La bonne date : 1701, Saint-Vincent de Collioure
février 20th, 2010 by Véronique Raisin
Cap au sud, la grande bleue, la tramontane et le vignoble du Roussillon. Chaque été au mois d’août, la ville de Collioure commémore le retour de Rome des reliques de Saint-Vincent, le 16 août 1701.
Collioure est une charmante bourgade de 2 900 âmes ; elle est réputée pour son port de pêche, ses boutiques, ses ruelles étroites et surtout son église Notre-Dame des Anges, joyau de l’art gothique méridional.
Le corps de Saint- Vincent, martyrisé sous le règne des empereurs Dioclétien et Maximien (3e siècle) pour n’avoir pas sacrifié aux idoles, fut conservé à Collioure jusqu’au 17e siècle. En 1642, la ville fut assiégée par les Espagnols, l’église détruite et les reliques déposées au château de Collioure. Mais elles disparurent. Certains prétendent qu’elles furent enlevées en Catalogne. Aujourd’hui, la ville détient toujours deux reliques partielles de son saint protecteur : un os de petite dimension, envoyé de Rome en 1700 et un tibia envoyé peu de temps après. La réception de ces reliques fut à l’époque pour la ville de Collioure l’occasion de solennités touchantes, perpétuées chaque 16 août par une magnifique procession sur la mer. Une chapelle est dressée sur un petit îlot où l’on peut voir une statue de Saint Vincent.
Ce petit port, abrité dans une crique de la Méditerranée, est aussi une toute petite aire d’appellation qui cohabite avec celle de Banyuls sur les communes de Banyuls-sur-Mer, Cerbère, Collioure et Port-Vendres. Collioure produit des vins rouges puissants et veloutés, très fruités, aux notes épicées et grillées. Ils sont issus de grenache noir, de mourvèdre, de syrah, de carignan et de cinsault.
Les Collioure rosés sont élaborés à base de grenache gris et de syrah. Ce sont des vins très friands, aux arômes de petits fruits rouges, parfois de violette ; sous des abords délicats, ils montrent une certaine puissance également, sans pour autant perdre en fraîcheur et en délicatesse.
La Coume del Mas, La Rectorie, le Mas Blanc ou le Clos des Paulilles comptent parmi les bons producteurs !
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Tout savoir sur le cépage sauvignon
janvier 22nd, 2010 by Véronique Raisin
Continuons notre saga des cépages avec le sauvignon, cépage blanc très répandu à l’expression aromatique bien marquée. Son nom, facilement prononçable, lui vaut peut-être en partie son succès ; il est d’ailleurs souvent vinifié pur, étiqueté pour lui-même et brandi comme une marque, de reconnaissance tout au moins.
Connu aussi sous les noms de fié gris ou sauvignon rose, ses grappes sont assez petites et les baies ovoïdes d’un beau jaune d’or quand il est parvenu à sa parfaite maturité. Sa pellicule épaisse et sa pulpe fondante rappellent par certains côtés le muscat. Plus précoce que le cabernet sauvignon mais moins en avance que le sémillon, il est vigoureux mais un brin sensible à l’oïdium.
En France, on le trouve principalement dans le Bordelais, dans la région des Graves et de Pessac-Léognan en particulier où il donne des vins assez gras, souvent passés en fûts, mais également dans d’autres vignobles bordelais (Entre-deux-Mers, Côtes de Blaye, Côtes de Francs et Côtes de Bourg, Graves de Vayres, Premières Côtes de Bordeaux, Sainte-Foy Bordeaux). Associé au sémillon, il entre dans la composition des grands vins liquoreux de Sauternes et Barsac mais aussi Cadillac, Cérons, Loupiac et Sainte-Croix du Mont. Il est aussi vinifié en méthode traditionnelle en Crémant de Bordeaux.
