Opération "Saint-Emilion Portes Ouvertes" : c’est ce week-end !
avril 25th, 2012 by Rédaction iDealwine
Les vignobles de Saint-Emilion, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion organisent du samedi 28 avril au mardi 1er mai une opération “Portes Ouvertes” qui permettra de partir à la découverte de ces appellations avec de nombreuses animations.
Cette année « Saint-Emilion Portes Ouvertes » se déroulera sur quatre jours ! Du samedi 28 avril au mardi 1er mai 2012, un rendez-vous incontournable avec les viticulteurs des appellations de Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion qui ouvrent leurs portes pour accueillir les visiteurs, partager leur passion et faire découvrir et déguster leurs vins, le temps d’une échappée belle dans le vignoble.
De nombreuses nouveautés sont au programme cette année :
- un diner vigneron sera organisé dans la salle des Dominicains le samedi 28 avril en présence de la Jurade de Saint-Emilion, Les viticulteurs des trois appellations partageront ce moment de convivialité et présenteront leurs vins au cours du repas (25€ par personne vin compris, 12€ moins de 12 ans)
- des dégustations de Grands Crus Classés de Saint-Emilion animées par un œnologue auront lieu à la Maison du Vin de Saint-Emilion
- des circuits en bus seront proposés aux visiteurs les dimanche 29 et lundi 30 avril : ces navettes gratuites permettront de relier l’ensemble des châteaux ouverts à cette occasion
- deux tentes d’accueil seront disposées à chaque extrémité de la cité afin de renseigner, guider et accompagner les visiteurs.
Enfin, un jeu concours permettra aux participants de gagner des bouteilles des différentes appellations situées autour de Saint-Emilion.
Pour tout complément d’information (en particulier pour obtenir la liste complète des châteaux participant à cette opération) : http://www.saint-emilion-tourisme.com/fr/agenda.html?id=66&m=4
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Fonds d’investissement dédiés au vin : un placement à haut risque
avril 24th, 2012 by Rédaction iDealwine
Avant d’investir ses économies dans un fonds dédié au vin, il est préférable d’y regarder à deux fois. Au cours des quatre dernières années, pas moins de 50 entreprises du secteur ont mis la clé sous la porte en Grande Bretagne, d’après un article du Decanter. Soit, pour les clients, une perte cumulée de 100M£ !
En Grande-Bretagne, le vin n’est pas seulement un produit destiné à être dégusté. Les grands crus constituent, et ce n’est pas récent, un support de placement, voire de spéculation, commercialisé à grande échelle par des intervenants pas toujours scrupuleux. Plusieurs faillites ont en effet défrayé la chronique ces derniers mois. Celle de la société Bordeaux UK a fait perdre à ses souscripteurs 10 millions de livres au total, dont seulement 20% devraient être récupérés par les clients spoliés. Mais d’après le liquidateur de cette entreprise, la liste des faillites frauduleuses est en réalité beaucoup plus longue : parmi les noms incriminés pour faillite ou ventes en primeur non couvertes de grands crus bordelais (tout particulièrement sur le millésime 2005), on trouve ceux de Beaumont Vintners, Templar Vintners Ltd, International Wine Commodities Ltd ou encore Bordeaux Wine Trading Ltd. Soit, d’après l’estimation du liquidateur, une cinquantaine de cas de dépôt de bilan qui auraient entraîné, pour les clients, des pertes estimées à 100M£. Voici qui devrait faire réfléchir avant de placer son argent en dans les grands crus !
Faut-il rappeler que l’investissement dans le vin est tout sauf un placement de néophyte, qu’il nécessite un degré de connaissance avéré du marché des grands crus et de ses intervenants ? Car la tentation de confier son épargne à un fonds dédié à l’investissement vin ne vous exonérera pas d’un suivi attentif des options d’achat, ou de revente, adoptées par le fonds. Et aussi, mais ça semble évident, pour la part consacrée aux achats de Bordeaux en primeur, il vous sera impératif d’obtenir des garanties sur la réservation effective des vins acquis.
