En septembre, fêtez l’esprit de l’armagnac !
septembre 7th, 2011 by Veronique Raisin
Jusqu’en décembre, venez découvrir la Gascogne et son eau-de-vie, le temps d’une journée ou d’un week-end. De nombreux événements sont prévus pour vous livrer tous les secrets de l’armagnac, des vendanges à la distillation.La première quinzaine de septembre est consacrée à la récolte des raisins. Vous vendangerez au Château du Prada à Labastide d’Armagnac les pieds de folle blanche - le cépage le plus ancien – mais surtout l’ugni blanc, devenu majoritaire, le colombard et le baco blanc. Vous pourrez poursuivre par un séjour « chasse à la palombe » ou un stage de cuisine « canard, foie gras et armagnac » ou bien préférer parcourir le Bas-Armagnac. Durant ces quatre mois, les vignerons ouvrent leurs chais, vous logent et vous reçoivent autour d’une table d’hôtes ou d’un pique-nique dans le vignoble. Avec tout l’esprit festif et convivial que l’on connaît aux Gascons…Une eau-de-vie ancestrale
L’armagnac est une eau-de-vie ou « brandy » issue  de raisins blancs distillés. Petit rappel technique pour les néophytes : deux types de distillation existent mais la tradition armagnacaise est la plus employée.
La distillation continue armagnacaise est une distillation par entraînement à la vapeur d’eau, très écologique, qui permet de distiller différemment selon le cépage et le vieillissement choisi. L’alambic est alimenté en vin de façon permanente. La distillation dite « à repasse » ou « double chauffe » (rien à voir avec le repassage) nécessite la réalisation d’un brouillis à 28% de volume que l’on « repasse » dans la chaudière pour une seconde distillation, dite « bonne chauffe », aux alentours de 70% de volume. Les deux types de distillation donnent des arômes différents.
On distingue trois grandes aires de production : le Bas-Armagnac, le Haut-Armagnac et la Ténarèze. Ces lieux furent délimités en fonction de leur proximité avec l’évêché d’Auch ; si le Haut-Armagnac est le plus près, il correspond aussi au point le plus élevé !
La qualité de l’armagnac dépend de la relation entre le sol, le cépage, le type de bois et la façon de faire du vigneron. Les différents terroirs donnent des expressions différentes plutôt que des qualités inégales. Dans le Bas-Armagnac par exemple, où la mer a séjourné très longtemps, il y a beaucoup de sables fauves. Dans le Haut, il y a davantage de calcaires. La Ténarèze est entre-deux avec des sols argilo-calcaires et sableux.
Le Bas-Armagnac donne des eaux-de-vie très parfumées, plus vite prêtes à boire ; la Ténarèze demande un peu plus de temps en fûts ; on peut aussi y produire de très bons vins blancs de Côtes de Gascogne.
Tous les armagnacs sont élevés en fûts de chêne gascons, de la vallée de l’Adour, au minimum un an pour le trois étoiles ou le VS. C’est la plus jeune eau-de-vie qui entre dans l’assemblage qui détermine la classe d’âge, donc en moyenne elles séjournent bien plus longtemps en barriques.
On distingue différentes catégories (avec pour chacune un vieillissement différent) : VS, VSOP, Napoléon, XO. C’est la plus jeune eau-de-vie entrant dans l’assemblage qui détermine la catégorie de l’armagnac, par exemple VS (Very Special) est un assemblage d’eaux-de-vie dont la plus jeune a au moins un an d’élevage sous bois. Sur le même principe pour un VSOP c’est 4 ans, un Napoléon ou Vieille Réserve 6 ans, XO et Hors d’Âge 10 ans.
La catégorie millésime d’âge est la grande spécialité de l’armagnac. En Armagnac (contrairement à la grande majorité des spiritueux), on a coutume d’isoler une grande année. Un armagnac millésimé correspond ainsi à un assemblage d’eaux-de-vie d’une même année de récolte.
Notez qu’après 35 ans, une eau-de-vie finit par s’user, elle est donc passée en bonbonne de verre.
Accords mets et vins : choisir un bon armagnac et l’associer
Le mieux est de venir sur place pour former son palais !
On peut le consommer avec un gâteau au chocolat ou un cigare, mais également en cocktail avec de la liqueur de noisette, de cacao, ou des jus de fruits. Ou bien associé à table, une « blanche » (un armagnac non passé en fût) avec un poisson.
Enfin sachez que l’armagnac n’évolue plus en bouteille, le mieux est donc de le verser dans un contenant plus petit au fur et à mesure de sa consommation.
