Indices WineDex iDealwine en 2011 : le vin surperforme largement la Bourse
janvier 13th, 2012 by Angelique de Lencquesaing
Face aux performances catastrophiques de la Bourse en 2011, le vin a, cette année encore, tenu son rôle de valeur refuge. Pour autant, les prix des grands crus bordelais marquent le pas. Analyse.
Les détenteurs de portefeuilles actions le savent, 2011 aura été une année déplorable pour la Bourse. La tourmente financière dans laquelle plusieurs états ont été entrainés l’été dernier a eu pour effet une chute vertigineuse des indices au cours du mois d’août. La confiance n’est pas revenue, et le CAC 40 a terminé l’année 2011 à -17,76%. Et pendant ce temps, sur le marché des grands crus ? Jusqu’à l’été, le marché des ventes aux enchères de vin a été porté par une demande soutenue, émanant d’acheteurs (particuliers et professionnels) avides de renforcer leurs stocks de grands vins de Bordeaux, de préférence présentés dans leur caisse bois d’origine. Même si les acheteurs présents dans les grandes ventes étaient de nationalité française ou européenne, la destination finale de ces vins ne laissait aucun doute : l’Asie, et tout particulièrement la Chine ont tout au long de l’année concentré un flux entrant de vin absolument considérable, au point que Hong Kong est devenu la première destination des vins de Bordeaux à l’export (tous types de vente confondus). Sur le marché spécifique des ventes aux enchères, la tendance était identique, et les indices WineDex d’iDealwine ont atteint, au cours de l’été 2011, leur plus haut niveau de l’année, avec une progression de 8.5% pour le WineDex 100 (l’indice composite qui comporte les principales valeurs de Bordeaux, Bourgogne et de vallée du Rhône), de 11.5% pour l’indice WineDex Bordeaux et de 9.1% pour l’indice WineDex Bourgogne. Les vins de la vallée du Rhône, moins recherchés par la clientèle asiatique, sont restés stables.
A l’issue de l’été, on a constaté sur le marché des enchères de vin un tassement, voire une amorce de recul du prix des grands crus bordelais. La dégringolade des bourses mondiales observée durant l’été est-elle seule à l’origine de cette tendance ? Certes, l’incertitude qui pèse sur l’état de l’économie des pays européen a sans doute eu pour effet de renforcer la prudence des acheteurs. Les professionnels notamment se sont montrés moins avides de constituer des stocks de grands crus dont la revente risquait de se révéler plus aléatoire. Ce comportement a entrainé une baisse des prix plus rapide, et plus brutale en Grande-Bretagne, marché ou les intervenants professionnels sont majoritaires dans les échanges.
A partir de septembre on a observé parallèlement plusieurs phénomènes : un intérêt croissant pour les grands vins de Bourgogne, flacons du domaine de la Romanée Conti en tête. Le corollaire a été une décrue d’intérêt pour les crus classés de Bordeaux. Certaines références, jugées chères et risquées à l’achat en raison de la multiplication des faux sur le marché chinois, ont été progressivement délaissées. La bulle spéculative observée sur les vins de Château Lafite est en voie de résorption, et les cours de ce premier cru classé de Pauillac, ainsi que ceux de son second vin, les Carruades de Lafite, ont enregistré une baisse significative, notamment sur les millésimes récents dont les prix avaient explosé depuis trois ans.
Par ailleurs, il semble probable que la concentration de vins expédiés à Hong Kong, ainsi que le nombre croissant de ventes aux enchères organisées dans cette même ville, suscitent à terme un effet de saturation. Et ce même si l’ancienne colonie britannique sert de point d’entrée au gigantesque marché chinois. L’heure de la saturation est-elle arrivée ? Une chose est certaine, même si son intérêt reste vif pour nos vins, et s’étend même à une gamme croissante de références, la clientèle chinoise n’achètera pas les grands crus bordelais à n’importe quel prix. In fine, l’année 2011 s’est achevée sur une progression de 6,93% de l’indice WineDex100. L’indice WineDex Bourgogne est celui qui a enregistré la meilleure performance à +8,51%. Les Bordeaux, en baisse depuis début septembre, ont tout de même terminé l’année sur une hausse de 7%. Le Rhône s’établit quant à lui à +3,65%.
