Archive for the ‘Actualités’ Category

Bordeaux : Bernard Magrez, l’homme aux 40 châteaux !

avril 26th, 2012 by Rédaction iDealwine
Bernard Magrez, homme d’affaires bordelais bien connu des amateurs de vin pour ses multiples propriétés possédées dans la région (dont Pape Clément), vient d’acheter trois nouveaux domaines, portant au chiffre impressionnant de 40 le nombre de châteaux à son patrimoine !
Les trois dernières acquisitions de cet autodidacte à la réussite insolente sont les châteaux Romer, un deuxième cru classé de Sauternes, Malleprat, un Pessac-Léognan et Moulin d’Ulysse, un Listrac-Medoc. Château Romer lui apporte 7 hectares. Le Château Malleprat dispose quant à lui de 14,4 hectares de Graves blanc et rouge et de chais refaits à neuf, et le Château Moulin d’Ulysse de 11 hectares en appellation Listrac Médoc.
Trois domaines dont le prix d’acquisition restera secret. « Les familles bordelaises détestent vendre et détestent encore plus dire à quel prix », a déclaré l’heureux acquéreur. Quoi qu’il en soit, ces deux opérations portent à 40 le nombre de domaines détenus par Bernard Magrez. Ses enfants, Philippe et Cécile, sont respectivement directeur à l’export et directeur financier du groupe de leur père.
Bernard Magrez a commencé son ascension dans les années 1960 comme négociant en vins et spiritueux auprès des supermarchés naissants, avec des marques comme William Peel (whisky), William Pitters (porto) et Malesan (vins de Bordeaux), marques qu’il a revendues au début des années 2000. En 1990 il a commencé à acquérir des châteaux bordelais en débutant par la perle de sa future collection, Château Pape-Clément. Viendront ensuite, entre autres, Château Fombrauge à Saint-Emilion, Château La Tour Carnet (Haut-Médoc), puis bien d’autres domaines, essentiellement dans le Bordelais.
A soixante-seize ans, Bernard Magrez témoigne donc toujours d’une envie inextinguible d’agrandir les limites de son groupe qui pèse aujourd’hui plus de 1000 hectares de vignes et 4,5 millions de bouteilles vendues chaque année dans le monde, dont 1 million classées en grand cru, pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 50 millions d’euros. La valeur du groupe est estimée à 600 millions d’euros.
Le prochain grand événement pour les Magrez sera l’éventuelle promotion en grand cru classé de son château Fombrauge à Saint-Emilion. Si le comité d’experts lui accorde cette reconnaissance, il détiendra alors quatre grands crus classés, une position presque unique dans le Bordelais. Réponse mi-juin au terme de la révision du classement de Saint-Emilion.
La cote iDealwine de Château Pape Clément
Vin
Cote

iDealwine
Tendance
Château Pape Clément 2006 57 € -
Château Pape Clément 2005 125 € +
Château Pape Clément 2004 54 € =
Château Pape Clément 2003 64 € -
Château Pape Clément 2002 64 € -
Château Pape Clément 2001 73 € =
Château Pape Clément 2000 108 € +
A lire également :
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Opération "Saint-Emilion Portes Ouvertes" : c’est ce week-end !

avril 25th, 2012 by Rédaction iDealwine

Les vignobles de Saint-Emilion, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion organisent du samedi 28 avril au mardi 1er mai une opération “Portes Ouvertes” qui permettra de partir à la découverte de ces appellations avec de nombreuses animations.

Cette année « Saint-Emilion Portes Ouvertes » se déroulera sur quatre jours ! Du samedi 28 avril au mardi 1er mai 2012, un rendez-vous incontournable avec les viticulteurs des appellations de Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion qui ouvrent leurs portes pour accueillir les visiteurs, partager leur passion et faire découvrir et déguster leurs vins, le temps d’une échappée belle dans le vignoble.

De nombreuses nouveautés sont au programme cette année :

  • un diner vigneron sera organisé dans la salle des Dominicains le samedi 28 avril en présence de la Jurade de Saint-Emilion, Les viticulteurs des trois appellations partageront ce moment de convivialité et présenteront leurs vins au cours du repas (25€ par personne vin compris, 12€ moins de 12 ans)
  • des dégustations de Grands Crus Classés de Saint-Emilion animées par un œnologue auront lieu à la Maison du Vin de Saint-Emilion
  • des circuits en bus seront proposés aux visiteurs les dimanche 29 et lundi 30 avril : ces navettes gratuites permettront de relier l’ensemble des châteaux ouverts à cette occasion
  • deux tentes d’accueil seront disposées à chaque extrémité de la cité afin de renseigner, guider et accompagner les visiteurs.

Enfin, un jeu concours permettra aux participants de gagner des bouteilles des différentes appellations situées autour de Saint-Emilion.

Pour tout complément d’information (en particulier pour obtenir la liste complète des châteaux participant à cette opération) : http://www.saint-emilion-tourisme.com/fr/agenda.html?id=66&m=4

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Fonds d’investissement dédiés au vin : un placement à haut risque

avril 24th, 2012 by Rédaction iDealwine

Avant d’investir ses économies dans un fonds dédié au vin, il est préférable d’y regarder à deux fois. Au cours des quatre dernières années, pas moins de 50 entreprises du secteur ont mis la clé sous la porte en Grande Bretagne, d’après un article du Decanter. Soit, pour les clients, une perte cumulée de 100M£ !

En Grande-Bretagne, le vin n’est pas seulement un produit destiné à être dégusté. Les grands crus constituent, et ce n’est pas récent, un support de placement, voire de spéculation, commercialisé à grande échelle par des intervenants pas toujours scrupuleux. Plusieurs faillites ont en effet défrayé la chronique ces derniers mois. Celle de la société Bordeaux UK a fait perdre à ses souscripteurs 10 millions de livres au total, dont seulement 20% devraient être récupérés par les clients spoliés. Mais d’après le liquidateur de cette entreprise, la liste des faillites frauduleuses est en réalité beaucoup plus longue : parmi les noms incriminés pour faillite ou ventes en primeur non couvertes de grands crus bordelais (tout particulièrement sur le millésime 2005), on trouve ceux de Beaumont Vintners, Templar Vintners Ltd, International Wine Commodities Ltd ou encore Bordeaux Wine Trading Ltd. Soit, d’après l’estimation du liquidateur, une cinquantaine de cas de dépôt de bilan qui auraient entraîné, pour les clients, des pertes estimées à 100M£. Voici qui devrait faire réfléchir avant de placer son argent en dans les grands crus !