Précieux indicateurs iDealwine
Vous qui lisez le Blog iDealwine – c’est un bon début ! – vous pouvez y retrouver les analyses des grandes tendances du marché ainsi que la publication régulière des indices WineDex, comparés à ceux de la Bourse. Le baromètre annuel iDealwine du marché des ventes aux enchères de vin livre aussi une gamme complète d’indicateurs destinés à accompagner les amateurs dans leurs choix de placement. A lire attentivement avant tout investissement-vin, soit à titre personnel, soit au travers d’un fonds dédié aux grands crus.
Source : Decanter
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Dégustations : les réussites de "l’autre Champagne"
avril 20th, 2012 by Philippe Barret
Depuis quelques années plusieurs associations de vignerons champenois reçoivent mi avril les professionnels – et quelques amateurs – pour présenter les “vins clairs” de l’année et leurs plus belles cuvées de champagne. Un événement qui permet de découvrir une “autre Champagne”.
On l’oublie un peu trop rapidement : la Champagne ne se résume pas à quelques belles maisons prestigieuses – et un peu guindées – qui mettent parfois autant de marketing que de vin dans leurs bouteilles. Non, la Champagne c’est aussi des vignerons sincères et conviviaux, qui ressemblent à leurs collègues du Beaujolais ou des Côtes du Rhône, et qui produisent des vins magnifiques, reflétant avec bonheur les qualités de leurs terroirs. Car ce sont des vignerons qui cultivent leurs sols, ce qui reste malheureusement une rareté en Champagne…
Trois associations de vignerons présentaient ainsi leur production dimanche 15 et lundi 16 avril lors de trois événements distincts : le Salon Terres et Vins de Champagne à Aÿ, le Salon Terroirs et Talents de Champagne à Epernay, et le Salon Trait-d-union à Avize. Lors de ces trois événements, tous les vignerons faisaient déguster à la fois leurs “vins clairs” du millésime 2011 (c’est à dire des vins blancs tranquilles, pas encore transformés en bulles) et trois cuvées de champagne.
Trois dégustations vraiment qualitatives, mais puisqu’il faut bien faire un choix, voici une sélection de nos meilleurs moments.
Salon Terres et Vins de Champagne à Aÿ
A tout seigneur, tout honneur, commençons par le plus important de ces trois salons. Important par le nombre de vignerons présents mais aussi par la haute qualité homogène des vins présentés. Et, parmi les 19 producteurs de ce salon, trois domaines d’ailleurs présents dans l’Offre iDéale actuellement en ligne : Francis Boulard, Franck Pascal et Françoise Bedel !
Chez Francis Boulard, une magnifique cuvée Petrea (solera de vins allant de 1997 à 2007) au nez fascinant de complexité et à la bouche en rapport, très vineuse mais qui reste délicate, un champagne qui donne envie de passer à table !
Franck Pascal présentait en particulier les deux cuvées en vente dans en ce moment sur iDealwine : Sagesse, un Brut Nature assez strict et offrant une buvabilité qui incite à en faire le compagnon de vos apéritifs estivaux, et Harmonie 2004, vineux, dense, au style délicatement tendu et aérien, avec une matière goûteuse et une finale offrant une belle longueur.
Chez Françoise Bedel on pouvait goûter les deux “cuvées iDealwine” : Origin’elle toujours aussi facile à boire, délicat et aérien, laissant le palais bien frais et Entre Ciel et Terre plus dense, plus vineux, mais toujours aussi digeste, surtout en version Extra Brut (celle qui est présentée dans notre Offre iDéale).
