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Faut-il vendre vos primeurs 2008 ?

juillet 6th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Les bordeaux 2008, désormais en bouteille et livrés à ceux qui les avaient réservés en primeur, font progressivement leur apparition dans les ventes aux enchères. A des niveaux de prix qui font apparaître, pour certains crus, de belles plus-values. Faut-il les vendre maintenant ?

Pour l’instant les bordeaux 2008 sont encore rares dans les catalogues. Mais les niveaux de prix enregistrés confirment ce que tout le monde avait commencé à réaliser lors de la sortie des primeurs 2009 : le millésime 2008 pourrait bien se révéler LA bonne affaire de la décennie.

Prenons le cas de Château Latour. Certains amateurs ont pu acquérir le 2008 à 192€ (TTC). Plus généralement, la moyenne du prix en primeur s’est établie pour ce vin à 259€ (source : http://bleguern.fr/). Et aujourd’hui, les premières adjudications font apparaître une cote de …816€ ! Même situation pour le Château Mouton Rothschild. Ce premier cru de Pauillac qui caracole en tête des plus fortes hausses de ces derniers mois, ne fait pas exception sur le 2008. Acquis, selon les marchands, entre 163 et 195€, il s’échange actuellement aux enchères à près de 700€. Et on osera à peine citer le cas des vins du Château Lafite Rothschild, proposés entre 179€ et 259€ la bouteille en primeur, ils ont aujourd’hui franchi le seuil des 1000€ (1099€ sur la dernière adjudication) dans les ventes aux enchères de vins….

Les premiers crus classés, s’ils enregistrent des hausses de prix foudroyantes, n’ont pas l’exclusivité de la tendance. A un autre niveau de prix, le second vin de Château Lafite, les Carruades de Lafite, qui avait été proposé entre 49 et 54€ en primeur, vaut aujourd’hui un peu plus de 320€ aux enchères. Pas étonnant pour ce vin qui, dans le sillage de son aîné, enflamme les marchés asiatiques. D’autres crus classés, particulièrement attractifs en primeur, ont également enregistré une hausse de prix spectaculaire. C’est notamment le cas de Château Léoville Barton, l’un des plus beaux rapports qualité prix de la campagne primeur 2008 : vendu entre 34 et 39€ à l’époque, sa cote s’est établie à 64€ aux enchères. Sur d’autres crus, plus chers en primeur, la plus value reste significative, mais moins élevée. Par exemple, le Château Pape Clément, vendu 89€ en primeur, vaut aujourd’hui 116€.

Sur la rive droite, Château Angélus, qui s’achetait entre 80 et 85€ lors de la campagne primeurs, atteint 110€ dans les ventes.

Les facteurs qui ont contribué à renchérir le prix de marché des 2008 sont de plusieurs ordres. Sur les crus les plus spéculatifs, recherchés par le marché asiatique, le chiffre 8, porte bonheur en Chine, a indéniablement joué. Une opportunité que ni Lafite, ni Mouton Rothschild n’ont laissé passer. Le premier a frappé ses bouteilles de 2008 d’un emblème porte-bonheur. Pendant ce temps, au Château Mouton Rothschild 2008, la baronne de Rothschild faisait appel à l’artiste chinois Xu Lei pour réaliser l’illustration de son étiquette. Par ailleurs, l’appel d’air créé par la demande asiatique a entraîné la hausse de prix que l’on sait sur les millésimes 2009, puis 2010 en primeurs. Faisant passer, mécaniquement, le prix des 2008 comme une excellente affaire. En dépit des mises en garde de Robert Parker (voir ci-dessous notre article à ce sujet), cette politique de hausse exponentielle des cours a eu pour effet de surenchérir le prix, aux enchères, de ces 2008, une fois mis en bouteille et livrés à leurs acquéreurs. Il est indéniable que le marché acceptera de payer un prix plus élevé que le tarif primeur sur les vins de ce millésime, en tout cas pour la catégorie des vins susceptibles d’enregistrer une demande mondiale. C’est aujourd’hui le cas d’une bonne cinquantaine de marques. Et, probablement demain, de beaucoup plus encore : le millésime 2008 a indéniablement de beaux jours devant lui !

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Premiers crus de Bordeaux : photographie des cours à la mi-année

juillet 5th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Une analyse des cours des premiers crus classés de Bordeaux dans les grands millésimes récents, auquel nous avons adjoint Petrus, fait ressortir deux clans : d’un côté, des prix qui se stabilisent pour trois crus, et de l’autre, une poursuite de la hausse. Simple pause avant la reprise pour le premier groupe, ou signe que le marché atteint un sommet ? Photographie à la mi-année.

C’est un fait. Château Lafite Rothschild et Château Margaux auraient-ils, dans les grandes années des décennies 1980, 1990 et 2000, atteint la limite de ce que le marché est prêt à payer ? Les prix se sont stabilisés au plus haut niveau. Certains millésimes s’affichent même en retrait par rapport à leur cours de début d’année. C’est notamment le cas, pour Château Lafite des années 1982, 1985, 1989, 1995 et 1996. Une pause bienvenue après une période de hausse foudroyante : rappelons que, en 2010, les grands millésimes de Lafite avaient enregistré une augmentation moyenne de 71% !

