Jacky Blot, une formidable énergie dans la Loire
décembre 15th, 2011 by Philippe Rabert
Jacky Blot a été un des moteurs du renouveau de l’appellation Montlouis au début des années 1990. Insatiable, après avoir acheté il y a dix ans un domaine à Bourgueil, il vient d’acquérir les 12 hectares du superbe Clos de Mosny à Montlouis. Il nous explique tout cela dans l’interview qu’il a accordée à iDealwine.
Le regard aussi pétillant que son fameux Triple Zéro, Jacky Blot est un vigneron habité d’une formidable énergie et d’une envie permanente d’entreprendre qui ne peut laisser qu’admiratif. Le tout sans jamais faire de concessions à la facilité et en restant d’une exigence draconienne sur la qualité des vins qu’il propose à une clientèle comblée.
Alors qu’une Offre iDéale “Spéciale Jacky Blot” est en cours sur le site iDealwine, nous avons rencontré le vigneron à Paris lors d’une dégustation de… beaujolais. Un moment privilégié pour faire le point sur son actualité du moment.
iDealwine : Quels sont les projets qui vous font vibrer en ce moment ?
Jacky Blot : Incontestablement l’intégration dans La Taille aux Loups du Clos de Mosny que j’ai racheté fin 2010 et sur lequel nous avons fait nos premières vendanges en 2011. C’est un site formidable, 12 ha d’un seul tenant ceinturés par 1,6 km de murs ! J’ai même engagé un maçon à plein temps pour entretenir ces murs.
iDw : Dans quel état étaient les vignes ?
JB : Il y avait un peu de tout et puis sur une surface pareille il y a des nuances de sols. En gros, on peut dire qu’il y avait trois catégories de vignes : une partie de très belles vignes assez vieilles et greffées sur des porte-greffes très qualitatifs. Une partie de vignes “normales” et une partie de vignes “moyennes” que je vais progressivement remplacer. Au total c’est un gros travail supplémentaire puisque mon domaine a pratiquement grandi de près de 50% d’un seul coup ! Et un gros investissement financier avec le matériel à acheter et les quatre personnes supplémentaires qu’il a fallu embaucher.
iDw : Comment va s’intégrer la production des vignes du Clos de Mosny dans la gamme des vins de La Taille aux Loups ?
JB : Les 2,5 ha produisant les plus beaux raisins sont destinés à produire une nouvelle cuvée qui s’appellera tout simplement Clos de Mosny et dont le millésime 2011 sortira l’année prochaine. Les autres belles vignes serviront à produire plus de Triple Zéro, mon pétillant qui est toujours en rupture de stock ! Enfin, comme sur le reste de mon vignoble de Montlouis, un premier passage sur l’ensemble du clos lors des vendanges servira à produire un peu plus de ma cuvée générique, “Les Dix Arpents”. Il ne faut pas oublier non plus que dans l’
achat du Clos de Mosny se trouvaient 3 ha du Clos Michet qui vont venir compléter l’hectare que je possédais déjà et que j’isolais depuis quelques années. Ce nouveau challenge me comble car il me permet d’aller encore plus loin dans ce que j’aime faire, c’est à dire des sélections parcellaires.
iDw : Actuellement, une belle sélection des vins de vos deux domaines (La Taille aux Loups à Montlouis et Domaine de La Butte à Bourgueil) est proposée sur iDealwine. Pourquoi avoir choisi notre site ?
JB : D’abord je tiens à signaler que je ne vends pratiquement jamais mes vins sur des sites de vente en ligne. Avant tout par fidélité à mon réseau de cavistes qui a cru en moi dès le départ de l’aventure. Néanmoins il faut savoir évoluer, mais doucement, et pour moi, iDealwine s’est naturellement imposé par la qualité de ses prestations et l’excellent relationnel que j’entretiens avec les responsables du site. D’ailleurs il faut que retourne vite au domaine pour retrouver quelques lots de Triple Zéro et de Vouvray sec du Clos de Venise 2010 tant les clients d’iDealwine se sont enthousiasmés pour cette vente de mes vins !
Buvez, twittez ! Le nouveau concept de dégustation de TweetAWine
novembre 14th, 2011 by Veronique Raisin
TweetAWine.com permet aux internautes d’étancher leur soif de connaissances viniques en partageant via Twitter leurs notes de dégustation. Malin.
Franck Merloz n’en est pas à son coup d’essai. Cet informaticien savoyard, qui s’est fait le palais à coup de roussette, d’altesse et de mondeuse, blogue déjà sur In-Roussette-We-Trust (www.irwt.fr). Cet adepte des cépages rares a ainsi commencé à mettre les pieds dans le web en 2000, pour arriver à la création de www.vinofera.com, une bourse de marché du plant de vignes destinés aux pépiniéristes viticoles. La petite affaire tourne rondement depuis, mais cela ne suffisait pas.
En juin 2010, www.tweetawine.com est créé en version bêta, revu et corrigé en juillet dernier. Le concept est simple : partager avec la communauté des geeks ses découvertes en matière de vin, en réunissant sur le site toutes leurs notes et commentaires de dégustation.
Comment est né TweetAWine ?
L’idée est née il y a un an et demi. Je trouvais dommage de laisser filer dans la nature toutes les notes de dégustation de Twitter. J’ai donc décidé de les centraliser sur ce site, en établissant un système de classement. Depuis, on a introduit un concours entre les dégustateurs, en partenariat avec iDealwine, destiné à récompenser les plus assidus.
Que gagne-t-on ?
Des bons de réduction de 8 à 20 €, valables sur une commande chez iDealwine.
Comment le site fonctionne-t-il ?