Parmi les autres vignerons présents à ce magnifique salon, il est vraiment difficile d’en mettre un plus en valeur qu’un autre tant, une fois encore, le niveau était homogène et élevé. Quelques coups de cœur tout de même : Les Vignes d’Autrefois des Frères Laherte (100% pinot meunier issu de très vieilles vignes), un vin d’une incroyable pureté cristalline ; la cuvée 5 Sens d’Olivier Horiot (trois cépages classiques, pinot noir, pinot meunier et chardonnay et deux cépages plus rares, le pinot blanc et l’arbanne, tous à égalité), un champagne complexe possédant beaucoup de personnalité et reflétant un terroir très présent ; les trois cuvées de Dominique Moreau (sous la marque Marie Courtin, du nom de la grand-mère de Dominique) toutes trois absolument remarquables de pureté cristalline, de maturité de raisin, d’expression naturelle de la matière, des cuvées qui portent les jolis nom d’Eloquence, de Résonnance et Concordance ; L’Artiste 2006 de David Léclapart, là aussi une cuvée d’une pureté remarquable, très naturelle dans son expression, avec une minéralité marquée en finale (sensation nette de sels minéraux sur le palais) et enfin le Blanc de Noirs Brut Nature de Benoît Lahaye (100% pinot noir sur une base 2007/2008), un magnifique champagne très complet, dense avec une matière offrant beaucoup de goût, vineuse mais étirée en finesse.
Salon Terroirs et Talents de Champagne à Epernay
Quelques belles révélations ou confirmations. Côté révélations la palme revient probablement à Sélèque qui présentait des champagnes extrêmement droits et purs avec beaucoup de finesse et de délicatesse, que ce soit la Cuvée Spéciale (50% chardonnay, 30% pinot meunier, 20% pinot noir) ou la cuvée Or Blanc , un pur chardonnay d’une superbe finesse.
Côté confirmations, de prometteurs vins clairs 2011 et de très beaux champagnes chez Philippe Gonet, que l’on connait bien chez iDealwine, avec des cuvées régulièrement proposées en Offre iDéale. Lors de cette manifestation, on pouvait déguster : Extra Brut 3210 (pour 3 années, 2 terroirs, 1 cépage – chardonnay -, 0 dosage), frais, délicat, digeste, idéal pour l’apéritif ; la cuvée Roy Soleil à la fois fine, délicate avec une finale salivante et tonique, et la luxueuse cuvée Belemnita 2004, une sélection de vieilles vignes du Mesnil-sur-Oger sur un terroir unique qui donne un caractère fou à cette bouteille. Confirmation encore avec Janisson-Baradon et Fils (Toulettes 2005, un pur chardonnay de vieilles vignes, matière très mûre, jolie finale minérale et Tue-Bœuf 2005 à la grande personnalité, un pur pinot noir dense, vineux, mais sans lourdeur).
Salon Trait-d-union à Avize
Six vignerons au sommet réunis dans les chais d’Anselme Selosse, autant dire qu’on se bousculait sérieusement devant les stands… Remarquable Terre de Vertus 2007 Non Dosé de Larmandier-Bernier fin et tendu, goûteux avec une belle minéralité crayeuse (vendu en Offre iDéale en décembre dernier…) et un magnum de Vieilles Vignes de Cramant 1996 absolument somptueux. Egalement un superbe Jacquesson Corne Bautrée 2002 vineux mais restant délicat sur de magnifiques notes de craie.
Chez Egly-Ouriet c’était paradoxalement la “simple” cuvée Brut Tradition qui se goûtait le mieux (finesse et densité, matière riche mais élégante). Enfin chez Selosse, rien à recracher ! Initial (assemblage de 2002/2003/2004) est une belle introduction au style vineux et légèrement oxydatif du domaine, V.O. (assemblage de 2000/2001/2002) est à la fois vineux, dense et aérien, un superbe équilibre, et enfin, Millésime 2002 est un très grand champagne de repas, matière pleine, goûteuse, finale minérale et très longue. Grand !
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Dégustation : concours SPIT chez Bollinger, quelques heures dans la peau d’un juré
avril 18th, 2012 by Angelique de Lencquesaing
Samedi dernier, la maison Bollinger accueillait 12 grandes écoles et universités, venues s’affronter pour la quatrième édition du bien nommé SPIT, Sciences-Po International Tasting. Comme iDealwine est partenaire de ce prestigieux concours depuis son origine, les organisateurs m’avaient demandé de prendre part au jury. A leurs risques et périls. Récit d’une journée pas comme les autres.
Dans la vie d’un juré, les épreuves débutent parfois assez tôt. En route pour la gare de l’Est, le chauffeur de taxi me demande ce qui a bien pu me tirer du lit de si bon matin. Je lui raconte le concours de dégustation, les étudiants, le jury, etc.