Faut-il rappeler que l’investissement dans le vin est tout sauf un placement de néophyte, qu’il nécessite un degré de connaissance avéré du marché des grands crus et de ses intervenants ? Car la tentation de confier son épargne à un fonds dédié à l’investissement vin ne vous exonérera pas d’un suivi attentif des options d’achat, ou de revente, adoptées par le fonds. Et aussi, mais ça semble évident, pour la part consacrée aux achats de Bordeaux en primeur, il vous sera impératif d’obtenir des garanties sur la réservation effective des vins acquis.

Précieux indicateurs iDealwine

Vous qui lisez le Blog iDealwine – c’est un bon début ! – vous pouvez y retrouver les analyses des grandes tendances du marché ainsi que la publication régulière des indices WineDex, comparés à ceux de la Bourse. Le baromètre annuel iDealwine du marché des ventes aux enchères de vin livre aussi une gamme complète d’indicateurs destinés à accompagner les amateurs dans leurs choix de placement. A lire attentivement avant tout investissement-vin, soit à titre personnel, soit au travers d’un fonds dédié aux grands crus.

Source : Decanter

Consultez la rubrique Conseils

En savoir plus sur le Baromètre annuel des enchères d’iDealwine

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Un vin du Jura millésimé 1774 prochainement aux enchères

avril 23rd, 2012 by Rédaction iDealwine

Une bouteille de vin jaune du Jura, produite en 1774, sera prochainement adjugée chez Christie’s en Suisse. Un flacon qui n’est pas sans rappeler celui qui avait enflammé les enchères de la Percée du vin Jaune en 2011.

Serait-ce le même flacon ? Ou plus vraisemblablement son frère ? Un vin jaune d’Arbois de la maison Vercel avait en effet suscité des enchères record lors de la traditionnelle Percée du Vin Jaune en février 2011. Au point qu’iDealwine l’avait placé dans le TOP 10 des enchères les plus exceptionnelles de l’année ! Ce flacon ancien avait en effet été adjugé, 57000€ (soit 65179€ frais compris), à Arbois. Un prix rarement atteint dans cette vente aux enchères de vin.

Les questions se multiplient autour de ce lot dont on pouvait jusque-là penser qu’il était d’une absolue rareté : La famille propriétaire, descendante des Vercel, en possède-t-elle d’autres ? Combien dans ce cas ? Autant de questions qui pèseront, lors de la vente, sur le prix que ce flacon d’une contenance de 87 cl est susceptible d’atteindre. Réponse en mai prochain à Genève.

Quelques belles enchères enregistrées lors de la vente de la Percée du vin jaune :

Percée du vin jaune – Edition 2012

Vin jaune de Château-Chalon 1870 : 6289€

Percée du vin jaune – Edition 2011

Vin Jaune d’Arbois 1821 – Maison Vercel : 8004€

Côtes du Jura vin de Paille 1893 – Domaine Bourdy (1/2 bouteille) : 3659€

Marc du Jura 1868 – Domaine Bourdy : 2744€

Percée du vin jaune – Edition 2010

Vin jaune 1929 – Domaine Pelletier : 709€

Vin jaune de Château-Chalon 1971 – Juste Macle : 549€

Vin jaune 1928 – Caves Jean Bourdy : 457€

Vin jaune 1934 – Caves Jean Bourdy : 515€

Le vin jaune, c’est quoi ?

Favori de Henri IV, Nicolas II et Metternich, le vin jaune du Jura est un défi aux techniques modernes de vinification. Les méthodes employées s’apparentent à celles adoptées pour la production de Xeres. Les vignerons attendent le plus tard possible pour vendanger des raisins en sur-maturité, dont le taux d’alcool avoisine les 15%. Une fois les fermentations achevées, le vin est placé dans de vieux tonneaux de chêne que l’on ne remplit pas complètement. Il vieillit pendant six ans et trois mois conformément à la réglementation. Progressivement, un voile de levures apparaît en surface et prend toute sa consistance au bout de deux à trois ans. Le vin se transforme ainsi lentement en vin jaune. Le bouquet s’amplifie et développe des arômes de noix d’une exceptionnelle persistance. Avis aux amateurs : le vin jaune, qui doit être ouvert une bonne demi-journée avant d’être dégusté, se boit chambré, autour de 17°. A vin unique, format unique : le célèbre clavelin, d’une contenance de 62cl, censée représenter ce qui reste d’un litre de vin à l’issue de six ans de conservation en fût. La qualité gustative du vin jaune (élaboré seulement dans les grandes années) n’a d’égal que son incroyable capacité de vieillissement (cinquante ans au minimum, et jusqu’à cent pour les meilleurs domaines tels que le Château d’Arlay).

Consultez les plus belles enchères de l’année 2011 dans le Baromètre des enchères iDealwine

A lire également :

La Percée du Vin Jaune à l’épreuve du froid

Château-Chalon : vers une enchère record ?

Enchère historique pour une bouteille de vin jaune d’Arbois de 1774

Voir les ventes de vin du Jura sur iDealwine

Quels accords sur un vin jaune ?

Dégustations : les réussites de "l’autre Champagne"

avril 20th, 2012 by Philippe Barret

Depuis quelques années plusieurs associations de vignerons champenois reçoivent mi avril les professionnels – et quelques amateurs – pour présenter les “vins clairs” de l’année et leurs plus belles cuvées de champagne. Un événement qui permet de découvrir une “autre Champagne”.

