Le saviez-vous : Champagne millésimé ou pas : quelle différence ?
novembre 23rd, 2011 by Philippe Rabert
L’art du champagne est avant tout celui des assemblages. Assemblages de cépages (essentiellement pinot noir, chardonnay, pinot meunier), assemblage de crus et assemblage de millésimes. C’est cette dernière caractéristique qui distingue fortement la Champagne des autres régions viticoles françaises.
Les champagnes non millésimés représentent l’écrasante majorité des ventes, près de 95%. Cette façon de procéder s’explique probablement aussi par la position très septentrionale du vignoble, situation qui ne lui assure pas une maturité optimale des raisins chaque année. D’où l’intérêt de marier les millésimes pour “lisser” les effets millésime et gommer la verdeur de certaines années spécialement peu riches en sucres.
Mais certaines années particulièrement propices peuvent faire l’objet de cuvées millésimées, que ce soit un assemblage de crus ou même parfois un champagne issu d’un cru unique. Un champagne millésimé est donc théoriquement meilleur qu’un brut sans année (à condition de comparer entre producteurs d’un niveau qualitatif équivalent), mais cette position reste théorique, car certains équilibres obtenus en assemblant différents millésimes complémentaires peuvent s’avérer supérieurs à celui d’une année donnée.
Sans doute aussi parce que le prix d’un champagne millésimé est régulièrement supérieur de 30 ou 40% et que la tentation est grande pour certains vignerons peu scrupuleux de millésimer certaines années qui ne le mériteraient pas vraiment… Il n’en reste pas moins évident que les plus grands champagnes sont ceux issus de grandes années et de grands crus, comme dans tous les vignobles !
Pour mémoire les (vraies !) meilleures années récentes sont, dans l’ordre chronologique : 1995, 1996 (superbe !), 2002 (sans doute du niveau de 1996), 2005 (et sans doute 2008). Un petit cran en dessous : 1998, 2000, 2004, 2006, 2007 (surtout pour le chardonnay).
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Ce que vous devez savoir sur les classements de Bordeaux
septembre 30th, 2011 by Rédaction iDealwine
Pas facile de s’y retrouver quand il s’agit d’évoquer le classement des vins de Bordeaux. Certains sont (presque) gravés dans le marbre (classement de 1855 pour le Médoc et les Sauternes, classement des Graves), d’autres au contraire ont fait l’objet d’intenses bagarres sur le terrain juridique (Saint-Emilion, Crus Bourgeois). D’autres, enfin, n’existent tout simplement pas : c’est le cas, par exemple, des vins de Pomerol qui ne disposent pas d’un classement officiel*.
En matière de vin, les classements établis doivent à la fois intégrer les critères de terroir mais aussi la qualité du travail réalisé dans le vignoble et dans les chais par le vinificateur. Chaque appellation présente des caractéristiques distinctes, tant en termes de cépage que de composition du sol. A juste titre, les classements réalisés jusqu’à présent ont donc concerné des appellations, ou des régions aux caractéristiques comparables.
Quel est leur rôle ?
Les classements sont établis sur la base d’un cahier des charges précis et reposent sur des critères les plus objectifs possible, ils ont donc valeur de référence auprès des consommateurs finaux. La hiérarchie réalisée pour certains classements a permis d’établir une échelle de prix qui sert d’étalon lors des échanges. Ce qui n’empêche pas les prix de fluctuer en fonction de la qualité du millésime. Parfois aussi, le travail et les investissements réalisés par certains domaines font bouger les lignes du classement ; et là, c’est le marché qui redéfinit sa hiérarchie. Certains domaines classés 5e cru en 1855 s’échangent en effet à des niveaux de prix supérieurs à ceux de domaines classés 3e, ou 4e, selon la loi de l’offre et de la demande.