Son autre grande région de prédilection est le Val de Loire avec Sancerre, Pouilly-Fumé, la Touraine, l’Anjou et les vins du Centre. Là, les vins sont secs et nerveux, parfumés et herbacés. Son fruité très savoureux et ses accents floraux lui valent de caracoler en tête des gondoles. Il est également cultivé dans de nombreux autres vignobles, en Provence (Bandol, Cassis, Coteaux d’Aix), le Sud-Ouest (Bergerac, Côtes de Duras, Côtes du Marmandais, Gaillac, Pacherenc du Vic-Bihl, Monbazillac, Montravel, Côtes de Gascogne et Saussignac) ou le Languedoc.
Par ailleurs, son fruité charmeur allié à sa fraîcheur ont séduit de nombreux vignobles hors de l’Hexagone. On le trouve ainsi en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, au Chili ou aux Etats-Unis. Mais également en Italie.
Le style des vins
Vif et fringant, le sauvignon donne la plupart du temps des vins appréciables pour leur fraîcheur. En fonction du sol sur lequel il est planté (cailloux et silex en Sancerre ou terres argilo-calcaires dans la région des Graves par exemple), il s’exprimera avec des nuances aromatiques diverses mais toujours cette belle trame acide et expressive et une minéralité notable. On lui prête souvent des notes de buis ou de genêt, ainsi que d’agrumes (pamplemousse rose en particulier) et de fleurs (narcisse, iris). Parfois aussi la sauge, la feuille de cassis viennent se mêler à cette palette. Les plus minéraux, au nez crayeux, développent des arômes de pierre à fusil, voire de mine de crayon.
Associé au sémillon et parfois à la muscadelle dans le Bordelais, il prend un tour plus ample, plus gras, et se pare de notes plus fruitées, dues à ces sols plus chauds. Les fruits blancs (pomme, poire) et jaunes (pêche, abricot) dominent alors.
Le leitmotiv du sauvignon, quelle que soit sa terre d’adoption, reste son côté désaltérant et sa vivacité. Mais la qualité du millésime est essentielle. Dans les plus belles années, et chez les meilleurs vignerons, son intensité peut atteindre des sommets.
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Le cépage cabernet franc, des rives de la Loire aux vignobles du nouveau monde
janvier 4th, 2010 by Véronique Raisin
Ce cépage rouge, aussi appelé “breton” dans le Val de Loire et probablement originaire des Pyrénées espagnols, se distingue par sa finesse aromatique, ses notes épicées et sa structure.
Les grappes sont moyennes et les baies de petites tailles ; il permet d’élaborer des vins d’une belle puissance aromatique. Les meilleurs proviennent de sols argilo-calcaires et argilo-siliceux. Vivace, davantage sur la retenue que sur la puissance, surtout dans ses jeunes années, ce cépage délicat se montre aussi friand. Assez précoce, il mûrit vite. Jusqu’à peu, son côté végétal (notes de poivron) ressortait souvent mais les meilleurs évitent aujourd’hui cet écueil.
S’il a conquis le Sud-Ouest et s’est largement installé en Aquitaine, aux côtés des merlots et cabernets sauvignons, il reste le cépage rouge majeur des appellations Anjou, Anjou-Villages et Brissac, Chinon, Saumur, Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil.
Dans le Sud-Ouest, on le trouve dans les vignobles limitrophes de ceux du Bordelais : Bergeracois (Bergerac, Côtes-de-Bergerac, Montravel, Pécharmant), Gaillac (mais en minorité), Coteaux-du–Quercy.
À Bordeaux enfin, le cabernet franc est aussi appelé “bidure”.
Peu productif, c’est sur ces terres qu’il se montre le plus généreux. Assemblé aux autres cépages phare du Bordelais (merlot, cabernet sauvignon, petit verdot notamment), il ajoute sa rondeur au cabernet sauvignon et la finesse de ses tannins au merlot, donnant des vins proches de ceux issus du cabernet sauvignon, mais plus légers en couleur, moins tanniques, fins et élégants et assurés d’une longue garde.