On l’oublie un peu trop rapidement : la Champagne ne se résume pas à quelques belles maisons prestigieuses – et un peu guindées – qui mettent parfois autant de marketing que de vin dans leurs bouteilles. Non, la Champagne c’est aussi des vignerons sincères et conviviaux, qui ressemblent à leurs collègues du Beaujolais ou des Côtes du Rhône, et qui produisent des vins magnifiques, reflétant avec bonheur les qualités de leurs terroirs. Car ce sont des vignerons qui cultivent leurs sols, ce qui reste malheureusement une rareté en Champagne…

Trois associations de vignerons présentaient ainsi leur production dimanche 15 et lundi 16 avril lors de trois événements distincts : le Salon Terres et Vins de Champagne à Aÿ, le Salon Terroirs et Talents de Champagne à Epernay, et le Salon Trait-d-union à Avize. Lors de ces trois événements, tous les vignerons faisaient déguster à la fois leurs “vins clairs” du millésime 2011 (c’est à dire des vins blancs tranquilles, pas encore transformés en bulles) et trois cuvées de champagne.

Trois dégustations vraiment qualitatives, mais puisqu’il faut bien faire un choix, voici une sélection de nos meilleurs moments.

Salon Terres et Vins de Champagne à Aÿ

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le plus important de ces trois salons. Important par le nombre de vignerons présents mais aussi par la haute qualité homogène des vins présentés. Et, parmi les 19 producteurs de ce salon, trois domaines d’ailleurs présents dans l’Offre iDéale actuellement en ligne : Francis Boulard, Franck Pascal et Françoise Bedel !

Chez Francis Boulard, une magnifique cuvée Petrea (solera de vins allant de 1997 à 2007) au nez fascinant de complexité et à la bouche en rapport, très vineuse mais qui reste délicate, un champagne qui donne envie de passer à table !

Franck Pascal présentait en particulier les deux cuvées en vente dans en ce moment sur iDealwine : Sagesse, un Brut Nature assez strict et offrant une buvabilité qui incite à en faire le compagnon de vos apéritifs estivaux, et Harmonie 2004, vineux, dense, au style délicatement tendu et aérien, avec une matière goûteuse et une finale offrant une belle longueur.

Chez Françoise Bedel on pouvait goûter les deux “cuvées iDealwine” : Origin’elle toujours aussi facile à boire, délicat et aérien, laissant le palais bien frais et Entre Ciel et Terre plus dense, plus vineux, mais toujours aussi digeste, surtout en version Extra Brut (celle qui est présentée dans notre Offre iDéale).

Parmi les autres vignerons présents à ce magnifique salon, il est vraiment difficile d’en mettre un plus en valeur qu’un autre tant, une fois encore, le niveau était homogène et élevé. Quelques coups de cœur tout de même : Les Vignes d’Autrefois des Frères Laherte (100% pinot meunier issu de très vieilles vignes), un vin d’une incroyable pureté cristalline ; la cuvée 5 Sens d’Olivier Horiot (trois cépages classiques, pinot noir, pinot meunier et chardonnay et deux cépages plus rares, le pinot blanc et l’arbanne, tous à égalité), un champagne complexe possédant beaucoup de personnalité et reflétant un terroir très présent ; les trois cuvées de Dominique Moreau (sous la marque Marie Courtin, du nom de la grand-mère de Dominique) toutes trois absolument remarquables de pureté cristalline, de maturité de raisin, d’expression naturelle de la matière, des cuvées qui portent les jolis nom d’Eloquence, de Résonnance et Concordance ; L’Artiste 2006 de David Léclapart, là aussi une cuvée d’une pureté remarquable, très naturelle dans son expression, avec une minéralité marquée en finale (sensation nette de sels minéraux sur le palais) et enfin le Blanc de Noirs Brut Nature de Benoît Lahaye (100% pinot noir sur une base 2007/2008), un magnifique champagne très complet, dense avec une matière offrant beaucoup de goût, vineuse mais étirée en finesse.

Salon Terroirs et Talents de Champagne à Epernay

Quelques belles révélations ou confirmations. Côté révélations la palme revient probablement à Sélèque qui présentait des champagnes extrêmement droits et purs avec beaucoup de finesse et de délicatesse, que ce soit la Cuvée Spéciale (50% chardonnay, 30% pinot meunier, 20% pinot noir) ou la cuvée Or Blanc , un pur chardonnay d’une superbe finesse.

Côté confirmations, de prometteurs vins clairs 2011 et de très beaux champagnes chez Philippe Gonet, que l’on connait bien chez iDealwine, avec des cuvées régulièrement proposées en Offre iDéale. Lors de cette manifestation, on pouvait déguster : Extra Brut 3210 (pour 3 années, 2 terroirs, 1 cépage – chardonnay -, 0 dosage), frais, délicat, digeste, idéal pour l’apéritif ; la cuvée Roy Soleil à la fois fine, délicate avec une finale salivante et tonique, et la luxueuse cuvée Belemnita 2004, une sélection de vieilles vignes du Mesnil-sur-Oger sur un terroir unique qui donne un caractère fou à cette bouteille. Confirmation encore avec Janisson-Baradon et Fils (Toulettes 2005, un pur chardonnay de vieilles vignes, matière très mûre, jolie finale minérale et Tue-Bœuf 2005 à la grande personnalité, un pur pinot noir dense, vineux, mais sans lourdeur).

Salon Trait-d-union à Avize

Six vignerons au sommet réunis dans les chais d’Anselme Selosse, autant dire qu’on se bousculait sérieusement devant les stands… Remarquable Terre de Vertus 2007 Non Dosé de Larmandier-Bernier fin et tendu, goûteux avec une belle minéralité crayeuse (vendu en Offre iDéale en décembre dernier…) et un magnum de Vieilles Vignes de Cramant 1996 absolument somptueux. Egalement un superbe Jacquesson Corne Bautrée 2002 vineux mais restant délicat sur de magnifiques notes de craie.

Chez Egly-Ouriet c’était paradoxalement la “simple” cuvée Brut Tradition qui se goûtait le mieux (finesse et densité, matière riche mais élégante). Enfin chez Selosse, rien à recracher ! Initial (assemblage de 2002/2003/2004) est une belle introduction au style vineux et légèrement oxydatif du domaine, V.O. (assemblage de 2000/2001/2002) est à la fois vineux, dense et aérien, un superbe équilibre, et enfin, Millésime 2002 est un très grand champagne de repas, matière pleine, goûteuse, finale minérale et très longue. Grand !

