandol Tempier 1971.

Votre accord mets et vin préféré ?
Des moules de Bouchot safranées avec un vieux chardonnay

Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?
Bouteille tout seul, donc forcément, magnum…

L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?
Mes lunettes, malheureusement…

Vous recrachez : systématiquement, seulement quand c’est mauvais, jamais ?
Quand je déguste, systématiquement.

Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?
Chez moi et ailleurs…

guffens2La fin de la bouteille au resto : vous la buvez ou vous l’emportez ?
Je la bois.

Vous ne pourriez pas vivre sans …
Mes femmes !

Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes
Les chablis.

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
Un Mâcon Pierreclos 2002.

Le vin que vous auriez honte de boire ?
N’importe quel vin à 1000 euros.

Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir  ?
Palmer 1961, mais uniquement s’il est à moins de 1000 euros !

« La vérité est au fond du verre ». Au fond, est-ce toujours la vérité ?
J’espère trouver la vérité avant de toucher le fond.

A lire également :

Mythiques, les vins de Jean-Marie Guffens

Retrouvez les vins de Jean-Marie Guffens en vente actuellement sur iDealwine :

Interview : Georges Pertuiset – meilleur sommelier 1980 … 30 ans après

juillet 7th, 2010 by En partenariat avec PRODEGUSTATION

Depuis 30 ans, les règles de la dégustation ont-elles évolué ? Découvrez en video l’interview de Georges Pertuiset, meilleur sommelier du monde 1980.

Meilleur Sommelier de France 1980, Président de l’Union de la Sommellerie Française de 1995 à 2004, Georges Pertuiset a reçu chez lui, à Beaune, Thomas Cabrol, président du site Prodegustation, partenaire d’iDealwine.

Découvrez l’interview en video.

Cet article vous est proposé en partenariat avec Pro dégustation

Grâce à ProDégustation® – leader du cours d’œnologie en France -, apprenez à déguster le vin simplement avec la méthode pédagogique VOG®.

Cette séance ludique vous permettra de partager avec vos proches votre passion de l’œnologie.

Recherchez un accord mets et vins.

Tous nos conseils pour bien associer un plat et un vin.

En savoir plus sur l’art de la dégustation.

Portrait : Thierry Desseauve, confessions (d’un gamin du siècle)

avril 16th, 2010 by Veronique Raisin

Thierry Desseauve

Ce Cévenol élevé en Normandie, fan des micro-sillons passé aux sillages des vignobles a tracé sa route avec une insatiable curiosité.
Tombé dans la cave de son père quand il était petit, bordeaux, vacqueyras et un beaune-grève 1961 firent son éducation.
A 7 ans il la brûle, à 17 ans, il la pille. Avec méthode. Et quelques complices. L’amitié déjà….

Les études. La musique. Le journalisme.
A 20 ans, il créé un journal rock, continue d’apprécier les bons vins (et tous les autres), poursuit ses études d’économie et de journalisme.

Premières collaborations, Cuisine et Vins de France, Signature, l’Événement du Jeudi. Premier papier : les arnaques du vin. Le jeune pigiste plein d’avenir se fait un nom et affine sa plume.

Puis vient la rencontre décisive : Michel Bettane. Le déjà très réputé dégustateur se lie d’amitié avec Thierry, apprécie son énergie, sa gourmandise du monde. L’histoire raconte que c’est aux Hospices de Beaune, autour d’un match de foot, que l’amitié scella leur destinée commune. Thierry découvre « l’éthique du grand vin », fondée, dit-il « sur sa capacité à traduire avec la plus évidente force le génie d’un terroir et la permanence d’un style ».

Rédacteur en chef pendant 15 ans de la Revue du Vin de France, il crée en 1996 avec Michel le guide des meilleurs vins de France. En 2005, pari osé mais pas dégonflé : les compères créent leur société. « 15 ans ensemble à diriger ce magazine, on avait l’impression d’avoir fait le tour de la question. Et comme on a la chance de vivre une véritable révolution technologique de l’information, on avait envie d’être complètement libres pour apporter notre petite mais originale pierre… » explique Thierry.

Un site web, www.bettanedesseauve.com, le Grand Tasting, des articles, des ouvrages, un Grand Guide des Vins de France, Paris, Hong-Kong etc.

Fan de foot, féru de vélo (oui, il a « fait » le Ventoux), toujours un sourire aux coins des lèvres, un phrasé lent (si si !), un physique de beau gosse, l’élégance chic, Thierry Desseauve promène sa grande silhouette et sa bonne humeur aux quatre coins du vignoble. Qui sait, peut-être le croiserez-vous ? C’est tout le mal que l’on vous souhaite.

Sa bouteille fétiche : Ducru-Beaucaillou 1970.

« Pour la première fois j’ai mis une saveur sur le mot complexité. J’ai encore ce goût en mémoire ».

Son trait de caractère : la générosité

Son faible : le champagne. « Si les grands champagnes n’existaient pas, je serais terriblement malheureux ; il manquerait quelque chose au monde ».

Sa destination : l’Italie et Londres

Un détail : la croix huguenote qu’il porte autour du cou.

1. Si vous n’étiez pas devenu dégustateur ?

L’autre métier que j’aurais adoré faire, c’est menuisier. Parce que c’est un métier d’artisan. Je me considère d’ailleurs comme un artisan. Cela dit je suis très maladroit…

Thierry Desseauve2. Sans quel vin ne pourriez-vous pas vivre ?

Le champagne. Mais j’aurais du mal à vivre sans vin de toute façon !