Programme complet des animations sur le site www.tourisme-landesdarmagnac.fr
Pour en savoir plus, lisez l’excellent ouvrage de Chantal Armagnac, L’armagnac pour les nuls aux éditions First.
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Millésime 2011 : chronique d’une récolte avancée
août 16th, 2011 by Rédaction iDealwine
C’est reparti comme en 1976 nous ont prédit les météorologues au mois d’avril. Un printemps particulièrement beau et chaud qui rappelait la sécheresse de l’année du Loto. La végétation a poussé très rapidement, la vigne a débourré fort tôt, résultat, une avance estimée à trois semaines.
Le mois de juillet, assez pluvieux et brumeux dans son ensemble, a changé la donne. Mais l’avance reste acquise et la pluie ne devrait « rattraper » qu’une semaine. Partout dans le vignoble les dates de vendange ont été avancées, dès le début août pour la Provence, vers le 25 pour la Champagne (la véraison a commencé à la mi-juillet dans cette région), mi-septembre au plus tard dans le Bordelais.
Nous avons demandé à Julien Lavenu, de l’équipe Vignerons Consultants, ce qu’il fallait savoir sur la pluie et le beau temps de cette saison viticole 2011.
1976, 2003, 2011 : même combat ?
Pas tout à fait. Il y a eu deux phénomènes cette année. D’une part un hiver et un printemps très secs, d’autre part un temps chaud un peu partout en France, mais particulièrement en Aquitaine. En 1976, on a eu une sécheresse et en 2003, il a fait très chaud mais l’eau n’a pas manqué. Cette année, les deux effets, chaleur et sécheresse, se combinent, surtout dans la Loire et en Aquitaine.
La vigne souffre-t-elle de la sécheresse ?
La vigne est une plante méditerranéenne. Elle est habituée à la chaleur. Par nature, elle est faite pour supporter des climats chauds, même si depuis, les porte-greffes américains ont un peu changé la donne. En fait ses capacités de résistance dépendent de son accès à l’eau, via ses racines : de vieilles vignes et des vignes bien travaillées supporteront mieux le manque d’eau qu’une jeune vigne, plus fragile, ou qu’une vigne avec un système racinaire peu développé. La nature du sol – certaines argiles qui retiennent l’eau – compte autant que le mode cultural !
En 2011, certaines vignes ont-elles souffert ?
Oui absolument. Je dirais même certains pieds, car toutes les parcelles d’un vignoble ne sont pas touchées unanimement. Ce sont généralement les jeunes vignes les pus touchées, celles aussi situées sur des sols favorisant peu la rétention d’eau – sableux, graveleux ou granitiques – ou bien encore des vignes âgées mais qui ont été désherbées ou dont les racines sont superficielles.
Concrètement que se passe-t-il ?
La vigne pousse moins, son développement est freiné, les feuilles se retournent, les raisins ne grossissent pas. Un blocage de maturité survient. Et même avec de l’avance au départ, les quelques pieds plus fragiles ont eu des baies qui n’ont pas évolué. Un peu partout en France on a observé ce phénomène de vignes en latence. Excepté dans le Roussillon.
Y a t-il un risque plus élevé de maladies ?
Indéniablement. On a eu beaucoup d’oïdium dans le Bordelais par exemple, une maladie qui se développe d’habitude plutôt dans la Loire et le Rhône.
Le manque d’eau est-il aussi un handicap lors de la vinification ?
Oui il peut l’être car un raisin trop pauvre en eau, petit et dur, est plus difficile à presser. Mais c’est une situation extrême. Et si cela arrive, cela touche quelques pieds et le tri à la vendange permettra d’éliminer ces raisins.
Une année trop sèche peut-elle être synonyme d’un bon millésime ?
Bordeaux peut faire des degrés élevés cette année, si l’on veut atteindre une maturité phénolique parfaite. Il peut aussi y avoir des blocages de maturité prolongés. Mais encore une fois cela reste circonscrit à quelques pieds. Disons plutôt que cette année, on risque d’avoir une grande hétérogénéité dans les maturités phénoliques. Ce sera un millésime plus compliqué sans doute, il faudra faire davantage de sélections, on aura plus de pertes. S’il ne pleut pas en août ni en septembre, les baies resteront petites ; à terme, cela peut engendrer des tanins secs. Mais nous n’en sommes qu’au tiers de l’été : il reste encore deux mois et tout peut encore changer. N’anticipons pas trop vite. Rappelons aussi que dans le Rhône, tout se passe magnifiquement, il y a de beaux fruits qui se préparent.