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Dégustation : concours SPIT chez Bollinger, quelques heures dans la peau d’un juré

avril 18th, 2012 by Angelique de Lencquesaing

Samedi dernier, la maison Bollinger accueillait 12 grandes écoles et universités, venues s’affronter pour la quatrième édition du bien nommé SPIT, Sciences-Po International Tasting. Comme iDealwine est partenaire de ce prestigieux concours depuis son origine, les organisateurs m’avaient demandé de prendre part au jury. A leurs risques et périls. Récit d’une journée pas comme les autres.

Dans la vie d’un juré, les épreuves débutent parfois assez tôt. En route pour la gare de l’Est, le chauffeur de taxi me demande ce qui a bien pu me tirer du lit de si bon matin. Je lui raconte le concours de dégustation, les étudiants, le jury, etc.

- Donc vous êtes œnologue ?

- Non, pas exactement.

- Mais alors, qu’allez-vous faire là-bas ?

A ce stade, vous qui n’avez pas le son, notez bien le septicisme, voire la petite note de machisme qui pointe dans son propos. Je me défends comme je peux : ça fait un peu plus de dix ans que je vends du vin tout de même ! Que j’écris, de temps en temps. Que je lis, beaucoup. Que je déguste, régulièrement. J’ajoute, accessoirement, que je suis passée, moi aussi par les bancs de l’école organisatrice de ce concours. Entre nous, il n’a pas eu l’air à 100% convaincu.

J’arrive chez Bollinger, un soleil timide caresse les vignes qui ceinturent le village d’Aÿ. La Champagne s’inquiète des épisodes de gel qui ont frappé le vignoble ces jours-ci. Les étudiants sont déjà assis : jeunes gens cravatés, jeunes filles pomponnées. Tous concentrés, prêts à en découdre. 12 grandes écoles, à raison de trois étudiants par équipe, participent au SPIT 2012. Venus de toute l’Europe, ils ont franchi la première étape de la sélection : une épreuve de dissertation écrite. On ne refait pas à l’IEP. Vainqueurs de l’édition 2011, les Anglais d’Oxford sont tapis dans un angle, en embuscade. C’est l’équipe à abattre, on les aura à l’œil. Jérôme Philipon, Président de Champagne Bollinger, et Matthieu Kauffmann, chef de cave de la maison, accueillent chaleureusement les participants. Je rejoins le jury où siège également Bernard Burtschy, journaliste au Figaro.

L’organisation est parfaitement huilée. Sébastien Burel a délaissé un temps ses caméras de Vinomaniacs pour animer cette journée. Il nous aiguise les neurones (et achève de réveiller ceux qui dormaient encore un peu) avec les premières questions de l’épreuve. Les grands sujets y passent : cépages, régions, vinification… Pendant ce temps nos verres se remplissent, servis avec soin par les étudiants de Sciences Po. Trois champagnes qu’on va nous demander de classer du plus ancien au plus jeune. D’emblée, les instigateurs du concours ont placé la barre très haut. Ces champagnes sont sublimes. Normal, il s’agit de la cuvée R.D. Quand je vous dis qu’on est toujours bien reçu chez Bollinger*. Les millésimes se révèlent être 1995, 1996, 1997. Allez nous hiérarchiser ça, vous qui lisez cet article, confortablement tapi derrière votre écran ! Il n’est encore que 10 heures du matin, mais c’est déjà un crève-cœur que de recracher ces vins. Allez, on crache quand même, ça ferait mauvais effet, un jury pompette dès le début de la première manche.

Les dégustations sont entrecoupées de questions auxquelles les étudiants répondent en brandissant une ardoise. Les organisateurs déploient des trésors d’ingéniosité pour nous tendre des pièges. Pas de chance pour eux, lorsqu’il s’agit, par exemple, de situer l’Okanagan valley, la Bocconi de Milan affiche sans sourciller la bonne réponse : l’un des étudiants de l’équipe est précisément originaire de cette vallée nichée au fin fond de la Colombie Britannique !

Trois vins blancs nous sont ensuite présentés. Il nous faut repérer le chardonnay. Jusque-là tout va bien. Question suivante : le pays dudit cépage… Gloups. Les blancs sud-américains n’ont jamais été ma spécialité Celui-ci est un chardonnay chilien (Vina Aquitania 2008). Et la provenance des autres vins ? Verre de droite, l’Alsace, ça j’en suis sûre. L’air de rien, je jette un regard oblique sur la feuille de mon voisin. Après tout, un jury, ça doit travailler en équipe, non ? Nous ne sommes pas d’accord. Je tremble. Ce vin se révèlera quand même être un riesling 2009 signé Zind-Humbrecht. Soulagement. Verre de gauche ? Décidément j’ai un peu de mal avec la gauche, ces temps-ci, impossible de trouver. La Loire, sans doute ? Derrière ce mystérieux chenin se cache en effet un savennières Clos du Papillon 2006 du domaine du Closel.

Un round de questions plus tard, trois vins rouges s’avancent. Le cépage ? Une syrah, ça c’est acquis. Le vin français ? Aisément identifiable. La provenance ? Le Rhône, sans aucun doute. Bernard Burtschy n’arrête pas de dire que c’est facile. Moi, j’atterris juste à côté de la cible, en côte-rôtie. C’est un Saint-Joseph, en fait. Là, je m’en veux doublement : il s’agit de la cuvée les Serines 2010 d’Yves Cuilleron, que nous goûtons et proposons régulièrement à nos clients lors des Offres iDéales. J’aurais dû aussi me souvenir que Cyrille Jomand, président d’iDealwine, cultive une tendresse particulière pour cette appellation : son fils aîné s’appelle Joseph, c’est vous dire s’il aime ces vins. Vous comprenez maintenant pourquoi les ventes à prix fixe d’iDealwine en regorgent.

Mais le supplice ne s’arrête pas là. Il nous faut maintenant identifier les pays producteurs des deux autres syrahs. Tandis que je me débats avec les arômes gorgés de vanille, de bois et de noix de coco qui s’échappent de nos verres, mon voisin, brillant, assène, dans le bon ordre : Chili et Australie. Il a tout bon, Bernard Burtschy. La prochaine fois je copierai. A ma droite, Jérôme Philipon cultive la discrétion. Il note rapidement et retourne sa feuille dans la foulée. Impossible de tricher !

