Beaujolais : 10 crus, qui l’eût cru ?

CrusBeaujolaisNotre vente privée actuelle qui propose cinq crus du Beaujolais se termine la semaine prochaine. Il est donc encore temps de faire un petit tour des dix crus qui composent une palette incomparable d’expressions du célèbre et délicieux cépage gamay.

Les crus les plus délicats

Chiroubles (360 ha)

Ce cru est celui qui possède les vignes les plus hautes en altitude des crus du Beaujolais (jusqu’à 450 m). Un avantage les années chaudes et un risque de sous maturité lors des années les plus fraiches. Cette altitude, ajoutée à des sols de sables granitiques légers et maigres, contribue à donner des gamays fruités et légers, fi et élégant, peu chargé en tannins avec des notes florales (pivoine). Vin de charcuteries par excellence ?

Fleurie (870 ha)

C’est le troisième plus grand cru, par sa surface, du Beaujolais. La partie la plus haute se situe sur des pentes marquées, la majorité du vignoble s’étalant en pentes plus douces vers l’est et le sud. Le sol très granitique donne beaucoup de finesse et de charmes aux vins de Fleurie qui est souvent qualifié de plus “féminin” des crus du Beaujolais avec des arômes d’iris, de rose et de violette. Un gamay très élégant.

Saint-Amour (320 ha)

Avec Juliénas, c’est le plus septentrional des crus du Beaujolais et il est entièrement situé dans le département de la Saône-et-Loire (la plupart des crus appartenant à celui du Rhône). C’est, avec Chénas le plus petit des crus. Il possède des sols argilo-silicieux et ses vins se caractérisent par leur côté délicat, fin et élégant sur des notes de fruits rouges et de pivoine. A boire assez jeune. Son nom lui donne une belle notoriété à l’étranger et permet des opérations marketing lors des dîners de la Saint-Valentin…

Les crus plus structurés

Brouilly (1 300 ha)

C’est le plus étendu des crus du beaujolais avec un vignoble qui ceinture le mont Brouilly. Notez qu’il n’existe pas de village portant le nom de “Brouilly”. Son sol, maigre et peu fertile, est constitué d’arènes granitiques, résultat de l’érosion de la colline de Brouilly. Les vins de Brouilly son amples et très fruités avec un côté très agréable et séducteur qui en fait le “vin de « bistrot” par excellence, notamment à Paris où se vend 20% de sa production totale !

Côte de Brouilly (310 ha)

Implanté sur les pentes de la colline du même nom, ce cru est en quelque sorte le cœur du vignoble de Brouilly avec en général des terroirs plus qualitatifs et mieux exposés, même si, en raison du caractère “circulaire” du vignoble, il faut parfois se méfier (surtout en millésime froid) des parcelles regardant le nord. Le Côte de Brouilly traduit dans les verres la puissance de son sol avec une belle personnalité et souvent un côté “fleurs sauvages” et très minéral.

Juliénas (580 ha)

Le terroir du Juliénas est constitué à l’ouest de terrains granitiques maigres et arides, infiltrés de veines de manganèse et de porphyre, qui, vers l’est, cèdent le pas à des terrains sédimentaires avec des alluvions anciennes. Abrité des vents du nord et de l’est, le site de l’appellation donne généralement une maturité plus tardive que la moyenne du Beaujolais. Aujourd’hui, c’est le plus “parisien” des crus du beaujolais, immortalisé également par le truculent inspecteur Bérurier dans les aventures de San-Antonio. Généralement très parfumé (pêche, fruits rouges) c’est également un vin assez structuré auquel quelques années de garde ne font pas peur.

Régnié (400 ha)

Alors que la plupart des crus ont été classés en AOC à la fin des années 1930, Régnié est le petit dernier de la bande puisque l’AOC ne date que de 1988. La pertinence de son classement a d’ailleurs toujours fait débat et sa notoriété ne décolle pas vraiment… Sur un sol de granit rose il donne un vin assez charnu et des tannins peu marqués.

Les crus de garde

Chénas (270 ha)

Le plus petit des crus du Beaujolais a longtemps été à l’ombre de son prestigieux voisin Moulin-à-Vent. Celui-ci lui a d’ailleurs subtilisé quelques beaux terroirs lors de la publication des AOC… Il n’en reste pas moins qu’il offre généralement en commun avec son voisin une belle densité de vin avec parfois des notes de pinot bourguignon. C’est un vin qui évolue très bien dans le temps et qu’il est conseillé de garder quelques années où il pourra développer un joli bouquet floral.

Le Moulin-à-vent (660 ha)

C’est sans doute le plus réputé des crus du beaujolais en France et à l’étranger.  Ses sols, constitués d’arènes granitiques roses et friables appelées gore ou grès, infiltrés de filons de manganèse, apportent aux vins une couleur intense. Dégusté jeune, il développe des senteurs de type floral et fruité, à dominante de violette soutenue par une flaveur de cerise, mais c’est avec les années qu’il élargit sa palette évoluant vers des arômes d’iris, de roses fanées et d’épices. C’est sans doute le cru qui, au vieillissement, tend à ressembler le plus à un beau bourgogne.

Le Morgon (1 100 ha)

Très étendu (le second plus vaste des crus du Beaujolais, juste après Brouilly) et c’est sans doute aujourd’hui celui qui présente les plus belles expressions du gamay, notamment sur le terroir exceptionnel et volcanique de la Côte du Py. Il est localisé très majoritairement sur la commune de Villié-Morgon et ses caractéristiques proviennent de son implantation sur un sol de schistes granitiques décomposés, imprégnés d’oxyde de fer et de manganèse, qui confèrent aux vins des qualités toutes particulières. Les morgon sont des vins plutôt puissants, denses et charnus. Ils offrent souvent des arômes de fruits mûrs à noyaux comme la cerise ou la prune. Les morgons évoluent très bien sur une bonne dizaine d’années dans les bons millésimes.

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Damien Coquelet, la relève à Morgon

Paul-Henri Thillardon, la révélation de Chénas

Oenotourisme : sur la route des vins du Beaujolais

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