C’est très simple : dès qu’une personne goûte un vin, elle peut – sans créer de compte sur TweetAWine, ce qui est assez pratique – le noter et envoyer sa note et son commentaire, soit via Twitter directement, soit sur le site lui-même, soit sur un SmartPhone, via une Url. Dans la pratique, chaque note de dégustation vaut un point et chaque vin peut être affecté à trois « badges » (par exemple, si je goûte un Beaune Premier Cru, un badge Beaune, un badge Bourgogne et un autre France). Ce système permet d’attribuer des points en favorisant les nouveaux entrants et ceux qui dégustent des vins assez variés. Et bien sûr, le profil de chaque dégustateur apparaît, de sorte que l’on peut se faire une petite idée de ses compétences.
Combien de passionnés sont fédérés dans cette communauté ?
Pour le moment nous comptons 120 utilisateurs avec cinq cent visiteurs uniques par mois et environ trois cents cinquante notes de dégustation mensuelles.
Quels sont les développements prochains ? Y aura-t-il des services payants ?
Nous sommes en train de constituer la société, avec Nicolas, qui s’occupe de toute la partie technique du site, et un investisseur passionné de vins qui s’occupe de la partie recherche de capitaux et nous finance en partie pour le moment. Une appli iPhone est d’ailleurs prévue pour décembre. Nous avons aussi débuté la commercialisation du site la semaine dernière ; il s’agit d’espaces publicitaires dédiés à des annonceurs, qui peuvent sponsoriser un badge ou bien disposer d’une page personnalisée, avec photos, vidéos, services etc.
Avec tout cela, as-tu encore le temps de déguster ?
Oui oui, plus que jamais ! Je profite de mes vacances pour voyager et me balader dans le vignoble. Et puis je commande aussi du vin sur Internet, pour découvrir. En particulier sur iDealwine pour les vieux millésimes.
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Portrait : Emmanuel Delmas, sommelier et blogueur au service du vin
octobre 28th, 2011 by Veronique Raisin
Connaissez-vous Emmanuel Delmas ? Ce sommelier bien connu du monde des blogueurs est aussi l’initiateur du magazine en ligne Au service du vin.
Sommelier, animateur, globe-trotter viticole, le plus loquace des dégustateurs est d’abord l’auteur du blog Sommelier-Vins, un site lancé en mai 2005 et qui depuis connaît un franc succès. Pédagogue, bien mis à jour, il mêle depuis plus de six ans souvenirs de dégustation, récits de pérégrinations dans le vignoble et petits sujets pratiques que tout le monde se pose en termes d’accords mets et vins, de service des vins ou de conservation. D’abord sommelier (Plaza Athénée, Guy Savoy, Lasserre, Tour d’Argent et dernier poste en date, au Fouquet’s), Emmanuel s’est par la suite lancé en solo. Touche à tout, il dispense aujourd’hui des cours de dégustation avec ProDégustation, conseille et assure la sélection de vins pour quelques restaurants. Il dispense aussi son coup de coeur « caviste » pour le site l’Avis du vin.
En octobre 2010 Emmanuel s’est lancé dans le grand bain de l’édition, en proposant aux amateurs de bons vins un magazine en ligne gratuit sobrement intitulé Au Service du Vin.
A raison de six numéros par an – le septième paraîtra fin novembre – la revue consultable en ligne égraine le vignoble (Cassis, Châteauneuf du Pape, Pomerol…), interviews à l’appui (Denis Dubourdieu, Fabien Reboul, Stéphane Derenoncourt) et donne de bons conseils, à la fois simples et utiles, pour acheter, conserver ou servir ses vins. Destinées aux néophytes comme à ceux qui souhaitent en apprendre un peu plus des dessous de la barrique, les soixante pages n’ont d’autre vocation que de rendre service aux amoureux du vignoble.
Les collaborateurs sont journalistes, sommeliers ou dégustateurs, avant tout curieux et passionnés.
L’aventure de « service public » va se poursuivre prochainement avec une version anglaise, un peu plus tard suivra une version payante, pour recevoir le magazine à domicile ou en format PDF.
A suivre !
Consultez les numéros sur le site www.auserviceduvin.com. Le prochain numéro parlera du fromage, du whisky belge et du bouchage !
A consulter : le blog Sommelier-Vins (www.sommelier-vins.com)
Tous nos conseils pour apprendre à marier mets et vins
Consultez la rubrique sur l’art de la dégustation
Portrait : Lorenz Baumer, joaillier, surfeur, amateur de grands crus
septembre 8th, 2011 by Veronique Raisin
Dans ses bureaux de la Place Vendôme, Lorenz Bäumer a pris soin de placer quatre bouteilles de vin sous azote. Un service de vin au verre qu’il réserve à ses meilleurs clients. Le jeune prodige de la joaillerie ne fait décidément rien comme tout le monde, et cela lui réussit.
Rentré dans le cercle ultra sélect des créateurs les plus en vue, avec pignon sur la colonne de la Victoire, Lorenz Bäumer est devenu en 2009 le directeur de la collection haute joaillerie de Louis Vuitton – en plus de sa propre marque. Pour iDealwine, il a accepté avec la plus grande gentillesse de répondre à nos questions.
Le vin et la joaillerie sont-ils des univers proches ?
Oui, le vin comme la joaillerie sont des produits issus d’un savoir-faire. On prend ce que la nature nous donne et c’est la main de l’homme qui façonne et travaille pour créer une oeuvre d’art. Ce qui rend les objets luxueux finalement, c’est le savoir-faire. Pour le vin il y a la connaissance des terroirs, pour la joaillerie celle de la provenance des pierres.
Le vin est-il pour vous une source d’inspiration ?
Il peut l’être en effet. J’ai dessiné une paire de boucles d’oreille en forme de grappes de raisin, et une broche sur le même motif. On parle aussi de finition en « bulle de champagne » pour un diamant. il y a des passerelles entre ces deux univers. Mais je m’inspire aussi beaucoup du surf et de la mer.