Petrus, que l’on peut également classer dans ce premier groupe, enregistre de bonnes performances moyennes, mais un léger repli, tout de même, sur trois millésimes phares : 1989, 1990 et 2000. des années qui avaient bénéficié d’une forte hausse de cours en 2010, notamment quand les vins étaient proposés dans leur caisse bois d’origine. Château Margaux, lourdement affecté par la crise financière tout au long de l’année 2009, avait retrouvé le chemin de la hausse en 2010, mais avec progression de cours plus modérée, de 19% en moyenne sur les grands millésimes. Pour ce vin qui reste (pour l’instant) moins spéculatif que Lafite, cinq millésimes ont enregistré se sont inscrits en baisse au cours du premier semestre 2011 : 1982, 1990, 1995, 2000 et 2005. Le marché n’est sans doute pas encore prêt à accepter n’importe quel prix pour ce premier cru.

Dans le second groupe, on trouve les châteaux Mouton Rothschild, Latour et Haut Brion. Mouton Rothschild poursuit, dans le sillage de son « cousin » Lafite, la forte accélération de la hausse des cours, une tendance initiée en 2010. A l’exception du millésime 1982 qui reste pratiquement stable depuis 6 mois, les autres grands millésimes s’affichent tous dans le vert. Ce mouvement ne semble pas près de s’inverser, tant l’écart des prix demeure élevé avec ceux du Château Lafite Rothschild, son principal concurrent sur les marchés asiatiques.

Château Latour, qui se situe pourtant à des niveaux de prix supérieurs à ceux de Château Mouton Rothschild, affiche lui aussi de belles performances sur le semestre. Seul le millésime 1996 accuse un (très) léger repli. Une conséquence de l’effet de rareté créé sur ce vin, difficile à trouver sur le marché. Quant au Château Haut Brion, il continue à combler son retard historique de prix et s’inscrit partout à la hausse, hormis sur les années 1982 et 1989, stables.

Ce deuxième groupe doit être suivi avec la plus grande attention, notamment par comparaison avec les prix des primeurs 2010. Il n’est en effet pas déraisonnable d’estimer que, dans ces années fort réussies, les millésimes qui affichent encore des cotes inférieures à celles des primeurs 2010, pourraient, à moyen terme, bénéficier d’un effet de rattrapage.

Le marché de ces grands crus fait l’objet de toutes les attentions de la part de la frange d’acheteurs à visée de spéculation. Un nombre important d’intervenants recherchaient à tout prix certaines références depuis deux ans, dans la perspective de les revendre, au plus haut, à une clientèle d’amateurs chinois. Ces acheteurs semblent aujourd’hui plus réticents à débourser aveuglément des sommes faramineuses pour les acquérir. La question de l’authenticité et de la provenance, désormais cruciale fera, au cours des prochains mois, toute la différence.

Vin 1982 1985 1986 1989 1990 1995 1996 2000 2003 2005
Lafite 3 453 € 648 € 1 280 € 720 € 896 € 707 € 1 072 € 1 875 € 1 026 € 1 150 €
Rothschid -1,03% -3,43% 38,08% -11,11% 15,17% -7,70% -1,74% 0,27% 1,08% 10,90%
Margaux 620 € 326 € 420 € 353 € 732 € 340 € 522 € 816 € 532 € 693 €
-8,36% 24,43% 6,60% 29,18% -0,14% -6,08% 8,75% -2,72% 7,04% -0,14%
Haut Brion 566 € 311 € 292 € 932 € 529 € 317 € 291 € 571 € 284 € 538 €
-1,05% 43,98% 29,85% -4,21% 19,34% 9,22% 12,45% 9,88% -0,18% 2,14%
Latour 1 537 € 320 € 341 € 344 € 610 € 461 € 603 € 956 € 793 € 844 €
23,95% -24,53% 20,07% 2,84% 12,75% 24,26% -5,22% 9,73% 7,45% 7,65%
Mouton 1 025 € 276 € 721 € 299 € 285 € 333 € 365 € 912 € 352 € 590 €
Rothschild -0,68% 17,95% 25,62% 14,93% 9,20% 7,85% 7,99% 2,82% 25,99% 6,69%
Petrus 3 302 € 1 057 € 926 € 2 359 € 2 687 € 1 126 € 1 079 € 2 949 € 1 415 € 2 443 €
10,40% 26,83% 8,48% -12,73% -13,88% 11,41% 4,43% -3,30% 2,26% -0,58%

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Primeurs 2010 : quelle stratégie pour les amateurs de grands bordeaux ?

juin 16th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Le niveau des derniers prix de sortie en primeur des grands crus classés de Bordeaux 2010 le confirme : un fossé s’installe entre les tarifs de vente en primeurs et le cours actuels des millésimes anciens. Jusqu’à quand cette situation va-t-elle perdurer ?

Ce n’est plus un sujet. Les grands crus bordelais, doublement incités par la crise financière et la succession de millésimes difficiles, avaient un temps amorcé un retour vers leur marché d’origine. Mais depuis la vente du millésime 2009, coup de barre à 180° : les marchés asiatiques et leur réservoir de nouveaux acheteurs fortunés figurent désormais, seuls, dans le viseur de la crème des crus classés. Est-ce bon, est-ce mauvais ? La question n’est plus là.

Envolée des tarifs primeurs

Bien que plus tardive que les années précédentes (316 vins mis sur le marché à ce matin, contre un peu plus de 400 l’année dernière), la tendance se dessine, La plupart des crus classés est proposée au marché à des niveaux de prix dignes de ce qu’ils sont devenus : des produits de grand luxe.