- Donc vous êtes œnologue ?
- Non, pas exactement.
- Mais alors, qu’allez-vous faire là-bas ?
A ce stade, vous qui n’avez pas le son, notez bien le septicisme, voire la petite note de machisme qui pointe dans son propos. Je me défends comme je peux : ça fait un peu plus de dix ans que je vends du vin tout de même ! Que j’écris, de temps en temps. Que je lis, beaucoup. Que je déguste, régulièrement. J’ajoute, accessoirement, que je suis passée, moi aussi par les bancs de l’école organisatrice de ce concours. Entre nous, il n’a pas eu l’air à 100% convaincu.
J’arrive chez Bollinger, un soleil timide caresse les vignes qui ceinturent le village d’Aÿ. La Champagne s’inquiète des épisodes de gel qui ont frappé le vignoble ces jours-ci. Les étudiants sont déjà assis : jeunes gens cravatés, jeunes filles pomponnées. Tous concentrés, prêts à en découdre. 12 grandes écoles, à raison de trois étudiants par équipe, participent au SPIT 2012. Venus de toute l’Europe, ils ont franchi la première étape de la sélection : une épreuve de dissertation écrite. On ne refait pas à l’IEP. Vainqueurs de l’édition 2011, les Anglais d’Oxford sont tapis dans un angle, en embuscade. C’est l’équipe à abattre, on les aura à l’œil. Jérôme Philipon, Président de Champagne Bollinger, et Matthieu Kauffmann, chef de cave de la maison, accueillent chaleureusement les participants. Je rejoins le jury où siège également Bernard Burtschy, journaliste au Figaro.
L’organisation est parfaitement huilée. Sébastien Burel a délaissé un temps ses caméras de Vinomaniacs pour animer cette journée. Il nous aiguise les neurones (et achève de réveiller ceux qui dormaient encore un peu) avec les premières questions de l’épreuve. Les grands sujets y passent : cépages, régions, vinification… Pendant ce temps nos verres se remplissent, servis avec soin par les étudiants de Sciences Po. Trois champagnes qu’on va nous demander de classer du plus ancien au plus jeune. D’emblée, les instigateurs du concours ont placé la barre très haut. Ces champagnes sont sublimes. Normal, il s’agit de la cuvée R.D. Quand je vous dis qu’on est toujours bien reçu chez Bollinger*. Les millésimes se révèlent être 1995, 1996, 1997. Allez nous hiérarchiser ça, vous qui lisez cet article, confortablement tapi derrière votre écran ! Il n’est encore que 10 heures du matin, mais c’est déjà un crève-cœur que de recracher ces vins. Allez, on crache quand même, ça ferait mauvais effet, un jury pompette dès le début de la première manche.
Les dégustations sont entrecoupées de questions auxquelles les étudiants répondent en brandissant une ardoise. Les organisateurs déploient des trésors d’ingéniosité pour nous tendre des pièges. Pas de chance pour eux, lorsqu’il s’agit, par exemple, de situer l’Okanagan valley, la Bocconi de Milan affiche sans sourciller la bonne réponse : l’un des étudiants de l’équipe est précisément originaire de cette vallée nichée au fin fond de la Colombie Britannique !
Trois vins blancs nous sont ensuite présentés. Il nous faut repérer le chardonnay. Jusque-là tout va bien. Question suivante : le pays dudit cépage… Gloups. Les blancs sud-américains n’ont jamais été ma spécialité Celui-ci est un chardonnay chilien (Vina Aquitania 2008). Et la provenance des autres vins ? Verre de droite, l’Alsace, ça j’en suis sûre. L’air de rien, je jette un regard oblique sur la feuille de mon voisin. Après tout, un jury, ça doit travailler en équipe, non ? Nous ne sommes pas d’accord. Je tremble. Ce vin se révèlera quand même être un riesling 2009 signé Zind-Humbrecht. Soulagement. Verre de gauche ? Décidément j’ai un peu de mal avec la gauche, ces temps-ci, impossible de trouver. La Loire, sans doute ? Derrière ce mystérieux chenin se cache en effet un savennières Clos du Papillon 2006 du domaine du Closel.