3. Le vin que vous espérez goûter un jour ?

S’il existe une civilisation extra-terrestre, j’aimerais être le premier à goûter leur vin ! On reconnaîtra qu’ils sont civilisés à cela d’ailleurs : à leur capacité à produire du vin.

4. La faute de goût impardonnable ?

Boire de la Corona au salon de l’Agriculture…

5. Que détestez-vous le plus dans la vie ?

La bêtise au front de taureau comme disait Baudelaire. D’ailleurs, je déteste me faire engueuler.

6. La plus belle preuve d’amitié ?

En ce qui me concerne, filer le seul magnum de Mouton Rothschild 2000 que j’avais à un ami (en espérant que je serai toujours son ami le jour où il sera temps de l’ouvrir !)

7. Le dernier livre que vous avez lu ?

La Vie de Henry Brulard de Stendhal.

J’adore sa liberté de ton, la finesse d’écriture, l’allant, le naturel.

Je pense que le 19e siècle est l’apogée absolu de la littérature française. Je peux relire chaque année tout ou partie des Mémoires d’Outre-Tombe ou Choses Vues de Hugo !.

8. La qualité que vous préférez chez une femme ?

Le charme, je dois en convenir.

9. S’il ne vous restait le temps que pour une dernière bouteille ?

… il faudra bien que je me pose la question un jour, c’est terrifiant.

(…)

Un grand liquoreux.

Une gorgée d’Yquem.

Cela fera passer plus suavement le passage de vie à trépas.

10. Le vin pour séduire qui marche à tous les coups ?

Aucun vin ne marche à tous les coups !

11. La bouteille la plus précieuse que vous avez en cave ?

Château Rayas.

C’est le vin pour lequel j’ai le plus d’amitié amoureuse et un absolu respect.

J’ai un rapport intime avec ce vin qui est tout en sensualité. Car le vin est une affaire de sens, d’émotion.

C’est un vin sensuel au sens premier du mot.

12. Etre heureux, pour vous, c’est quoi ?

Continuer à apprendre. Apprendre c’est vivre, grandir, s’amuser, construire, rencontrer des gens.

Ne pas s’enfermer dans un seul possible.

Toujours apprendre pour espérer devenir grand un jour.

Portrait et interview de Véronique Raisin.

iDealwine présente : BRÈVES DE COMPTOIR avec Vincent Ravenne

février 21st, 2010 by Veronique Raisin

vincent-ravenneNous inaugurons notre série « Brèves de comptoir », des entretiens à guichet ouvert avec les clients qui voudront bien se prêter au jeu. Ce mois-ci, Vincent Ravenne, adepte des enchères et dénicheur de bons crus.

Le vin, c’est encore ceux qui en boivent le plus qui … en parlent le plus !

Vincent Ravenne sillonne toute l’année les vignobles, visite les domaines, goûte les vins (plus de 2500 par an), remplit sa cave, a son badge pour les Primeurs à Bordeaux et ses entrées à Ampuis, et pourtant, il n’est pas journaliste… Et oui, il achète son vin, et pas n’importe où : chez iDealwine. Un site découvert il y a cinq ans, via Google.

Serait-ce pour fuir sa ville d’eau de résidence (Lourdes), un métier en milieu aqueux (la société pour laquelle il travaille fabrique et commercialise de l’instrumentation scientifique dont certains procédés de purification de l’eau) ? Toujours est-il que le voilà absorbé le plus clair de son temps libre par l’abyssale connaissance bachique.

Connaisseur averti, il a aussi créé voilà deux ans le forum des Buveurs d’étiquette sans perdre de vue qu’il y a une vie après le web, surtout lorsqu’il s’agit de dégustation !

Nous lui avons posé les 15 questions essentielles, solubles et insolentes de notre interview. En bref et sans images, ça donne ça :

Vous dernier coup de cœur
La Tâche 1970

L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?
Aucun

Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?
Bouteille

Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?
Le Severo, 8 rue des plantes, dans le 14e à Paris.

Votre accord met et vin préféré ?
Une côte de boeuf et un grand bordeaux arrivé à maturité (c’est-à-dire des décennies 80 ou 90…)

La fin de la bouteille au resto : vous la buvez ou doggy-bag ?
Je la laisse

Le vin que vous avez honte de boire ?
Du rosé, mais je n’en bois pas ! Quand ce n’est pas bon, je préfère boire de l’eau, c’est moins risqué !

Votre première gorgée de vin : quand et avec qui ?
Sans doute à 25 ans. Un collègue de travail voulait m’expliquer le vin. Je n’ai pas tellement aimé, ça ne m’intéressait pas.

La bouteille qui a déclenché votre passion
Yquem 1987. Je n’ai jamais osé le regoûter depuis, je reste sur le souvenir, j’aurais trop peur d’être déçu !

Vous ne pourriez pas vivre sans …
La Bourgogne

Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes
Le Château des Tours 2002. C’est un des domaines d’Emmanuel Raynaud, également propriétaire de Château Rayas.

Vous recrachez : systématiquement, seulement quand c’est mauvais, jamais ?
Systématiquement en dégustation, jamais à table et toujours quand c’est pas bon !

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
Château Lynch-Bages 1989

Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir
La Romanée Conti 1978

« La vérité est au fond du verre ». Au fond, est-ce toujours la vérité ?
Il n’y a pas de vérité dans le vin. Chacun doit trouver sa voie.

Propos recueillis par Véronique Raisin.

Si vous souhaitez participer, envoyez-moi une photo, votre livret de famille et votre 06. Ah non zut, envoyez un mail à info@idealwine.com, sujet « Brèves de comptoir ».

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