La première manche de cette finale est terminée. Les trois meilleures équipes sont sélectionnées pour l’épreuve ultime : Paris-Dauphine tient la corde, suivi d’Oxford (tiens tiens…) et de Saint Andrews. Ouf, une université française s’est qualifiée en tête de la compétition, l’honneur est sauf. On sert aux finalistes un champagne et un vin rouge. Il leur est demandé de présenter les vins et si possible, d’en déduire la provenance ainsi que le millésime. Le représentant d’Oxford s’avance. Précis, minutieux. Pas un mot en trop. Brillant. Son analyse et sa description sont parfaites. Auraient-ils par hasard caché dans leur équipe un œnologue déguisé en étudiant ? Saint-Andrews enchaîne. Là, le style est complètement différent. Manifestement, l’hédonisme est inscrit au programme de cette université écossaise : l’étudiant émaille son discours d’alléchantes propositions d’accords mets et vin. Pour finir, le représentant de Dauphine analyse les deux vins avec méthode. Ses propos sont bien structurés. Aucune équipe n’a réussi à identifier exactement les vins, un Bollinger Grande Année 2002 et un Château Palmer 1998. Mais ce n’est tout de même pas moi qui vais leur jeter la pierre.

La séance est levée, toute la petite troupe s’égaie dans les jardins de Madame Bollinger pour un apéritif au Special Cuvée. Le SPIT est terminé : bonne nouvelle, on ne crache plus. Vient ensuite un délicieux déjeuner accompagné successivement de trois cuvées de Champagne. Chacune d’elle est présentée par Matthieu Kauffmann qui sait de quoi il parle : n’oublions pas que c’est lui leur géniteur, d’une certaine manière. En entrée, le Special Cuvée, brillant porte-drapeau de la maison Bollinger. Pour suivre, une vibrante Grande Année 2002. Et, sur le dessert, voluptueux, un Bollinger rosé. Quel grand moment de convivialité !

Le jury – c’est-à-dire nous – livre son verdict à la fin du repas : l’équipe d’Oxford s’est à nouveau imposée et remporte l’édition 2012 ! J’apprendrai plus tard que les étudiants de la prestigieuse université britannique s’entraînent à la dégustation – à l’aveugle, toujours – à raison de trois à quatre séances par semaine : soit beaucoup, beaucoup plus souvent que nombre de professionnels, dont moi, bien sûr. L’université de Paris-Dauphine se hisse en deuxième position sur le podium, suivie de Saint-Andrews. Les participants se dispersent et partent à la découverte des caves de la maison Bollinger. Le train m’attend. Je m’éclipse, trop heureuse d’avoir partagé quelques heures magiques avec nos hôtes d’Aÿ, les étudiants et le jury : bravo aux organisateurs, à Sébastien Burel et Philippe-Alexandre Bernatchez, tuteurs de cette édition, et merci à Jérôme Philipon et à Matthieu Kauffmann pour leur accueil !

Bravo aussi à vous, chers étudiants, qui m’avez impressionnée samedi par votre curiosité et un niveau de connaissances qui témoigne d’une pratique déjà avérée de la dégustation. Persévérez dans votre apprentissage – en toute modération, s’entend…. L’univers du vin est un monde de culture passionnant et tellement convivial, qui vous ouvrira bien des portes : pourquoi pas celles d’iDealwine par exemple, le temps d’une dégustation, au moins ? Vous êtes les bienvenus.

Continuez à vous entrainer et… préparez-vous : qui sait, un jour, vous participerez peut-être à votre tour à un jury, vous aussi. Et vous constaterez alors qu’il n’est pas forcément de tout repos de passer de l’autre côté de la barrière. Juré… craché !

*Voir notre article Une journée chez Bollinger

Le palmarès du SPIT 2011 :

1e – Oxford

2ème – Paris – Dauphine

3ème – Saint Andrews

3ème – SDA Bocconi (Milan)

4ème (ex aequo)

  • ESCP
  • Cambridge

6ème – ESSEC

7ème – Ecole Hôtelière de Lausanne

8ème – SKEMA

9ème – Reims Management School –une équipe 100% féminine !

10ème (ex aequo)

  • London School of Economics
  • Ecole Polytechnique

Plus de photos sur : http://www.facebook.com/#!/SciencesPoInternationalTasting

A lire également :

Oxford remporte le Concours SPIT 2011 chez Bollinger

Une journée chez Bollinger

Cambridge remporte le concours SPIT 2010 chez Bollinger

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Primeurs 2011 : après la sortie de Château Lafite, quel prix de vente pour les crus classés de Bordeaux ?

avril 18th, 2012 by Angelique de Lencquesaing
Lundi, Château Lafite a pris le monde du vin de court, en annonçant la mise en vente de son millésime 2011. Avec un prix de vente compris entre 450 et 490€ HT pour les particuliers. Une baisse, certes, mais suffisante ?
Une fois n’est pas coutume, c’est un premier cru classé qui a ouvert le bal des primeurs. Nous savions que Christophe Salin, Directeur général des Domaines Baron de Rothschild, avait de longue date affiné sa stratégie. Non seulement pour ce qui concerne le prix, mais aussi la date de commercialisation du millésime 2011 de son Château Lafite. Et il a indéniablement créé l’évènement lundi dernier en annonçant, avant tous les autres crus classés de Bordeaux, un prix de vente fixé à 350€ pour les négociants. Pour les particuliers le tarif est compris, selon les marchands qui proposent déjà le vin à la revente, entre 450€ HT et 490€ HT. A première vue, ce prix peut sembler attractif en regard de celui des millésimes disponibles dans les ventes aux enchères françaises :
Vin
Cote