Il représente près de 13% de l’encépagement noir du vignoble, avec plus de 14 000 hectares. Peu présent dans le Médoc où il ne couvre qu’à peine 5% des plantations, il est davantage présent dans le Libournais sur la rive droite de la Gironde avec 17% des surfaces plantées en cépages noirs mais 20% ne serait-ce que pour Saint-Émilion, dont il est l’un des cépages historiques, appelé “bouchet” dans cette partie-là du vignoble. Pomerol et Fronsac figurent au même titre parmi ses terres de prédilection, en raison de sols de sables et de limons. Car il se plaît sur des sols argileux ou sableux, profonds et riches, avec un sous-sol argileux. Le célèbre Cheval Blanc en compte en moyenne 60% dans son assemblage ! A contrario, il est peu présent dans les Graves et sur Pessac-Léognan.
Hors de nos frontières, on le rencontre en Italie, au Chili, en Californie, souvent assemblé au cabernet sauvignon.
Sources :
Grand Atlas des vignobles de France de Benoît France
www.bordeaux.com.
La bonne date : 1817
décembre 25th, 2009 by Véronique Raisin
En 1817, George IV, Prince de Galles et régent de son père George III, est pris d’une envie soudaine de cognac. Mais pas n’importe lequel. Un cognac qui lui corresponde, raffiné et élégant, complet et harmonieux, à l’image de ce dandy so british qui fut à l’origine du style Regency.
Ni une ni deux, il formule sa demande à deux maisons de cognac, Hennessy et Martell. La première sera retenue et va élaborer un cognac unique, issu d’eaux-de-vie sélectionnées pour leur structure et leur élégance. Il fallait au jeune prince une eau-de-vie plus longuement vieillie que les cognacs d’alors, quelque chose de spécial… Le Very Special Old Pale (VSOP) était né. Le nom est resté et est aujourd’hui devenu une catégorie de cognacs, au même titre que VS ou XO. Pourtant c’est bien à Hennessy qu’en revient la paternité. King save the cognac !
A lire également :
Les mystères du Cognac
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UN MAL, DES MOTS : l’art de parler du vin
décembre 12th, 2009 by Véronique Raisin
Il suffit de nommer les choses pour qu’elles existent. Soyons précis et usons des bons termes.
La dégustation n’échappe pas à la règle : dans cet exercice délicat et totalement subjectif, on ne peut exprimer - et transmettre - avec justesse ce que l’on ressent qu’à l’aide d’un vocabulaire approprié, varié, peu importe son degré de technicité.
Aujourd’hui, attardons-nous un instant sur une classification sémantique (une parmi d’autres), celle de quelques grandes familles d’expressions aromatiques. Précisons que ces arômes peuvent être ressentis au nez et en bouche.
Florale : préférez les roses aux chrysanthèmes, l’acacia au bouleau (aussi solide mais moins fatigant), la violette de la syrah au rassis des fins de bouquet, l’aubépine et le chèvrefeuille aux roses fanées, les fleurs fraîches aux vieux pots.
Fruitée : le raisin, c’est déjà pas mal. Mais les évocations fruitées sont légion dans les vins. Les fruits rouges (fraise, framboise, groseille) et noirs (mûre, cassis) sont les plus communs, les fruits jaunes (pêche, abricot) également. Les agrumes (citron, pamplemousse, écorce d’orange, zeste) sont décelables dans les vins blancs. Les fruits exotiques (mangue, ananas notamment) s’expriment le plus souvent dans les vins doux. De même pour les fruits secs, apanage également des vins doux (noix, raisin sec, amande, pruneau, figue).
Empyreumatique : le fumé, voire le brûlé sont des arômes dus au bois quand le vin a été élevé en fût. Le pneu, le goudron sont des tonalités un peu moins agréables… Sauf au grand prix de Monaco ! Le fumé des vins blancs est du à leur minéralité, une expression de “pierre à fusil”, de silex (cf. la guerre du feu). Notez aussi les notes aromatiques de café, de cacao, de pain grillé qui peuvent émaner de certains vins rouges ou de vins doux.