Les cours des vins de Château Lafite depuis un an
| Vin | Cote iDealwine
au 31/12/2011 |
Cote iDealwine
au 31/12/2010 |
Variation
% |
| Château Lafite Rothschild 2005 | 955 | 1037 | -7,91% |
| Château Lafite Rothschild 2003 | 930 | 1015 | -8,37% |
| Château Lafite Rothschild 2000 | 1560 | 1870 | -16,58% |
| Château Lafite Rothschild 1996 | 971 | 1091 | -11,00% |
| Château Lafite Rothschild 1995 | 695 | 766 | -9,27% |
| Carruades de Lafite 2005 | 245 | 306 | -19,93% |
| Carruades de Lafite 2003 | 255 | 301 | -15,28% |
| Carruades de Lafite 2002 | 219 | 261 | -16,09% |
| Carruades de Lafite 2001 | 250 | 260 | -3,85% |
| Carruades de Lafite 2000 | 248 | 323 | -23,22% |
| Carruades de Lafite 1998 | 230 | 307 | -25,08% |
| Carruades de Lafite 1996 | 225 | 303 | -25,74% |
| Carruades de Lafite 1995 | 205 | 270 | -24,07% |
Vinification des liquoreux : passerillage ou botrytis ?
décembre 19th, 2011 by Veronique Raisin
Les vins blancs liquoreux, charmeurs et souvent plébiscités, ne sont pas tous logés à la même enseigne. Leur richesse en sucre, très variable, leur acidité, leur complexité sont dues avant tout à leur méthode d’élaboration, en fonction de leur origine et des cépages utilisés.
En règle générale, les vins doux doivent leur richesse en sucre à un arrêt de la fermentation alcoolique ; ainsi, les levures ne pouvant « aller au bout », il subsiste des sucres résiduels. Cela nécessite à la base des raisins très riches, c’est-à -dire très mûrs, qui ne peuvent être obtenus que par un processus de surmaturation, passerillage ou pourriture noble.
Le passerillage est une dessiccation naturelle des baies, sur pied ou sur de la paille, qui permet d’obtenir un raisin très concentré en sucres et donc un vin moelleux voire liquoreux. Le vin de paille du Jura en est une bonne illustration.
Les raisins (savagnin, chardonnay, poulsard) sont mis à sécher pendant six semaines sur un lit de paille ou sur des claies. On sélectionne ensuite les plus beaux grains qui se sont ainsi concentrés naturellement en sucres. Puis on presse les baies déshydratées pour obtenir un jus dense et sirupeux (il faut environ cent kilos de raisins pour obtenir une vingtaine de litres de moût). On procède de la même façon en Hermitage, en Alsace, en Italie, et au cas par cas, dans d’autres vignobles.
Dans le cas du botrytis, que l’on retrouve à Sauternes (sauvignon, sémillon, muscadelle) mais aussi à Tokay (fürmint, zeta, harslevelu), la méthode diffère. Le botrytis cinerea est un champignon microscopique qui attaque les raisins, à la faveur de brumes matinales. Les peaux se flétrissent, les sucres se concentrent jusqu’à ne laisser sur pied qu’un raisin desséché, rôti. Les raisins sont cueillis à la main, minutieusement, par tries successives. Ensuite la vinification se déroule comme pour un vin blanc.
En règle générale, le passerillage laisse un peu plus d’acidité dans les vins, les rendant un peu moins sirupeux. Tout l’art des grands liquoreux de botrytis consiste donc à équilibrer le sucre et la fraîcheur, ce que les plus grands (Climens, Yquem entre autres) réussissent à la perfection !
Dans les Offres iDéales en cours, retrouvez les liquoreux du val de Loire et de Sauternes.
Consultez les ventes de Sauternes sur iDealwine
Niveau, étiquette : ce qu’il faut savoir avant d’enchérir sur un vieux vin
septembre 20th, 2011 by Rédaction iDealwine
Niveau du vin dans la bouteille, état de l’étiquette et de la capsule… autant d’indicateurs qui permettent de déterminer si une bouteille convoitée dans une vente aux enchères de vins vaut la peine d’être achetée … et bue ! Décryptage.
Difficile, voire périlleux de se lancer dans l’achat de vin aux enchères quand on ne connait pas les conditions de conservation d’une bouteille, à fortiori ancienne. Heureusement, les pros des salles de vente ont dans leur besace quelques trucs et astuces pour percer les mystères de la bouteille. Deux d’entre eux sont cruciaux : le niveau du vin dans le flacon et l’état de l’étiquette.
Le niveau du vin dans la bouteille constitue un indice implacable : c’est lui qui vous permettra de déterminer si le flacon en question a été conservé dans une cave digne de ce nom. L’âge venant, le bouchon de liège devient poreux, et favorise l’évaporation du vin. Un phénomène qui s’accentue si la cave n’est pas à la température adéquate (trop chaude), ou si elle est trop sèche. Donc attention au niveau anormalement bas pour un cru encore relativement jeune : à la dégustation le vin risque de vous décevoir.