Comme pour la tiare que vous avez dessinée pour le mariage de la Princesse Charlene de Monaco ?
Exactement. C’était un concours anonyme et je l’ai remporté. On devait présenter trois dessins et l’un des miens a été choisi, j’en suis très fier. C’est un privilège. L’idée de cette tiare était de symboliser une vague qui se déroule. Il faut trouver dans la création ce qui nous rapproche, ce qui nous correspond, comme un mariage en quelque sorte. Et je savais que le thème de la mer était cher à Charlène.
Comment avez-vous découvert le vin, dans quel contexte ?
Mon arrière-grand-mère possédait le Château Falfas dans les Côtes de Bourg. Et ma grand-mère avait un domaine près de Béziers, à Lanneluc-Sanson. Enfant, je passais les vacances avec elle, elle faisait la tournée des vignes chaque matin et je la suivais. Et puis mon père avait pris l’habitude de nous faire goûter à l’aveugle de vieux vins qu’il avait dans sa cave. Il cachait l’étiquette et nous faisait deviner. C’était un jeu et en même temps un apprentissage. J’essaie de transmettre cela à mon fils.
Il n’est pas un peu jeune ? (Artus a cinq ans, mais moi je dis ça, j’y connais rien…)
Oui bien sûr ! Il a seulement le droit de mettre son doigt dans le verre pour goûter. Vous savez, si on interdit certaines choses aux enfants, il y a de bonnes chances pour qu’ils le fassent. Tandis que si on leur autorise en expliquant… J’ai d’ailleurs du lui expliquer comment on faisait le vin car lorsque je lui ai demandé avec quoi était fait le vin, il m’a répondu « Je sais très bien ! C’est le sang d’une personne qui est morte »…
Y a t-il une bouteille qui a déclenché votre passion ?
Je me souviens d’un Château Margaux 1985, ça m’a marqué. Mais je prends plaisir à boire de bons vins depuis quelques temps seulement.
Quels sont vos vins préférés ?
Je bois du vin d’abord et surtout par plaisir personnel. Je bois peu mais très bon. On n’a pas besoin de bijoux, sauf s’ils sont extraordinaires. Et ce n’est pas une question d’argent. C’est la façon dont on perçoit les choses qui compte, le plaisir que l’on en retire. On peut se faire plaisir avec un maury 1929, sans dépenser beaucoup !
En général je préfère les vins rouges. Les bordeaux, les côtes-rôties. J’aime leur personnalité, leur puissance. Dans les vins étrangers, Vega Sicilia et Sassicaia. Sinon j’adore les condrieux. Ce sont des vins de fille mais j’adore ! C’est fruité, ça claque bien. Et aussi les rieslings allemands, les vins jaunes, les vins de glace. Je me laisse guider par mon plaisir – et conseiller par iDealwine ! Dernièrement j’ai bu une vendange tardive de cidre du Canada, très marrant.
J’aime bien les découvertes. J’accepte de me planter. Je fonctionne comme ça dans tous les domaines. C’est important d’essayer des choses qu’on n’a jamais faites.
Avez-vous le temps de visiter certains vignobles ?
Pas vraiment ! Il n’y a pas très longtemps j’ai été invité chez Krug, mais c’est plutôt exceptionnel.
Etes-vous plutôt consommateur ou collectionneur ?
J’achète des vins pour les boire. Et surtout pour me faire plaisir. Un des moments que je préfère, c’est quand je me sers un verre de vin et que je le déguste avec un bon livre – en ce moment un ouvrage sur les reliquaires au Moyen-Âge. J’ai le même système de distribution de vin au verre chez moi qu’au bureau et cela change tout ! On boit moins déjà, et bien meilleur. Et puis je m’amuse à faire des horizontales ou des verticales, je compare les vins. Je m’arrange toujours pour avoir fini les quatre bouteilles en même temps pour en ouvrir quatre autres !
Quel vin vous a étonné dernièrement ?
J’ai goûté un riesling allemand délicieux, d’un domaine qui appartient à un membre de ma famille. Mais j’adore vraiment Vega Sicilia : il a tout, la puissance, la complexité, la longueur.
Dans quel restaurant aimez-vous vous rendre ?
Je vais souvent à la pizzeria qui est en bas de chez moi, le Paparazzi, 2 square de l’Opéra Louis Jouvet. Les pizzas tiennent sur deux assiettes ! Et j’ai testé deux fois déjà le nouveau restaurant du Palais Garnier, l’Opéra. C’est vraiment très bien, avec une très belle architecture.
Avec quoi accompagnez-vous vos vins ? Vous cuisinez ?
J’aime bien le fromage et le bordeaux. Mais je veux éviter d’être gros. Alors je n’ai gardé que le vin.
Sinon je fais tout le temps des salades de saison : je mélange tout ce que je peux trouver. Estragon, ciboulette, crevettes, avocats, artichauts poivrades… avec une sauce salade spéciale, mais c’est une recette secrète. Avec le vin rouge j’adore.
Quel vin aimez-vous faire découvrir à vos amis ?
J’essaie toujours de donner le meilleur à mes amis. Brillat-Savarin disait que convier quelqu’un chez soi c’était se charger de son bonheur. Je m’efforce de faire plaisir, en fonction de chaque personne. Mais j’offre toujours de bons vins à ceux que j’aime.
Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
Yquem ! C’est de l’or en fusion. J’aurais l’impression d’emporter ma joaillerie avec moi. Et j’en profiterai plus longtemps car je le siroterai lentement, devant le coucher de soleil sur la mer, après une séance de surf…
Restons au soleil, sur la plage et parlons à présent du projet que vous avez développé en Indonésie, sur l’île de Sumba, pour aider à financer la scolarité des enfants.