Un round de questions plus tard, trois vins rouges s’avancent. Le cépage ? Une syrah, ça c’est acquis. Le vin français ? Aisément identifiable. La provenance ? Le Rhône, sans aucun doute. Bernard Burtschy n’arrête pas de dire que c’est facile. Moi, j’atterris juste à côté de la cible, en côte-rôtie. C’est un Saint-Joseph, en fait. Là, je m’en veux doublement : il s’agit de la cuvée les Serines 2010 d’Yves Cuilleron, que nous goûtons et proposons régulièrement à nos clients lors des Offres iDéales. J’aurais dû aussi me souvenir que Cyrille Jomand, président d’iDealwine, cultive une tendresse particulière pour cette appellation : son fils aîné s’appelle Joseph, c’est vous dire s’il aime ces vins. Vous comprenez maintenant pourquoi les ventes à prix fixe d’iDealwine en regorgent.
Mais le supplice ne s’arrête pas là. Il nous faut maintenant identifier les pays producteurs des deux autres syrahs. Tandis que je me débats avec les arômes gorgés de vanille, de bois et de noix de coco qui s’échappent de nos verres, mon voisin, brillant, assène, dans le bon ordre : Chili et Australie. Il a tout bon, Bernard Burtschy. La prochaine fois je copierai. A ma droite, Jérôme Philipon cultive la discrétion. Il note rapidement et retourne sa feuille dans la foulée. Impossible de tricher !
La première manche de cette finale est terminée. Les trois meilleures équipes sont sélectionnées pour l’épreuve ultime : Paris-Dauphine tient la corde, suivi d’Oxford (tiens tiens…) et de Saint Andrews. Ouf, une université française s’est qualifiée en tête de la compétition, l’honneur est sauf. On sert aux finalistes un champagne et un vin rouge. Il leur est demandé de présenter les vins et si possible, d’en déduire la provenance ainsi que le millésime. Le représentant d’Oxford s’avance. Précis, minutieux. Pas un mot en trop. Brillant. Son analyse et sa description sont parfaites. Auraient-ils par hasard caché dans leur équipe un œnologue déguisé en étudiant ? Saint-Andrews enchaîne. Là, le style est complètement différent. Manifestement, l’hédonisme est inscrit au programme de cette université écossaise : l’étudiant émaille son discours d’alléchantes propositions d’accords mets et vin. Pour finir, le représentant de Dauphine analyse les deux vins avec méthode. Ses propos sont bien structurés. Aucune équipe n’a réussi à identifier exactement les vins, un Bollinger Grande Année 2002 et un Château Palmer 1998. Mais ce n’est tout de même pas moi qui vais leur jeter la pierre.
La séance est levée, toute la petite troupe s’égaie dans les jardins de Madame Bollinger pour un apéritif au Special Cuvée. Le SPIT est terminé : bonne nouvelle, on ne crache plus. Vient ensuite un délicieux déjeuner accompagné successivement de trois cuvées de Champagne. Chacune d’elle est présentée par Matthieu Kauffmann qui sait de quoi il parle : n’oublions pas que c’est lui leur géniteur, d’une certaine manière. En entrée, le Special Cuvée, brillant porte-drapeau de la maison Bollinger. Pour suivre, une vibrante Grande Année 2002. Et, sur le dessert, voluptueux, un Bollinger rosé. Quel grand moment de convivialité !
Le jury – c’est-à-dire nous – livre son verdict à la fin du repas : l’équipe d’Oxford s’est à nouveau imposée et remporte l’édition 2012 ! J’apprendrai plus tard que les étudiants de la prestigieuse université britannique s’entraînent à la dégustation – à l’aveugle, toujours – à raison de trois à quatre séances par semaine : soit beaucoup, beaucoup plus souvent que nombre de professionnels, dont moi, bien sûr. L’université de Paris-Dauphine se hisse en deuxième position sur le podium, suivie de Saint-Andrews. Les participants se dispersent et partent à la découverte des caves de la maison Bollinger. Le train m’attend. Je m’éclipse, trop heureuse d’avoir partagé quelques heures magiques avec nos hôtes d’Aÿ, les étudiants et le jury : bravo aux organisateurs, à Sébastien Burel et Philippe-Alexandre Bernatchez, tuteurs de cette édition, et merci à Jérôme Philipon et à Matthieu Kauffmann pour leur accueil !