Quelques exemples : pour acquérir château Pichon Longueville Baron 2010, il en coûtera à l’amateur, au final, 185€ TTC. Lors de la vente des 2000 en primeurs, le même acheteur devait débourser…61€ TTC, soit une somme trois fois inférieure. Même scenario pour Château Montrose, qui frôle en 2010 le seuil des 180€ (TTC). Trois fois le prix du millésime 2000, vendu à l’époque 58€ en primeur. Faut-il évoquer le cas du Château Pontet Canet, plébiscité sur les marchés mondiaux depuis sa conversion à la biodynamie ? Le 2010 s’arrache à près de 138€ (TTC). En leurs temps respectifs (et avant l’ère de la biodynamie), le 2005 était affiché à 65€ TTC en primeur, le 2000 à 40€ et le 1996 à… 23€.

A Pessac-Léognan, le château Pape Clément se vend 130€ (TTC). Le 2000 était proposé à 59€, plus de deux fois moins cher. A Pessac toujours, le château Smith Haut Lafitte vient d’être mis sur le marché à 109€ (TTC), au double du tarif primeur du millésime 2005, fort réussi… et plus de 5 fois le tarif primeur du 1995 ! Du côté de la rive droite, prenons l’exemple de Clos Fourtet, à Saint-Emilion : le 2010 est proposé à 100€ TTC, en hausse de 54% sur son grand prédécesseur de 2005, gratifié d’un 98/100 par Robert Parker…

Décalage avec le cours des enchères

A ces niveaux de prix, le marché français risque fort de passer à côté des achats primeurs en 2010. Il suffit d’interroger les sommeliers des étoilés parisiens : nombreux sont ceux qui vont réduire leurs achats, voire passer leur tour sur les plus grands vins cette année. Qu’importe pour les châteaux, puisque ces vins, qui continueront à être produits avec le même soin extraordinaire, se vendront mieux que jamais sur les marchés mondiaux ? Après tout, la proportion de clients français qui s’habille chez Christian Dior, s’offre régulièrement un sac chez Hermès ou pousse la porte d’une boutique Louis Vuitton est désormais dérisoire. Dans les ventes aux enchères de vin, c’est donc dans la version vintage que les amateurs pourront, pour quelque temps encore, continuer à acheter leurs grands crus préférés. On constate en effet que le marché ne s’est pas encore ajusté, et que l’écart demeure important entre les cours de sortie en primeurs actuels et la valeur, dans les ventes aux enchères, des grands millésimes plus matures. Quelques exemples : pour un Château Léoville Poyferré 2010 (117€ TTC), on obtient près de 2 bouteilles du même vin, dans le millésime 2005 (cote 67€). Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 2010 sort à 194€ TTC. Plus de deux fois le cours actuel aux enchères du 2005 (85€), et près du double du superbe 1989 (cote 102€).

Un Domaine de Chevalier rouge 2010 (66€TTC) équivaut à 2 flacons de 1996 (cote 32€). Même situation avec le Château Haut Bailly pour un 2010 (124€ TTC), on peut obtenir aux enchères plus de deux 2000 (cote actuelle 53€).

Primeurs : un marché de « futures » ?

Le marché des primeurs continue-t-il à remplir la fonction pour laquelle il avait été créé à l’origine ? Le vin vendu en primeurs n’est à ce stade qu’un « future », la promesse d’un grand vin en devenir. Les millésimes plus mûrs ont quant à eux déjà fait la preuve de leur haute qualité. Et pourtant, certains vins sont actuellement proposés en primeurs au prix qu’il faut débourser pour acquérir le même vin, dans un millésime identifié comme un grand succès pour le cru : le Château Lynch Bages est ainsi vendu 138€ en primeur, au prix d’un 2000 ou d’un 1990. Château Beychevelle s’échange à 74€ TTC en primeur, le prix du 1990 aux enchères.

Inutile de se désoler de la perspective de perdre, à terme, la perception de la complexité d’un grand pauillac, de l’élégance d’un margaux, de la puissance d’un saint-émilion, de la souplesse d’un pomerol. Mieux vaut se tourner d’urgence vers l’achat de millésimes anciens. Jusqu’à ce que le déséquilibre en l’offre et la demande fasse exploser, à son tour, les prix sur le marché des enchères. C’est déjà le cas pour certains crus, le cours de Château Lafite Rothschild en étant l’exemple le plus marquant. A quand l’embrasement sur le reste des grands crus classés ? Une seule chose est à ce jour certaine : le marché des ventes aux enchères de vin a indéniablement de beaux jours devant lui.

Pourquoi iDealwine a choisi de ne pas vendre de primeurs 2010
 

Compte tenu de l’évolution du marché, iDealwine a choisi de ne pas vendre en direct les Bordeaux primeurs 2010. Trois raisons sont à l’origine de cette décision :

- Les cours des prix des Bordeaux qui démontrent que le marché ciblé n’est plus celui des amateurs français.

- Compte tenu de la pression de la demande étrangère, les allocations ont été réallouées en priorité à l’export, au détriment des acteurs français. Une situation frustrante pour les clients (et les marchands) qui ne peuvent disposer, dans les quantités souhaitées, de l’ensemble des vins recherchés.

- Les pratiques de livraison de certains marchands, conjuguées à une incertitude sur la date de mise en bouteille des vins. Cette double raison a, sur les derniers millésimes, suscité quelques réactions de suspicion de la part de certains acheteurs, susceptibles d’entacher la réputation de qualité du service iDealwine.

Pour ces raisons, il ne nous a pas semblé opportun de mettre en place le dispositif de vente en primeur tel qu’il existait les années précédentes. Nous restons toutefois à l’écoute des clients qui nous sont fidèles depuis plusieurs années, afin de répondre à vos demandes spécifiques. N’hésitez pas à nous contacter.