La récolte 2011 s’annonce t-elle moindre que les années précédentes ?
Le déficit en eau, les chaleurs très élevées mais également la grêle dans certaines régions (Margaux, Chablis, Rully) auront un impact sur les volumes de vendange. Concernant les fortes chaleurs survenues au printemps, elles ont provoqué des brûlures sur les raisins et les feuilles (le soleil du milieu d’après-midi, sur des parcelles orientées ouest, a été particulièrement néfaste). En 2003, on n’a pas eu ce phénomène de manque d’eau. En plus de cela, ceux qui ont échardé et effeuillé tôt ont augmenté ce risque de brûlure ! Sans compter que les cépages bordelais sont moins habitués aux fortes chaleurs.
Enfin dernière question : l’irrigation peut-elle dans ces cas extrêmes être une solution intéressante ?
L’irrigation est une question complexe ; on pourrait en faire tout un sujet ! Tout dépend comment elle est utilisée et mise en oeuvre. Si on arrose trop en surface par exemple, les racines ne plongeront pas. L’apport d’eau doit rester ponctuel. Et puis quelle eau utilise-t-on ? Souvent les eaux d’irrigation sont des eaux recyclées, saturées en azote, potassium, engrais… Ce n’est pas simple.
Julien Lavenu travaille avec Stéphane Dereoncourt chez Vignerons Consultants depuis 2000. Il est consultant associé. Découvrez toute l’équipe, les domaines et les régions qu’elle conseille sur le site de www.vigneronsconsultants.com
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2010 à Bordeaux : premiers échos de la vendange
Comment évoluera le goût du vin avec le changement climatique ?
avril 18th, 2011 by Claire Henry
Alors que vient de se tenir la troisième conférence à Marbella sur le changement climatique et le vin (13 et 14 avril 2011), une question maintes fois étudiée, reste en suspens : en 2050 quel sera impact des évolutions climatologiques sur la viticulture?
Nous n’avons pas encore les conclusions de la conférence. Très certainement, lors de ce congrès, Kofi Annan a dû tenter de convaincre les divers acteurs du monde viti-vinicoles d’adopter des mesures protectrices durables et rationnelles pour l’environnement.
D’autres acteurs étaient également présents, et notamment Nicolas Joly (précurseur de la biodynamie dans son vignoble de la Coulée de Serrant, à Savennières ) Alfonso de Salas (Cofondateur du journal El mundo) ou encore Claude Bourguignon (microbiologiste des sols).
Leurs interventions portaient sur les enjeux et conséquences du réchauffement climatique sur la vigne et sa culture. Cette conférence m’interpelle, et je me suis prise à réfléchir sur ce thème. Les questions fusent :
Lorsque l’on sait que l’ensoleillement a un effet direct sur la concentration d’alcool dans le vin, nous pouvons nous demander jusqu’à quel taux celui-ci restera acceptable, avant que le vin ne passe dans la catégorie des spiritueux ?
Quel effet les changements climatiques auront-ils sur les techniques de vinification ? Lorsque l’on sait que le temps de maturation des raisins a été réduit de plus d’un mois en 50 ans, les vendanges de septembre (en France) se généraliseront-elles progressivement au mois d’août ?
Les traitements pesticides seront-ils intensifiés pour prévenir le risque de botrytis plus précoce ?
Sur le terroir en lui-même, à l’heure où la migration des peuples est en marche, celle des cépages se prépare. D’après Joël Rochard, de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, le climat serait susceptible de se déplacer de 160 kilomètres vers le nord pour une augmentation de 1°C de la température.
Le pinot noir sera-t-il cultivé dans les pays scandinaves ? Et la disparition du vignoble Bordelais : pure fiction ou risque réel ? Les Pays-Bas ou L’Angleterre, dont certains vignobles comme le Denbies commencent à être reconnu, deviendront-ils d’importants producteurs de vin ?
Comment évolueront l’odorat et le goût, bref l’essence même du vin, sachant que l’acidité sera réduite? Le riesling aura-t-il toujours ces arômes floraux ?
Je souris en pensant au cinsault que j’aime tant (très résistant à la sécheresse) : il gagnera peut-être ses lettres de noblesse et développera un arôme encore plus prononcé de framboise…
Ce congrès n’aura peut-être pas eu la prétention de répondre à toutes ces questions. Mais c’est en y réfléchissant et en accordant nos pensées que nous serons susceptibles d’agir en conséquence et de préserver notre environnement et nos richesses.