Car un classement n’est pas toujours révisable. En fonction du cahier des charge initial, certains d’entre eux ont traversé les décennies et même les siècles sans qu’aucune modification, ou presque ne vienne bouleverser l’ordre établi à l’origine. C’est notamment le cas du classement de 1855, modifié une seule fois en 1973 : le château Mouton Rothschild avait alors accédé au rang de premier cru classé. Le classement des vins de Sauternes et celui graves sont ainsi demeurés inchangés depuis leur création.
En revanche il n’en a pas été de même du classement des vins de Saint-Emilion, ni de celui des crus bourgeois. Le premier est par essence révisable tous les dix ans. Le second avait été établi une première fois en 1932, puis avait fait l’objet d’une profonde révision en 2003. D’attaques en annulation, nous vous avons fait suivre dans le Blog iDealwine les multiples rebondissements concernant la révision de chacun de ces deux classements. Quant aux vins de Pomerol, qui comptent parmi leurs rangs le mythique Petrus, ils n’ont jamais fait l’objet d’aucun classement officialisé. Incapacité à fixer les règles ou simple preuve de sagesse ? Une chose est certaine : le jour n’est pas venu où Bordeaux pourra imaginer établir un classement général des grands crus, toutes appellations confondues…
* S’agissant des vins de Pomerol, un classement avait été établi durant le régime de Vichy. Il n’a plus cours aujourd’hui.
Pour en savoir plus et consulter la liste des vins classés :
Classement de 1855 des vins rouges
Classement de 1855 – Sauternes et Barsac
Qui détient le Guiness World Record du plus gros contenant ?
juillet 20th, 2011 by Philippe Margot
Qui au monde peut se targuer d’avoir produit le flacon de la plus grande contenance ? Le débat qui fait rage ! Après la publication de notre article sur le prix record enregistré sur un « midas » de Champagne, le journaliste Philippe Margot a souhaité nous apporter quelques précisions à l’article rédigé il y a quelques mois sur les formats de bouteilles.
La controverse s’étend désormais jusqu’en Chine !
En 2007 la plus grande bouteille de vin était élaborée en verre selon la tradition ancestrale, détenant le Guiness World Record et trônant au restaurant suisse Gasthof zum Gupf.
Depuis, les nouveaux records se succèdent et nous les observons d’un œil critique.
Octobre 2010 – Le nouveau détenteur est italien !
Une coopérative de viticulteurs à Dolegna del Collio, province de Gorizia dans le Frioul vénitien, au nord de Trieste (Italie) détenait ce record. Sa bouteille contient 510 litres de vin blanc local, Collio DOC. Nous ne sommes pas certains que la bouteille soit en verre ?
Enregistrement officiel dans Guiness World Record :
The largest bottle of wine measured 2.6 m (8 ft 6.36 in) tall and 0.62 m (2 ft 0.41 in) in diameter and was achieved by Pro Loco Dolegna del Collio in Dolegna del Collio, Italy, on 23 October 2010.
Elle dépasse donc de peu celle de l’établissement Gasthaus zum Gupf à Rehetobel, également en Suisse dans le canton d’Appenzell, mais sa conception est moins noble.
Juillet 2011 – le nouveau détenteur est en Suisse
La plus grande bouteille de vin conçue en matériaux de synthèse, détenant le nouveau record au monde est signalée à Watt près de Regensdorf (entre Baden et Zürich), en Suisse. Elle a de grandes chances d’appartenir au Guiness des records du monde à venir. Avec ses 3,8 mètres de hauteur, ce serait en effet la plus grande bouteille du monde. Elle contient 2’011 litres, mais elle n’est pas en verre !
La bouteille de ce nouveau record à Watt, lors de la mise en bouteille – La bouteille de Watt au remplissage, directement de la cuve – (zvg).
Cette tentative de record du monde a lieu à l’occasion de la fête du village de Watt en juillet 2011.
L’agriculteur et membre de l’association OK-Watt, Willi Zollinger, a eu l’idée de faire produire une bouteille vouloir de très grande capacité comme il n’en a jamais existé.
Maintenant, ainsi, c’est Watt qui brigue officiellement le nouveau record du monde du Guiness World Records pour la plus grande bouteille de vin.