Bravo aussi à vous, chers étudiants, qui m’avez impressionnée samedi par votre curiosité et un niveau de connaissances qui témoigne d’une pratique déjà avérée de la dégustation. Persévérez dans votre apprentissage – en toute modération, s’entend…. L’univers du vin est un monde de culture passionnant et tellement convivial, qui vous ouvrira bien des portes : pourquoi pas celles d’iDealwine par exemple, le temps d’une dégustation, au moins ? Vous êtes les bienvenus.
Continuez à vous entrainer et… préparez-vous : qui sait, un jour, vous participerez peut-être à votre tour à un jury, vous aussi. Et vous constaterez alors qu’il n’est pas forcément de tout repos de passer de l’autre côté de la barrière. Juré… craché !
*Voir notre article Une journée chez Bollinger
Le palmarès du SPIT 2011 :
1e – Oxford
2ème – Paris – Dauphine
3ème – Saint Andrews
3ème – SDA Bocconi (Milan)
4ème (ex aequo)
- ESCP
- Cambridge
6ème – ESSEC
7ème – Ecole Hôtelière de Lausanne
8ème – SKEMA
9ème – Reims Management School –une équipe 100% féminine !
10ème (ex aequo)
- London School of Economics
- Ecole Polytechnique
Plus de photos sur : http://www.facebook.com/#!/SciencesPoInternationalTasting
A lire également :
Oxford remporte le Concours SPIT 2011 chez Bollinger
Cambridge remporte le concours SPIT 2010 chez Bollinger
Primeurs : Château Latour crée l’évènement
avril 17th, 2012 by Angelique de LencquesaingA peine les dégustations primeurs achevées, voici que le château Latour lance un sacré pavé dans la mare bordelaise. Durant le week-end, le premier cru classé de Pauillac a en effet confirmé sa décision de sortir du système de commercialisation en primeur à compter du millésime 2012.
Le début de semaine s’annonçait pourtant calme : Bordeaux se remet tout juste des semaines intensives de dégustation des primeurs 2011. Et voici que le Château Latour, par un courrier adressé aux négociants, lance une annonce tonitruante : le cru classé de Pauillac se retirera du système de vente en primeur à compter du millésime 2012. La décision ne surprend pas. D’année en année, les volumes disponibles à l’achat en primeur se réduisaient comme peau de chagrin. Il devenait évident que le domaine, propriété de l’homme d’affaires François Pinault, affinait une stratégie alternative.
C’est désormais public : les négociants ont été prévenus dans le week-end, et avec un an de préavis, que le château Latour ne serait plus proposé à la vente à compter du millésime 2012. Frédéric Engerer, le Directeur du domaine, précise, et c’est le Wine Spectator qui le dit, que le Grand vin de Château Latour vieillira tranquillement dans ses ch
ais 10 à 12 ans avant d’être commercialisé. Pour les Forts de Latour, le vrai-faux second vin, il faudra patienter sept ans. Quant au troisième vin (Pauillac de Château Latour), il est traditionnellement mis sur le marché quelques années après sa mise en bouteilles et rien ne devrait changer. Les causes de cette décision ? Elles sont multiples : il s’agit d’abord, selon M. Engerer, d’éviter que les flacons de ce vin réputé pour sa garde ne soient ouverts et dégustés trop jeunes. Par ailleurs, le but est de limiter les échanges avant que le vin ne parvienne à maturité. Enfin – et c’est peut-être la raison principale – Latour entend conserver la majeure partie de la marge commerciale lors de la vente. Une logique qui peut être mise en œuvre à condition d’avoir les moyens (et la place !) de stocker 10 à 12 ans de production. S’agissant des propriétaires de Château Latour, la question ne se pose pas. Mais quid des autres domaines ?