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Lafite et Carruades : la hausse est-elle finie ?

avril 14th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Les ventes de ces derniers jours indiquent clairement la tendance. La hausse des prix sur Lafite semble terminée. Et pour les Carruades, second vin de Lafite, un mouvement de baisse s’amorce. Un signal pour tous ceux qui se demandent quand il faudra vendre ce premier cru classé de Pauillac.

Depuis quelques mois, la hausse extravagante des prix sur les vins de Lafite tendait à faire mentir le vieil adage boursier selon lequel « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Mais là, depuis quelques jours, celui-ci semble à nouveau se vérifier. Les dernières ventes ont en effet montré que le marché n’est plus prêt à acheter ces flacons, si prisés par les amateurs chinois, à n’importe quel prix. Exit les lots de quelques bouteilles aux étiquettes légèrement abimées, griffées ou tachées. Exit les vins ne présentant pas un niveau parfait dans la bouteille : les acheteurs n’en veulent plus. Seuls les flacons présentés dans un état impeccable, et si possible logés en caisse bois d’origine, continuent à attiser la spéculation.

Sur le grand vin de Lafite, en dehors des millésimes phares (1990, 1996, 2000), le niveau moyen du prix de la bouteille tend à se lisser, pour s’établir dans une fourchette qui va de 700 à 760€. Ce qui a pour conséquence un léger surenchérissement du prix de certains millésimes mineurs des années 1990 : 1991, 1992, 1993, 1999 par exemple, se sont affichés en légère progression lors des dernières ventes. Sur les grands millésimes de Lafite, les vendeurs ne doivent plus se montrer trop gourmands : plusieurs lots millésimés 1990 n’ont pas trouvé preneur ces derniers jours. Attention aussi au chiffre « 8 », porteur des espérances (de valorisation) les plus folles pour les vendeurs : Lafite 1998 s’est adjugé à un niveau stable, tandis que des magnums de 2008 restaient invendus.

Carruades de Lafite : la baisse

S’agissant des Carruades de Lafite, la tendance était plutôt à la baisse ces derniers jours, d’autant que les vins ne présentaient pas des états parfaits. Le millésime 1988 a été vendu en baisse de 24% (à 233€ tout de même !), le 1993 a trouvé preneur à 229€ (-13%). Quant à ce lot de Carruades 1996, présentant, il est vrai, des étiquettes abimées, voire très abimées, il n’a pas dépassé 192€ (-36%). Pour ce second vin également, plusieurs grandes années telles que 1989, 2000 et 2003 sont restées sans acheteur en raison d’un état jugé insuffisant en regard du prix demandé par les vendeurs.

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Indices iDealwine – CAC 40 : l’évolution depuis 2007

mars 17th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

CQFD. En comparaison avec les valeurs du CAC40, qui ont payé un lourd tribut à la crise financière, le marché des grands crus a exercé pleinement son rôle de valeur refuge.

2010 aura été une belle année pour les grands crus, toutes régions confondues. En tout cas en regard des performances du CAC 40 ! Ce sont les bordeaux qui enregistrent les performances les plus spectaculaires, suivis de la Bourgogne et du Rhône, deux régions pour lesquelles les évolutions sont assez similaires.
Sur quatre ans, les courbes parlent d’elles-mêmes. Alors que le CAC 40 enregistre sur la période 2007-2010 une dégringolade de 4O%, le WineDex 100* affiche une progression de 34,8%. Les vins de Bordeaux enregistrent une performance insolente de 62,5%. S’agissant des grands crus de Bourgogne, la hausse est encore plus qu’honorable (+27%). Quant aux vins de la vallée du Rhône, ils se maintiennent à des niveaux de prix quasiment stables depuis mars 2008. Sur 4 ans, leur évolution reste positive mais de 6% seulement.

Les grands crus sont devenus de réelles valeurs de placement. Un placement qui s’est avéré un parfait « refuge » par comparaison avec la dégradation des marchés financiers. Si cette tendance se poursuit, il faudra envisager de comparer l’évolution du cours des grands crus non plus au CAC 40 mais… à celui de l’or !

*Comme son nom ne l’indique pas tout à fait, l’indice WineDex© 100 regroupe les 105 vins les plus représentatifs des trois grandes régions viticoles françaises que sont Bordeaux, la Bourgogne et la vallée du Rhône. Il s’agit d’un indice composite, regroupant les vins qui composent le WineDex© Bordeaux (40 références), les WineDex© Bourgogne (40 références également) et le WineDex© Rhône (25 références). La cote iDealwine de ces vins y est suivie sur 10 années glissantes.

Retrouvez l’intégralité de cette analyse dans le document :

Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011

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Le TOP 10 des plus belles enchères de l’année 2010

mars 16th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Chaque année, iDealwine scrute à la loupe les résultats des ventes aux enchères françaises et publie son palmarès des plus belles adjudications de l’année. Pleins feux sur les temps forts du marché.

1 – Le flacon magique : Château Lafite Rothschild

Château Lafite Rothschild 1982, adjugé 3728€ la bouteille (Paris, Giafferi, décembre 2010), un chiffre en hausse de 68% par rapport à son record de 2009 (2220€)

Château Lafite Rothschild est, pour la troisième année consécutive, le vin qui garantit le succès et le suspense lors d’une vente aux enchères

2 – Le second vin le plus recherché au monde

Carruades de Lafite 2000 : 340€ (La Varenne Saint-Hilaire, Lombrail & Teucquam, décembre 2010)

Carruades de Lafite est le second vin dont la cote a le plus progressé en 2010 (+250% pour le millésime 2000). Dans son sillage, d’autres seconds vins ont également enregistré de belles performances : Forts de Latour (vin issu des jeunes vignes de Château Latour), Pavillon Rouge de Château Margaux (second vin de Château Margaux).