La cuvée de Watt
L’autre initiateur participant, Peter Fasler, s’est montré très optimisme sur le résultat de la tentative dans un article de la presse régionale de Zurich et Schaffhouse.
Il est en contact étroit avec l’organisme des records du monde à Londres, de manière à respecter toutes les contraintes d’un tel record. La bouteille doit être remplie effectivement avec du vin : dans ce cas, il s’agit d’une cuvée de Pinot noir et de Dornfelder de Watt.
C’est donc le samedi 9 juillet 2011 que la bouteille a été présentée pour la première fois à la population. À cette occasion, elle a été débouchée et consommée par les participants à la fête du village de Watt.
« Nous nécessiterons probablement d’une grue et d’un tire-bouchon géant pour ce débouchage particulier », relève Willi Zollinger !
Février 2010 – communiqué en 2011 – Le titulaire du record mondial est désormais en Chine
Un nouveau record mondial est désormais détenu par Wang Chen Wine, Shenyang, en Chine du Nord dans le Liaoning.
La bouteille de 1’850 litres de Wang Chen Wines mesure 15 pieds de haut (4,5 mètres) tient le nouveau record mondial pour la plus grande bouteille de vin, mais nous supposons qu’elle est en matière synthèse et non en verre.
La plus grande bouteille de vin avec ses 1’850 litres de vin, c’est 3,775 fois le contenu du record mondial précédent qui contient 490 litres, mais qui est en verre, donc beaucoup plus fragile.
Un porte-parole de la société a dit : « Nous sommes très fiers et le vin est très bon. Nous avons tous avons dégusté un verre de la bouteille pour célébrer ce nouveau record. »
Le record mondial précédent de Guinness pour la plus grande bouteille de vin en verre était détenu par le restaurant Gasthaus zum Gupf, en Suisse. Le restaurateur Emil « Migg » Eberle a imaginé à l’époque la plus grande bouteille du monde. Fabriquée en Allemagne, elle contient du vin blanc doux du Burgenland autrichien provenant du Weingut Kracher, dont la bouteille contient 490 litres de grande Cuvée TBA N° 7 de 2005.
Une bouteille de vin normale peut être saisie d’une main. Pour celle-ci, on a besoin de deux adultes avec les bras déployés pour faire le tour de sa circonférence. Ce vin n’est pas du tout conventionnel. C’est vin de glace. Une spécialité des régions du nord-est de la Chine.
Yu Jiangshen, ingénieur-œnologue principal du vin de glace précise : « Le vin de glace a besoin de raisins surmaturés de façon à ce que le sucre contenu dans le fruit soit suffisant pour cette spécialité. Alors les raisins sont condensés à une température de moins de 7 degrés Celsius en-dessous de zéro. C’est la condition pour obtenir du vin de glace. »
Shenyang est la capitale de province de Liaoning. Les conditions conjointes du sol, du terroir et de la température idéaux pour que les raisins soient transformés en vin de glace.
Entre verre et matériaux de synthèse pour la conception de la bouteille le Guiness World Records tranchera – Suspense !
La plus grande flûte pour vins effervescents
Rome, Italie – le 30 juin 2008
D’une hauteur de 203 cm et avec un diamètre de 46 cm (80 x 18 inches), ce verre obtenu le record mondial pour le plus grand verre à champagne.
Elle a été réalisée par un concepteur de Venise, Massimo Leonardon.
Il a fallu 11 magnums (16,5 litres) pour remplir cette énorme flûte. De l’Asti spumante, DOCG, évidemment.
C’est à l’occasion du festival connu sous le nom « The White Night », une célébration annuelle des vins à Spoleto, Italie, pour tous les amateurs de boissons alcoolisée, que cette flûte géante a été baptisée.
Le spumante d’Asti est produit dans Piémont ; réellement dans un petit secteur viticole qui comprend seulement 52 communes ; 9 dans la province d’Alexandrie, 27 dans la province d’Asti, 16 dans la province de Cuneo. Dix hectares se sont divisés en quatre secteurs : Santo Stefano Belbo, Canelli, Nizza Monferrato, Acqui Terme.