Animale : viandé, faisandé, musc, parfois aussi on dit que ça sent l’écurie ou le poulailler : courage, fuyez. Cela dit, la fourrure, le cuir sont des arômes que l’on retrouve dans les rouges anciens.
Végétale : tilleul, verveine, menthe, citronnelle. Et vous, qu’est-ce que vous prendrez ? Pin, résine, truffe, fougère, mousse, feuille morte, sous-bois sont quelques-uns des arômes que l’on retrouve sous cette famille.
Épicée : muscade, clou de girofle, poivre, cannelle, curry, vanille, réglisse, laurier et thym pour les aromates composent les saveurs que l’on retrouve aussi bien dans les rouges que les blancs.
Ensuite, à vous de jouer (sur les mots) : il n’y a de limites aux termes employés que votre vocabulaire, vos sensations, vos souvenirs. Une matière, une musique, un paysage sont autant d’évocations qui peuvent tout à fait caractériser un vin. Le reste n’est que littérature…
En savoir plus sur l’art de la dégustation.
Consultez notre lexique des mots du vin.
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Le saviez-vous : le passerillage, c’est quoi ?
décembre 10th, 2009 by rédaction iDealwine
Les grands vins liquoreux sont produits selon différentes techniques, la botrytisation pour les sauternes ou les vins de Monbazillac, ou le passerillage, à l’origine des grands jurançons. Que signifie exactement ce terme ?
Le passerillage permet d’obtenir des raisins très concentrés en sucre. A la différence du botrytis, un champignon microscopique qui attaque les baies, concentre les sucres et dégrade l’acidité, les raisins passerillés sur pieds (c’est-à-dire séchés jusqu’à flétrir) conservent cette acidité, support de la fraîcheur.
À Jurançon, on ne recherche pas le botrytis justement, qui donnerait des vins plus lourds. Le vent du sud, le “foehn”, chaud et sec, vient sécher les raisins, parfois jusqu’au mois de janvier. Les gelées sont aussi les bienvenues car elles éclatent la peau des raisins et font évoluer les arômes.
Découvrez les grands jurançons du domaine Cauhapé, proposés dans le cadre de notre Offre iDéale n°126. A commander dans la boutique de Noël jusqu’au 31 décembre 2009.
Mathusalems, nabuchodonosors… mais d’où nous viennent ces noms ?
novembre 26th, 2009 by Philippe Margot
En écho à un intéressant débat suscité par l’une des question du jeu qui se déroule actuellement sur la page iDealwine de Facebook, nous avons voulu aller plus loin sur le sujet des grands formats. Grâce au journaliste suisse Philippe Margot, tentons de décrypter l’origine parfois mystérieuse de ces noms qui nous font rêver.
Les grandes bouteilles de vin portent, dans l’ordre croissant de contenance, les noms suivants : Magnum – Double-Magnum - Jéroboam – Réhoboam – Mathusalem – Salmanazar – Balthazar – Nabuchodonosor – Salomon, pour les plus courantes.
Les grands flaconnages à partir du Réhoboam ne sont plus produits de manière industrielle. Le prix d’achat du verre vide, de fabrication artisanale, atteint à lui seul un prix très élevé. À titre d’exemple, le Nabuchodonosor (15 l) vaut CHF 400.—(soit 265€, Philippe Margot est vaudois NDLR), le Salomon (18 l) CHF 910.—(soit 600€, NDLR).
Quant à l’origine principalement biblique de ces noms, elle remonte à la nuit des temps, et sans trouver une explication précise, ces noms ont été empruntés à de grands personnages de l’histoire ancienne. Il existe quelques exemplaires de très, très grandes bouteilles, produites pour des occasions particulières. Celle qui détenait pendant longtemps tous les records, Maximus, commandée en 2004 par la chaîne Morton Steak House USA, contient 130 litres de Beringer Vineyard Private Reserve 2001.