Vous pourrez trouver le programme de ce congrès ici : http://www.climatechangeandwine.com/program.php?congress
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Primeurs 2010 à Bordeaux : premières impressions du millésime
avril 8th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
9 heures 19, gare Saint-Jean, temps de rêve sur Bordeaux : la dégustation des primeurs 2010 s’annonce sous les meilleurs auspices. Rive droite, rive gauche, récit d’une journée marathon.
Chaque année c’est la même histoire. On se lève en pleine nuit, on saute dans le train en espérant y reprendre le cours d’un sommeil brutalement interrompu, on se demande, l’estomac au bord des lèvres, comment on va survivre à un programme consistant à déguster, dès 10 heures du matin, une bonne soixantaine de crus, on jure que l’on ne nous y reprendra pas… Et, peu à peu, le train avance, le jour se lève, le paysage change, les vignes apparaissent, rang par rang, et la magie opère. A nous Bordeaux !
Cette année, nous commencerons par la rive droite. Cap sur Pomerol donc, sous un soleil éclatant. Le château La Pointe, fraîchement ravalé, accueille cette année la dégustation de l’Union des Grands Crus. Sacrée machine de guerre que cette Union, qui orchestre avec une minutie exceptionnelle et un professionnalisme irréprochable la grand messe des primeurs. L’UGC attend en effet cette semaine plus de 5000 dégustateurs !
Nous allons donc déguster une dizaine de vins (pas Petrus, non, jamais de Petrus au milieu des autres vins). Est-ce que ce sont les échantillons ? Ou le début de la journée ? Certains vins nous inspireront moins qu’en 2009, ils s’étaient alors montrés tellement flatteurs ! Ils portent en effet cette année les caractéristiques d’un millésime aux matières denses et serrées, plus taillé pour la garde encore. Gros coup de cÅ“ur pour La Conseillante, un cru qui nous émerveille à chaque fois, et qui cette année encore, exprime déjà au plus haut niveau toute la complexité de son terroir dans un ensemble à la fois puissant et velouté. On aime aussi la vigueur et la droiture de Clinet, l’équilibre de La Pointe, la longueur de Petit Village, la souplesse et le nez gourmand de La Cabanne.
En route pour Saint-Emilion, ensuite. Chevaux, sanglier, un ballet de sculptures animalières en bronze accueille les visiteurs dans la cour du château La Couspaude. Beaucoup de monde, déjà , dans la salle de dégustation. Les saint-émilions sont plus homogènes, la qualité est impressionnante (la puissance et le degré d’alcool aussi !). Les dégustateurs se pressent autour des tables, nous tombons sous le charme de Clos Fourtet, vif, droit, aux tanins élégants. La texture est magnifique et l’ensemble dégage une belle énergie. On en redemanderait ! Coup de cœur aussi pour Canon La Gaffelière et Beauséjour Bécot, mais aussi et surtout pour Troplong Mondot et Pavie Macquin. Figeac s’affiche en comparaison plus austère à ce stade, mais quelle structure et quelle complexité dans le verre. Le nez aux reflets anisés de La Gaffelière nous intrigue. Ce qui suit est heureusement tout en élégance. Balestard La Tonnelle se déguste particulièrement bien en dépit d’une petite pointe de verdeur en toute fin de bouche. Larcis-Ducasse, velouté et gourmand, se distingue aussi par son bel équilibre. Dassault et La Couspaude pourraient se révéler de beaux rapports qualité-prix. Diable, que de réussites à Saint-Emilion cette année ! L’excitation est palpable dans la salle de dégustation. Et la tension monte encore d’un cran lorsque Michel Rolland y fait son entrée. On lui fait de la place, on lui sourit et, du côté des producteurs, on avoue être honoré de lui faire goûter les vins (dixit la jeune femme rougissante qui remplit son verre). Mais la suite du marathon nous attend. Nous quittons à regret la salle de dégustation.
Retour sur la rive gauche, en route vers le Médoc maintenant. Au château Lascombes, les asiatiques sont plus nombreux que dans le Libournais. Ils étaient attendus en masse cette année. Mais aujourd’hui, nous entendons surtout raisonner l’accent anglais, et aussi, beaucoup plus que l’année dernière, américain. Le déjeuner sera léger, léger. Ceux qui nous
ont précédés ont déjà « nettoyé » le buffet. Tant mieux dans un sens, nos papilles seront loin d’être saturées lorsqu’il s’agira de déguster Château Margaux.