Une flûte aussi grande qu’inutile, convenant pour un éléphant habile dans un cirque !
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Le saviez-vous ? Quelle cuvée de Champagne était servie sur le Concorde ?
mai 11th, 2011 by Rédaction iDealwineComme il se doit, les passagers du vol Concorde à destination de New-York étaient traités avec les meilleurs égards et accueillis à bord par une coupe de Champagne. Laquelle ?
A vol prestigieux, service irréprochable. Tant sur la compagnie Air France que sur British Airways, les passagers du vol à destination de New-York débutaient leur voyage par un moment de détente et d’évasion, avec une coupe de Champagne. Et c’est le Clos du Moulin de la maison Cattier qui avait été sélectionné par les deux compagnies. Une cuvée que vous pouvez actuellement trouver à la vente sur iDealwine, dans le cadre de l’Offre iDéale Champagne.
Très rare en Champagne, le clos correspond – comme en Bourgogne – à une vigne ceinte de murs. Le Clos du Moulin est une parcelle de 2,20 hectares située à proximité de Chigny les Roses (entre Reims et Epernay) et plantée en pinot noir et chardonnay. Cette cuvée est toujours composée de trois millésimes, parmi les meilleurs de la décennie (en l’occurrence ici 2002, 2003, 2004) ; la mise en cave est de 2005. La production est limitée à 15000 bouteilles, toutes numérotées. Et il n’y en a pas tous les ans !
Cette cuvée présente une robe or, légèrement cuivrée. Le nez est discret et délicat. Quant à la bouche, elle est d’une subtile vinosité, avec une bulle magnifique, ferme et crémeuse à la fois. Des notes de petits fruits rouges, des arômes de beurre frais et de brioche s’émancipent au fur et à mesure de l’aération. La finale est ample et persistante.
Champagne Cattier : 32 hectares de premier cru
Jean-Jacques Cattier et son fils Alexandre ont l’immense chance de posséder un vignoble de trente-deux hectares de premiers crus au cœur de la Montagne de Reims, à Chigny-les-Roses. Un joyau inestimable (de pinot noir à majorité mais aussi de meunier) qui leur permet de superviser leur production de A à Z, des approvisionnements (la moitié est couverte par leur vignoble) à la mise en bouteille. Les vins sont élevés dans de superbes caves voûtées qui figurent parmi les plus profondes de la Champagne (30 mètres sous terre), et étagées sur trois niveaux présentant chacun un style d’architecture, roman, renaissance et gothique. Doublement chanceux, ils possèdent en monopole – depuis 1951 – une rareté en Champagne : un clos, le Clos du Moulin, 2,20 hectares de chardonnay et de pinot noir à parts égales à Chigny-les-Roses. Les vins sont de caractère vineux, très savoureux. La Maison, dont le vignoble remonte à 1763, est restée indépendante et familiale. Ses premiers champagnes ont été commercialisés à partir de 1918 ; aujourd’hui elle produit un million de bouteilles par an dont 60% sont exportés à travers 70 pays.
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Le saviez-vous : pourquoi le vainqueur de F1 asperge-t-il le public de champagne ?
mai 6th, 2011 by Veronique Raisin
C’est une motivation comme une autre. Courant en mars dernier le premier Grand Prix de la saison en Australie, Mark Webber avait déclaré vouloir « monter sur les marches et boire du champagne« . Dommage pour lui, il est arrivé cinquième…
L’hydratation d’après-course au champagne est une tradition qui date des années 50. Le 2 juillet 1950, le Grand Prix de France eut lieu sur le circuit de Reims-Gueux. A cette époque, Paul Chandon Moët et son cousin le Comte Frédéric Chandon de Briailles, grands amateurs de course automobile, offrirent un jéroboam au vainqueur, Manuel Fangio. Cette initiative marqua le début d’une longue habitude, et depuis lors, on continua d’offrir du champagne Moët & Chandon au vainqueur.