Dans les catalogues de vente, la terminologie adoptée pour décrire le niveau diffère selon que la bouteille est de forme bordelaise ou bourguignonne. Pour ces dernières, on le calcule en nombre de centimètres qui sépare la capsule du niveau du vin.
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Outre les indications classiques de provenance et de millésime, l’étiquette apportera également de précieuses indications sur la cave où a été conservé le vin. En effet, une étiquette piquée, tâchée par l’humidité, témoignage d’un niveau d’hygrométrie satisfaisant, plaira à l’amateur qui s’apprête à déguster le vin… Mais moins aux acheteurs qui destinent ce flacon aux marchés asiatiques, friands d’étiquettes parfaites. Mais ne vous méprenez pas pour autant : une étiquette impeccable n’est pas forcément mauvais signe : d’une part la qualité de papier employé par les domaines pour imprimer l’étiquette diffère considérablement d’un producteur à l’autre. D’autre part, de nombreux amateurs, soucieux de les préserver de l’humidité de leur cave, enrobent leurs précieux flacons d’un film plastique alimentaire. Un moyen très efficace.
Pour en savoir plus sur l’achat et la conservation de vin, rendez-vous dans la rubrique « A la découverte du vin » d’iDealwine. Une vraie mine d’informations, ainsi que tous nos conseils pour conserver vos bouteilles dans les meilleures conditions jusqu’au grand jour…
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Formats de bouteilles, étiquettes : ce qu’il faut savoir
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Chute des indices boursiers : heureusement, il nous reste le vin…
septembre 12th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
Avec un CAC 40 en chute libre, les détenteurs d’un portefeuille boursier ont passé un sale été. En revanche, ceux qui avaient opté pour un placement plus… liquide peuvent dormir tranquilles : les indices WineDex® d’iDealwine ont tenu le coup ! Depuis le 1er juillet, le CAC 40 joue avec les nerfs des opérateurs… et des actionnaires. En deux mois l’indice phare de la Bourse de Paris a en effet dégringolé de 1000 points, perdant au passage un quart de sa valeur. Aujourd’hui, il oscille plus ou moins autour du seuil des 3000 points. Souvenez-vous : il y a 5 ans, autant dire une éternité, ce même indice avait atteint le double de cette valeur !
En analysant la situation sur une période remontant au 1er janvier 2010, on constate que le CAC 40 s’inscrit, à fin août 2011, en baisse de 12.2%. Par comparaison, les indices WineDex® d’iDealwine, qui retracent l’évolution du prix des vins dans les ventes aux enchères de vin, enregistrent des performances tout simplement insolentes : +22.5% pour le WineDex® 100, l’indice composite qui regroupe les vins des principales régions productrices (Bordeaux, Bourgogne et Rhône).  Même l’immobilier peine à faire mieux ! Cette performance est boostée par l’envol de l’indice WineDex® Bordeaux. Celui-ci s’inscrit en hausse de 34.5% sur la période, dopé par la demande chinoise qui explose sur certains grands crus classés.
La Bourgogne et le Rhône constituent quant à elles de bonnes « valeurs refuge », avec une hausse de 10.2% pour le WineDex® Bourgogne et de 6.5% pour le WineDex® Rhône.
Durant l’été et la dégringolade boursière, on a pu constater que le marché des grands crus avait gardé son sang-froid : globalement, les indices se sont maintenus à des niveaux stables. Une tendance qui nécessitera d’être suivie de près lors de la reprise des ventes de vin, et ce jusqu’à la fin de l’année. Car durant l’été, les ventes aux enchères de vin s’espacent, rendant plus aléatoire l’analyse des prix.
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Questionnaire : dites-nous ce que vous pensez d’iDealwine et recevez un Château d’Yquem 1996
août 2nd, 2011 by Rédaction iDealwine
Plus que jamais, iDealwine vous donne la parole. Ce questionnaire a été conçu pour mieux vous connaître, et répondre à vos souhaits. Une belle occasion de nous faire partager ce que vous pensez vraiment d’iDealwine.
Quelques minutes, 10 au maximum : tel est le temps que nous souhaiterions que vous nous consacriez pour répondre à ce questionnaire.
Livrez-nous le fond de votre pensée, vos commentaires nous seront précieux pour améliorer la qualité de nos services.