En Indonésie, l’école est gratuite mais pas les fournitures scolaires. Pour permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité et à leurs parents de leur acheter des cahiers et des crayons, j’ai eu l’idée de faire tresser sur place des bracelets et de les vendre aux surfeurs ou aux touristes pour 50 dollars. Deux cents bracelets vendus permettent de financer la scolarité de mille enfants ! L’idée était de valoriser l’artisanat local et de donner le moyen aux populations de gagner de l’argent pour qu’elles soient autonomes. Cela fonctionne très bien. Un autre projet va bientôt voir le jour : dix pendentifs cette fois, représentant soit une tortue, une planche de surf, une vague… en tous les cas toujours un motif lié à l’île, sa culture et son histoire.
Quel flacon voudriez-vous avoir dégusté avant de mourir ?
La Romanée Conti. Je ne connais pas mais tout le monde me dit que c’est un vin incroyable. J’aimerais bien savoir ce qu’il y a de spécial autour de ça.
Stendhal a écrit (dans la Vie de Henry Brulard) que les épinards et Saint-Simon avaient été ses seuls goûts durables. Quels sont les vôtres ?
C’est amusant que vous me parliez de Stendhal car j’ai justement inscrit une de ses citations sur tous mes coffrets : « le beau est une promesse de bonheur ». Ce sont ceux-là mes deux goûts durables, le beau et le bonheur.
Enfin vous n’échapperez à ma question un peu tordue : la vérité est au fond du verre, au fond, est-ce toujours la vérité ?
Il faut espérer que le verre n’ait pas de fond. La vérité serait au fond d’un verre sans fin…
Je trouve qu’iDealwine propose un service remarquable pour plusieurs raisons : en premier lieu parce que le site agrège toutes les ventes, on a donc un interlocuteur unique et c’est très pratique. Ensuite je trouve la cote des vins sensationnelle. On peut aussi avoir l’estimation de la valeur de sa cave en temps réel. Enfin parce qu’on y trouve des réflexions de fond sur l’évolution des cours des vins et beaucoup d’autres informations intéressantes, les recettes par exemple.
Propos recueillis par Véronique Raisin.
Retrouvez nos précédents portraits d’amateurs :
Portrait d’amateur : brèves de comptoir avec le tennisman Michaël Llodra
Brèves de comptoir avec le Maître Sommelier Georges Lepré
Un verre de Château Rayas 1978 avec Thierry Desseauve
Portrait d’une blogueuse : Miss GlouGlou, du vert au verre
Retrouvez la rubrique : Portrait d’un amateur
Consultez les ventes de vin sur iDealwine
Portrait d’amateur : brèves de comptoir avec le tennisman Michaël Llodra
juin 7th, 2011 by Veronique Raisin
Mercredi 1er juin. Tandis qu’Aubert de Villaine déambule quelque part des les allées de Roland Garros, nous avons rendez-vous avec Michaël Llodra – dit Mica – 24e joueur mondial et demi-finaliste en double cette année. Souriant, il nous mène dans le repaire des joueurs, pour une interview sans tabous autour du vin et de sa convivialité.
Le vin, c’est votre deuxième passion ?
Non ma première ! Je dirais que le tennis est mon métier mais que le vin, c’est vraiment ma passion.
Cela ne fait pas tellement longtemps que vous vous y intéressez de façon méthodique et pourtant vous semblez déjà très bien connaître les bonnes bouteilles.
C’est vrai que j’ai vraiment découvert le vin il y a une petite dizaine d’années. Mon père a pourtant travaillé pendant quinze ans pour la Maison Richard mais sans me transmettre vraiment sa passion. C’est grâce à mon ancien entraîneur Lionel Roux que j’ai découvert le vin. Il habitait Lyon et me faisait souvent goûter des vins du Rhône. Ensuite, j’ai lu des tonnes de livres sur le sujet ! Aujourd’hui c’est moi qui conseille mes amis sportifs ! J’achète pour eux aussi ; ils me font confiance. Mais on est avant tout des passionnés : on achète le vin pour le boire.
La vie de sportif n’est donc pas synonyme d’abstinence absolue ?
Dans mon cas, non. Il suffit de ne pas en abuser. Je m’autorise un verre de bon vin rouge, même la veille d’un match. Il n’y a que le vin blanc que je consomme très peu, car plus acide, il est moins bon pour les muscles et peut favoriser les crampes.
D’autres joueurs et joueuses de tennis apprécient beaucoup le vin…
Amélie Mauresmo, Nicolas Mahut sont aussi des passionnés. Yannick Noah (fan des bourgognes), lorsqu’il était capitaine de l’équipe de Coupe Davis, avait instauré des moments de partage et de convivialité autour du vin. Depuis, c’est resté. Henri Leconte et Guy Forget sont aussi de bons connaisseurs.
Vous avez débuté votre apprentissage par les vins de la Vallée du Rhône. Y a t-il d’autres régions que vous appréciez ?
C’est vrai que j’ai appris avec le Rhône. Mais j’aime beaucoup le bordeaux également et je commence à goûter les vins d’Alsace. J’ai aussi bu les cuvées Pur Sang et Silex 2004 de Dagueneau : fabuleux ! Je découvre aussi les vignobles étrangers au gré de mes déplacements. Récemment, j’étais à Adelaïde où j’ai visité la Winery Penfold’s.
Dans les moments de victoire, vous avez un vin en particulier que vous aimez boire ? Champagne ?
Je ne suis pas très « bulles » à la base… Mais je m’y mets ! J’aime beaucoup la vinosité des champagnes Bollinger, et le Champagne Henri Giraud à Aÿ. Mais quand je gagne, on descend à la cave… et on improvise !
Lorsque vous serez retiré des cours, envisagez-vous d’acheter un domaine ?