En 1967, le geste prit une autre tournure aux 24 Heures du Mans. Dan Gurney, le vainqueur, secoua la bouteille dont le bouchon sauta. L’arrosage automatique était lancé… Cette tradition s’est généralisée sur presque tous les podiums de sports automobiles, sauf aux 500 miles d’Indianapolis, où c’est une bouteille de lait qui est offerte au vainqueur. Une exception eut lieu cependant avec les pilotes Williams Alan Jones et Clay Regazzoni qui, en 1979, refusèrent le vin et demandèrent un jus de fruit, leur sponsor étant saoudien…
Encore une exception toutefois en 2004, lors du Grand Prix de Bahreïn : le champagne est remplacé par un jus de fruit pétillant ! Effectivement, tout comme l’Arabie Saoudite, Barhein est un état musulman dans lequel l’alcool est officiellement interdit.
Depuis la saison 2000, Mumm est devenu le champagne officiel du Championnat du Monde de Formule 1. Un coffret spécial a même été spécialement conçu pour le Jéroboam « Cordon Rouge F1″ offert au vainqueur. Il est orné d’une couronne de lauriers et du numéro 1 symbolique. Il est édité en série limitée depuis la saison 2002.
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Pourquoi certains vins ne sont-ils pas millésimés ?
mai 2nd, 2011 by Veronique Raisin
Question cruciale cette semaine. Parce qu’ils boudent ? Parce qu’ils ont oublié leur date de naissance ? Vous n’y êtes pas. Parce que le millésime n’est jamais obligatoire ou alors carrément interdit. Et oui, certains n’ont pas le droit de mentionner leur millésime.
Les vins de table sont dans cette catégorie. Sur la table, mais sous l’appellation.
Bien sûr, des petits malins de vignerons rusent et usent de signes cabalistiques pour donner un indice. Par exemple un 8 sur l’étiquette veut dire que c’est du 2008. Oh oh, la ruse de Sioux !
Pour les IGP (anciennement vins de pays), la mention du millésime est facultative pour le vin « provenant intégralement de l’année de récolte en cause ». Car on peut mélanger plusieurs millésimes.
Pour les AOP (ex-AOC), c’est la même chose ! Le millésime n’est pas obligatoire du tout. Et selon la législation européenne, on peut mettre jusqu’à 15% du même vin d’une autre année. Bien sûr les producteurs préfèrent revendiquer le millésime car dans l’esprit du consommateur, c’est un gage de qualité. Cela dit regardez la Champagne : ils assemblent plusieurs années pour lisser le goût du vin et assurer une qualité constante. Malins les Champenois.
Le saviez-vous : la filtration, à quoi ça sert ?
février 14th, 2011 by Veronique Raisin
On dit souvent que dans les milieux bien informés, rien ne filtre.
Mais comme moi, je ne suis jamais au courant de rien (:-0), je vais tout vous dire de cette opération somme toute courante, effectuée avant la mise en bouteille. Serrée, lâche, au charbon, tangentielle…, voici la filtration comme vous ne l’avez jamais imaginée.
Afin de débarrasser le vin de ses impuretés et avant sa mise en bouteilles, on le filtre. Cette étape importante permet d’éliminer les particules en suspension dans le vin, mais aussi les levures et bactéries pouvant altérer sa qualité ; cela lui donne une belle robe limpide (c’est pour cela que les vins non filtrés présentent un léger trouble). Si on filtre trop serré, on peut aussi ôter au vin des éléments souhaitables, comme de la couleur ou de la puissance aromatique.
Concrètement, le vin passe de façon frontale à travers un filtre qui retient les particules indésirables et laisse passer le filtrat. La filtration peut être de surface, les particules étant retenues par simple tamisage, ou de profondeur si les particules pénètrent à l’intérieur du filtre et y sont retenues.