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Tendance
Château Lafite Rothschild 2008 777 € -
Château Lafite Rothschild 2007 585 € -
Château Lafite Rothschild 2006 625 € -
Château Lafite Rothschild 2005 1 000 € +
Château Lafite Rothschild 2004 511 € -
Château Lafite Rothschild 2003 946 € -
Château Lafite Rothschild 2002 573 € -
Château Lafite Rothschild 2001 566 € -
Château Lafite Rothschild 2000 1 589 € -
La plupart des millésimes s’affiche à des niveaux de cours supérieurs à celui du Lafite 2011 en primeur. Mais attention, d’une part, pour obtenir le prix réellement payé par l’acheteur particulier, il faudra in fine y ajouter la TVA (soit, à priori, 19.6%, voire plus, dans deux ans). Une fois cette taxe incluse, le prix final dépasse, on le voit, la cote iDealwine actuelle des millésimes 2007, 2004 et 2002. On parle là de « petites » années certes, dont il est compréhensible qu’elles ne figurent pas parmi les plus cotées. Mais ne faut-il pas voir là, tout de même, le signe d’une baisse insuffisante du tarif 2011 ? Car la tendance constatée dans les ventes aux enchères de vin ne s’inscrit pas aujourd’hui réellement à la hausse sur les vins de ce premier cru classé de Pauillac. La clientèle des amateurs français et même européen s’est depuis deux ans détournée de ce vin, jugé trop cher. Quant aux spéculateurs voués à le revendre en Chine, ils constatent une réticence croissante à de la part des marchés asiatiques.
Château Lafite, qui affiche un 2011 certes en repli de 30% par rapport au prix du millésime 2010, n’aura donc pas pour autant choisi de redescendre au niveau attractif atteint pour les primeurs 2008. Niveau que nombre d’observateurs appelaient pourtant de leurs vœux. Rappelons que la campagne primeurs 2008 avait été péniblement lancée, au plus fort d’une crise économique et financière ravageuse. Ce millésime plutôt classique, sans relief particulier, avait été ainsi été commercialisé à des tarifs d’une grande sagesse.
Aujourd’hui, force est de constater que la situation économique n’est pas tellement plus favorable que celle qui prévalait lors de la vente des 2008. Certes, la spéculation asiatique est un temps venu gonfler le prix de certains vins, dont ceux de Lafite. Pour d’autres, la demande mondiale aidant, les prix se sont correctement appréciés. Pour une troisième catégorie les performances sont un peu moins brillantes. iDealwine vous rappelle les tarifs affichés il y a trois ans lors des primeurs 2008, en les comparant à leur cote actuelle dans les ventes aux enchères. Nous vous les livrons pour mémoire, mais aussi pour vous fournir quelques indications de prix à l’orée de la campagne primeurs 2011. Indications que peu de châteaux semblent prêts à suivre…
Notre conseil : avant d’acquérir un vin en primeur, jetez un œil à la cote iDealwine ! Et regardez bien les cours actuels des 2008, bien sûr, mais aussi celui des « petits » millésimes récents produits par ce même domaine.
Vin
Appellation Tarif

Primeur
Millésime 2008

Cote

iDealwine Millésime 2008

Variation

%

Pavillon Rouge du Château Margaux Margaux 36 € 141 € 291,67%
Château Margaux Margaux 179 € 420 € 134,64%
Château d’Issan Margaux 29 € 38 € 31,03%
Château Brane Cantenac Margaux 28 € 33 € 17,86%
Château Palmer Margaux 111 € 116 € 4,50%
Les Carruades de Lafite Pauillac 49 € 233 € 375,51%
Château Lafite Rothschild Pauillac 179 € 699 € 290,50%
Château Duhart Milon Pauillac 29 € 104 € 258,62%
Château Mouton Rothschild Pauillac 163 € 452 € 177,30%
Les Forts de Latour Pauillac 63 € 165 € 161,90%
Château Lynch Bages Pauillac 44 € 73 € 65,91%
Château Pichon Longueville Baron Pauillac 59 € 94 € 59,32%
Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande Pauillac 54 € 80 € 48,15%
Château Beychevelle Saint-Julien 29 € 50 € 72,41%
Château Léoville Las Cases Saint-Julien 107 € 157 € 46,73%
Château Léoville Barton Saint-Julien 37 € 52 € 40,54%
Château Gruaud Larose Saint-Julien 32 € 40 € 25,00%
Château Branaire Ducru Saint-Julien 31 € 36 € 16.13%
Château Montrose Saint-Estèphe 57 € 89 € 56,14%
Cos d’Estournel Saint-Estèphe 84 € 106 € 26,19%
Château Calon Ségur Saint-Estèphe 32 € 38 € 18,75%
Château Haut-Marbuzet Saint-Estèphe 27 € 27 € 0,00%
Château Latour Pessac-Leognan 179 € 778 € 334,64%
Château Pape Clément Pessac-Léognan 89 € 110 € 23,60%
Château Carbonnieux Pessac-Léognan 22 € 25 € 13,64%
Château Haut-Bailly Pessac-Léognan 46 € 52 € 13,04%
Domaine de Chevalier Pessac-Léognan 33 € 35 € 6,06%
Château La Conseillante Pomerol 57 € 92 € 61,40%
Vieux Château Certan Pomerol 50 € 80 € 60,00%
Château Gazin Pomerol 39 € 58 € 48,72%
Château L’Eglise Clinet Pomerol 99 € 147 € 48,48%
Château Clinet Pomerol 46 € 58 € 26,09%
Château l’Evangile Pomerol 81 € 75 € -7,41%
Château Troplong Mondot Saint-Émilion 52 € 88 € 69,23%
Château Angélus Saint-Émilion 81 € 128 € 58,02%
Château Pavie-Macquin Saint-Emilion 37 € 58 € 56,76%
Château Figeac Saint-Émilion 57 € 68 € 19,30%
Château Pavie Saint-Emilion 128 € 140 € 9,38%
Château Cheval Blanc Saint-Émilion 407 € 443 € 8,85%
Château Canon Saint-Emilion 49 € 49 € 0,00%
* Tarif primeur 2008 : tarif particulier, TTC
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Primeurs : Château Latour crée l’évènement

avril 17th, 2012 by Angelique de Lencquesaing

Château Latour

A peine les dégustations primeurs achevées, voici que le château Latour lance un sacré pavé dans la mare bordelaise. Durant le week-end, le premier cru classé de Pauillac a en effet confirmé sa décision de sortir du système de commercialisation en primeur à compter du millésime 2012.

Le début de semaine s’annonçait pourtant calme : Bordeaux se remet tout juste des semaines intensives de dégustation des primeurs 2011. Et voici que le Château Latour, par un courrier adressé aux négociants, lance une annonce tonitruante : le cru classé de Pauillac se retirera du système de vente en primeur à compter du millésime 2012. La décision ne surprend pas. D’année en année, les volumes disponibles à l’achat en primeur se réduisaient comme peau de chagrin. Il devenait évident que le domaine, propriété de l’homme d’affaires François Pinault, affinait une stratégie alternative.