Pourquoi pas… Avec Amélie peut-être ! On a un ami qui est courtier sur Bordeaux, il pourrait nous conseiller. En tout cas, si ça devait se faire, ce serait plutôt dans le Médoc, où il y a plus de choix pour acheter un peu de vignes.
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Gruaud-Larose 1982, samedi soir dernier. Exceptionnel ! Il y avait de belles bouteilles ce soir-là, dont un fabuleux Sociando-Mallet 1990, Côte-Rôtie La Mouline 1990 et Troplong-Mondot 1990 également. Mais le Gruaud-Larose les a surpassés.
L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?
La carafe. Une belle carafe, ça en jette. Je collectionne les carafes, notamment les Riedel, très design. Et en plus je trouve que ça conserve le mystère. J’aime bien goûter à l’aveugle. Je me suis trompé de quarante ans sur un Latour… Mais c’est ce qui est magique avec le vin, on peut le goûter et le regoûter sans cesse, il évolue tout le temps. On ne goûte jamais deux fois le même.
Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?
Magnum sans hésiter. C’est le format idéal. Lorsqu’on est nombreux, le double-magnum est bien aussi et reste très joli.
Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?
Le Cinq, allées de Tourny. C’est à Bordeaux, mon club est là-bas. Ils ont un pâtissier de l’espace et une côte de boeuf formidable. C’est très décontracté, le cadre est familial, j’aime beaucoup.
Votre accord mets et vin préféré ?
Tout simplement une côte de boeuf avec un rouge puissant. La Mouline ou la Turque par exemple. Là on est proche de l’orgasme…
Le vin que vous avez honte de boire ?
Je n’ai jamais honte de boire du vin ! J’aime bien tout, des vins plus accessibles aussi comme ceux que j’ai goûtés récemment : Château Recougne (Bordeaux Supérieur), Château Belle-Vue et Château Beaumont dans le Haut-Médoc.
Votre première gorgée de vin : quand et avec qui ?
C’était en 2003. Je buvais déjà du vin avant mais à ce moment-là que j’ai vraiment eu la révélation. Les beaux-parents de mon entraîneur de l’époque (Lionel Roux, ndlr) m’ont fait goûter un Saint-Joseph de Guigal, Lieu-Dit 2003.
La bouteille qui a déclenché votre passion
J’ai tout de suite adoré Léoville Las Cases 2001. J’ai rencontré Jean-Hubert Delon, le propriétaire, un personnage attachant et fabuleux. Je ne suis jamais déçu par ce saint-julien !
Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes
Un crozes-hermitage de Graillot par exemple ou un saint-joseph Vignes de l’Hospice de Guigal.
Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
J’ai été scotché par Latour 1959. Amélie (Mauresmo) a toujours adoré ce vin, elle me l’a fait découvrir et j’en conserve encore le goût en bouche. Je ne pouvais pas imaginer qu’un si vieux vin soit toujours aussi puissant. C’est le vin que j’emmènerais effectivement si je ne devais en choisir qu’un.
Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir ?
Mouton Rothschild 1945. Amélie me nargue car elle l’a goûté plusieurs fois ! J’ai déjà goûté Petrus et Cheval Blanc 1947.
Comment avez-vous connu iDealwine ? Quelles sont vos suggestions pour améliorer le site ?
J’ai connu iDealwine via la Revue du vin de France, sur les meilleures ventes du mois à la fin du magazine. Je n’ai pas de suggestions a vous proposer, je trouve le site parfait.
NDLR – Merci beaucoup Michaël, mais chez iDealwine nous savons bien que beaucoup de points peuvent encore être améliorés
Brèves de comptoir avec le Maître Sommelier Georges Lepré
mars 30th, 2011 by Veronique Raisin
Georges Lepré est un personnage à part dans l’univers du vin. Sommelier de haut vol, ses connaissances en matière d’œnologie sont exceptionnelles, et pourtant sa capacité à s’émouvoir devant un grand vin est demeurée intacte. Son répertoire d’anecdotes et de souvenirs est immensément drôle. Celui nous aimons tant appeler « Maître » a la faconde des passionnés, la simplicité en plus. Il s’est plié de très bonne grâce à notre questionnaire et nous l’en remercions !
Immergé dans le vin au milieu des années soixante par le sommelier du Grand Véfour, Philibert Henoc, ce natif d’Agen qui se destinait à une carrière de maître d’hôtel a dû acquérir fissa les connaissances ad hoc pour pouvoir honorer le rang de sommelier du restaurant gastronomique qu’on lui proposait sur un plateau. Bachotage livresque, cours d’anglais, séjours en Californie, l’élève Lepré ne lésine pas sur les moyens et saisit toutes les perches qu’on lui tend. Il donne des conférences à l’Université de Los Angeles, revient en France au Ritz (entre 1983 et 1993) et rejoint en parallèle L’Académie du Vin de Steven Spurrier pour s’occuper de la formation des jeunes sommeliers de l’époque… Philippe bourguignon (Le Laurent), David Biraud (Le Crillon), Philippe Faure-Brac, Olivier Poussier, Antoine Petrus ont été formés par ses soins… Ajoutez à cela un talent de mise en scène, et vous aurez les mille et une facettes de George Lepré, tour à tour dégustateur (sa connaissance des vins, et notamment des vins doux naturels, n’est pas passée inaperçue chez iDealwine, qu’il conseille amicalement), formateur, auteur (il a dirigé le Grand Larousse des Vins et le Grand Larousse gastronomique), pédagogue pour la jeune génération et – à ses heures – adepte (et interprète !) du chant lyrique. Et maintenant, place aux questions.
Vous dernier coup de cœur ?
J’ai goûté il y a peu de temps Salon 1999 (le dernier millésime de la maison de Champagne Salon ndlr), éblouissant ! Il est frais, minéral et d’une longueur inouïe qui m’a ému.