Le premier cru a, pour l’occasion, ouvert ses grilles. Un groupe d’asiatiques se fait photographier au pied des marches. Poliment, et aussi parce que nous ne voudrions pas laisser passer l’heure du rendez-vous, nous restons au bout de l’allée. L’accueil est parfaitement orchestré. Les groupes sont nombreux, et la dégustation organisée dans plusieurs points du domaine. Pour nous, ce sera la cuverie. Pourquoi pas, au fond ! Thibault Pontallier nous accueille. En digne héritier de son père*, il fait lui aussi preuve d’un bel enthousiasme et d’une verve tout aussi intarissable. Le livret qui nous est remis l’annonce en préambule : « C’est à peine croyable, mais pourtant confirmé : 2010 est au moins un aussi grand millésime que 2009 ! ». Nous dégustons d’abord Pavillon Rouge, qui a fait lui aussi, et cette encore, l’objet d’une sélection sévère. Thibault Pontallier nous confirme d’ailleurs la mise sur le marché d’un troisième cru, dont le nom ne nous sera toutefois pas encore révélé**. Ce vin est destiné, comme le 2009, à être commercialisé à l’issue de la mise en bouteille. Le nez de Pavillon Rouge est discret, fin, divinement épicé. La trame est serrée, l’ensemble d’une belle longueur, avec une fraîcheur qui s’explique par la climatologie du millésime (de belles nuits fraîches). Superbe !
Vient ensuite le château Margaux qui s’annonce par une robe rubis pourpre d’une densité somptueuse. Si le premier nez se montre légèrement austère et plus fermé que l’exubérant 2009, il révèle ensuite toute l’élégance caractéristique de Margaux. En bouche, la puissance est bien là , l’équilibre parfait, la texture et la finesse des tannins exceptionnelles. Une puissance admirablement maîtrisée par une texture veloutée. Moment exquis que Thibault Pontallier accompagne d’un chapelet de louanges que nous trouvons amplement méritées. « Ambassadeur » de Château Margaux à Hong Kong, il remplit avec bonheur et talent cette mission que beaucoup lui envieraient ! Michel Bettane avait octroyé un 100/100 à Château Margaux en 2009. Quelle note va-t-il pouvoir lui attribuer cette année ? Pour finir sur une belle note de fraîcheur, vient ensuite Pavillon blanc de Château Margaux. Les arômes d’agrumes jaillissent du verre, dans un ensemble concentré, complexe, très réussi. Thibault Pontallier prétend qu’on pourra l’apprécier encore dans dix ans, au bas mot. Nous, on l’aime déjà , tel quel. Malheureusement, l’heure avance, nous n’aurons que de trop rares minutes à accorder aux vins de Margaux mais nous apprécierons tout de même l’élégance de Brane Cantenac et plongerons notre nez dans le bouquet subtil de petits fruits noirs, de baies et de myrtilles de Château Siran.
Quelques kilomètres plus loin, au château Branaire Ducru, la dégustation se poursuit. Et là , la qualité du millésime éclate. Les vins se montrent au plus haut niveau. 2010 s’annonce donc aussi fort réussi dans le Médoc. L’exigence a été portée au plus haut point : puissance, équilibre, qualité des tannins, les domaines sont nombreux à avoir réalisé la quadrature du cercle. Avec, en plus, pour beaucoup d’entre eux, le soyeux et une texture veloutée qui nous fait littéralement craquer. Nos préférés ? Branaire Ducru, qui incarne la quintessence de l’élégance des saint-juliens, Gruaud Larose, exubérant, Léoville Poyferré, inimitable, Léoville Barton et son nez envoûtant, les deux Pichon (de styles pourtant bien différents) et Lynch Bages, dont quelques esprits grincheux railleront tout de même le côté un poil body-buildé. Mention spéciale pour Phélan Ségur, gourmand et parfaitement équilibré.
On ne s’inquiète pas trop pour le destin des châteaux Clerc Milon et d’Armailhac, parfaitement réussis : l’Asie va s’en emparer. Même scenario pour Beychevelle, qui malgré la légère rugosité de tannins en fin de bouche devrait aussi déchaîner les passions. L’ambiance est à la fête, les producteurs souriants, Philippe Castéja (Président du Conseil des Grands Crus classés) d’humeur toujours aussi badine, l’œnologue Franck Dubourdieu tout à l’émotion du prochain mariage de sa fille. Patrick Maroteaux (Château Branaire Ducru) promet que ses vins ne partiront pas (tous) en Asie : ouf !