Tous les participants ayant validé le questionnaire seront soumis à un tirage au sort, en septembre 2011 : une bonne occasion de gagner une bouteille de Château d’Yquem 1996 ou l’un des 50 cadeaux offerts à cette occasion !
Secousses monétaires dans la zone euro : quelle incidence sur le prix des vins ?
juillet 26th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
Durant l’été, lorsque l’orage gronde sur les marchés financiers, les détenteurs d’un portefeuille boursier s’interrogent. Acheter, vendre ou faire le dos rond : quelle est la bonne option ?
En matière de vin, compte tenu du prix atteint sur certains flacons, il est légitime de se poser quelques questions. Et de prendre les bonnes dispositions.
Quel est le lien entre la crise monétaire et la gestion de votre cave ? Pour beaucoup, la question peut sembler incongrue. Le vin est à priori acheté pour être bu. Point. Mais nombreux sont aussi ceux qui ont réalisé d’intéressants achats en primeurs au cours des décennies 1980 et 1990, voire, sur certains millésimes de la décennie 2000. Et ils ont vu la valeur de leur cave exploser ces derniers mois, à la faveur de la hausse du prix de certains grands crus bordelais. Une véritable bulle spéculative s’est créée autours des plus grandes signatures, il est donc légitime de s’interroger sur la fragilité de cette situation, et l’impact possible d’une crise monétaire majeure dans la zone euro.
Bulle spéculative ou mouvement de fond ?
On en parle depuis des mois. La valeur de certains grands crus classés de Bordeaux a véritablement explosé, tant en primeur que sur le marché des ventes aux enchères de vin. Le cas du Château Lafite Rothschild est, bien sûr, emblématique. Et la plus belle illustration du phénomène enregistré sur ce vin est celle du millésime 1982, vendu 40€ en primeur, et dont la cote iDealwine aux enchères frôle actuellement les 3400€.
D’autres crus suivent désormais ce mouvement. Car la demande s’est déplacée géographiquement. Si la Grande-Bretagne reste incontournable pour le commerce des grands crus classés, la destination finale des vins a quant à elle profondément évolué. Les Etats-Unis, où l’on trouve de fantastiques collections de grands crus bordelais, représentent aujourd’hui une destination moins systématique pour les vins français. La concurrence des vins produits dans la Napa Valley ou sur les nouveaux terroirs du Chili et d’Argentine y est exacerbée. Et, conjuguée à la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, elle a entraîné une érosion de la part des achats réalisés par les amateurs américains. Le retrait du marché de la filiale américaine Diageo Chateau & Estate Wine du groupe britannique de spiritueux, la revente de stocks importants de vins français au plus fort de la crise financière en 2009 et, sur les deux derniers millésimes (2009 et 2010), la faiblesse des achats en primeur émanant d’outre-Atlantique sont autant de manifestations de l’érosion de ce marché, pourtant historique, pour les grands crus bordelais.
Pendant ce temps, la part de l’Asie a explosé, et notamment celle de Hong-Kong. Cette ancienne colonie britannique, devenue la plaque tournante du commerce du vin à la faveur de la suppression des taxes d’importation en mars 2008, est aujourd’hui la première destination à l’export des vins de Bordeaux. La demande y est forte, non seulement pour l’emblématique Château Lafite Rothschild et son second vin, Carruades de Lafite, mais aussi, désormais, pour un nombre croissant de grands crus. Certes, les motivations d’achat sont pour partie différentes de celles des amateurs traditionnels. Les vins sont acquis pour être consommés, certes, mais aussi et surtout pour être offerts et exhibés. Des dégustations extravagantes sont régulièrement organisées à Hong-Kong et dans les grandes villes asiatiques. Les flacons y sont réellement ouverts, et en quantité !
Pour autant, on a pu constater ces dernières semaines une stabilisation, au plus haut niveau, de la cote de Château Lafite Rothschild en France. Un signe avant-coureur du repli des cours ? Les intervenants qui jouent le rôle d’intermédiaire sur les marchés asiatiques sont actuellement modérés dans leur frénésie d’achat par deux facteurs : le prix de ce premier cru classé de Pauillac a aujourd’hui atteint un seuil psychologique qui limite la clientèle susceptible de continuer à acheter les vins. Par ailleurs, le risque de faux va s’accroissant, rendant les acheteurs plus regardants quand il s’agit de débourser des sommes aussi élevées. D’où la relative stabilisation de cours observée dans les dernières ventes aux enchères de vin françaises.