L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?
Le tire-bouchon.
Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?
Magnum. Parce que c’est souvent mieux conservé.
Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?
J’aime bien changer mais, même si je n’y vais pas très souvent, j’ai une faiblesse pour le Grand Véfour, c’est sentimental.
Votre accord mets et vin préféré ?
Je suis incapable de rester insensible devant ça : Yquem et roquefort avec du pain grillé aux noix. Le sucré, le salé, le chaud, le froid, le moelleux, le craquant, tous les contrastes sont réunis !
La fin de la bouteille au resto : vous la buvez ou doggy-bag ?
Pas de doggy-bag ! On la vide ou bien on l’offre au sommelier
J’ai souvenir d’un couple de Japonais qui nous avait laissés la fin d’un Latour 1945…
Votre première gorgée de vin : quand et avec qui ?
C’était un vin de la région d’Agen, coupé d’eau, quand j’avais 5 ou 6 ans. Un vin rustique mais l’eau était très bonne…
La bouteille qui a déclenché votre passion ?
Lorsque j’étais au Grand Véfour, un Lynch-Bages 1961. J’ai trouvé cela incroyable. C’était un des vins favoris de Philibert Henoc.
Vous ne pourriez pas vivre sans…
La musique ; j’ai fait le conservatoire et du chant lyrique. D’ailleurs cela se sait…
Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes ?
Le muscat d’Alsace ou le vin jaune : j’adore convaincre que c’est bon !
Vous recrachez : systématiquement, seulement quand c’est mauvais, jamais ?
En dégustation, je recrache tout. Mais le Salon, je ne l’ai pas craché !
Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
Yquem, 1967 si possible.
Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir ?
Mouton 1945.
« La vérité est au fond du verre ». Au fond, est-ce toujours la vérité ?
La vérité a tendance à se cacher elle aussi ; mais la vérité est dans le verre, pas dans la bouteille, qu’importe tout ce qu’on sait du vin. L’émotion et le plaisir emportent tout.
Propos recueillis par Véronique Raisin.
Retrouvez dans le Blog nos portraits d’amateurs.
Georges Lepré a dégusté avec nous les Rivesaltes actuellement proposés dans le cadre de l’Offre iDéale dédiée aux millésimes en « 1 ». Consultez vite cette offre !
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Rivesaltes 1981 | |
| A boire jusqu’en 2050, au minimum | ||
| Parfait en dessert sur une dacquoise ou un succès aux noix | 75cl | |

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Rivesaltes 1971 | |
| A boire jusqu’en 2050, au minimum | ||
| Délicieux sur un canard aux épices, une tarte aux noix | 75cl | |

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Rivesaltes 1961 | |
| A boire jusqu’en 2050, au minimum | ||
| A savourer seul, ou sur un fromage à pâte persillée, un dessert au chocolat noir | 75cl | |

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Rivesaltes 1951 | |
| A boire jusqu’en 2050, au minimum | ||
| A apprécier pour lui-même en fin de repas, ou sur un dessert aux noisettes ou au chocolat | 75cl | |

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Rivesaltes 1941 | |
| A boire jusqu’en 2050, au minimum | ||
| A déguster sur un formage de brebis, ou un plat en sauce aigre-douce | 75cl | |
Un verre de Château Rayas 1978 avec Thierry Desseauve
mars 28th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
L’amour du vin a ses raisons que la raison ne connait pas toujours, Dieu merci. Comment détourner de ses obligations, le temps d’un instant, un homme que l’on sait sur-occupé, difficile à joindre, souvent dans le vignoble ? Et de surcroît, que l’on pourrait imaginer blasé, compte tenu de la quantité indécente de flacons d’exception qui lui sont proposés quotidiennement à la dégustation ? Démonstration.
Colombes, jeudi 23 mars, 17 heures. Une bouteille de Château Rayas 1978, millésime mythique de Châteauneuf du Pape, nous pose un cruel dilemme : son propriétaire, vendeur de la cave fabuleuse proposée actuellement en vente à prix fixe, nous l’a généreusement laissée. Le bouchon, trop fragile, ne permettait pas de la proposer à la vente. Et là, jeudi, ce fameux bouchon s’enfonce… il y a donc urgence ! Par ailleurs, de ci, de là, on nous rapporte des rumeurs de faux flacons de Rayas 1978 qui circuleraient, en nombre. Cette bouteille ne nous inquiète pas outre mesure, compte tenu de son pédigrée d’une part, et aussi de l’attention que nous portons aux centaines de flacons et d’étiquettes qui transitent chaque jour par notre entrepôt. La tentation de l’ouvrir est donc absolue, mais autant le faire en compagnie d’un connaisseur. Réflexe : on appelle LE spécialiste mondial de château Rayas, celui dont la légende dit qu’il serait prêt à parcourir des kilomètres en rampant pour déguster un verre de ce divin nectar… Info ou intox ?
Du fond du train qui le berce, de retour d’une dégustation à Gigondas en vue de la prochaine édition du Grand Guide des vins de France, Thierry Desseauve décroche, un brin somnolent. Mais lorsqu’il entend le mot magique, subitement, il tend l’oreille. Un Château Rayas 1978 ? Quand ? Demain. Où ? A Colombes. Certains argueraient que Colombes c’est un peu le bout du monde. Lui pas. Micro-négociation autour de l’horaire, et l’affaire est conclue. A l’heure dite le lendemain, l’ami Thierry franchit le seuil d’iDealwine, à peine essoufflé par les 11 kilomètres (on a calculé) parcourus à bicyclette depuis la rue Chauchat à Paris, l’antre Bettane&Desseauvesque. Quelques minutes de suspense et de bagarre avec le bouchon plus tard, Château Rayas s’avance dans nos verres, dense, intense. Silence. La robe est brun foncé, presque opaque, mystérieuse… Dès le premier nez, pour Thierry Desseauve, aucun doute : il reconnaitrait entre mille un château-rayas !