Pas une minute, malheureusement, pour lézarder sur la pelouse et les transats gentiment mis à notre disposition par les propriétaires : l’heure tourne ! Et celle du goûter se profile : il est temps de se diriger vers le Château Desmirail, qui accueille cette année la dégustation des crus de Sauternes. Les arômes exotiques du château de Fargues nous envoûtent instantanément. On goûtera avec un même bonheur Doisy Daëne, Suduiraut et Rayne Vigneau. Mais déjà , Julien Minguot (du négociant La Passion des Terroirs), qui nous accompagne tout au long de cette journée s’inquiète, le train ne nous attendra pas… Retour vers Bordeaux. Cet accès de gourmandise nous aura perdus : le train n’a effectivement pas attendu. Sans rancune. Nous nous laissons réchauffer aux derniers rayons du soleil aquitain et commençons à réunir les souvenirs, nombreux et riches de cette journée. Le millésime 2010 confirme, même à l’issue un premier survol, sa fabuleuse qualité.
* Paul Pontallier est depuis 1983 le Directeur du Château Margaux.
** A l’occasion des primeurs 2009, Château Margaux avait annoncé la création d’un troisième vin. A retrouver dans le compte rendu de notre dégustation des primeurs 2009.
Primeurs 2009 : une journée de dégustation à Bordeaux
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Château Margaux, jamais deux sans trois
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Le « Médoc » vu par les marathoniens
septembre 16th, 2010 by Rédaction iDealwine
Brane Cantenac, Belgrave et Rollan de By : tel est le trio gagnant du marathon du Médoc 2010. Cette course, alliant sport et convivialité s’est déroulée samedi 11 septembre dans un cadre fabuleux, au milieu des châteaux du Médoc.
Depuis 1984, le « Médoc », comme l’appellent les habitués et les marathoniens, rassemble un nombre croissant d’amoureux du sport et de passionnés de vin autour d’un événement devenu incontournable. Cette année, ce sont 8500 passionnés qui ont pris le départ de l’épreuve longue de 42,195km et mesurée officiellement.
Du sport…
Certains viennent pour le parcours et le défi sportif, tous deux exceptionnels, tandis que d’autres y cherchent davantage le côté festif et magique qu’offrent les châteaux de la Commanderie du Bontemps de Médoc et des Graves Sauternes et Barsac. De fait, la veille du marathon, se tient la fête des « milles pâtes » qui réunit les participants et l’organisation autour d’un dîner riche en sucres lents et bonne humeur. Puis le samedi, plus de 90% des participants sont déguisés afin de ravir les quelques 100 000 spectateurs et riverains venus les encourager. Les coureurs trouvent aussi une cinquantaine d’animations, 22 points de ravitaillement, 21 points de dégustation, et des buffets spéciaux (huîtres, jambon, entrecôtes, fromage, glaces, grenier médocain, etc).
Le thème choisi pour cette édition était les personnages de bandes dessinées, permettant au public de donner libre cours à son imagination.
… et une belle fête !
A l’issue du marathon, tout le monde s’est retrouvé autour d’un orchestre pour le bal dansant qui se tient dans l’un des villages du marathon. Cette soirée est suivie, le dimanche, d’une marche de récupération se déroule entre les vignobles de l’appellation Haut-Médoc comptant tout de même près de 5000 participants !
Le podium du classement des châteaux est cette année dominé par Brane Cantenac, suivi de Belgrave. La troisième place revient au château Rollan de By.
A lire également :
Marathon du Médoc : du sport au cœur des vignes
La confusion sexuelle à l’Å“uvre en Champagne
mai 11th, 2010 by Veronique Raisin
La Champagne vient de faire son coming-out et de mettre en place sur 9000 hectares la méthode dite de confusion sexuelle. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
On appelle « confusion sexuelle » la méthode perturbant la reconnaissance des papillons femelles (nuisibles pour la vigne) par les papillons mâles. Ne me demandez pas pourquoi ce sont les femelles qui sont nuisibles, l’histoire ne le dit pas. Dans la pratique, il suffit d’installer dans les vignes des diffuseurs de phéromones, en fait de petites capsules que l’on accroche sur les fils de palissage. Les mâles sont donc tout désorientés, ne peuvent plus retrouver les femelles, et le nombre d’oeufs diminuant, la population de ravageurs se réduit.
En France, seules 2% des vignes sont protégées par cette méthode. Pour la Champagne, la proportion est de 25%. Le Conseil général de la Marne soutient cette pratique qui entraîne nécessairement un surcoût (que seules les régions les plus « riches » peuvent absorber) et nécessite aussi de disposer de parcelles contigües.
Cette méthode qui, on l’espère, n’atteint que les insectes, est garante du respect de l’environnement, ce qui ne peut qu’aller dans le bon sens.