Mais, suspense, ce record, et certainement pour longtemps est largement battu dès 2007 par une bouteille “Gigantissime” qui n’a pas encore trouvé son nom et dont nous vous dévoilons tout, ci-dessous, en précisant bien que la bouteille est une propriété privée qui n’est pas destinée à la vente. Nous vous encourageons cependant à venir la visiter !
Personne ne connaît véritablement l’origine des noms bibliques donnés aux grandes bouteilles de vin et de champagne.
Une des versions reprise par la Maison Champagne Drappier , à Urville, Côte des Bar (Aube) et Reims a été retenue : lors de la naissance de Jésus, les rois mages apportent au nouveau né de somptueux cadeaux. Parmi eux Balthazar, descendant des rois de Babylone…
Un gros flacon de Champagne est un cadeau exceptionnel pour une occasion exceptionnelle. De là à attribuer à chaque contenant le nom d’un roi de la Perse ancienne, il n’y avait qu’un pas, que les Champenois auraient franchi à la fin du XIXe siècle.
Champagne Drappier précise également la manière de vinifier ses grands contenants qui est exceptionnelle : en ce qui concerne le Primat, étant le seul élaborateur de ce contenant, ils ont choisi un nom Gallo-Romain plus proche de notre terroir. Primat des Gaulles du latin Primat : de premier ordre. Quant au Melchizédec, nous faisons un retour à la tradition de Babylone. La maison Drappier est la seule à effectuer la prise de mousse, le remuage et le dégorgement individuel de chaque flacon de la demi-bouteille au Melchizédec. Cette technique traditionnelle assure au vin une fraîcheur et une finesse d’effervescence exceptionnelle.
L’origine des grands flaconnages doit donc se chercher dans la région française de Champagne. Les petites bulles caractéristiques des crus de l’endroit ayant gagné leurs lettres de noblesse, elles s’invitèrent dès le XVIIIe dans toutes les cours et les grandes réceptions d’Europe et d’ailleurs. Une clientèle fortunée a permis le développement de grands contenants de verre pouvant aller jusqu’à 15 litres.
À la fin du XIXe siècle, les négociants de Reims ont ainsi sélectionné sept grandes bouteilles dont la capacité oscillait entre 1,5 litres, soit deux fois ce que contenait la traditionnelle Champenoise, et 15 litres. Bien que cette information soit sujette à caution, il semblerait que le choix des noms donnés à ces géants œnologiques ait eu pour but de rappeler le faste des fêtes orientales antiques.
A chaque contenant son origine
Magnum contenant 1,5 litre ou 2 bouteilles de 75 cl.
Il tire son origine du mot latin magnum qui signifie « grand ». Il serait connu depuis la fin du XVIIIe.
Jéroboam contenant 3 litres ou 4 bouteilles de 75 cl. Il se nomme double magnum dans le Bordelais. Plus rarement, on rencontre à Bordeaux des Jéroboam de 5 litres (6,66 bouteilles de 75 cl).
Selon l’histoire biblique, Jéroboam Ier (? - 910 av. J.-C.) fut roi d’Israël. Il reçut la couronne des mains des dix tribus qui s’étaient soulevées contre Réhoboam, fils de Salomon. Jéroboam II (? - 743 av. J.-C.), fils de Joas, fut aussi roi et étendit son pouvoir sur toute la Palestine, à l’exception du royaume de Judas.
Réhoboam contenant 4,5 litres ou 6 bouteilles de 75 cl.
Fils du roi Salomon, son gouvernement tyrannique lui attira les foudres de dix des douze tribus d’Israël qui lui préférèrent Jéroboam. Lui-même conserva les territoires de Benjamin et de Judas.