3 – Le challenger de Lafite : Château Mouton Rothschild

12 Bouteille(s) Château Mouton Rothschild 1982 : 15004€ (Paris, Le Brech & Associés, novembre 2010), soit 1250€ la bouteille, +64% par rapport à fin 2009.

Dans le sillage de Château Lafite, son « cousin » Mouton Rothschild enregistre sur les marchés asiatiques un engouement croissant. Et ce n’est pas le seul vin à profiter de « l’effet Lafite »

4 – L’outsider : Château Duhart Milon

12 bouteilles Château Duhart Milon 1990 : 1343€ la caisse ou 112€ la bouteille (Paris, Tajan, novembre 2010), soit une hausse de 133% de la cote du vin.

Les similitudes graphiques de son étiquette avec celle de Château Lafite Rothschild y sont-elles pour quelque chose ? Le Château Duhart Milon, qui appartient à la même galaxie, connaît une progression de cours foudroyante en 2010. Les cotes restent très modérées par rapport au prix d’une bouteille de Château Lafite ou même de son second, Les Carruades de Lafite. Les perspectives sont donc excellentes pour ce vin.

5 – La bonne surprise : l’étiquette de Château Beychevelle

Illustrée d’un bateau et d’une voile (le nom de Beychevelle signifie « baisse la voile » en patois) elle a la faveur du marché chinois. Les prix montent en flèche depuis quelques mois. Des changements sont intervenus récemment sur le capital de la société propriétaire de château Beychevelle. Nul doute que le nouvel actionnaire pourra tirer profit de l’engouement inattendu pour ce 4e cru classé de Saint-Julien.

Château Beychevelle 1990 : 97€ (+28%, Paris, Artcurial, juillet 2010)

6 – La cuvée rare

La cuvée de Pouilly-Fumé Astéroïde 2005 du domaine Dagueneau. Adjugée 513€ à Paris (Giafferi) en février 2010. Un montant rarement atteint pour un vin de Loire.

Ce domaine Dagueneau produit, en quantités microscopiques la cuvée « Astéroïde », issue de quelques rangs de vignes non greffées, encore miraculeusement préservées du phylloxera. Une rareté absolue que Didier Dagueneau réservait surtout à ses amis. Voir un flacon passer sur le marché des enchères est donc rarissime.

7 – La verticale de choc

Une verticale de 27 flacons de Petrus 1980 à 2007 (sauf 1991, non produit) adjugée 47600€ (Cannes, décembre 2010, Besch)

Petrus reste un vin rare et recherché. Produit en quantités microscopiques en regard de son marché potentiel, chaque flacon présent dans une vente aux enchères suscite un bel engouement. La mise en vente d’une verticale (tous les millésimes produits sur une série d’année) est extrêmement rare en France.

8 – Le flacon mystérieux

Chartreuse « El Licor Cumbre » 1959, fabriquée par les pères Chartreux à Tarragone: 1430€ (Grenoble, Sadde, avril 2010)

Il s’agit d’une liqueur dont la formule est jalousement préservée par les moines de la Grande Chartreuse depuis le XVIIIe siècle. Ce secret a résisté à la Révolution et, plus récemment (en 1903) à l’expulsion des moines de leur abbaye. Ils s’étaient alors réfugiés en Espagne, à Tarragone, où ils ont continué à produire leur mystérieux nectar.

9 – Le millésime d’anthologie : 1929

1 bt Vin Jaune 1929 (Domaine Pelletier) : 709€ (Parisud Enchères, Vente de la Percée du vin Jaune, février 2010)

Chaque année, la « Percée du vin jaune », qui célèbre la sortie du nouveau millésime, attire plusieurs dizaine de milliers de participants dans l’un des villages du Jura, région de production de ce vin qui nécessite 6 ans et trois mois de vieillissement. L’un des temps forts de cette manifestation est la vente aux enchères, au cours de laquelle sont mis en vente de vieux millésimes des vins produits dans cette région. 1929 est l’une des grandes années du XXe siècle. Elle s’est révélée exceptionnelle dans l’ensemble des régions viticoles françaises.

10 – L’enchère record à la vente des Hospices de Beaune

400000€ pour la pièce des Présidents de la vente 2010 des Hospices de Beaune, un tonneau de 500 litres de Beaune 1er Cru Cuvée Nicolas Rollin. (Hospices de Beaune, Christie’s, novembre 2010)

La vente des Hospices de Beaune se tient traditionnellement le 3è dimanche de novembre. Cette année, elle était parrainée par Fabrice Luchini.

NOTA BENE : Chaque résultat d’enchères indiqué dans ce document correspond au prix de vente en salle, c’est à dire au prix d’adjudication « au marteau » augmenté des frais de vente prélevés par l’étude qui organise la vente (en moyenne 18%).

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Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011

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iDealwine publie son document d’analyse annuelle du marché des enchères de vin

mars 16th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Depuis 10 ans (déjà !) iDealwine suit les principales ventes aux enchères de vin et analyse les grandes tendances de marché pour les vins issus des grandes régions viticoles françaises et étrangères. Le document d’analyse annuel est désormais disponible sur le site.