Le vin présente un nez puissant, avec un joli fumé. On relève des arômes de sous-bois mais aussi d’herbes sauvages et un bouquet floral extraordinaire qui se déploie ensuite, incroyablement élégant.
En bouche, on est surpris, et immédiatement envoutés par sa magnifique texture veloutée, d’une douceur incroyable. Le sous-bois est à nouveau présent, relevé de quelques notes giboyeuses. L’ensemble est équilibré par une fraîcheur encore bien présente et une fin de bouche plus acidulée, sur de jolies notes de fraise. L’alliance de la puissance et de la douceur ! Et une longueur impressionnante qui laisse planer longtemps le plaisir et l’émotion de la dégustation …
Il y a quelque temps, interrogé par Véronique Raisin pour notre Newsletter, Thierry Desseauve confiait que Château Rayas est la bouteille la plus précieuse qu’il possède en cave : « C’est le vin pour lequel j’ai le plus d’amitié amoureuse et un absolu respect. J’ai un rapport intime avec ce vin qui est tout en sensualité. Car le vin est une affaire de sens, d’émotion. C’est un vin sensuel au sens premier du mot. »
Le mythe est donc intact, doublement intact ! Oui, Château Rayas est un monument de Châteauneuf, même quand la bouteille (et le niveau) pourraient prêter à quelque inquiétude. Et oui, Thierry Desseauve est prêt tous les sacrifices (sportifs) pour partager un verre de ce grand vin. Merci à lui !
Après son départ, un dernier coup d’œil sur le site : las, d’autres amoureux de ce vin ont déjà jeté leur dévolu sur la plupart de ces précieux flacons…
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Portrait d’une blogueuse : Miss GlouGlou, du vert au verre
février 28th, 2011 by Veronique Raisin
Elle est devenue la coqueluche de la blogosphère vineuse, la nouvelle trombine du PIF viticole. Sous ce patronyme sonore se cache Ophélie Neiman, une trentenaire qui en a eu marre des discours de papa et qui a décidé, il y a de cela un an et demi, de faire son éducation sur le vin. Finis les discours ronflants et titubants sur le vin, les « grands terroirs éternels de notre admirable France viticole », place à l’art de cracher, boire sans se ruiner ou de choisir le bon vin pour ses granolas.*
Lorraine par le passé, parisienne depuis 2007, Ophélie est d’abord journaliste et maîtrise toutes les ficelles du métier. Après différentes collaborations à la télévision et sur le web, la voilà un jour soucieuse de siffler en travaillant. Quitte à changer de métier, autant en choisir un de sympa. Et le vin ? Tiens tiens se dit-elle, je n’aurai jamais l’impression de bosser … ça c’est ce qu’on se dit au début, ensuite c’est une autre histoire, n’est-ce pas Ophélie ?
C’est sûr que de passer des discours écolos sur la fin du monde (qui n’arrive toujours pas) aux figures joviales du vignoble et à tous ses trésors, le pas est vite franchi.
Et hop, septembre 2009, la Miss fait une entrée fracassante sur le web. Le Monde lui fait les billets doux et l’intègre parmi ses blogueurs attitrés. Pour autant le ton – décomplexé, libre et spontané – n’a pas été édulcoré. La vidéo (c’est en partie son métier) permet de rendre compte de ses déplacements (là aux Hospices de Beaune, ici chez un vigneron).
Aujourd’hui indépendante, la voilà un oeil sur la caméra, l’autre sur un verre, le troisième sur le clavier. (ouais, je sais, mais une fille, c’est toujours très fort). Bon dis-donc, et dans ta cave Ophélie, qu’y a-t-il de bon ?
« Des vins d’Alsace d’abord ! J’ai appris le vin dans cette région. J’adore la Bourgogne aussi, le sud de la Vallée du Rhône, la Champagne (j’ai vécu deux ans à Reims !) ». Prochaine étape ? « Le Bordelais, que je connais moins bien. » Et tes prochaines vacances, ce sera quel vignoble ? « Sans doute le Languedoc, avec un petit crochet par Carcassonne, pour le prochain Vinocamp en mars. » Histoire de se retrouver entre amis du vin et du web ? « Oui c’est exactement cela. Je ne pense pas personnellement avoir un rôle « d’influence ou de prescription » à jouer ; c’est aux lecteurs de décider. Mon but avec mon blog, c’est de sensibiliser au vin, de le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas bien. »
« Je milite pour les « vins fantaisie » : il n’y a pas que des vins chers, le vin n’est pas un produit de rêve, c’est un produit qu’on achète pour le boire. C’est aussi notre patrimoine. Mais qu’il faut appréhender de façon simple. »
Et avec des Palmito, tu bois quoi alors ? « Du beaujolais, c’est bon le beaujolais. »
* Ne rigolez pas, j’en connais au moins deux que ça intéresse. Pour leur gouverne, Miss GlouGlou conseille un corbières ou un rouge du sud, avec des notes cacaotées.
Les tribulations vinicoles de Miss GlouGlou : http://missglouglou.blog.lemonde.fr/
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décembre 10th, 2010 by Veronique Raisin
Alors que s’ouvre à Paris le Grand Tasting, découvrons la face cachée et intime de ce dégustateur mondialement reconnu. Homme de lettres, de notes – aromatiques et musicales, de coeur, Michel Bettane pianote sur le fil de la vie avec enthousiasme et une soif de connaissances insatiable.