En revanche, l’intérêt pour les vins déjà bien identifiés par le marché asiatique ne se dément pas. Les prix continuent à progresser sur un certain nombre de grandes signatures, mais pas forcément celles dont on parle le plus. Les châteaux Mouton Rothschild, Latour, Haut Brion affichent des cours en forte hausse. Les seconds vins (et assimilés) tels que Forts de Latour, Pavillon Rouge de Château Margaux aussi. Plusieurs crus classés ; plébiscités pour leur étiquette, tels que Château Beychevelle, Château Duhart Milon, se sont envolés. D’autres, en revanche, surcotés avant la crise financière de 2008, n’ont pas encore retrouvé leur cours de l’époque. C’est notamment le cas de certains millésimes de Château Margaux, tels que 1982, 1990, 1996, 2003, ou de certains grands crus millésimés 2005, qui s’affichent tout juste à leur prix de sortie en primeur, ou même un peu en deça. A ces exceptions près, l’explosion de la demande asiatique a eu pour effet de renchérir le prix de l’ensemble des crus classés bordelais et assimilés. Les amateurs d’Europe ou du reste du monde, ne pouvant plus accéder aux premiers crus classés, ont choisi de se tourner vers des signatures se situant dans une tranche de prix inférieure. Et leur cote s’affiche, à peu près pour tous les crus classés et assimilés, dans le vert. La campagne primeur 2010 en a été la manifestation la plus évidente. Certes, il y a eu des excès de prix sur certains crus, mais d’autres ont été plébiscités, à l’instar des châteaux Pontet Canet, Léoville Poyferré, Lynch Bages…
Même si, pour partie, elle ne fait que répondre à des anticipations hautement spéculatives, la demande reste donc forte pour l’ensemble des crus classés de Bordeaux. Et la cible des amateurs susceptibles de s’intéresser à ces vins ne cesse de croître, tant en nombre potentiel de clients qu’en termes de pays consommateurs. Face à la rareté des grands crus, les indicateurs sont donc au vert pour entretenir la hausse, ou tout au moins le maintien des niveaux de prix actuels.
Crise monétaire : quel impact ?
Dans ce contexte, la crise monétaire qui gronde en Europe est-elle susceptible de faire vaciller le marché des grands crus bordelais ? La situation monétaire est en effet préoccupante : on croyait la Grèce provisoirement sortie d’affaire – pour autant qu’une dette de 350 milliards d’euros, représentant 160% du PIB, soit une situation viable – et voilà que l’agence de notation Moody’s annonce ces derniers jours une dégradation de 3 crans de la note du pays, estimant que celui-là ne sera pas en mesure d’honorer ses engagements envers ses créanciers privés. Outre la Grèce, d’autres pays sont également sur le fil du rasoir : le Portugal, l’Irlande, l’Italie, et l’Espagne, sans parler de la France. Une éventuelle défaillance d’un seul de ces pays aurait, on l’imagine, des effets redoutables sur l’équilibre monétaire européen.
En effet, une éventuelle sortie de la Grèce de la zone Euro – dangereuse , mais tentante pour relancer son économie – entraînerait un renchérissement de la monnaie unique, pénalisant la compétitivité des pays de la Zone.
Dans le scénario le plus noir, une contamination de la situation grecque à d’autres pays, tentés eux aussi de sortir de la zone euro pour alléger le poids de leur dette, pourrait avoir des effets démultiplicateurs sur l’appréciation de notre monnaie.
Même si un tel scénario reste encore hypothétique, les produits français et au premier chef, puisque c’est ce sujet qui nous intéresse, les vins français, seraient particulièrement pénalisés par l’évolution défavorable des taux de change. Une situation valable tout particulièrement pour la catégorie de vins qui subit de plein fouet la concurrence des vins du Nouveau Monde. Le risque existe-t-il aussi pour les grands crus français, classés ou assimilés ? Certes, on peut croire le marché des grands vins français protégé par la qualité, le prestige et la rareté des vins. Mais attention ! Un acteur important du marché asiatique – le distributeur chinois Aussino – a récemment semé la panique en annonçant, dans un entretien avec le Decanter, son désengagement du marché des crus classés. Les raisons ? Le niveau élevé des prix, mais aussi et surtout l’incapacité à acquérir une quantité significative de vin, ce qui l’empêche d’approvisionner dans des conditions satisfaisantes l’ensemble de son réseau. Dans ce cas précis, l’effet de rareté, au lieu de le servir, se retourne, en quelque sorte, contre le marché bordelais. Même si ces propos ont été démentis par les responsables de la chaîne de distribution quelques jours après, l’histoire a jeté un froid.