Je vous passe les détails de toutes les catégories de matériaux utilisés, c’est assez technique (filtres à plaques, lenticulaires, à alluvionnage continu, rotatifs sous vide, à cartouches…*)
Autrefois on filtrait avec un filtre à charbon ; aujourd’hui le dernier cri c’est la microfiltration tangentielle. Cela consiste à faire passer le vin parallèlement (et non plus frontalement) à une membrane poreuse sous l’action d’un gradient de pression. Cette filtration présente des avantages par rapport à la filtration classique : elle ne produit pas de déchets solides (argument écolo), elle est plus facile à utiliser (argument de grosse feignasse), elle permet de réduire les doses de soufre (argument de gros consommateur), elle préserve mieux le potentiel aromatique du vin (argument de commercial) et c’est un gain de main d’oeuvre important (argument de patron). L’inconvénient ? Ca coûte un bras et ça consomme de l’eau et de l’énergie.
* Si vraiment vous êtes frustré, c’est par ici : http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-pratiques/filtration-vins.php
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Le saviez-vous : A quoi sert le palissage de la vigne ?
janvier 24th, 2011 by Veronique Raisin
Dans la plupart des vignobles, notamment les plus septentrionaux, il faut attacher la vigne et relever ses feuilles pour exposer le maximum de surface foliaire au soleil et préserver les raisins des gelées blanches et des fraîcheurs humides à la surface du sol.
Cette opération longue et contraignante dispose aujourd’hui de nombreuses techniques automatisées, néanmoins, il faut passer dans chaque rang de vigne « relever » et « attacher ».
Certains vignobles, méditerranéens notamment ou du Beaujolais, se passent de cette étape ; plantées en gobelet, les vignes sont plus basses et ne sont pas attachées. Les grappes sont ainsi protégées du soleil et mûries par le rayonnement calorique du sol. Ce peut être aussi le cas d’anciens vignobles complantés ou plantés en « foule ».
A l’origine, le palissage sur fils de fer a été mis en place pour donner aux rangées de ceps la disposition la plus favorable aux traitements anticryptogamiques. Aujourd’hui, il permet aussi la mécanisation du vignoble, avec des inter-rangs suffisamment larges (minimum 2 mètres) pour laisser passer un tracteur.
On comprend qu’au début, la difficulté consistait surtout à trouver le bois pour faire les piquets (le planter du bâton) ; on peut encore trouver trace de doléances des vignerons en quête de bois de soutien pour leurs vignes. Avant le chemin de fer, il fallait aussi que l’environnement immédiat du vignoble fût pourvu de forêts suffisamment étendues donc pour assurer l’approvisionnement en échalas et en bois de futailles. Il fallait compléter, le cas échéant, cette réserve ; dans la plupart des vignobles du Centre et de l’Est de la France, des boqueteaux d’acacias y suppléaient.
Citons aussi, pour égayer notre propos, cette répartie d’un viticulteur du Gard, répartie tirée de l’excellent ouvrage de Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin : « Ce n’est pas du Nord que nous viendra la lumière ».
Entendez par là que les viticulteurs du Sud de la France, bénéficiant d’un climat clément, ne voyaient pas bien l’intérêt de palisser ni d’endiguer des maladies inexistantes. Evidemment, quand celles-là ont fait leur apparition, la lumière a commencé à descendre…
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Urgences et premiers soins : comment bien conserver une bouteille ouverte ?
décembre 28th, 2010 by Veronique Raisin
Intervenir avant le malaise cardiaque ou simplement donner l’alerte avant le débordement, voici les gestes qui sauvent à connaître absolument pour bien réagir devant une bouteille entamée. Par le Professeur Juju de Raisin, grande spécialiste à l’AP-HP (association polissonne pour les hédonistes polyphasés) et diplômée vachement en la matière.
1. Ne pas paniquer. Il se peut tout simplement que l’on n’ait plus soif. (contrôle)
2. Placer la bouteille hors de portée de vue pour éviter toute tentation. (protection)
3. Avertir les convives par un « stop, tout le monde dehors » suffisamment intelligible et péremptoire. (alerte)
Premier symptôme, la bouteille est vidée d’au moins la moitié.