Après une année 2009 lourdement impactée par les soubresauts de la crise financière, le marché des ventes aux enchères de vin a connu une année 2010 fastueuse, tout particulièrement pour les grands crus bordelais. Ceux-ci ont bénéficié d’une demande asiatique qui a fait flamber le cours d’un nombre croissant de crus classés.

Nous avions dressé l’année dernière des perspectives pour le marché des enchères de vin. Nos recommandations d’acheter, de revendre ou de conserver certains millésimes ont été confirmées à 80% par les évolutions enregistrées en 2010 sur le marché.

En revanche, le travail consistant à suggérer, à partir des évolutions de cours du millésime 2005, un prix « raisonnable » pour la fixation du tarif primeurs 2009 n’a pas, loin s’en faut, été entendu ! Le marché a, comme on le sait, littéralement explosé lors de la campagne Primeurs.

Cette année encore, vous pourrez retrouver dans le document Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011 un panorama des facteurs qui ont influencé le marché des ventes sur les grands crus issus de Bordeaux bien sûr, mais aussi de Bourgogne, de la vallée du Rhône et des autres régions. Sans oublier les plus belles adjudications enregistrées sur les alcools et les vins étrangers. Vous trouverez également nos pronostics, région par région, pour l’année 2011. A lire, et à commenter sans modération !

Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011

76 pages – 95€

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2005 – 2010 : les 100 meilleures progressions de cours sur les vins de Bordeaux

mars 14th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Nous avons passé en revue la cote des principaux crus classés de Bordeaux (ou assimilés) dans les ventes aux enchères. Sur l’échantillon de vins passés au crible de notre analyse (46 grands crus, décortiqués sur les millésimes 1982, 1985, 1986, 1989, 1990, 1995, 1996, 2000, 2003 et 2005), la variation moyenne de la cote iDealwine sur 5 ans est de +%116%. Une performance imbattable ! Château Lafite Rothschild et son second vin Les Carruades de Lafite se disputent les 10 premiers rangs du palmarès des plus fortes progressions de cours enregistrées sur 5 ans, entre fin 2005 et fin 2010. Les millésimes de Lafite qui ont le plus progressé sont 1982, 1996 et 2000. Du côté des Carruades, 1996, 2000 et 1995 tiennent la corde.

La progression de Château Latour dans les millésimes 1996, 1982 et 2000 est forte, mais plus récente sur le marché français. Le vin issu des jeunes vignes de Latour, les Forts de Latour est particulièrement recherché dans le millésime 2000.

Petrus figure en bonne position dans ce palmarès avec les millésimes 1990 et 2000. Quand à Château Mouton Rothschild, il se distingue avec les millésimes 2000 et 1986 (100/100 Parker)

Si Château Margaux n’est présent, dans les 20 premières positions du classement, que dans un millésime, son second vin, Pavillon rouge de Château Margaux, enregistre de belles performances dans les millésimes 1990 et 2000.

Parmi les vins plébiscités par l’Asie, signalons également la présence au palmarès de Château Beychevelle 2000.

Parmi les « outsiders », ceux dont on parle un peu moins quand il s’agit d’évoquer l’appétit asiatique pour nos grands crus bordelais, signalons La Mission Haut Brion 1982 et 1989, Ausone 2000, Lafleur 1982, Palmer 2000, Lynch Bages 1995. Montrose est représenté par son millésime 1996, et non par le 1990 qui avait pourtant été, lui aussi gratifié d’un 100/100 Parker.

Soulignons que le millésime 2000 est le plus fortement représenté au palmarès (13 vins sur les 50), devançant le 1982 (11 vins) qui était sans doute le précédent grand millésime de référence – et de placement. Un signe fort de l’avènement de 2000 en tant qu’année de référence en termes de placement vin.