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La biodynamie et le calendrier lunaire
mai 3rd, 2010 by Veronique Raisin
De l’art d’être dans la lune
Comme nous l’avions déjà évoqué, certaines périodes sont plus propices que d’autres à la dégustation. Pour les travaux de culture de la vigne et de vinification, c’est la même chose. Le calendrier lunaire est un outil de travail quotidien pour les adeptes de la biodynamie.
Les vignerons qui travaillent en biodynamie suivent le calendrier lunaire.
Rudolf Steiner inaugura cette méthode le premier, en 1924, introduisant l’idée de faire concorder les travaux agricoles avec certaines phases de la lune.
En utilisant « les forces de vie » (étymologie du mot, formé des racines grecques « bio » et « dunamis »), la biodynamie inscrit la plante dans la durée, un devenir et dans un cycle. Dans la pratique, les préparations (utilisées en dilution comme un baume homéopathique) et le calendrier lunaire sont les deux outils utilisés.
Ainsi, il y a des jours « racines », des jours « fruits », « feuilles » et « fleurs ». Et des jours sans : le noeud lunaire ou le jour de périgée. En fonction de ces jours, les travaux et soins varient.
La lune exerce une grande force d’attraction sur l’eau de la Terre ; lors de la pleine lune, cette force se traduit par une augmentation de la germination, de la croissance et de l’absorption de l’eau contenue dans les végétaux. Il est donc préférable de semer deux jours avant la pleine lune.
Les phases de la lune importent également : en lune ascendante ou montante, lorsqu’elle augmente sa trajectoire dans le ciel, la montée de la sève dans es végétaux est plus importante, l’énergie se concentre dans la partie « aérienne » de la plante, comme au printemps ou en été : l’idéal est de récolter à ce moment-là les plantes à fruits, à fleurs et à feuillages.
Le rythme sidéral de la lune lors de sa rotation autour de la Terre, est également important. Elle passe ainsi devant les douze constellations du Zodiaque comme le fait le soleil en un an. Il y a les constellations d’eau, d’air, de terre et de feu. Selon chacune, les forces transmises par la lune diffèrent.
Par exemple, « lorsque la Lune passe devant une constellation de Terre (Taureau, Vierge ou Capricorne), l’énergie de la plante est orientée vers les racines. Si il s’agit d’une constellation d’eau (Poissons, Cancer ou Scorpion), l’énergie est alors orientée vers la tige et le feuillage. Si on parle plutôt d’une constellation d’Air (Verseau, Gémeaux ou Balance) la force transmise en sera une aux fleurs. Et pour terminer, si la constellation devant laquelle passe la Lune en est une de Feu (Bélier, Lion ou Sagittaire), alors l’impulsion prédominante en sera une de fructification.
Concrètement, il faut travailler le sol, semer, transplanter, rempoter, récolter etc. dans les jours correspondant à la partie de la plante concernée.
On peut observer le ciel grâce à un cherche-étoile (sidérant sideris) ou suivre le calendrier biodynamique dans lequel sont indiqués tous les rythmes de la lune.
Il serait long ici d’expliquer tous ces rythmes en détails. Le calendrier lunaire ou le calendrier des semis de Maria Thun sont deux ouvrages pratiques qui vous donneront plus de précisions.
Pour aller plus loin :
Consultez les sites de certains domaines oeuvrant en biodynamie :
A lire également :
Agriculture biologique, lutte raisonnée, biodynamie… Comment s’y retrouver ?
Un nouveau site sur les cépages : de vignes en vins … et de vins en vignes
mars 16th, 2010 by Rédaction iDealwine
Un amateur passionné vient de lancer un site entièrement dédié aux cépages et aux régions viticoles. Un travail de romain, qui devrait être précieux pour les amateurs.
Très précis, le site vignes-vins comporte la liste complète des 353 appellations AOC ou VDQS françaises conformes aux textes officiels (janvier 2009), et la liste complète des 171 cépages autorisés dans ces AOC. La méthode de construction, rigoureuse, repose sur une base de données relationnelle construite spécifiquement, et alimentée à des sources officielles et/ou scientifiques.
Au travers de ce site les amateurs devraient pouvoir répondre à trois questions :
- à partir de quels cépages ce vin est-il constitué ?
- dans quels vins ce cépage peut-il être utilisé ?
- quels sont les cépages autorisés dans telle ou telle AOC ?
Pour chaque cépage, on y trouvera par exemple des commentaires de dégustation (très utiles lors de dégustations à l’aveugle) ainsi que les appellations utilisant ce cépage, exclusivement ou en assemblage.