Il faut vite lui ôter tout oxygène pour l’empêcher de respirer. Car l’ennemi numéro un du vin, c’est l’air. Trop longtemps exposé, le vin s’oxyde. Sa robe se teinte de reflets mordorés voire marron, le goût tourne au « madère », bref, tous les symptômes d’un vieillissement précoce apparaissent au bout de quelques heures si on laisse le vin sans protection.
Les vins blancs et les vins jeunes sont les plus fragiles, les plus âgés perdent de leur éclat.
Il vous faut donc faire le vide dans la bouteille. A l’aide d’une pompe à vide que l’on trouve facilement dans les boutiques spécialisées.
Deuxième symptôme : le bouchon est resté sur la table de la cuisine.
Surtout n’y touchez pas, jetez-le à la poubelle ou alors rebouchez la bouteille avec le côté qui a été en contact avec le vin dans la bouteille, pour éviter tout risque de contamination ; ne jamais reboucher une bouteille avec le côté « sec » du bouchon.
Le mieux est de reboucher avec le bouchon approprié fourni avec la pompe à vide.
Placer le vin au frais.
Le cas des effervescents : oubliez la petite cuillère dans le goulot, une légende urbaine aussi saugrenue qu’inefficace. Il existe des bouchons spéciaux pour les champagnes. Le vin se conservera jusqu’au lendemain mais guère plus.
Le cas des vins liquoreux, vins doux et sucrés : le froid conserve, une semaine au réfrigérateur les aidera à passer la période de décuvage de leur propriétaire.
Le cas de la carafe : ne remettez le vin dans la bouteille que s’il n’y a pas de dépôt, sinon rebouchez la carafe avec son bouchon et placez-la au frais. Moins il reste de vin et moins longtemps il se conservera.
N’oubliez pas toutefois que plus la bouteille est entamée, plus le risque d’oxydation est grand et moins le vin se conservera longtemps.
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Le saviez-vous : comment produit-on le vin de glace ?
décembre 23rd, 2010 by Veronique Raisin
Dans certains pays où le thermomètre peut plonger très bas, les raisins donnent ce qu’on appelle du vin de glace, un vin naturellement riche en sucres résiduels puisque concentré par des vendanges très tardives (entre début décembre et fin février).
Cette tradition est courante au Canada (premier producteur en volume), en Autriche, en Allemagne, en Slovénie mais aussi en France, notamment en Alsace ou dans le Gers, lors des vendanges de la Saint-Sylvestre. On le connaît aussi sous les noms de icewine ou Eiswein.
Les origines
Le vin de glace du Canada (Ontario, Québec, Niagara) est un peu différent de celui qu’on produit en Europe. Il a vu le jour en 1973, à partir du cépage vidal. Ses origines historiques se trouvent en Moselle allemande ; on en produit aussi en Autriche et dans toute la vallée du Rhin, à partir du riesling, pinot gris, gewurztraminer. Il développe alors de beaux arômes de fruits exotiques et d’épices.
Cryoextraction
Les raisins attendent vaillamment sur pieds l’arrivée du gel. Lorsque celui-là survient et que la température descend (au minimum) à -6° (l’idéal est -13°), la récolte peut avoir lieu ; elle se déroule souvent la nuit. Les raisins sont ensuite pressés lentement directement. Le jus est très concentré en sucres puisque l’eau contenue dans les baies y reste emprisonnée à l’état de cristaux. Ensuite on vinifie normalement comme pour un vin liquoreux. Au final, le vin compte au minimum 125 grammes de résiduels et dépasse rarement les 10° d’alcool.
Rareté
Bien sûr ces vins restent rares, car ils demandent beaucoup de travail, coûtent cher à produire et ne peuvent se faire que sous un climat sibérien ; en général les conditions sont réunies deux à trois fois tous les dix ans. De plus, la surmaturité sur souche concentre les raisins mais fait perdre une grande quantité de jus, donc les rendements sont très faibles et les quantités produites infimes.
Une bouteille coûte entre 20 et 300 euros.
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