La cote iDealwine des vins de Château Latour
| Cote
iDealwine |
Tendance | |
| Château Latour 2005 | 734 € | - |
| Château Latour 2004 | 320 € | - |
| Château Latour 2003 | 734 € | = |
| Château Latour 2001 | 354 € | - |
| Château Latour 2000 | 845 € | - |
| Château Latour 1996 | 503 € | - |
| Château Latour 1995 | 374 € | - |
| Château Latour 1990 | 524 € | - |
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Millésime : le point sur les vendanges 2011 (25/10/2011)
La réglementation européenne des vins bio : un vrai progrès ?
avril 16th, 2012 by Rédaction iDealwine
Une nouvelle réglementation européenne sur le vin bio s’appliquera en août prochain. Pour obtenir le label bio européen, il faudra désormais justifier non seulement de raisins bio, mais aussi d’une vinification respectant ce nouveau règlement. Une avancée qui ne convainc pas tout le monde…
Comme chacun sait, jusqu’à présent on ne pouvait pas parler de “vin bio” mais de “vin issu de raisins répondant aux normes de l’agriculture biologique”. Autrement dit, après avoir produit des raisins bio, on pouvait utiliser toutes les poudres de perlimpinpin du monde dans son chai ! C’est pourquoi les experts du comité permanent de l’agriculture biologique de l’Union européenne ont longuement discuté entre eux pour aboutir en février dernier à une réglementation incluant les pratiques œnologiques qui devront dorénavant suivre un cahier des charges précis. Celui-ci interdit certaines substances, limite l’utilisation d’autres… et en autorise encore beaucoup d’autres.
Comme pour toute les décisions communautaires, il s’agit bien entendu d’un consensus (diront les plus positifs) ou d’un compromis (ajouteront les autres) entre des pays aux types de vins ou aux exigences qualitatives très variées. Les pratiques œnologiques sont forcément très différentes entre des vignobles aussi opposés climatiquement que, par exemple, les coteaux du Rhin en Allemagne et ceux de l’île de Santorin en Grèce !
Certains observateurs, même s’ils reconnaissent que ce texte a le mérite de fixer un cadre minimum, ont tout de même la sensation que la montagne a accouché d’une souris. Et ils citent aussitôt le nombre incroyable de produits d’esprit pas vraiment bio qui continuent à être autorisés dans cette nouvelle réglementation. Citons-en quelques-uns pour l’exemple :
- le phosphate diammonique et le chlorhydrate de thiamine pour favoriser le développement des levures
- le charbon activé pour décolorer le vin
- la gélatine alimentaire, la colle de poisson, l’ovalbumine, la caséine, le caséinate de potassium, le dioxyde de silicium, la bentonite, les enzymes pectolytiques, l’alginate de potassium, et le sulfate de calcium pour le clarifier
- des tanins pour l’enrichir
- l’acide lactique et l’acide tartrique pour l’acidifier
- l’acide ascorbique et l’acide citrique, l’acide métatartrique, la gomme d’acacia (gomme arabique), le bitartrate de potassium, pour le stabiliser
- des copeaux de chêne pour enrichir le goût et la couleur
Bien entendu ces différents ingrédients devront provenir de matières premières d’origine biologique… mais seulement « si elles sont disponibles »…
En outre la nouvelle réglementation autorise des techniques discutables comme le chauffage des moûts (jusqu’à 70°) ou l’osmose inverse.
Reste le cas du soufre pour lequel, si les doses autorisées dans la réglementation bio sont revues à la baisse, elles restent très élevées, bien plus en tout cas que celles des organismes certificateurs bio comme Nature et Progrès ou Demeter.
Bref, on reste très loin de l’exigence des “vrais” vignerons bio qui, du coup, perdront de la “visibilité” dans l’esprit du consommateur moyen. C’est toute la limite d’une réglementation qui vise bien plus le vin “industriel” que le vin artisanal. Le vrai problème c’est que sous l’étiquette “vin bio” on trouvera désormais des vins “un peu bio” et des vins “très bio”. Aux consommateurs avertis, comme ceux d’iDealwine, de savoir faire la différence !
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