Un travail impressionnant qui devrait ravir les amateurs souhaitant en savoir plus sur le vin.
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La vente on-line démarre ! Clôture le 15 octobre 2009 à partir de 15 heures
octobre 7th, 2009 by Rédaction iDealwine
Immanquable ! Un beau catalogue classique où l’on retrouve les ténors de Bordeaux, proposés dans des années à parfaite maturité, ou dans de beaux millésimes anciens. En Bourgogne, une remarquable série de flacons issus du domaine de la Romanée Conti. En vallée du Rhône, les châteauneufs tiennent le haut du pavé.
Bordeaux est à l’honneur dans cette vente qui compte une collection exceptionnelle de grands crus, proposés dans de magnifiques années. A signaler tout particulièrement, la série de beaux millésimes de Château Margaux incluant notamment 1986, 1990 et 1996. On compte également de beaux flacons de 2005 : Lafite, Haut Brion, Léoville Poyferré, Léoville Barton, Giscours, Sociando Mallet… Les amateurs à la recherche de grandes années de collection ne seront pas en reste, puisque le catalogue propose, entre autres flacons rares, Latour 1947, Pichon Baron 1959, Léoville Las Cases et La Mission Haut Brion 1961…
Parmi les Sauternes, signalons quelques grands millésimes du château d’Yquem, parmi lesquels 1967, 2001 et 2005 ainsi qu’une impériale (6 litres, l’équivalent de 8 bouteilles) de Château Climens 2005
En Bourgogne, les flacons issus du domaine de la Romanée Conti refont une apparition remarquée. On trouve ainsi la Romanée Conti soi-même, proposé dans les années 1976, 1991, 1999, et 2001. A noter également, une caisse panachée des vins du domaine, millésimée 1995. Parmi les grandes signatures de Bourgogne, celle d’Henri Jayer (Echézeaux 1985), du domaine Leroy (Corton les Renardes 1999), du domaine Armand Rousseau (Chambertin, Chambertin Clos de Bèze), du domaine Georges Roumier (Bonnes-Mares, Charmes Chambertin) ainsi que celles, en blanc, des domaines Leflaive et Coche-Dury.
En vallée du Rhône, c’est principalement l’appellation Châteauneuf du Pape qui est à l’honneur, avec des vins issus des domaines Usseglio, Bonneau, Château Rayas (belle série de millésimes pour ce domaine) et Château de Beaucastel, sans oublier le Clos des Papes. Au nord de la région, Côte-Rôtie propose son lot de somptueuses cuvées issues des domaines Guigal, Jamet, Gerin et Cuilleron.
Pour finir, quelques superbes flacons de Champagne : Cristal Roederer 1999 en jéroboam, « S » de Salon 1997, Krug Brut Vintage 1998, Dom Pérignon 1990, Bollinger Grande Année 1990…
Consultez les catalogues
Catalogue 1 – Bordeaux – Clôture à 15h00
Catalogue 2 – Bordeaux – Clôture à 15h30
Catalogue 3 – Bourgogne – Clôture à 16h00
Catalogue 4 – Bourgogne – Clôture à 16h30
Catalogue 5 – Rhône – Clôture à 17h00
Catalogue 6 – Divers – Clôture à 17h30
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Jancis Robinson se prononce sur le millésime 2009
septembre 29th, 2009 by Rédaction iDealwine
Qu’on se le dise : le monde viticole annonce un magnifique millésime 2009.
Les vignerons l’avaient annoncé et Jancis Robinson l’a confirmé : 2009 sera un millésime réussi. Dans un article du Financial Times, cette œnologue réputée met en avant les facteurs climatiques de ce succès. L’hiver rude que nous avons connu a rendu possible une destruction des infections néfastes pour les raisins.
La vigne en a alors profité pour se « régénérer ». L’humidité du printemps a quant à elle permit le réapprovisionnement des nappes phréatiques. Enfin, la stabilité et la relative douceur de l’été ont également contribué à produire une belle récolte. Nous sommes loin des chaudes nuits de l’été 2003, dont le millésime se démarque par la canicule qui sévissait alors sur le vignoble français. La satisfaction des vignerons se fait ressentir en Bordelais, mais également en Alsace, Bourgogne et Vallée du Rhône.
Après des niveaux de ventes plutôt moroses en 2007 et 2008, les négociants anglais retrouvent le moral et comptent bien sur le millésime 2009 pour relancer le marché. C’est d’autant plus important que la production devrait augmenter de plus de 10%.
Consultez notre Saga des millésimes
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Vin : la production 2009 en hausse (10/08/2009)
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