C’est désormais public : les négociants ont été prévenus dans le week-end, et avec un an de préavis, que le château Latour ne serait plus proposé à la vente à compter du millésime 2012. Frédéric Engerer, le Directeur du domaine, précise, et c’est le Wine Spectator qui le dit, que le Grand vin de Château Latour vieillira tranquillement dans ses ch

la salle de dégustation de Château Latour

ais 10 à 12 ans avant d’être commercialisé. Pour les Forts de Latour, le vrai-faux second vin, il faudra patienter sept ans. Quant au troisième vin (Pauillac de Château Latour), il est traditionnellement mis sur le marché quelques années après sa mise en bouteilles et rien ne devrait changer. Les causes de cette décision ? Elles sont multiples : il s’agit d’abord, selon M. Engerer, d’éviter que les flacons de ce vin réputé pour sa garde ne soient ouverts et dégustés trop jeunes. Par ailleurs, le but est de limiter les échanges avant que le vin ne parvienne à maturité. Enfin – et c’est peut-être la raison principale – Latour entend conserver la majeure partie de la marge commerciale lors de la vente. Une logique qui peut être mise en œuvre à condition d’avoir les moyens (et la place !) de stocker 10 à 12 ans de production. S’agissant des propriétaires de Château Latour, la question ne se pose pas. Mais quid des autres domaines ?

La cote iDealwine des vins de Château Latour

Cote

iDealwine

Tendance
Château Latour 2005 734 € -
Château Latour 2004 320 € -
Château Latour 2003 734 € =
Château Latour 2001 354 € -
Château Latour 2000 845 € -
Château Latour 1996 503 € -
Château Latour 1995 374 € -
Château Latour 1990 524 € -

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La réglementation européenne des vins bio : un vrai progrès ?

avril 16th, 2012 by Rédaction iDealwine

Une nouvelle réglementation européenne sur le vin bio s’appliquera en août prochain. Pour obtenir le label bio européen, il faudra désormais justifier non seulement de raisins bio, mais aussi d’une vinification respectant ce nouveau règlement. Une avancée qui ne convainc pas tout le monde…

Comme chacun sait, jusqu’à présent on ne pouvait pas parler de “vin bio” mais de “vin issu de raisins répondant aux normes de l’agriculture biologique”. Autrement dit, après avoir produit des raisins bio, on pouvait utiliser toutes les poudres de perlimpinpin du monde dans son chai ! C’est pourquoi les experts du comité permanent de l’agriculture biologique de l’Union européenne ont longuement discuté entre eux pour aboutir en février dernier à une réglementation incluant les pratiques œnologiques qui devront dorénavant suivre un cahier des charges précis. Celui-ci interdit certaines substances, limite l’utilisation d’autres… et en autorise encore beaucoup d’autres.

Comme pour toute les décisions communautaires, il s’agit bien entendu d’un consensus (diront les plus positifs) ou d’un compromis (ajouteront les autres) entre des pays aux types de vins ou aux exigences qualitatives très variées. Les pratiques œnologiques sont forcément très différentes entre des vignobles aussi opposés climatiquement que, par exemple, les coteaux du Rhin en Allemagne et ceux de l’île de Santorin en Grèce !

Certains observateurs, même s’ils reconnaissent que ce texte a le mérite de fixer un cadre minimum, ont tout de même la sensation que la montagne a accouché d’une souris. Et ils citent aussitôt le nombre incroyable de produits d’esprit pas vraiment bio qui continuent à être autorisés dans cette nouvelle réglementation. Citons-en quelques-uns pour l’exemple :

  • le phosphate diammonique et le chlorhydrate de thiamine pour favoriser le développement des levures
  • le charbon activé pour décolorer le vin
  • la gélatine alimentaire, la colle de poisson, l’ovalbumine, la caséine, le caséinate de potassium, le dioxyde de silicium, la bentonite, les enzymes pectolytiques, l’alginate de potassium, et le sulfate de calcium pour le clarifier
  • des tanins pour l’enrichir
  • l’acide lactique et l’acide tartrique pour l’acidifier
  • l’acide ascorbique et l’acide citrique, l’acide métatartrique, la gomme d’acacia (gomme arabique), le bitartrate de potassium, pour le stabiliser
  • des copeaux de chêne pour enrichir le goût et la couleur

Bien entendu ces différents ingrédients devront provenir de matières premières d’origine biologique… mais seulement « si elles sont disponibles »…

En outre la nouvelle réglementation autorise des techniques discutables comme le chauffage des moûts (jusqu’à 70°) ou l’osmose inverse.

Reste le cas du soufre pour lequel, si les doses autorisées dans la réglementation bio sont revues à la baisse, elles restent très élevées, bien plus en tout cas que celles des organismes certificateurs bio comme Nature et Progrès ou Demeter.

Bref, on reste très loin de l’exigence des “vrais” vignerons bio qui, du coup, perdront de la “visibilité” dans l’esprit du consommateur moyen. C’est toute la limite d’une réglementation qui vise bien plus le vin “industriel” que le vin artisanal. Le vrai problème c’est que sous l’étiquette “vin bio” on trouvera désormais des vins “un peu bio” et des vins “très bio”. Aux consommateurs avertis, comme ceux d’iDealwine, de savoir faire la différence !

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Primeurs 2011 : un mini-marathon de dégustation à Bordeaux

avril 12th, 2012 by Angelique de Lencquesaing

Les dégustations primeurs se sont déroulées, traditionnellement, la première semaine d’avril. Premiers échos du vignoble, en attendant les notes, et la commercialisation…

Bien malin qui réussira à dégager une tendance sur le millésime 2011 ! On le savait difficile, marqué par des conditions climatiques extrêmes : maladies inédites dans la vigne chez certains, de la grêle un peu partout, des températures inhabituellement froides aux moments cruciaux de la floraison pour tout le monde. Les dégustations primeur l’ont confirmé : 2011 est bel et bien un millésime hétérogène, plus que jamais technique pour les viticulteurs. Et, ô combien difficile à déguster. Lors de notre traditionnelle journée marathon, nous avons voulu, comme chaque année, nous faire une première idée. Coup de projecteur sur les quelques appellations dégustées.