Drôle de parcours que le sien : normalien, professeur de lettres, il eut pu être tout aussi bien chef d’orchestre ; il a choisi d’enseigner le goût, de le cultiver et de vouer sa vie au vin. Une mémoire prodigieuse, une connaissance des vignobles encyclopédique, une capacité d’étonnement intacte, il passe parfois aux yeux de ceux qui n’en perçoivent que la face publique, pour un donneur de leçons ; pour ceux qui se donnent un peu la peine de le connaître, il est un humaniste, les pieds dans le terroir, la tête dans les étoiles.
Quelle a été votre première rencontre avec le vin ?
J’ai commencé à m’intéresser au vin à 18 ans. Avant cela, je n’en buvais pas. J’étais chargé de remonter les vins de la cave de mon père ; j’étais fasciné par la poésie des noms sur les étiquettes et par leur contact. Je me souviens des meursault-charmes des Comtes Lafon, d’un volnay clos-des-chênes…
Quel vin a déclenché votre passion ?
Un haut-brion 1962. J’avais 18 ans. A l’époque je n’aimais pas le vin rouge. J’étais avec des amis, au bord du lac de Neuchâtel et l’un deux avait apporté cette bouteille. Forcément je l’ai goûtée, et là ça a été le déclic : jamais un vin ne m’avait fait un truc pareil ! J’ai acheté et lu tous les livres possibles et imaginables sur le vin et monté un club de dégustation informel avec mes amis de Normale Sup.
On achetait une bouteille par semaine, c’était l’époque où on pouvait encore s’offrir de grands crus.
Et après ? L’enseignement, les lettres…
Oui, mais j’ai aussi suivi en parallèle les cours de l’Académie du vin à Paris, fondée par Steven Spurrier. J’avais comme professeur Michel Dovaz ! J’y ai ensuite moi-même donné des cours puis rejoint la RVF, avec Chantal Lecouty. En 1991 j’ai arrêté d’enseigner le français et me suis consacré au vin exclusivement.
Quel a été votre dernier coup de cœur ?
J’ai eu la chance de boire à deux reprises une Romanée Conti 1966 : c’est un vin complètement fou, d’une beauté et d’une pureté extraordinaires. Et puis j’ai regoûté dernièrement Haut-Brion 1962, le vin qui m’a fait aimer les grands vins. Il est encore plus jeune à cinquante ans qu’il ne l’était à dix !
Quel chef vous touche le plus ?
Le cuisinier qui m’a donné le plus d’émotions est sans conteste Alain Senderens.
Votre accord mets et vin préféré ?
C’est tout simple : des oeufs mollets en sauce béchamel à la truffe blanche d’Alba, servis avec un grand barolo : le Percristina de Domenico Clerico.
Vous ne pourriez pas vivre sans …
Sans boire du vin, sans bien manger, sans musique, sans Montaigne et Saint-Simon.
Quel vin choisiriez-vous pour « initier » quelqu’un qui ne connaît rien au vin ?
Un vin blanc. Un grand sauternes par exemple, par goût naturel. Ou peut-être un vieux pinot noir, qui reflète son terroir et ses origines, qui ait la gueule de l’endroit et les tripes de celui qui le fait comme dit Jacques Puisais ; pas un vin de surface en somme !
Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?
Un grand champagne. J’hésite entre Selosse et Egly. Mais en magnum en tout cas ça c’est sûr !
Quel vin choisiriez-vous pour séduire une femme ?
Soit un grand spätlese allemand, de la Moselle ou de la Saar, d’une dizaine d’années. Soit un vieux bourgogne, chambolle ou vosne-romanée. Mais fait en vendanges entières ! Parce que ces vins incarnent l’idée du raffinement et du parfum. Ils ont un profil aromatique très créatif, très noble ; il n’y a pas de mots pour les décrire. Je pense à un musigny 62, une romanée-conti 66 ou une tâche 66 : ces vins sont des oeuvres d’art en matière de parfum.
Qu’est-ce qui fait un grand vin ?
Le plus important dans un grand vin, c’est l’unité entre le corps et la saveur. Le fait qu’on ne fasse plus attention à l’objet réel ; il est comme dématérialisé.
Vous pourrez croiser Michel Bettane dans les allées du Grand Tasting, au Carrousel du Louvre, vendredi 10 et samedi 11 décembre 2010.
Plus d’information : www.grandtasting.com
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Bourgogne Live : la Bourgogne comme si vous y étiez !
septembre 21st, 2010 by Veronique Raisin
©Jean-David Camus
L’un rédige les articles et anime la communauté, l’autre se charge des photos et des vidéos. Le premier vit à Beaune, le second habite Pommard. François Desperriers et Aurélien Ibanez se sont rencontrés via les arcanes cybernétiques pour s’apercevoir qu’ils étaient quasiment voisins. Unissant leurs forces et leurs compétences (environ six métiers à eux deux), les voilà partis depuis six mois à tâter le pouls de la Bourgogne, et suivre en direct les événements qui agitent le pif.
L’idée est née le jour de la Saint-Vincent Tournante à Chassagne-Montrachet. Un premier reportage des festivités pour un ami vigneron, un peu d’iPhone et de Twitter et hop, l’affaire était lancée.
Aujourd’hui le site est richement alimenté, la partie régionale s’est étoffée, les vidéos maison sont légion de même que des reprises qui circulent sur le Net. Un long travail de veille dans toutes les langues constitue le socle des contenus. Seul bémol : le temps. Tous deux salariés par ailleurs, il faut souvent jongler avec le temps libre…
Qu’à cela ne tienne, le moral est bon, la soif de découvertes intacte.
Totalement néophytes, les deux amis découvrent avec passion ce microcosme viticole, attachant et si riche. « On a une vraie fraîcheur auprès des vignerons, on montre notre envie », explique François. Et cela fonctionne. Les amateurs sont nombreux à venir suivre l’actualité bourguignonne en direct. Prochain grand rendez-vous : la vente aux enchères des Hospices de Beaune, les 20-21 novembre prochain.
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