Bien sûr, le marché asiatique est encore loin de la saturation. Mais si, d’aventure, les amateurs (et les spéculateurs) en venaient à considérer ce marché comme instable sur le plan des taux de change et insuffisamment profond, la cote d’amour dont bénéficient nos grands crus français pourrait subir un revers de fortune. En clair, il est peut-être judicieux de vérifier la valeur actuelle de votre cave et, le cas échéant, de sécuriser vos gains en réalisant les plus-values latentes sur les flacons que vous ne boirez pas.
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Evolution de la cote de Château Mouton Rothschild sur 3 ans |
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| Â | Â | Â | Â |
|  | Cote iDealwine 07/2008 | Cote iDealwine 07/2011 | Variation |
| Mouton Rothschild 1982 | 735 € | 954 € | 29,80% |
| Mouton Rothschild 1985 | 183 € | 276 € | 50,82% |
| Mouton Rothschild 1986 | 600 € | 717 € | 19,50% |
| Mouton Rothschild 1989 | 210 € | 296 € | 40,95% |
| Mouton Rothschild 1990 | 199 € | 285 € | 43,22% |
| Mouton Rothschild 1995 | 237 € | 333 € | 40,51% |
| Mouton Rothschild 1996 | 231 € | 370 € | 60,17% |
| Mouton Rothschild 2000 | 535 € | 912 € | 70,47% |
| Mouton Rothschild 2003 | 264 € | 360 € | 36,36% |
| La variation de cours de Château Mouton Rothschild reflète l’explosion de la demande asiatique sur les grands crus bordelais | |||
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Performances des indices iDealwine : l’envolée !
juillet 7th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
Après une année 2010 fastueuse, les indices iDealwine ont poursuivi leur progression tout au long du premier semestre, à un rythme qui s’est encore accéléré. On ne peut pas en dire autant du CAC 40.
Depuis que la demande mondiale (et tout particulièrement chinoise) pour les grands vins de Bordeaux a explosé, le marché des grands crus, dans son ensemble, se démarque de l’évolution des valeurs boursières. Le CAC 40 avait retrouvé, fin 2010, son niveau de mars après une chute brutale au cours de l’année. Las, les troubles de la zone euro et les turbulences grecques ont eu raison de ce bel élan de fin d’année. En dépit d’un bon début d’année, la progression de l’indice au cours du premier semestre ne s’établit qu’à 5%.
Le marché des enchères de vin n’a pas été influencé par les mêmes facteurs. Après un début d’année 2010 relativement stable sur le front des ventes aux enchères de vins, le dernier trimestre avait été marqué par une nette accélération des cours, tout particulièrement sur les grands crus de Bordeaux. En 2011, cette tendance se poursuit, et même s’accélère. Les 40 crus figurant dans l’indice Winedex Bordeaux tirent l’indice général Winedex 100 vers le haut. Avec une progression de 11,23% depuis le début de l’année, le Winedex Bordeaux s’affiche en tête des performances enregistrées par les autres indices régionaux. On constate en effet que, après un début d’année dans le vert, l’indice Winedex Bourgogne stagne depuis avril et enregistre, in fine sur le semestre une progression de 8.37%. Quand aux grandes valeurs de la vallée du Rhône, elles restent pratiquement stables sur la période, avec une très légère progression de 3.32%. Rien à voir avec la qualité des vins ni des millésimes représentés dans l’indice Winedex Rhône. C’est plutôt du côté du relatif désintérêt que les vins rhodaniens suscitent auprès de la frange des acheteurs spéculateurs qu’il faut chercher l’explication. Ces derniers se focalisent actuellement sur les grandes signatures de Bordeaux, susceptibles de leur apporter des plus-values rapides, et significatives. C’est donc le moment de regarder de près le marché des grands vins de Châteauneuf du Pape, de Côte-Rôtie et d’Hermitage. Les bonnes affaires y sont légion.
A propos des indices Winedex
Afin d’apporter une information toujours au plus proche de l’évolution réelle du marché du vin en Europe et mettre en avant les bonnes opportunités de placement du secteur, iDealwine a procédé en 2010 à la refonte de sa gamme d’indices.
La gamme des nouveaux indices créés vient compléter celle des indices iDeal Bordeaux, iDeal Bourgogne, iDealwine, qui existent depuis 2001. Ces indices reposaient sur des paniers de valeurs, chaque vin étant intégré dans l’indice sur un nombre restreint de millésimes (détail sur demande).
La gamme d’indices WineDex© comporte un indice synthétique, qui comprend les vins les plus représentatifs du vignoble français : le WineDex© 100 a pour vocation de fournir une information généraliste sur l’état du marché.