Mathusalem contenant 6 litres ou 8 bouteilles de 75 cl. Il prend parfois le titre d’Impériale dans la région de Bordeaux.
Le nom du patriarche -la personne la plus âgée mentionnée dans l’Ancien Testament- est devenu synonyme de longévité. Selon la Genèse, ce fils d’Enoch aurait vécu 969 ans et aurait péri lors du Déluge.
Salmanazar contenant 9 litres ou 12 bouteilles de 75 cl.
Ce patronyme a été porté par cinq rois assyriens. Salmanazar Ier dirigea l’Assyrie entre 1275 et 1245 avant notre ère. Salmanazar III était le fils d’Assourbanipal et fut un grand conquérant. Salmanazar V régna de 727 à 722 av. J.-C. et envahit la Palestine. Il y battit le souverain d’Israël, Osée, puis assiégea Tyr et la Samarie jusqu’à sa mort.
Balthazar contenant 12 litres ou 16 bouteilles de 75 cl.
Balthazar faisait partie des trois rois mages qui vinrent rendre hommage à Jésus enfant. Dans l’iconographie traditionnelle, il représente l’Afrique. Un deuxième Balthazar biblique existe et pourrait avoir donné son nom au flacon. Il s’agit du dernier roi de Babylone, tué lors de la prise de la ville par Cyrus en 539 av. J.-C.
Nabuchodonosor contenant 15 litres soit 20 bouteilles de 75 cl.
Il fut le plus grand roi de Babylone et gouverna entre 605 et 562 av. J.-C.. Après avoir battu les Égyptiens, il conquit Jérusalem plusieurs fois et emmena les Hébreux en captivité à Babylone, dont il fit une cité magnifique.
Au-delà de ces bouteilles traditionnelles, quelques négociants utilisent des contenants encore plus grands.
Salomon contenant 18 litres ou 24 bouteilles de 75 cl.
Il est appelé parfois Melchior, du nom du roi mage censé venir d’Europe. Le Salomon de l’Ancien Testament fut roi d’Israël entre 970 et 931 av. J.-C. Doté de nombreux dons, comme la sagesse ou la connaissance des langues, il a fait l’objet de plusieurs livres de la Bible. Sa richesse, son harem et sa liaison avec la reine de Saba ont également atteint des dimensions légendaires.
Souverain contenant 26,25 litres soit 35 bouteilles de 75 cl.
Le souverain a été conçu par Taittinger pour le baptême du plus grand paquebot au monde « Sovereign of the sea » le 16 janvier 1988.
Primat contenant 27 litres, soit 36 bouteilles de 75 cl.
Ce nom vient du bas latin et signifie « de premier ordre ». Historiquement, nom donné à quelques archevêques qui, par d’anciens droits, ont une sorte de supériorité sur tous les évêques et archevêques d’une région.
Il aurait été utilisé pour la première fois en 1999 pour ce qui était alors la plus grosse bouteille jamais produite.
Melchizédec contenant 30 litres, soit 40 bouteilles de 75 cl, utilisée depuis 2002.
Cette vasque géante porte le nom d’un personnage énigmatique de l’Histoire Sainte. Melchisédech a béni Abraham et possède un caractère messianique similaire à celui du Christ.
Ces deux derniers contenants sont propres à Champagne Drappier.
Oversized
Maximus.
Le record établi par ce Maximus fut ensuite battu par la Five Virtues Shiraz Australie appartenant au North Road Liquor, Albany, de 1,82 m et 589 kg, contenance 290 l, soit 387,66 bouteilles, en 2008.
Five Virtues.
La nouvelle titulaire du record mondial
Une quintessence de l’extraordinaire Tout ce qui entoure la bouteille détenant le record du monde est réellement sensationnel: sa taille, son poids et à plus forte raison sa fabrication.
La bouteille détenant le record du monde existe à un seul exemplaire. Pour sa fabrication, de nombreuses explications et des calculs précis ont été nécessaires.