Première étape de notre journée avec les vins de Margaux, dégustés au Château Marquis de Terme. Comme chaque année, l’Union des Grands Crus fait bien les choses : café et viennoiseries accueillent les dégustateurs parfois mal remis des agapes organisées chaque soir dans les hauts lieux du vignoble… A Margaux plus qu’ailleurs, mais nous ne le saurons qu’après, l’hétérogénéité est à son paroxysme. Certains vins se distinguent par une élégance discrète, classique, et une texture soyeuse, à l’instar du Château Brane Cantenac (récemment équipé d’un appareil de tri optique, un investissement judicieux pour les années difficiles !) et du Château Siran. On s’arrête sur le nez séducteur du Château Prieuré Lichine. On salue la souplesse et la trame fine des châteaux Malescot Saint-Exupéry et Marquis de Terme. Dans notre petit groupe les avis sont plus partagés sur le château Giscours, tout en rondeur, en fruit bien mûr (rare à Margaux) mais aux tannins légèrement asséchants. On apprécie aussi Dauzac, le château du Tertre, Labégorce et Lascombes. Les vins, très difficiles à déguster (et tout particulièrement après les flamboyants 2009 et 2010) nous laissent perplexes. Pour certains, les tannins manquent de maturité. Pour d’autres la persistance est moyenne. Il est évidemment bien trop tôt pour les apprécier, nous restons longtemps, sans réussir à dégager une impression d’ensemble sur cette appellation.

Cap sur les vins du Médoc ensuite, au Château Lagrange qui accueille la dégustation des vins de Pauillac, Saint-Estèphe et Saint-Julien. Premier constat : les châteaux absents de la dégustation se font de plus en plus nombreux. Il va s’avérer difficile, voire presque impossible d’établir un jugement à partir de la seule découverte des vins présentés dans le cadre de l’Union. Deuxième constat : peu (ou pas) de propriétaires présents derrière les bouteilles. Dommage, nous apprécions ces contacts directs et manquons de temps pour aller les rencontrer, un à un, derrière les grilles de leur propriété. Saint-Julien se distingue avec des vins souples, un fruit généreux, des tannins élégants. Coup de cœur pour le Château Gruaud Larose, le Château Léoville Barton et le Château Léoville Poyferré. Nous apprécions toujours l’élégance classique et la concentration du Château Branaire Ducru. Beaucoup de finesse au château Beychevelle, un bel équilibre au Château Gloria. A Pauillac, la palme de l’élégance et de l’équilibre reviennent aux vins des châteaux Grand Puy Lacoste et Pichon Longueville Baron. Lynch Bages, Batailley et Grand Puy Ducasse ont produit des grands classiques de Pauillac, dégageant de belles flaveurs de cassis et de fruits noirs. Clerc Milon se distingue par sa finesse. A Saint-Estèphe, le Château Phélan Ségur sort du lot avec un 2011 particulièrement gourmand, fin et exubérant.
Pourquoi tant de bois ?

Un magret de canard plus tard (délicieux, rosé à souhait, merci l’Union !), nous reprenons la route en direction de la rive droite. C’est un château Soutard flambant neuf (enfin, côté cour du moins) qui accueille pour la dégustation des vins de Saint-Emilion. Et là, l’exercice devient vraiment difficile : c’est une véritable muraille de bois et de tannins (souvent asséchants) qu’il faut franchir avant de percevoir quoi que ce soit dans le verre. Le potentiel est réel pour nombre d’entre eux, bien sûr, mais il va falloir se montrer patient ! Et espérer que les tannins – pas toujours très mûrs – se fondent avec le temps. Certains nez particulièrement séducteurs (Clos Fourtet, Larcis Ducasse, Larmande) laissent ensuite la place à un ensemble qui se cache derrière le bois. Comment émettre, sans risque, un jugement à ce stade ? Canon La Gaffelière se distingue par une trame fine, serrée, une belle longueur et un équilibre parfait. De la finesse aussi pour les vins des châteaux La Gaffelière, Figeac et Franc Mayne. Le château Troplong Mondot s’impose par sa puissance et, malgré un boisé très marqué, sa texture veloutée, des arômes puissants et une belle finale épicée. A Pomerol, pour finir, retour à plus de souplesse et un fruit plus aisément perceptible. La Conseillante et Gazin, deux grandes réussites des millésimes 2009 et 2010, s’affichent en léger retrait, plus classiques, moins exubérants. Un coup de cœur pour le vin du château Petit Village qui propose une trame fine, serrée, une texture soyeuse et une persistance magnifique. Les châteaux Clinet, la Cabanne ou la Croix de Gay se montrent, à ce stade, moins séducteurs.

En dépit de l’organisation parfaitement huilée de l’Union des Grands Crus, la journée a filé, plus rapide que jamais. L’affluence raisonnable (moins de monde, des asiatiques mais aussi beaucoup d’Anglais et d’Américains) et les excellentes conditions de dégustation ont contribué à adoucir un exercice dont on avait commencé à oublier le caractère austère (le somptueux millésime 2009, suivi du flamboyant 2010 étaient en effet difficiles… à cracher !). Retour à la rigueur oblige, la technicité du millésime nous a contraints à passer plus de temps sur chaque vin, nous empêchant d’en évaluer autant que nous l’aurions souhaité. Impossible de goûter ni les vins de Sauternes (à grand regret, car la rumeur les annonce fort réussis), ni ceux de Pessac-Léognan. Et encore moins tous ceux, et non des moindres, qui se dégustaient au domaine. Rendez-vous dans quelques jours dans ce blog avec Véronique Raisin qui, elle, a passé plus de temps à déguster, en auguste compagnie, dans le vignoble bordelais.

Cette journée vient tout de même confirmer un point : dans une année difficile, sans relief évident en termes de qualité, le prix, plus que jamais, fera ou non le succès de cette campagne. A suivre dans un prochain article qui sera consacré, justement à la fixation des tarifs….

Retrouvez sur la page Facebook iDealwine les photos de cette journée.
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A lire également dans le Blog :
Primeurs 2010 à Bordeaux : premières impressions du millésime (08/04/2011)
Primeurs 2009 : une journée de dégustation à Bordeaux (01/04/2010)




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