Vin cote à fin 2005 cote à fin 2010 Variation %
Carruades de Lafite 1996 33 218 561,55%
Carruades de Lafite 2000 35 230 548,05%
Carruades de Lafite 1995 31 176 471,54%
Lafite Rothschild 1982 499 2 514 403,85%
Lafite Rothschild 1996 226 1 029 355,20%
Lafite Rothschild 2000 320 1 421 344,06%
Lafite Rothschild 1995 147 617 318,82%
Lafite Rothschild 1986 274 1 090 297,72%
Carruades de Lafite 1982 40 155 289,10%
Lafite Rothschild 1989 160 615 285,82%
Carruades de Lafite 1990 51 157 208,33%
La Mission Haut Brion 1982 231 708 206,18%
Lafite Rothschild 1985 151 457 202,65%
Latour 1996 186 546 192,95%
les Forts de Latour 2000 49 142 190,26%
Ausone 2000 447 1 251 180,26%
Lafite Rothschild 1990 236 640 171,49%
Latour 1982 445 1 156 159,70%
Latour 2000 323 734 127,44%
La Mission Haut Brion 1989 271 615 126,52%
Lafleur 1982 883 1 897 114,86%
Ausone 1995 153 327 113,48%
les Forts de Latour 1982 70 149 112,86%
Mouton Rothschild 2000 329 691 110,24%
Palmer 2000 83 170 103,91%
Pavillon Rouge 2000 50 101 103,68%
Petrus 2000 1 351 2 726 101,80%
Margaux 2000 354 702 98,43%
Haut Brion 2000 265 521 96,42%
Pavie 2000 151 292 93,43%
Petrus 1990 1 230 2 346 90,81%
Mouton Rothschild 1986 283 536 89,25%
Haut Brion 1989 401 758 88,90%
Lynch Bages 1995 47 89 88,09%
Haut Brion 1990 236 443 87,78%
Petrus 1982 1 504 2 820 87,51%
Haut Brion 1982 269 501 86,34%
Beychevelle 2000 38 71 84,97%
Latour 1995 171 315 84,71%
Lafleur 1989 313 577 84,35%
Petrus 1989 1 105 2 015 82,38%
Ausone 1996 160 292 82,19%
Montrose 1996 42 76 79,69%
Pavie-Macquin 1985 22 40 79,11%
Mouton Rothschild 1996 144 255 77,23%
Lafleur 1986 167 292 74,81%
Pavillon Rouge 1990 59 103 74,58%
Mouton Rothschild 1982 475 828 74,32%
Mouton Rothschild 1995 147 256 73,66%
Brane-Cantenac 1996 27 46 72,00%
les Forts de Latour 1990 74 126 71,43%
Palmer 1990 96 164 71,38%
Margaux 1990 410 699 70,70%
Angélus 2000 116 198 70,69%
Léoville Las Cases 2000 140 238 70,00%
Haut Brion 1995 148 251 69,67%
Latour 1985 151 256 69,61%
La Mission Haut Brion 1995 74 125 67,87%
La Mission Haut Brion 2000 274 460 67,83%
Montrose 1990 202 334 65,59%
Ausone 1985 105 173 65,20%
La Mission Haut Brion 1986 84 138 64,87%
Petrus 1996 495 813 64,44%
Pape Clément 2000 59 96 63,99%
Palmer 1995 63 103 63,62%
Petrus 1985 511 834 63,27%
Lafleur 2000 620 1 011 63,08%
La Conseillante 1996 42 68 62,12%
Clos du Marquis 2000 28 45 61,44%
Margaux 1982 370 595 60,89%
Latour 1986 139 223 60,43%
les Forts de Latour 1995 49 79 60,36%
La Mission Haut Brion 1990 171 275 60,17%
Lafleur 1990 495 790 59,54%
Pavillon Rouge 1995 40 64 59,43%
Gruaud-Larose 1982 130 206 59,12%
Petrus 1986 501 797 58,96%
Haut Bailly 1982 36 57 58,17%
La Mission Haut Brion 1996 67 106 58,09%
Cheval Blanc 1990 453 715 57,78%
Léoville Las Cases 1986 137 216 57,57%
La Conseillante 1990 161 254 57,44%
Haut Brion 1996 136 214 57,24%
Pavillon Rouge 1996 42 66 56,89%
La Conseillante 1982 151 236 56,79%
Petrus 1995 647 1 012 56,41%
Latour 1989 172 269 56,30%
Pape Clément 1986 50 78 56,25%
les Forts de Latour 1996 44 69 56,07%
Lafleur 1996 130 202 55,38%
Ausone 1990 177 274 55,12%
Lynch Bages 1990 103 159 54,76%
Angélus 1986 72 111 54,70%
Beychevelle 1990 49 76 54,67%
Trotanoy 1990 119 182 53,16%
Margaux 1996 244 372 52,57%
Léoville Barton 1995 44 67 52,09%
Pavie-Macquin 2000 48 74 52,08%

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A lire également :
Bordeaux 2000 : LA valeur de placement par excellence
Flambée des cours des Premiers Crus Classés

Haut Bailly

Retrouvez l’intégralité de cette analyse dans le document :

Ventes aux enchères de vins : analyse 2010 et perspectives 2011

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Bordeaux 2000 : LA valeur de placement par excellence

janvier 28th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

Lorsque l’on analyse sur cinq ans les performances de grands millésimes produits à Bordeaux depuis 1982, 2000 ressort grand gagnant du palmarès. Et ce n’est sans doute pas fini…

Certes, il ne s’agit pas là du scoop de la décennie. 2000 était déjà pressenti, puis annoncé comme une « année du siècle » dès les premiers coups de sécateur, lors des vendanges, puis à l’aube de la campagne primeurs. Les prix de sortie, lors de la vente en primeurs, s’affichaient en forte hausse par rapport aux millésimes 1998 et 1999, ce qui pouvait laisser craindre une rentabilité moindre, ou en tout état de cause longue à extérioriser. La crise financière de 2008 est ensuite passée par là, mettant à mal l’évolution du cours des grands Bordeaux en général, sans que 2000 fasse exception à la règle.

Mais la page semble aujourd’hui tournée. La cote des plus grands crus bordelais, calculée dans les meilleurs millésimes produits depuis 1982, a été analysée sur 5 ans, entre fin 2005 et fin 2010. Le verdict est sans appel : le millésime 2000 s’affirme aujourd’hui comme LA valeur de placement à privilégier.

+86% de progression moyenne sur cinq ans

Quel gestionnaire de fortune pourrait prétendre faire mieux ? Sur les 46 vins analysés, 41 enregistrent une évolution positive. La moitié progresse de plus de 50%. Neuf d’entre eux ont enregistré, sur cette période, une hausse de prix supérieure à 100%. Certes, ces belles performances sont liées à la mondialisation de la demande pour les grands crus, et plus particulièrement, à l’explosion de celle émanant des pays asiatiques, la Chine en tout premier lieu. Pour l’instant, quelques références mobilisent l’attention du marché. On note d’ailleurs que les seconds vins des premiers crus classés ont progressé plus fortement que le grand vin du même domaine. Les vins les plus recherchés demeurent, on le sait, Château Lafite Rothschild (+344%) et, plus encore, son second vin Les Carruades de Lafite (+548%), Château Latour (+127%) et les Forts de Latour (+190%), Château Mouton Rothschild (+110%), Château Margaux (+98%) et son second, Pavillon Rouge (+104%). Château Palmer progresse aussi de plus de 100%, de même que Petrus. Dans la catégorie des vins recherchés en Asie, signalons aussi Château Haut Brion (+96%) et Château Beychevelle (+85%), dont on connait l’attrait suscité par son étiquette.