Cette bouteille géante trône dans un restaurant suisse. La plus grande bouteille de vin au monde a été présentée en novembre 2007 à Rehetobel (Appenzell - Suisse), au Gasthaus zum Gupf. Le restaurateur Emil « Migg » Eberle a imaginé la plus grande bouteille du monde. Fabriquée en Allemagne, elle contient du vin blanc doux du Burgenland autrichien.
Elle a des mensurations de rêve pour les amateurs de vin : 2,4 mètres de haut pour un diamètre de 68 centimètres. Bien plus grande qu’un Jéroboam (4,5 l), un Nabuchodonosor (15 l) ou encore un Melchior (18 l), cette bouteille ne contient pas moins de 480 l d’un vin doux du Burgenland autrichien, millésime 2005. Quant au bouchon, il mesure 18 centimètres, un bouchon de liège moyen mesure 2,4 centimètres. Un record qui sera inscrit dans le Guiness Book. Le précédent record appartenait à une bouteille mesurant 1,37 mètres pour une contenance de 130 litres. Une fillette en comparaison.
Le propriétaire de l’établissement, Emil « Migg » Eberle, visiblement heureux, a déclaré que « posséder la plus grande bouteille du monde est pour moi le couronnement d’un long travail ». Les clients pourront déguster le vin qu’elle contient. Reste à savoir comment ils se serviront !
Que les Appenzellois passent pour les plus petits habitants de la Suisse, dans une légende que ne renierait pas Gulliver, a échappé à l’auteur de la nouvelle. Voilà qui va réjouir les adeptes de l’adage, « à grand vin, grand flacon » ! Voir les sites de l’Internet du restaurant et de la bouteille aux liens :
http://www.gupf.ch/movie/movie.html
http://www.480l.com/fr/
Poids total: 630 kg. La bouteille détenant le record pèse autant qu’un des jeunes bœufs du Limousin qui broutent devant le Gasthaus zum Gupf.

Rapport 1 : 640. Dans la bouteille détenant le record absolu, on pourrait mettre la contenance de pas moins de six cent quarante bouteilles de vins normales de 0,75 litres.


Cette photo illustre de manière évidente le rapport de 3 bouteilles de 75 cl comparées à ce géant !
Pour mémoriser l’ordre des grands contenant les plus usités, nous vous proposons ce procédé mnémotechnique, soit le mot “abracadabrantesque” : ma je re ma sal ba na (Magnum, Jéroboam, Réhoboam, Mathusalem, Salmanazar, Balthazar, Nabuchonodozor), puis à vous d’inventer comment retenir la contenance !
Sources bibliographiques partielles et des photos:
Romanduvin
Wikipédia
Gasthaus zum Gupf
La plus grande bouteille de vin du monde
Installer la cave de ses rêves
Champagne Drappier
Dictionnaire encyclopédique Auzou, Editions Philippe Auzou, Paris, 2003.
® Copyright

Philippe MARGOT
journaliste vitivinicole
Quai de la Veveyse 6
CH-1800 VEVEY (Suisse)
Prenez un instant pour visiter son site:
http://www.cepdivin.org/persos/phmargot.html
A découvrir : l’offre iDéale spéciale Champagne, qui incluse la cuvée Brut Nature de la maison Drappier.
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Tout ce qu’il faut savoir sur le cépage gamay
octobre 22nd, 2009 by Véronique Raisin
Cépage roi du Beaujolais, le gamay n’obtient pas la reconnaissance qu’il mérite. Et pourtant…
Le gamay serait issu du croisement entre le gouais, un cépage blanc pratiquement disparu, et le pinot noir. Autrefois apanage de la Bourgogne, il fut éradiqué pour sa tendance fâcheuse à donner de gros rendements sur ces sols argilo-calcaires. Cependant, sur les terrains pauvres et schisteux du Beaujolais, il exprime sa personnalité d’élégante façon. Les formes les plus qualitatives du gamay, “petit gamay rond” et “gamay geoffray” sont aujourd’hui privilégiées. Sur les 36 400 hectares de gamay cultivés en France, le Beaujolais en compte 22 500.