L’indice WineDex© se décompose en trois indices calculés par région : WineDex© Bordeaux (40 valeurs), WineDex© Bourgogne© (40 valeurs) et WineDex Rhône (25 valeurs). Chacune des valeurs composant l’indice est elle-même déclinées dans les dix derniers millésimes disponibles dans les ventes aux enchères. En 2011, les dix millésimes entrant dans la composition de l’indice vont de 1997 à 2006.
L’évolution des indices est calculée une fois par mois.
Le détail et la composition des indices sont disponibles sur demande.
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Premiers crus de Bordeaux : photographie des cours à la mi-année
juillet 5th, 2011 by Angelique de Lencquesaing
Une analyse des cours des premiers crus classés de Bordeaux dans les grands millésimes récents, auquel nous avons adjoint Petrus, fait ressortir deux clans : d’un côté, des prix qui se stabilisent pour trois crus, et de l’autre, une poursuite de la hausse. Simple pause avant la reprise pour le premier groupe, ou signe que le marché atteint un sommet ? Photographie à la mi-année.
C’est un fait. Château Lafite Rothschild et Château Margaux auraient-ils, dans les grandes années des décennies 1980, 1990 et 2000, atteint la limite de ce que le marché est prêt à payer ? Les prix se sont stabilisés au plus haut niveau. Certains millésimes s’affichent même en retrait par rapport à leur cours de début d’année. C’est notamment le cas, pour Château Lafite des années 1982, 1985, 1989, 1995 et 1996. Une pause bienvenue après une période de hausse foudroyante : rappelons que, en 2010, les grands millésimes de Lafite avaient enregistré une augmentation moyenne de 71% !
Petrus, que l’on peut également classer dans ce premier groupe, enregistre de bonnes performances moyennes, mais un léger repli, tout de même, sur trois millésimes phares : 1989, 1990 et 2000. des années qui avaient bénéficié d’une forte hausse de cours en 2010, notamment quand les vins étaient proposés dans leur caisse bois d’origine. Château Margaux, lourdement affecté par la crise financière tout au long de l’année 2009, avait retrouvé le chemin de la hausse en 2010, mais avec progression de cours plus modérée, de 19% en moyenne sur les grands millésimes. Pour ce vin qui reste (pour l’instant) moins spéculatif que Lafite, cinq millésimes ont enregistré se sont inscrits en baisse au cours du premier semestre 2011 : 1982, 1990, 1995, 2000 et 2005. Le marché n’est sans doute pas encore prêt à accepter n’importe quel prix pour ce premier cru.
Dans le second groupe, on trouve les châteaux Mouton Rothschild, Latour et Haut Brion. Mouton Rothschild poursuit, dans le sillage de son « cousin » Lafite, la forte accélération de la hausse des cours, une tendance initiée en 2010. A l’exception du millésime 1982 qui reste pratiquement stable depuis 6 mois, les autres grands millésimes s’affichent tous dans le vert. Ce mouvement ne semble pas près de s’inverser, tant l’écart des prix demeure élevé avec ceux du Château Lafite Rothschild, son principal concurrent sur les marchés asiatiques.
Château Latour, qui se situe pourtant à des niveaux de prix supérieurs à ceux de Château Mouton Rothschild, affiche lui aussi de belles performances sur le semestre. Seul le millésime 1996 accuse un (très) léger repli. Une conséquence de l’effet de rareté créé sur ce vin, difficile à trouver sur le marché. Quant au Château Haut Brion, il continue à combler son retard historique de prix et s’inscrit partout à la hausse, hormis sur les années 1982 et 1989, stables.
Ce deuxième groupe doit être suivi avec la plus grande attention, notamment par comparaison avec les prix des primeurs 2010. Il n’est en effet pas déraisonnable d’estimer que, dans ces années fort réussies, les millésimes qui affichent encore des cotes inférieures à celles des primeurs 2010, pourraient, à moyen terme, bénéficier d’un effet de rattrapage.