On trouve aussi au palmarès de ces belles performances des crus plébiscités pour leur rareté, au plus haut niveau de qualité, tels que Château Ausone et Château Lafleur. A noter également, la bonne progression du cours de Château Angélus, de Château Léoville Las Cases et du Clos du Marquis, ou encore, à Saint-Emilion, des châteaux Pavie et Pavie Macquin.

Tout porte à croire que la curiosité du marché asiatique et son appétit pour nos grands crus français devrait élargir le spectre des crus susceptibles d’intéresser ces nouveaux amateurs. La hausse des prix est récente, et la véritable flambée des cours remonte à un an, à peine. Les signaux positifs en provenance des nouveaux pays consommateurs incitent à penser que, même si cette tendance connaîtra une nécessaire inflexion, elle devrait rester néanmoins positive en 2011. Et les Bordeaux 2000 devraient continuer à en profiter.

Palmarès des 20 meilleures progressions du millésime 2000

Cote iDealwine Cote iDealwine Variation
31/12/2005 31/12/2010
Carruades de Lafite 2000 35 230 548,05%
Lafite Rothschild 2000 320 1 421 344,06%
les Forts de Latour 2000 49 142 190,26%
Ausone 2000 447 1 251 180,26%
Latour 2000 323 734 127,44%
Mouton Rothschild 2000 329 691 110,24%
Palmer 2000 83 170 103,91%
Pavillon Rouge 2000 50 101 103,68%
Petrus 2000 1 351 2 726 101,80%
Margaux 2000 354 702 98,43%
Haut Brion 2000 265 521 96,42%
Pavie 2000 151 292 93,43%
Beychevelle 2000 38 71 84,97%
Angélus 2000 116 198 70,69%
Léoville Las Cases 2000 140 238 70,00%
La Mission Haut Brion 2000 274 460 67,83%
Pape Clément 2000 59 96 63,99%
Lafleur 2000 620 1 011 63,08%
Clos du Marquis 2000 28 45 61,44%
Pavie-Macquin 2000 48 74 52,08%

La cote iDealwine

La cote iDealwine permet de suivre avec précision l’évolution du cours des grands crus de Bordeaux sur une période qui remonte au début des années 1990. L’argus du vin d’iDealwine enregistre en base les résultats de ventes aux enchères depuis 1992. La cote compte aujourd’hui plus de 3 millions de résultats d’enchères enregistrés sur 60.000 références.

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Flambée des cours des Premiers Crus Classés

janvier 20th, 2011 by Angelique de Lencquesaing

1er-grands-crus-classes-bordeauxDans le sillage de Château Lafite Rothschild, les premiers crus classés de Bordeaux ont enregistré ces dernières semaines une percée spectaculaire.

Certes, le Château Lafite Rothschild exerce une attraction exceptionnelle sur les amateurs asiatiques. Mais ce cru de Pauillac et son second vin, Carruades de Lafite, drainent dans leur sillage l’ensemble des premiers crus classés, ainsi que d’autres dont nous aurons l’occasion de reparler prochainement. Les dernières ventes de l’année 2010 ont ainsi été le théâtre de belles batailles d’enchères sur les vins des châteaux Mouton Rothschild, Latour, Margaux et Haut Brion. Et le début de l’année 2011 ne dément pas cette tendance.

Le phénomène ne se limite pas aux millésimes exceptionnels, ceux-ci connaissent une hausse de prix, certes, mais limitée. Le millésime 2005 est même, pour certains crus tels que Château Margaux, en baisse par rapport à sa cote d’il y a un an, à fin 2009. La tendance est avant tout au rattrapage de prix sur les années « intermédiaires » qui suscitent actuellement un engouement phénoménal. La plus value est d’autant plus forte que les vins sont proposés par lots de 6 ou de 12 bouteilles. En effet, destinés avant tout à l’export vers l’Asie, ils sont alors d’autant plus prisés.

Résultats observés lors des ventes aux enchères françaises de décembre 2010 et janvier 2011

Vin

Résultat Lot

Résultat unitaire

Cote iDealwine

Variation

6 Bouteille(s) Château Lafite Rothschild 1987

4008

668

495

35%

12 Bouteille(s) Château Lafite Rothschild 1994

8568

714

464

54%

12 Bouteille(s) Carruades de Lafite Rothschild 1998

4078

340

160

113%

12 Bouteille(s) Carruades de Lafite Rothschild 2007

3903

325

98

232%

12 Bouteille(s) Château Margaux 1993

3285

274

171

60%

6 Bouteille(s) Château Margaux 1994

1864

311

195

59%

12 Bouteille(s) Château Latour 1993

3518

293

175

67%

12 Bouteille(s) Château Latour 1998

3987

332

200

66%

6 Bouteille(s) Château Latour 2001

2440

407

280

45%

6 Bouteille(s) Les Forts de Latour 2002

874

146

65

125%

12 Bouteille(s) Château Haut Brion 1991

2618

218

132

65%

12 Bouteille(s) Château Haut Brion 2004

3273

273

173

58%

6 Bouteille(s) Château Mouton Rothschild 1993

1666

278

190

46%

6 Bouteille(s) Château Mouton Rothschild 2002

1771

295

208

42%

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