Il existe deux variétés de gamay : le noir à jus blanc, le plus courant, et le gamay de Bouze (du nom de son village d’origine, Bouze-les-Beaune, en Bourgogne). Ce dernier est un raisin rouge à jus rouge, ce qui est rare, aux feuilles également rouges. Massivement planté en Touraine et dans la Vallée du Cher après la crise du phylloxera, il a alors été supplanté par le gamay noir à jus blanc et relégué au rang de faire-valoir, pire, de “teinturier”, pour colorer son pâle cousin, beaucoup plus productif. En 1980, il est interdit de séjour par l’INAO. Henry Marionnet, du domaine de la Charmoise, l’a réhabilité sur 1,5 hectare.
(Source : Grand atlas des vignobles de France de Benoît France)
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Conservation : de l’importance d’une cave humide et fraîche
octobre 15th, 2009 by rédaction iDealwine
Vous pourrez le constater sur cette photo : les conséquences d’une cave insuffisamment humide et/ou fraîches sont irrémédiables. Suivez donc nos conseils pour bien conserver vos précieux flacons.
Réglage de la température
Primordiale quoique souvent négligée, la température de conservation du vin peut altérer son vieillissement, et donc son arôme et son bouquet. Idéalement, elle se situe entre 10°C et 13°C. En pratique, une tolérance de 2 à 3°C reste acceptable. Une température de conservation ” inférieure ” ralentit le mûrissement du vin. Une température plus élevée l’accélérera, mais attention : elle risque de diminuer le potentiel de garde du vin et peut également l’empêcher d’atteindre son apogée. La stabilité de cette température est en revanche primordiale. Les brusques changements de température, circadiens comme annuels, affectent beaucoup sa maturité. A cet effet, on privilégiera les caves enterrées au sol en terre battue, ou à défaut recouvert de petits gravillons. Des murs de pierre seraient l’idéal. Il faut éviter de ranger les bouteilles près des conduits de chauffage, et mieux, les isoler efficacement.
L’humidité contrôlée
Essayez de maintenir, un taux d’hygrométrie compris entre 70-75% de manière constante. Notre conseil : Une cave trop sèche génère un dessèchement des bouchons, qui deviennent ainsi moins hermétiques ; pour y remédier, placez un grand récipient rempli de sable et mouillez à intervalles réguliers. Une trop forte humidité présente peu de risque pour le vin; par précaution, on peut placer un récipient en grès ou en verre rempli de chaux vive qui absorbe l’humidité. Une cave trop humide provoque souvent une dégradation des étiquettes et à plus long terme du bouchon; par précaution, on peut enrober ses bouteilles d’un film plastique. Il est aussi bénéfique d’enduire les murs de chaux une fois l’an, ce qui permet aussi de lutter contre les insectes. La conservation des vins en caisse bois atténuera considérablement les effets d’une trop grande humidité.
Et surtout : ne conservez jamais vos vins dans les cartons.
A lire également :
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Le saviez-vous ? les vins doux naturels, un remontant apprécié des Poilus
octobre 8th, 2009 by Véronique Raisin
De Louis XIV… aux Poilus, la renommée des vins sucrés a traversé les siècles.
Les vins doux, mutés à l’alcool, connurent leur heure de gloire sous Louis XIV, le monarque appréciant grandement ces vins sucrés, la plupart issus de la malvoisie. Cependant cette mode royale fut de courte durée ; il fallut attendre la première guerre mondiale pour retrouver l’engouement du 17e. En effet, les Poilus relancèrent le goût pour les vins sucrés pour une raison simple : ces vins “fortifiés” étaient parmi les seuls qui parvenaient au front dans un état de consommation satisfaisant.
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