Le marché de ces grands crus fait l’objet de toutes les attentions de la part de la frange d’acheteurs à visée de spéculation. Un nombre important d’intervenants recherchaient à tout prix certaines références depuis deux ans, dans la perspective de les revendre, au plus haut, à une clientèle d’amateurs chinois. Ces acheteurs semblent aujourd’hui plus réticents à débourser aveuglément des sommes faramineuses pour les acquérir. La question de l’authenticité et de la provenance, désormais cruciale fera, au cours des prochains mois, toute la différence.
| Vin | 1982 | 1985 | 1986 | 1989 | 1990 | 1995 | 1996 | 2000 | 2003 | 2005 |
| Lafite | 3 453 € | 648 € | 1 280 € | 720 € | 896 € | 707 € | 1 072 € | 1 875 € | 1 026 € | 1 150 € |
| Rothschid | -1,03% | -3,43% | 38,08% | -11,11% | 15,17% | -7,70% | -1,74% | 0,27% | 1,08% | 10,90% |
| Margaux | 620 € | 326 € | 420 € | 353 € | 732 € | 340 € | 522 € | 816 € | 532 € | 693 € |
| -8,36% | 24,43% | 6,60% | 29,18% | -0,14% | -6,08% | 8,75% | -2,72% | 7,04% | -0,14% | |
| Haut Brion | 566 € | 311 € | 292 € | 932 € | 529 € | 317 € | 291 € | 571 € | 284 € | 538 € |
| -1,05% | 43,98% | 29,85% | -4,21% | 19,34% | 9,22% | 12,45% | 9,88% | -0,18% | 2,14% | |
| Latour | 1 537 € | 320 € | 341 € | 344 € | 610 € | 461 € | 603 € | 956 € | 793 € | 844 € |
| 23,95% | -24,53% | 20,07% | 2,84% | 12,75% | 24,26% | -5,22% | 9,73% | 7,45% | 7,65% | |
| Mouton | 1 025 € | 276 € | 721 € | 299 € | 285 € | 333 € | 365 € | 912 € | 352 € | 590 € |
| Rothschild | -0,68% | 17,95% | 25,62% | 14,93% | 9,20% | 7,85% | 7,99% | 2,82% | 25,99% | 6,69% |
| Petrus | 3 302 € | 1 057 € | 926 € | 2 359 € | 2 687 € | 1 126 € | 1 079 € | 2 949 € | 1 415 € | 2 443 € |
| 10,40% | 26,83% | 8,48% | -12,73% | -13,88% | 11,41% | 4,43% | -3,30% | 2,26% | -0,58% |
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Les ventes de ces derniers jours indiquent clairement la tendance. La hausse des prix sur Lafite semble terminée. Et pour les Carruades, second vin de Lafite, un mouvement de baisse s’amorce. Un signal pour tous ceux qui se demandent quand il faudra vendre ce premier cru classé de Pauillac.
Depuis quelques mois, la hausse extravagante des prix sur les vins de Lafite tendait à faire mentir le vieil adage boursier selon lequel « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Mais là , depuis quelques jours, celui-ci semble à nouveau se vérifier. Les dernières ventes ont en effet montré que le marché n’est plus prêt à acheter ces flacons, si prisés par les amateurs chinois, à n’importe quel prix. Exit les lots de quelques bouteilles aux étiquettes légèrement abimées, griffées ou tachées. Exit les vins ne présentant pas un niveau parfait dans la bouteille : les acheteurs n’en veulent plus. Seuls les flacons présentés dans un état impeccable, et si possible logés en caisse bois d’origine, continuent à attiser la spéculation.
Sur le grand vin de Lafite, en dehors des millésimes phares (1990, 1996, 2000), le niveau moyen du prix de la bouteille tend à se lisser, pour s’établir dans une fourchette qui va de 700 à 760€. Ce qui a pour conséquence un léger surenchérissement du prix de certains millésimes mineurs des années 1990 : 1991, 1992, 1993, 1999 par exemple, se sont affichés en légère progression lors des dernières ventes. Sur les grands millésimes de Lafite, les vendeurs ne doivent plus se montrer trop gourmands : plusieurs lots millésimés 1990 n’ont pas trouvé preneur ces derniers jours. Attention aussi au chiffre « 8 », porteur des espérances (de valorisation) les plus folles pour les vendeurs : Lafite 1998 s’est adjugé à un niveau stable, tandis que des magnums de 2008 restaient invendus.
Carruades de Lafite : la baisse
S’agissant des Carruades de Lafite, la tendance était plutôt à la baisse ces derniers jours, d’autant que les vins ne présentaient pas des états parfaits. Le millésime 1988 a été vendu en baisse de 24% (à 233€ tout de même !), le 1993 a trouvé preneur à 229€ (-13%). Quant à ce lot de Carruades 1996, présentant, il est vrai, des étiquettes abimées, voire très abimées, il n’a pas dépassé 192€ (-36%). Pour ce second vin également, plusieurs grandes années telles que 1989, 2000 et 2003 sont restées sans acheteur en raison d’un état jugé insuffisant en regard du prix demandé par les vendeurs.
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